Des Femmes

  • Une femme, autobiographie romancée d'une écrivaine italienne qui a marqué la première moitié du XXe siècle, continue, de génération en génération, à fasciner par sa modernité et sa liberté de ton. Ce livre, paru parmi les 4 premiers publiés par les éditions des femmes-Antoinette Fouque en 1974, est enfin disponible en édition de poche.
    Déchirée entre un amour passion pour un père brillant, libéral et séducteur et une pitié terrifiée pour une mère trompée, humiliée, sombrant progressivement dans la folie, la narratrice lutte pied à pied pour conquérir son indépendance intellectuelle et affective, contre un mari tyrannique, brutal et veule, un milieu provincial superstitieux et étriqué. Ce sera au prix du renoncement à son fils, c'est-à-dire du renoncement à être mère qu'elle deviendra une femme libre et active. Dans un style sobre, d'une réserve classique mais traversée d'effusions lyriques et sensuelles, une lutte toujours convaincante pour l'indépendance des femmes et la justice sociale.
    Michele Placido en a tiré un film présenté en mai 2002 au Festival de Cannes, avec Laura Morante.

  • On est au début des années 1970. La Malcastrée raconte, en la faisant remonter à l'enfance, la maltraitance exercée par les institutions psychiatriques. Celle-ci est illustrée de manière saisissante par le sort d'enfants trisomiques que la narratrice est chargée d'attacher à leurs sièges toute la journée... Avant qu'elle ne retourne la situation en les détachant tous, libérant leurs mouvements au risque de sa propre vie. Ainsi se succèdent des moments-limites, traversés dans la souffrance et dans une solitude impitoyable.
    Au rythme d'une écriture pulsionnelle, l'autrice décrit les traitements chimiques destructeurs, les avortements forcés, l'abandon par l'homme aimé, l'interdit d'écrire. Et finalement l'expulsion, une forme douloureuse de libération, payée très cher par le suicide d'une compagne d'infortune. Emma Santos qualifie son deuxième livre de témoignage, « écrit avec beaucoup de rage et de révolte ».
    « La Malcastrée a été écrite moitié dehors, moitié dedans, entre deux opérations, entre les rues de Paris et les hôpitaux, dans le silence, demi-honteuse, toujours triomphante, entre la réalité et le rêve. Les mots sont étroitement liés à mon corps, à ma maladie.
    Je n'ai jamais envié une bonne santé. Et pourtant j'écrivais déjà avant la maladie, dans l'enfance. Un geste, ce geste, l'acte, rejeter.
    Il n'y avait pas cette tentative littéraire. Cette tentative exhibitionniste. Se reconstruire avec des mots. Se reconstruire en espérant surtout ne jamais y arriver. La Malcastrée, c'est déjà si vieux. 1971. La recherche du comment. Le système des mots, comment on y entre. Écrire comme on meurt ou écrire quand on ne meurt pas. » E.S.

  • Être femme aujourd'hui en Amérique, quelle chance extraordinaire ! « Et pourtant... » : ces deux petits mots et points de suspension, contiennent en puissance la somme de travail effectuée par Susan Faludi depuis 1986, l'ampleur de son enquête, 500 pages d'analyses exhaustives et d'une honnêteté qui ferait croire que la déontologie journalistique n'est pas un vain mot, quatre années terribles passées à éplucher les statistiques triomphalistes, à décrypter les sous-entendus des discours prononcés, à passer au crible les nouvelles modes vestimentaires, esthétiques, publicitaires ou juridiques, bref à chercher ce qui fonde aujourd'hui la mise au ban du problème majeur du statut de la femme au sein de la société contemporaine. « La vérité, c'est que nous assistons depuis dix ans à une revanche, à une puissante contre-offensive pour annihiler les droits des femmes », pour faire croire que « le chemin qui conduit les femmes vers les sommets ne fait que les précipiter, en réalité, au fond de l'abîme ». S.F.

  • Voici en collection de poche, « Qui êtes-vous, Antoinette Fouque ? », un livre d'entretiens avec le journaliste et essayiste Christophe Bourseiller, initialement paru en 2009 chez Bourin éditeur dans la collection « Qui êtes-vous ? ».
    Cette collection a pour but de « questionner les rares penseurs inclassables qui éclairent l'époque présente ».

