Jeanne Benameur

  • Ils sont une poignée, "Ceux qui partent", au coeur de la foule qui débarque du bateau sur Ellis Island, porte d'entrée de l'Amérique et du XXe siècle. Jeanne Benameur orchestre cette ronde nocturne où chacun tente de trouver la forme de son propre exil et d'inventer dans son corps les fondations de son pays intime.

  • Profanes

    Jeanne Benameur

    Ancien chirurgien du coeur, il y a longtemps qu'Octave Lassalle ne sauve plus de vies. À quatre-vingt-dix ans, bien qu'il n'ait encore besoin de personne, Octave anticipe : il se compose une «équipe». Comme autour d'une table d'opération - mais cette fois-ci, c'est sa propre peau qu'il sauve. Il organise le découpage de ses jours et de ses nuits en quatre temps, confiés à quatre «accompagnateurs» choisis avec soin. Chacun est porteur d'un élan de vie aussi fort que le sien, aussi fort retenu par des ombres et des blessures anciennes. Et chaque blessure est un écho.
    Dans le geste ambitieux d'ouvrir le temps, cette improbable communauté tissée d'invisibles liens autour d'indicibles pertes acquiert, dans l'être ensemble, l'élan qu'il faut pour continuer.
    Et dans le frottement de sa vie à d'autres vies, l'ex-docteur Lassalle va trouver un chemin.
    Jeanne Benameur bâtit un édifice à la vie à la mort, un roman qui affirme un engagement farouche. Dans un monde où la complexité perd du terrain au bénéfice du manichéisme, elle investit l'inépuisable et passionnant territoire du doute. Contre une galopante toutepuissance du dogme, Profanes fait le choix déterminé de la seule foi qui vaille : celle de l'homme en l'homme.

  • Les demeurées

    Jeanne Benameur

    La mère, La Varienne, c'est l'idiote du village. La petite, c'est Luce. Quelque chose en elle s'est arrêté. Pourtant, à deux, elles forment un bloc d'amour. Invicible. L'école menace cette fusion. L'institutrice, Mademoiselle Solange, veut arracher l'enfant à l'ignorance, car le savoir est obligatoire. Mais peut-on franchir indemne le seuil de ce monde ?
    L'art de l'épure, quintessence d'émotion, tel est le secret des Demeurées. Jeanne Benameur, en dentellière, pose les mots avec une infinie pudeur et ceux-ci viennent se nouer dans la gorge.

  • L'enfant qui

    Jeanne Benameur

    Dans l'absence laissée par la disparition inexpliquée de sa mère, un enfant, son père et sa grand-mère partent chacun à la reconquête de leur place et de leur présence au monde. Dix-sept ans après le choc des «Demeurées», Jeanne Benameur, fidèle aux âmes nues, pose avec «L'Enfant qui», texte talisman, une nouvelle pierre sur le chemin le plus juste vers la liberté.

  • C'est l'histoire d'Étienne, photographe de guerre, pris en otage dans quelque lointaine ville à feu et à sang. C'est l'histoire d'un enfermement et d'une libération - pas forcément ceux qu'on croit. Sur une thématique éminemment contemporaine, le nouveau roman de Jeanne Benameur s'ouvre comme un film d'action pour mieux se muer en authentique livre de sagesse. Avec la délicatesse d'âme et la profonde sincérité qu'on lui connaît, l'auteur des Demeurées et de Profanes y tend une ligne droite entre la tête et le coeur, un chemin vers des êtres debout.

  • Au seuil de la quarantaine, ouvrier au trajet atypique, décalé à l'usine comme parmi les siens, Antoine flotte dans sa peau et son identité, à la recherche d'une place dans le monde. Entre vertiges d'une rupture amoureuse et limites du militantisme syndical face à la mondialisation, il lui faudra se risquer au plus profond de lui-même pour découvrir une force nouvelle, reprendre les commandes de sa vie.
    Parcours de lutte et de rébellion, plongée au coeur de l'héritage familial, aventure politique intime et chronique d'une rédemption amoureuse, Les Insurrections singulières est un roman des corps en mouvement, un voyage initiatique qui nous entraîne jusqu'au Brésil.
    Dans une prose sobre et attentive, au plus près de ses personnages, Jeanne Benameur signe une ode à l'élan de vivre, une invitation à chercher sa liberté dans la communauté des hommes, à prendre son destin à bras-le-corps. Parce que les révolutions sont d'abord intérieures. Et parce que "on n'a pas l'éternité devant nous. Juste la vie".

