Flammarion

  • Pendant qu'Ulysse parcourt le monde et enchaîne les exploits, Pénélope demeure immobile, supporte l'attente, tisse et détisse son ouvrage, restant au passage fidèle à son époux. Quand l'homme part, la femme attend son retour. Les femmes étant historiquement des êtres captifs, le voyage est l'un des moyens les plus symboliques pour qu'elles s'affranchissent de leur condition : voyager est toujours pour la femme un acte fondateur ; c'est dire « je vais où je veux, je ne suis qu'à moi ». S'inspirant des histoires vraies de la littérature de voyage et de son expérience personnelle (dix ans d'arrivées et de départs), l'auteure évoque les territoires érotisés (comme le harem), dénonce la vision masculine de l'aventure et s'intéresse à la tension entre voyage et maternité. Lucie Azema le constate : il faut être libre « de » voyager et être libre « pour » voyager. Les femmes aussi sont du voyage s'adresse aux femmes qui sont déjà parties et à celles qui n'oseraient pas encore.

  • Je vais me permettre de te tutoyer, tu ne m'en veux pas ? On ne se connaît pas, c'est vrai. Mais vu ce qu'il vient de t'arriver, je crois qu'on a quelques points communs. Alors on va faire un truc, si tu veux bien : je t'écris maintenant, et toi, tu me lis quand tu veux. D'accord ? Moi, j 'ai des choses à te dire. Toi, sens-toi libre d'en faire ce que tu veux. D'ailleurs, c'est peut-être par là que je devrais commencer : sens-toi libre de tout, tout le temps, et surtout de refuser. Ton « non » est un droit élémentaire. Au-delà de respectable, il est inaliénable. Même si on vient de te le piétiner. Alors, par exemple, tu peux dire : « Non, Giulia, je ne te lirai pas, pas tout de suite, et peut-être même jamais.» Mais je vais juste poser ça là

  • « En ce moment, c'est calme dans mes oreilles. Le silence du confinement leur sied bien. Pas de sollicitation ou sursollicitation. Pas de tentative d'attraper des mots au milieu d'un groupe ici et là. Pas de constant brouhaha de la rue, de la circulation, pas de peur de ne pas entendre la prochaine phrase. Pas de lecture labiale non plus. Et pas d'appareils. » Le jour de ses vingt-cinq ans, les oreilles de Zoé font leur première crise, que la jeune comédienne assimile à une otite. Très vite, les maux s'accentuent, les acouphènes arrivent. Et le diagnostic tombe : otospongiose bilatérale cochléaire. Comme Beethoven. C'est le début d'une bataille et d'une acceptation. Avec grâce, joie, lyrisme, Zoé raconte, cherche à guérir, et s'interroge.

  • « Ce matin, sur mon kayak, je suis partie, seule, pagayant vers ma liberté toute neuve. Percy m'a quittée hier. Il a décidé de ne pas poursuivre le voyage. Me laissant libre de partir avec lui ou pas.
    Tel un ultimatum. Je ne l'ai pas suivi. La tempête que nous avons essuyée avant-hier était- elle à l'image de notre couple qui chavire ? Peut-être. C'est donc moi qui le quitte. Au fond, je l'ai déjà fait depuis longtemps, je crois. Et devant moi la liberté. » Charlotte Perriand (1903-1999) est l'une des plus grandes figures de l'architecture du XXe siècle. Femme libre, engagée, avant-gardiste, elle a contribué à inventer notre modernité.
    Ce livre est son journal imaginaire.

  • En quittant la radio après des années d'antenne, Pascale Clark est déstabilisée par cette extinction de voix. C'est à ce moment troublé de sa vie que sa mère tombe, devient dépendante et perd l'usage de la parole. Plongée dans un monde où deux silences se font face dans une époque bruyante, Pascale Clark remonte le fil des années et retrace l'histoire croisée de cette mère et de sa fille, fragiles en même temps, continuant d'échanger autrement. C'est ce récit en stéréo qu'elle nous livre avec Mute.

  • Plongée dans le quotidien d'un président de la République : ce livre est une chronique des dernières années de la vie de François Mitterrand à l'Elysée.
    Le premier des palais de la République demeure aussi le plus secret. C'est ce qui a incité la journaliste Laure Adler à y mener une enquête quasi ethnologique.
    Dans le ballet des courtisans, parmi le cercle toujours plus restreint des intimes, de cérémonies officielles en entretiens privés, elle a pu suivre le président tout au long de l' « année de ses adieux ».
    Elle nous en rapporte un document inédit, à la fois récit et journal de bord, qui dessine un autre portrait de François Mitterrand. Ici, il commente l'actualité politique et les petites tensions de la cohabitation ; là, il parle de ses rapports à l'argent, de sa maladie qui ne désarme pas. Il revient aussi sur la période de Vichy et s'explique sur ses amitiés controversées : Bousquet, Pelat, le suicide de François de Grossouvre.
    Histoire de vie, d'amitié, de combat, Mitterrand esquisse en somme le premier bilan de ses quatorze années à l'Elysée.

empty