    Facilement accessibles, courts et synthétiques, plus qu'une introduction à Antoinette Fouque, ces entretiens sont un témoignage unique sur la vie, la pensée et le parcours de l'une des plus importantes militantes et intellectuelles d'aujourd'hui. Ils permettent de découvrir ou de redécouvrir une des pensées contemporaines les plus anticonformistes et les plus créatrices sur le rôle des femmes dans le monde actuel et l'alternative dont elles sont porteuses à travers l'expérience de la procréation.

    Christophe Bourseiller présente ainsi l'ouvrage « On sait que le mouvement des femmes se divise depuis l'origine en deux branches. La première privilégie le social et milite pour les droits des femmes. La seconde est plus philosophique. Elle s'interroge : qu'est-ce qu'une femme ? C'est tout le travail d'Antoinette Fouque. En quoi consiste l'être-femme ? [...] Tout se tient dans le saut qualitatif. On change de registre. On interroge la substance. [...] Peut-on concevoir recherche plus enthousiasmante ? Il en va de notre avenir à tous ».

    La presse en a parlé « Antoinette Fouque mena un travail intense sur le terrain qui, loin d'attiser la guerre entre les sexes, voulait les réconcilier afin qu'ils vivent dans une société où l'indépendance sexuelle, économique et politique des femmes ne serait plus mise en question. (...) Un petit livre extrêmement riche parce qu'il dit l'essentiel. Il nous livre la trame d'une vie sur laquelle se sont fixés durablement tant de généreux motifs. » Edmonde Charles Roux, La Provence, Mai 2010 « J'ai trouvé ce livre aussi facile d'accès que passionnant. Il fait vivre de l'intérieur toute une atmosphère intellectuelle propre aux années 60, l'ébullition de mai 68 par le prisme de l'engagement du MLF, avec des aperçus sur l'évolution du panorama et des luttes politiques. (...) Une vie inspirante de femme de pensée autant que d'action. » G.C. Blog Chroniques de livres écrits par des femmes

  • "Le féminisme irréductible - Discours sur la vie et sur la loi", essai majeur de la théoricienne et militante américaine Catherine MacKinnon, se porte aux racines de la misogynie et des violences exercées contre les femmes et éclaire de manière inédite la construction des rapports sociaux de sexe.

    Pour l'autrice, la domination masculine est d'abord une domination sexuelle qui s'inscrit ensuite dans le champ social, légitimant et renforçant ainsi la hiérarchie entre les hommes et les femmes. Elle parle en ce sens de la violence sexuelle comme pratique sexuelle, des abus sexuels comme forme de terreur, de l'éventualité du viol comme une caractéristique de la vie courante des femmes, de la pornographie et de la prostitution comme instruments de soumission des femmes, des normes juridiques comme concourant au maintien du statu quo au bénéfice des hommes... Par la force de ces analyses et par son action, Catharine MacKinnon a largement fait évoluer le droit et la société américaine. Elle est ainsi, avec Andrea Dworkin, à l'origine aux États-Unis de la première loi sur le harcèlement sexuel qui qualifie celui-ci de discrimination de sexe, et de la reconnaissance de la pornographie et de la prostitution comme violences contre les femmes. Rassemblant des essais, élaborés à partir de conférences données dans les années 1980, ce recueil, aujourd'hui en poche et publié pour la première fois en France en 2005, reste d'une actualité brûlante et est incontournable pour quiconque « cherche des réponses aux grandes questions que pose la subordination des femmes aux hommes ».

    « "La sexualité est au féminisme ce que le travail est au marxisme : rien ne nous appartient davantage, et pourtant il n'est rien dont on ne soit davantage dépossédées." [...] Depuis vingt-cinq ans, aux États-Unis, le droit se trouve ébranlé par cette proposition de la juriste Catharine A. MacKinnon. » Éric Fassin, 2005.

  • Voici enfin en édition de poche le deuxième recueil d'essais de féminologie d'Antoinette Fouque, paru initialement en 2007, après "Il y a deux sexes. Féminologie I" (Gallimard, coll. « Le Débat », 1995 - 2004 ; Folio 2015) et avant "Génésique. Féminologie III" (éditions des femmes-Antoinette Fouque, 2012) qui sort en même temps au même format de poche.

