Allia

  • Depuis la Seconde Guerre mondiale, le «réfugié» préfère en général l'appellation de «nouvel arrivant» ou d'«immigré», pour marquer un choix, afficher un optimisme hors pair vis-à-vis de sa nouvelle patrie. Il faut oublier le passé : sa langue, son métier ou, en l'occurrence, l'horreur des camps. Elle-même exilée aux États-Unis au moment où elle écrit ces lignes dans la langue de son pays d'adoption, Hannah Arendt exprime avec clarté la difficulté à évoquer ce passé tout récent, ce qui serait faire preuve d'un pessimisme inapproprié.
    Pas d'histoires d'enfance ou de fantômes donc, mais le regard rivé sur l'avenir. Mais aux yeux de ces optimistes affichés, la mort paraît bien plus douce que toutes les horreurs qu'ils ont traversées. Comme une garantie de liberté humaine.

  • Hors de moi

    Claire Marin

    Claire marin est née en 1974. hors de moi est son premier roman

  • Ces complaintes gitanes composées entre 1924 et 1927, sont l'oeuvre la plus populaire de garcia lorca (1899-1936).
    Ce recueil de vieilles légendes, de récits fabuleux ou épiques, de chansons puisées dans la tradition orale, plonge au coeur de la tradition des coplas andalouses. chaque complainte figure un petit drame, tantôt gracieux, tantôt érotique, tantôt sanglant. mélange de veine populaire et d'écriture savante, ces brefs poèmes, véritables précipités de l'âme espagnole constituent un miracle d'équilibre et sont à juste titre tenus pour un des chefs-d'oeuvre de la poésie du vingtième siècle.

  • Brûlures

    Dolores Prato

    • Allia
    • 31 Août 2000

    Dans ce couvent on parlait beaucoup de mystères : quand il s'agissait de mystères célestes, les propos étaient sereins, amples, détaillés ; quand il s'agissait de mystères terrestres, ils étaient nerveux, rapides, sous-entendus plutôt que développés : c'étaient des allusions si fuyantes qu'elles ressemblaient au geste de celui qui touche quelque chose de brûlant.
    Et en effet, on évoquait certaines " brûlures ", sans plus de précisions, que le " monde " avait l'habitude d'infliger à ceux qui avaient trop de familiarités avec lui. je ne sais pourquoi, mais quand on parlait de ces brûlures, regards et paroles s'adressaient plus souvent à moi, comme si un sage et lumineux pressentiment avertissait que j'étais plus exposée que les autres à ce genre d'accidents.

  • Sur mon père

    Tatiana Tolstoï

    • Allia
    • 26 Février 2003

    Dans les livres écrits sur mon père, les faits relatés sont en général exacts, mais, pour reprendre une expression de notre nicolas gogol, il n'y a rien de pire qu'une vérité qui ne soit pas vraie.
    En ma qualité de fille aînée, j'ai jugé qu'il m'appartenait de défendre la vérité. je dois à la mémoire de mes parents de rompre aujourd'hui le silence. douloureux devoir, certes, car il me faut révéler bien des choses qui, d'ordinaire, ne sortent pas du cercle intime d'une famille.

  • Le livre : Sous réserve se présente comme un mille-feuilles, fait de couches différentes, qui se superposent, s'imbriquent, se répondent. Le livre s'ouvre sur la lettre passionnée qu'une admiratrice adresse à Kant et dans laquelle il est question du mensonge et de la vérité, thème qui, avec celui du secret et de la révélation traverse tout le livre sous différentes formes. On y trouve aussi des extraits d'une correspondance de Rousseau avec Mme de la Tour, qui alternent avec la voix personnelle de la narratrice ou celle d'un personnage
    mystérieux, dont l'identité ne se dévoilera qu'à la fin du récit. Peu à peu, le puzzle se met en place, la fiction émerge entre les citations, et tous ces fragments, dont la construction rappelle le montage cinématographique ou les clichés photographiques en viennent à former une seule et même histoire qui tient le lecteur en haleine, dans une sorte de suspense philosophique. Entre le mensonge et le silence, il y a la réserve, point de rencontre entre les différents
    parcours qui tissent l'ouvrage.

  • En chinant aux Puces de Clignancourt, le narrateur ou la narratrice, on ne sait pas au juste, acquiert une caisse de films de famille datant des années 50. Il y découvre alors Aurore, une jeune fille issue d'une famille bourgeoise, filmée par son père puis par son fiancé jusqu'à ses trente ans. L'étonnement survient quand, aux images de la jeune fille se superposent les rêveries et l'histoire d'A., jeune télépathe. Le mystère s'avère d'autant plus troublant que le doute grandit quant à l'assimilation de l'identité des deux personnages : A. et Aurore. Sous des dehors séduisants, dans l'atmosphère classique et surannée d'une famille de la bourgeoisie provinciale de type chabrolien, Par effraction parvient à entraîner le lecteur au coeur même des problématiques du monde contemporain. L'auteur ne cesse de mettre à mal la frontière fragile qui sépare la sphère publique de la sphère privée, invitant ainsi le lecteur à poser un regard réflexif sur la réalité, toute relative, du monde dans lequel il évolue.

  • Ce livre est un cri d'alarme. Celui qui lance ce cri, Lindsay Waters, est, en sa qualité d'éditeur dans l'une des maisons phares de l'édition universitaire nord-américaine, installé à un poste d'où l'on jouit d'une vision panoramique du désastre. Ce désastre est celui de l'avenir du livre, en particulier dans le domaine des sciences humaines. L'analyse de Waters s'ouvre sur ce constat : l'université américaine produit « des montagnes de livres que personne ne lit ». Une censure insidieuse se répand dans ces ouvrages issus d'une production mécaniste qui limite le champ de la pensée aux conformismes du statu quo. Mais Waters n'en reste pas là. Il dépiste les causes de cette crise qu'il traite comme le symptôme majeur d'une éclipse du savoir. Et l'erreur serait de croire que cette dérive ne concerne que l'université américaine. Les projets actuels de réforme de l'enseignement supérieur en France vont tous dans le même sens : engager l'université dans la voie dont Waters démontre l'impasse.

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