Michelle Zancarini-Fournel

  • Pavés, barricades, manifestations étudiantes et grèves ouvrières...
    Telles sont les images de mai 68 qui hantent encore les mémoires et nourrissent l'imaginaire collectif. tournant le dos à la mythologie, michelle zancarini-fournel propose un parcours exhaustif et documenté de toutes les interprétations et discours qui se sont construits autour de cette crise depuis 40 ans. en analysant de nombreux supports et modes de communication (télévision, affiches, journaux, documents privés), en mêlant histoire, sociologie, anthropologie et histoire culturelle, elle libère les " années 68 " de tout parti pris interprétatif, de toute option idéologique et réductrice.
    Une nouvelle périodisation s'instaure alors, qui replace l'événement dans le tourbillon des années soixante et qui redonne leur importance aux grèves et au mois de juin. une synthèse indispensable pour un événement majeur de l'histoire contemporaine, qui continue de susciter passions et interrogations.

  • Ne nous libérez pas, on s'en charge est né d'une rencontre, celle de trois historiennes qui, depuis 2013, ont animé un séminaire à l'EHESS sur la sociohistoire des féminismes. Trois regards, trois générations, trois parcours différents pour une volonté commune d'offrir un récit renouvelé de l'histoire des féminismes en France.
    Motivées par la demande des étudiantes et étudiants pour des éléments historiques accessibles, les autrices répondent à des interrogations qui donnent à réfléchir aux perspectives politiques d'aujourd'hui. Comment les féminismes ont-ils émergé ? Quels liens entretiennent-ils avec les mobilisations de femmes révolutionnaires et l'anti-esclavagisme ? Doit-on parler de « féminisme bourgeois » ? Y a-t-il eu des féminismes noirs ? Les féministes étaient-elles toutes colonialistes ? Existe-t-il des féminismes religieux ? Comment s'articulent le mouvement gay lesbien trans (LGBTQI +) et les mouvements féministes ? Le féminisme institutionnel est-il réactionnaire ? Qu'est-ce que le genre fait aux féminismes ? Que révèle #MeToo sur la construction des femmes comme sujets politiques ? Qu'il y a-t-il de nouveau dans le féminisme d'aujourd'hui ? Comment les féminismes s'articulent-ils avec l'histoire impériale de la France et s'insèrent-ils dans des circulations transnationales ?
    Le récit se divise en quatre parties qui correspondent aux principales scansions entre la Révolution française et les premières décennies du XXIe siècle. Ce livre entend fournir quelques clés indispensables pour penser les féminismes d'hier et d'aujourd'hui à la lumière des grands défis contemporains, des inégalités sociales, raciales et de genre. Réinterroger l'histoire des féminismes revient ainsi à s'inscrire dans une volonté de renouveau d'une histoire qui cesserait d'ignorer celles et ceux qui ont pensé et agi pour l'égalité et la liberté des rapports de genre.

  • À l'image des mouvements qui les ont produites, les affiches féministes sont hétéroclites, foisonnantes, utopiques. Et contrairement aux affiches communistes, socialistes ou fascistes, elles n'ont pas été fabriquées par des partis ou des organisations centralisées et structurées, mais par des groupes pluriels. Leur production laisse davantage place à l'artisanat. Leur objectif est de rendre visibles les femmes, les oppressions qu'elles subissent ou leurs combats.
    Il s'agit aussi de convaincre de la légitimité de la revendication de l'égalité entre les sexes, et d'influencer les mentalités en changeant les images disponibles, en revalorisant la femme et en proposant des rôles sexués alternatifs. Les affiches féministes sont ainsi en dialogue avec celles des partis politiques, mais également avec celles de la culture de masse, en particulier la publicité. Et comme il n'y a pas un féminisme, mais une multitude, cela conduit à une grande variété de styles et de messages.
    Pour autant, il est possible de repérer des continuités dans les thèmes abordés. Les auteures en ont retenu six : la vie politique ; le travail ; la maternité et la famille ; la colonisation et l'immigration ; la création artistique ; l'institutionnalisation du féminisme. Au-delà des évolutions chronologiques, ces questions traversent, comme autant de fils rouges, les luttes des femmes du XXe et du XXIe siècle.

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