    La pensée et l'action pionnières d'Antoinette Fouque ont imprégné le monde contemporain d'une conception positive de la différence des sexes et de l'existence des femmes, De tous ses livres, "Gravidanza" qui réunit plus d'une trentaine d'écrits, d'interventions, d'entretiens entre 1968 et 2007, est sans doute celui dans lequel la cofondatrice du Mouvement de libération des femmes développe le plus longuement ses propositions psychanalytiques. Elle y critique la théorie freudienne de « l'envie de pénis » chez les petites filles en affirmant l'existence d'une envie d'utérus chez les hommes qui se traduit notamment par la tentative de maîtriser et de contrôler ce qui leur échappe : la procréation. Elle y déconstruit l'affirmation d'une libido unique, mâle, qui donne lieu au célèbre postulat de Lacan « La femme n'existe pas », rappelle que les femmes, avec une sereine insistance, continuent le mouvement infini de l'humanité. Elle expose comment, au plan politique, une démocratie paritaire permettrait à l'humanité, enfin adulte et féconde, d'accéder à sa maturité.

    « Au début, cette voix, je ne l'avais pas bien perçue, tant elle était couverte par le bruit des campagnes et des polémiques. Mais depuis ma première lecture de Il y a deux sexes, je l'ai constamment entendue, plus nette, plus audible que les autres. C'est une voix à la fois insistante et retenue, chargée de passion, pleine d'une imagination créatrice, et révélatrice de secrets, une voix que je n'ai trouvée que dans Rimbaud... Ce que j'essaie ici de dire va beaucoup plus loin que reconnaître l'importance d'une des tendances du féminisme ; il s'agit de percevoir le passage, faut-il dire la mutation, d'une culture à une autre, dans laquelle ce nouveau féminisme a joué un rôle central. » Alain Touraine (Préface)

  • Voici enfin en édition de poche le troisième recueil d'essais de féminologie d'Antoinette Fouque, paru initialement en 2012, après "Il y a deux sexes. Féminologie I" (Gallimard, coll. « Le Débat », 1995 -2004 ; Folio 2015) et "Gravidanza. Féminologie II" (éditions des femmes-Antoinette Fouque, 2007) qui paraît en même temps au même format de poche.

    « La pensée qui m'a poussée à agir, en créant le Mouvement de libération des femmes en octobre 1968 avec Monique Wittig et Josiane Chanel, questionne [...] la compétence de procréation de toute femme comme productrice de richesse, comme moteur de l'évolution de l'Homo erectus à aujourd'hui », écrit Antoinette Fouque en introduction à "Génésique".

    Dans cet ouvrage, qui regroupe des textes écrits entre 1974 et 2012, elle poursuit son questionnement sur ce qu'est une femme, à travers une pensée originale de la gestation comme « paradigme de l'éthique » c'est-à-dire de l'accueil de l'autre, de l'hospitalité charnelle.

    De la gestation pour autrui comme levant « la forclusion sur le corps d'une femme comme producteur de vivant », à l'élaboration d'une écologie humaine qui n'oublie pas que le premier environnement de l'être humain est le corps d'une femme, et s'attache à souligner la transmission entre mère et fille, Antoinette Fouque pose les bases d'une alternative à l'économie phallique dominante et affirme : « Libérer la libido creandi de chaque femme, c'est donner sens, signification et orientation, à ce qui vient, à l'Avenir. Du creux du corps à la sculpture la plus accomplie, de l'oeuvre d'être à l'oeuvre d'art, la génésique, à la fois nature et culture, transcende la capacité spécifique des femmes en compétence symbolique, en mouvement de civilisation. »

  • Le rôle des femmes dans la Résistance, qui plus est juives et/ou communistes, est longtemps resté un point aveugle de l'historiographie des années 1940-1945. Cette biographie historique vient ainsi réparer un oubli en faisant renaître, à partir d'un travail d'archive rigoureux, la figure emblématique et méconnue de France Bloch-Sérazin, chimiste de premier plan et militante communiste engagée tôt dans la résistante française. France Bloch-Sérazin, « morte pour la France », a été arrêtée à Paris par la police de Vichy et guillotinée par les nazis à Hambourg en février 1943, alors qu'elle n'avait pas trente ans. Voici donc le portrait d'une femme de combat, au plus près des témoignages et grâce aux lettres inédites, aux rapports de filature, aux interrogatoires de police. Celles et ceux qui l'ont connue gardent le souvenir d'une femme passionnée, symbole de courage, de générosité, de haute valeur humaine.

