Flammarion

  • Et si notre esprit fonctionnait encore quelques instants après notre mort biologique ? 10 minutes et 38 secondes exactement. C'est ce qui arrive à Tequila Leila, prostituée brutalement assassinée dans une rue d'Istanbul. Du fond de la benne à ordures dans laquelle on l'a jetée, elle entreprend alors un voyage vertigineux au gré de ses souvenirs, d'Anatolie jusqu'aux quartiers les plus mal famés de la ville.

    En retraçant le parcours de cette jeune fille de bonne famille dont le destin a basculé, Elif Shafak nous raconte aussi l'histoire de nombre de femmes dans la Turquie d'aujourd'hui. À l'affût des silences pour mieux redonner la parole aux « sans-voix », la romancière excelle une nouvelle fois dans le portrait de ces « indésirables », relégués aux marges de la société.

  • Pour Edie et Mae, c'est peut-être le jour où elles doivent aller vivre à New York chez leur père, qui a quitté le foyer familial dix ans plus tôt. Car si l'une prend fait et cause pour cet écrivain tourmenté, l'autre ne souhaite qu'une chose : retrouver leur mère, la fascinante mais si fragile Marianne. Face aux errements et à l'égoïsme des adultes, pourront-elles les sauver d'eux-mêmes sans se perdre en chemin ?

    Leurs récits discordants s'entremêlent à ceux de leurs proches et témoignent d'une vision si différente des événements que l'on en vient à douter. Qui croire parmi les divers acteurs du drame qui guette à mesure que chacun, enfermé dans ses propres convictions, plonge dans les eaux troubles de la mémoire familiale?

  • Avec Filles impertinentes Doris Lessing nous livre le récit poignant de sa genèse et de sa jeunesse. Elle s'y dévoile sous un jour nouveau et met toute sa puissance de conteuse au service d'un sujet universel : les relations mère-fille. Mordant, plein d'esprit et porté tout au long par une franchise hors du commun, Filles impertinentes est également l'autoportrait saisissant d'un des écrivains les plus libres de son époque.

  • Alfred et Emily « Je crois que la colère ramenée des tranchées par mon père s'est emparée de moi très tôt et ne m'a plus jamais quittée. Les enfants ressentent-ils les émotions de leurs parents ? La réponse est oui, nous les ressentons. Et voilà un héritage dont je me serais bien passée. À quoi bon tout cela ? C'est comme si cette vieille guerre imprégnait ma mémoire, ma conscience. » Doris Lessing, prix Nobel de littérature, explore la vie de ses parents, tous deux abîmés de manière irrévocable par la Grande Guerre. Elle imagine tout d'abord la vie plus heureuse qu'ils auraient pu bâtir si la guerre n'avait pas eu lieu, avant de se livrer à un examen cinglant de leur couple tel qu'il fut en réalité dans l'ombre pesante de cette guerre. « Aujourd'hui encore, je m'efforce d'échapper à cet héritage monstrueux, pour être enfin libre », confie Doris Lessing. Avec Alfred et Emily, c'est très exactement ce qu'elle fait, et de manière éclatante.

  • Clara écrit régulièrement sur un cahier que son mari, Clemente, lit en cachette. Elle s'y met en scène à la première personne. Ce n'est pourtant pas un journal intime puisqu'elle mélange des faits vrais à d'autres épisodes manifestement inventés. Dès les premières pages, Clara se représente en compagnie d'un amant, liaison interrompue par la mort de ce dernier. Fiction ou réalité ?

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