  • À l'université dans les années 1970, une jeune fille découvre la puissance formidable de l'amour.
    D'un côté la joie qui emporte Judith vers Alain, le «meneur» convaincu de la lutte politique. De l'autre l'appartenance à une famille qui l'entrave, soumise à la tyrannie du père.
    Ce roman est celui d'une tension.
    Judith apprend à mettre en perspective sa «petite histoire» avec la grande, celle initiée par Mai 68.
    L'entrée dans le monde de la littérature, de la pensée et de l'action politique lui ouvre un chemin de liberté. Jusqu'où ?

  • Les reliques

    Jeanne Benameur

    Le cirque les a abandonnés et la trapéziste qu'ils aimaient est morte. Hésior le magicien, Zeppo le clown et Nabaltar le soigneur de fauves échouent dans une cabane de chantier pour braver ensemble le temps qui passe et l'oubli. Ils sont trois dans une cabane entre village et décharge, trois hommes vieux sur lesquels le temps n'a plus de prise. Hésior, le magicien, Zeppo, le clown, et Nabaltar, le soigneur de fauves, «trois coeurs collés ensemble, cette étrange chose vivante». Mais Mira, leur amante, est morte. le dompteur qui l'avait séduite aussi. Et le cirque ne veut plus de l'énigme des trois hommes. En dehors du monde, en dehors du temps, ils sont liés, par le désir toujours vif qui les anime. Livrés à d'étranges tâches : Zeppo vole au village des albums de photos, les remet en ordre à l'envers, finissant par les nouveau-nés, Nabaltar accouche la peine des arbres la nuit et Hesior construit une porte, veille au dedans et au dehors, contient l'hostilité du village. Unis par leur trésor commun, le coffre contenant le dernier costume de scène de Mira, ils se retrouvent pour fabriquer ensemble de fausses reliques qu'ils enterrent au pied des églises, des maisons. Parce que la foi ne conduit pas qu'aux saintes, qu'il n'y a pas de grand ou de petit ravissement. Composé dans une langue à la grâce enivrante et au lyrisme brûlant, ce roman brave la mort au nom de l'amour fou. Un texte dense et vibrant, une authentique expérience poétique.

  • Après Naissance de l'oubli, Jeanne Benameur aura attendu plus de vingt ans pour donner à lire un second recueil de poèmes. Comme si l'écriture poétique était le voyage d'une vie, comme si les mots, le souffle du poème, les noms égrenés au fil du temps étaient l'essence même de la littérature.
    Avec Notre nom est une île, la poésie n'est ni fleuve ni tempête, mais pesée du silence, paroles en archipel, murmures qui laissent entendre ce que les mots ne disent pas. L'écriture simple, limpide et épurée de Jeanne Benameur creuse l'écorce du doute, de la fragilité, pour y trouver la sève, ou le sel, d'un autre rivage. D'île en île, de visage en visage, de solitude en solitude, la poésie déplace les lignes d'horizon.

  • À l'origine, Passage des arts est le nom d'une petite rue de Paris, une de ces venelles quipermettaient autrefois d'aller d'un atelier d'artiste à l'autre. Bruno Doucey a-t-il donné ce nom à la collection qu'il vient de créer pour rappeler que la poésie relève de l'espace public, qu'elle est un lieu de rencontres, un passage, une passerelle entre les êtres? Oui, mais pas seulement.
    Les livres de la collection Passage des arts sont avant tout des livres de dialogue entre deux artistes, l'un poète, l'autre photographe, peintre, graveur ou musicien.
    Des livres dans lesquels les images de l'un font naître la poésie de l'autre, et inversement.
    Des livres ouverts comme des fenêtres aux ressources de l'imagination créatrice.

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