  • Voici, enfin disponible en édition de poche l'essai majeur d'Angela Davis, figure emblématique des luttes pour les droits civiques aux États-Unis depuis les années 1960.

    Dans "Femmes, race et classe", Angela Davis, historienne et militante, retrace avec brio les liens entre féminisme, antiracisme et lutte des classes, à travers l'histoire des femmes, des noir-e-s et de leurs luttes aux États-Unis du XIXe siècle aux années 1970. Elle analyse aussi bien les écueils provoqués par le racisme dans le mouvement féministe américain blanc que la misogynie au sein des mouvements révolutionnaires noirs et montre comment des premiers liens se sont établis entre le féminisme naissant et la lutte pour l'abolition de l'esclavage, avant de se distendre face à la pression d'adversaires politiques qui cherchent à diviser les luttes. Redonnant vie à des figures politiques majeures méconnues en France, comme Sojourner Truth et son célèbre « Ne suis-je pas une femme ? » qui interroge la place des femmes noires dans la société, "Femmes, race et classe" est un essai dense et fondateur. Soulevant la question des contradictions à dépasser entre les oppressions spécifiques, il trouve aujourd'hui une actualité centrale avec les débats contemporains sur le féminisme dit « intersectionnel ».

  • Un monde glacé, figé de silence : tel est « l'artifice », ce semblant, « cette asphyxie de l'âme » à quoi s'affronte Anaïs Nin dans Stella, Un hiver d'artifice, La Voix, trois nouvelles qui composent ce livre. Sur la scène de ce théâtre apparaissent tour à tour Stella actrice, star murée dans son rôle, le père, Dom Juan traversé de gestes creux, et un homme analyste dont seule émerge par instants « la voix » blanche, neutre. À moins que tous trois ne soient que les facettes d'une même personne: toujours absentée, sans corps, masque, rôle tenu par le père, ou plutôt au-nom-du-père. Et si une femme, au hasard des rencontres et des souvenirs dans la vie de tous les jours, parcourt ce dédale peuplé de masques, c'est pour aussitôt, avec la force vivante de ses gestes, de ses mots, de son écriture, démasquer, et trouver sous la mort hivernale l'eau vive, le feu des étés, une chaleur du corps enfin ranimée.

  • « Je ne me souviens pas d'avoir pleuré. Je sentais seulement la caresse du mouvement - du mouvement dans le corps d'une autre - absorbée, sombrée dans la chair d'une autre, bercée par le rythme de l'eau, la lente palpitation des sens, le bruissement de la soie. » A.N.

  • « Fille du peuple, brodeuse et chômeuse, mariée librement mais sans amour avec le dénommé Voilquin, bientôt séparée de lui, et non sans éclat, mère clandestine, saint-simonienne critique, journaliste virulente de La Tribune des femmes, sage-femme dévouée à l'homéopathie, qui suit des cours en habit d'homme dans un hôpital militaire du Caire, « Sultane » d'occasion dans un harem pour approcher la condition des femmes musulmanes, rescapée de la peste d'Égypte, voyageuse du Nouveau Monde par piété sororiste, elle fut trop en avance pour ne pas être une « bergère de l'apocalypse » mythifiée et mystifiée. Le sujet des présents mémoires - jusqu'ici inédits - sont les sept années passées par Suzanne dans la Russie de Nicolas 1er (1839-1846). Sur le ton de la confidence - ce sont des lettres adressées à sa soeur en Louisiane, non destinées à l'origine à la publication -, elle dit ses tourments d'exilée, ses appréhensions de femme, les difficultés d'exercer sa profession... » M.A. et D.A.

