Livres en VO

  • Publié pour la première fois en 2007, puis réédité en 2017, le recueil Poèmes de la mémoire et autres mouvements est le sixième livre de Conceição Evaristo. L'autrice y révèle une sensibilité complexe, incarnée et lyrique, d'où jaillissent des souvenirs d'une mémoire à la fois atavique et érudite. Elle nous invite à une profonde réflexion sur le pouvoir de la transmission en déployant une poétique qu'elle fonde sur le concept de escrevivências - l'écriture de la vie, du vécu - concept qui fonctionne pour elle comme moyen d'expression d'une mémoire collective mise en lambeaux par des siècles d'esclavage, de racisme et de misogynie.

    « La nuit ne fermera jamais les yeux dans les yeux des femelles puisque dans notre sang-femme dans notre liquide mémoire en chaque goutte qui jaillit se trouve un fil invisible et fort cousant patiemment le filet de notre résistance millénaire. » C.E.

  • Ce livre nous invite à une visite aussi fabuleuse que documentée de la grotte Chauvet-Pont-d'Arc, où notre espèce inscrivit un trésor, il y a 36 000 ans.
    Nathalie Léger-Cresson restitue, avec la passion joyeuse de sa narratrice, la découverte du lieu où résonne la présence des premiers artistes de l'humanité. On plonge alors dans ce chaudron d'émotions, dans cet incubateur de fictions, et les descriptions à la fois précises et jubilatoires ouvrent sur des récits. Les personnages dessinent certaines figures récurrentes: trio d'une mère et de ses deux filles, jeune homme en danger de mort, couple d'amoureux... Leur récurrence à travers le temps et les jeux du langage nous fait toucher, comme rarement dans un livre, la bouleversante permanence de notre espèce.

    «Lire, écouter les savants, prendre le train pour visiter la reconstitution, faire défiler les documentaires et les visites virtuelles à en avoir le tournis... quand c'est à la réalité que tant nous aspirons. Au moins, à voir vraiment de nos vrais yeux la vraie trace réelle d'une présence évanouie. Rien, rien n'y fait, notre désir est impossible à assouvir. Alors chacun s'agite, repeint sa maison, imprime des mains au plafond, s'enterre trois mois dans son jardin, ou écrit. Comme, enfant, on se construit des cabanes, j'ai bricolé ma grotte Chauvet avec les moyens du bord. En écrivant toutes les histoires et bouts de ficelles qui me poussaient de partout, tous les jours, tout le temps.» N. L.-C.

  • Préface de Gisèle Freund « Aujourd'hui, l'histoire de la photographie ne pourra plus se passer de son nom. Son oeuvre fait partie du petit groupe des grands artistes des années trente qui ont su donner à la photographie l'aura d'une création artistique. » G. F.

    « Comme les enfants sont trop souvent jugés sur le modèle des adultes, les femmes sont trop souvent évaluées sur le modèle des hommes. L'intention de mon livre est de mettre en lumière, aussi clairement que possible, dans son esprit, ses activités, ses relations avec le monde entier, l'être humain peut être représenté et symbolisé par la femme. » I. B.

  • Ici, c'est un homme qui est habité par une jeune fille, venue de la misère du Nord-Est brésilien, à Rio, où elle mourra. « Je jure que ce livre est écrit sans mots. C'est une photographie muette. Ce livre est un silence. Ce livre est une question », écrit-il. Et il est tout occupé d'elle : écrire sa vie, sa mort doit le délivrer, lui qui a échappé au sort sans futur qu'elle subit. Il l'aime, comme on aime ce qu'on a craint de devenir...
    S'il avoue être le personnage le plus important des sept que comporte son histoire, il ne dit rien de celui dont la présence s'impose progressivement dans ces pages ; la mort qui efface le feu scintillant et fugace de "L'Heure de l'étoile", l'heure à laquelle celle qui meurt devient, pour un instant, l'étoile de sa propre vie, désormais réalisée.

  • Ce texte sur la torture des femmes et leur tentative de survie dans les centres clandestins de détention de Córdoba est un acte testimonial unique, où la poésie se mêle à l'horreur pour narrer l'indicible. Une lutte contre l'oubli qui fait entendre, à travers la voix et la mémoire de l'auteure, celles de centaines de détenues réduites à jamais au silence par la dictature militaire argentine.

    « Ici grand rassemblement de femmes, chuchotements de femelles, psalmodies de terre sans racines, esprits happés par ordres de gendarmes, comme roches aiguisées adhèrent à côtes, oreilles, palais ; pénètrent carcans, bandages, tissus rêches, entraves, ramassis de guenilles comme perles de collier. (...) - Ici il n'y a pas d'innocentes, pas d'erreurs, vous êtes ici pour quelque chose. » S.R.S.

  • « Regarde cette fente profonde qui s'ouvre la plaie saigne le volcan crache de la lave une lave enragée mêlée de sang notre histoire est devenue lave peuple incandescent qui se fond à la terre guérilleros invisibles qui dévalent tels des cascades transparentes les soldats ne les ont pas vus... »

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