Littérature
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"Chacun a son histoire de maladie et de mort, chacun a ses pertes, ses images aux noires ramifications et qui ne pâlissent pas. Les morts ne sont jamais morts, ils ont leur place dans les premières phrases d'une rencontre, d'une discussion, ils sont assis dans les jardins, aux tables, devant les soupières, les corbeilles de pain blanc tranché, ils ordonnent, allons, parlez de moi à présent, ne baissez pas les bras, n'arrêtez pas de parler de moi." Zsuzsa Bánk passe un dernier été auprès de son père qui va mourir. Histoires intime et politique se mêlent. À la fois infiniment pudique et très cru, d'une grande tendresse et d'une violence inouïe, un texte lumineux et bouleversant dont les effets rappellent ceux de "L'Année de la pensée magique" de Joan Didion.
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Après son entrée en littérature très remarquée avec le roman Le Nageur paru en France en 2004 (« la plus belle découverte qu'on vienne de faire », Les Inrockuptibles, « une révélation littéraire », Le Journal du dimanche », « un récit subtil de la mélancolie et de la perte »), Zsuzsa Bánk, jeune auteur allemande d'origine hongroise, nous revient avec un recueil de nouvelles fascinantes consacrées à la séparation, au départ et aux adieux. De New York au Canada en passant par l'Australie et l'Europe, à travers douze récits, Zsuzsa Bánk brosse une galerie de personnages attachants et fragiles : une conférencière qui retrouve, dans une ville de l'est, une famille perdue de vue depuis longtemps, un gigantesque poète new-yorkais à la recherche de son petit amant à la peau blême, deux amies d'enfance isolées du monde par le froid et la neige du grand nord, un couple à la recherche du lieu idéal dans la fournaise australienne, l'étrange ballet amical de deux femmes après la mort d'un garagiste écrasé par un moteur de voiture... Faisant preuve d'une remarquable maîtrise de la langue, maniant l'ellipse, l'intuition, l'empathie, Zsuzsa Bánk déploie une fois de plus dans ce recueil tout son art littéraire pour donner le jour à des nouvelles attachantes, poignantes, parfois brutales à force de pureté et de force du récit et du langage.