  • Retable - La Rêverie est le premier livre de Chantal Chawaf. Le premier texte, Retable, est le récit d'une « enquête » menée par une petite fille auprès de ses parents adoptifs sur sa mère. Trois discours, donc, au moins, une vérité douloureuse, déchirée : la petite fille est née du corps mourant de sa mère, c'était la guerre, les traces sont brouillées qui conduiraient à cette courte vie de neuf mois « avec » sa mère... Il reste ces souvenirs du corps : une écriture qui rompt la tradition de la narration, qui renvoie au travail d'accouchement, au corps en travail, travaillé, excédant ses limites, sans plus de dedans ni dehors. Le deuxième texte, La Rêverie est l'histoire déroulée d'un acte d'amour dans ses replis, ses mouvements, ses odeurs...

    Ce livre énonce cette différence dite des sexes d'une manière bouleversante, mettant en lumière ce qu'il en est d'une autre différence : la naissance d'un corps de femme et non plus la reproduction du corps maternel.

  • Paroles de femmes qui ont combattu la mainmise impérialiste sur tout un continent. Rompant avec l'oppression familiale, elles ont conquis, dans la guérilla, un espace de lutte, et trouvé une émancipation. Avec ses impasses : l'égalité dans la lutte armée, c'est l'égalité devant le pouvoir de l'arme, celle qu'on tient ou qui menace. Contraintes à s'identifier au militant-héros masculin, les Tupamaras, en tant que femmes, sont doublement clandestines. Quelques-unes prennent la parole...

    « C'est ainsi que je commençais à écrire mon premier livre. Avec ces paroles. En langue française. Et cette première écriture a touché à jamais mon corps de femme, d'exilée, de combattante, de fille, de mère. Aujourd'hui, presque trente ans après, je suis rentrée « chez moi » au sud, en Uruguay, qui en langue Guarani, veut dire « fleuve des oiseaux peints ». [...] Nous sommes face à nos rêves... mais surtout, face à nos désirs de vouloir créer, malgré tout, un autre monde, une autre justice, une autre solidarité. » A.M.A.

  • Une femme, commandante du Front de Libération nationale du Salvador témoigne. Arrêtée en 1976 par des commandos paramilitaires à San Salvador, elle a passé plusieurs mois dans des prisons de l'armée, secrètes, où on peut garder les détenus pendant des mois, voire des années. Ils sont « disparus ». Elle subit alors tortures et chantage : ils veulent la faire parler, elle ne parlera pas. L'ERP (l'Armée révolutionnaire du peuple), dont elle faisait partie, enlève un homme d'affaires en échange de sa libération et celle d'un autre militant. Ils seront libérés et, par la suite, feront une analyse critique, dénonçant en particulier les impasses du « militarisme » dans leur lutte. Ana Guadalupe Martinez, la seule femme du comité politico-diplomatique du Front Démocratique Révolutionnaire est retournée au Salvador.
    Son récit, publié clandestinement là-bas, pourrait être celui de tant d'autres femmes qui ont été humiliées, violées, mais qui ont su rester dignes et résister.

  • En pleine dictature militaire, plus de deux cent femmes, venues de tout le Chili pour leur quatrième rencontre, organisée par le Département Féminin de la Coordination Nationale Syndicale, se sont réunies clandestinement dans un couvent près de Santiago en décembre 1981.
    Deux militantes du MLF International répondaient à leur l'invitation et recueillaient des témoignages.
    Pendant deux jours, toutes ont exposé et analysé leur situation, programmé des actions pour survivre et lutter contre la dictature.

  • L'histoire de Marli était celle de bien d'autres Brésiliens de la Baixada Fluminense, grande banlieue de Rio où la samba et la vie le disputent à la misère et au chômage... Jusqu'en 1979, où, une nuit d'octobre, Paulinho, son frère, est enlevé et assassiné par un escadron de la mort. Ce sont ces groupes d'extermination que dénonce et démasque le témoignage de Marli, enregistré par deux journalistes de Rio, Maria Teresa Moares et Maria Alice Rocha, toutes deux actives dans le mouvement des femmes.

    Marli raconte sa lutte contre les bandes de policiers qui rançonnent la population et assassinent impunément. Sa fermeté dans son combat a permis l'arrestation de membres de « l'escadron de la mort » et encouragé d'autres femmes à se défendre et à dénoncer le fascisme tristement quotidien qui terrorise les Noirs et les chômeurs de la Baixada Fluminense. C'est toute la vie de Marli qui est ici retracée : une vie de femme brésilienne de classe populaire, dans une langue orale, rapide et colorée.

  • Les femmes d'un village anglais de la région des Fens (les Marais) racontent leur histoire à Mary Chamberlain. Chronique orale qui s'étend sur plus d'un siècle et demi, où des grands-mères, des mères et des petites filles parlent de leur vie quotidienne au passé (parfois très lointain), au présent, au futur. Pour la plupart paysannes, elles sont aussi institutrices, commerçantes, femmes de pasteur, ou factrice du village : un bourg isolé dans cette région de plat pays austère, où les étrangers sont mal vus, voués à la culture de betteraves à sucre et du céleri, et à la culture maraîchère pour la ville de Londres, proche de 150 kilomètres. Toutes différentes, les femmes qui parlent dans ce livre font une sorte de portrait collectif (des photos très anciennes ou récentes l'illustrent), qui concerne tout le monde rural occidental. Et par cette parole, elles bousculent le mythe de « l'idylle paysanne » et viennent rompre le silence ancestral sur la réalité quotidienne de leurs vies.

  • C'est la fascination qu'elle a éprouvée devant les images de femmes projetées sur les écrans, qui a donné à Marjorie Rosen le désir d'écrire Vénus à la chaîne. Pour interroger et analyser le rapport des femmes au cinéma, d'un bout à l'autre de la chaîne. Hollywood produit, au gré des exigences de l'idéologie du capital, des modèles (vamp des années folles, femme fatale des années de crise, héroïne au grand coeur des années de guerre, créature de rêve des années 1950...) auxquels s'identifier. Images issues des fantasmes et du pouvoir masculin. Qui divisent entre elles les femmes pour mieux régner. Qui exploitent les corps des femmes pour les sacrer objets sexuels à exhiber, à vendre. Qui censurent à coup de happy end la réalité de leur oppression quotidienne, et celle aussi de leurs révoltes, de leurs désirs différents. Des femmes ont commencé à soulever ce poids, cette emprise, et à parler, à écrire, à éditer, à filmer aussi. C'est à partir de ce travail collectif que le livre se lit.

  • Cet essai retrace la lente libération des femmes russes enfermées dans la famille traditionnelle, leur bataille pour le droit à l'éducation, à l'étude, et à l'enseignement supérieur qui leur ouvre, alors, les voies des luttes révolutionnaires.

    « Ce livre fait le point sur le règne d'Alexandre II, de 1855 à 1881, période de tension politique et d'agitation intellectuelle sans précédent en Russie. Le mouvement des femmes en Russie ne peut être limité à la période allant de 1850 à 1870 comme essaient de le faire croire les historiens soviétiques, comme, d'ailleurs, les premiers bolcheviques, dans leur désir de n'y voir que l'intérêt d'une minorité bourgeoise, en marge du grand courant révolutionnaire. C'est en fait un mouvement où les murmures féministes du début furent vite dépassés par la force de revendications explicitement politiques des premières femmes révolutionnaires... » C.P.

  • Dans la première partie de son essai, Sheila Rowbotham dit très concrètement à partir de son expérience personnelle, qui est aussi celle de toute la génération d'avant 1968, comment elle a pris conscience de son oppression et commencé à lutter. Du maquillage aux rêves, de la mode au militantisme, dans un monde créé par les hommes et pour l'homme, les femmes ont compris qu'elles étaient exclues, reléguées dans les rôles de mères et d'épouses, envers des rôles masculins dominants.

    Elle approfondit ensuite cette analyse dans la seconde partie en montrant la fonction particulière des rôles « féminins » dans le système capitaliste. Par le sous-paiement des emplois, le non-paiement du travail domestique et la reproduction qu'elles assurent, les femmes sont exploitées économiquement, idéologiquement et sexuellement. Et si cette situation prouve que le pouvoir capitaliste et le pouvoir masculins sont liés, c'est bien contre elle que les femmes se sont mises à lutter ensemble.

  • Les femmes ont été aux avant-postes de la lutte de libération nationale sandiniste : armée, politique, sociale. Elles ont participé activement à la reconstruction d'un pays dévasté par l'impérialisme américain et la dictature somoziste.

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