Geneviève Brisac

  • « J'avais treize ans, et fini de grandir. On mange pour grandir. Je ne grandirai plus, m'étais-je dit. Je ne mangerai plus que le minimum. Ce qu'il faut pour durer. Cela faisait comme un champ d'exploration immense, la découverte d'un territoire sauvage et secret. » Nouk croit reprendre le contrôle de sa vie en cessant de s'alimenter. Elle découvre le plaisir inavouable d'être la plus forte, et de mentir, mentir, mentir jusqu'au vertige.

    Avec ce roman pur et violent, devenu un talisman pour plusieurs générations de lectrices et lecteurs, Geneviève Brisac obéit à une seule exigence : dire la vérité, quoi qu'il en coûte.

  • Eugenio fait tourner sa mère en bourrique : il demande, il exige, il obtient. Tout cela n'est pas bien méchant, mais Nouk est inquiète : et si elle n'était pas à la hauteur de son fils, si lucide, si mature ? Famille et amis s'en mêlent : coupable d'avoir divorcé, mère d'un enfant-roi, trop laxiste, pas assez attentive, Nouk est montrée du doigt. Pourtant elle n'a besoin de personne. Juste de son fils...

  • « Comment dire mieux ce travail de Sisyphe : remettre à l'honneur ces grandes écrivaines, nos aînées, celles à qui nous devons la force et le courage d'écrire ce que nous voyons, ce que nous sentons, ce que nous savons, et qui, décennie après décennie, sont renvoyées à leurs ténèbres, oubliées, effacées encore et encore. Celles à qui nous devons la force et le courage de décrire ce recoin de perplexité où rien n'est majestueux ni symbolique, mais où tout est important, les soupirs, les rhumes, les agonies, les bains de mer ».

    Dans la nouvelle édition, révisée et augmentée, de La Marche du cavalier, Geneviève Brisac explore les oeuvres de Christiane Rochefort, Doris Lessing, Natalia Ginzburg, Vivian Gornick... Un regard singulier sur les femmes et l'écriture, une invitation à lire autrement.

  • Elles avançaient vers leur avenir, et leur avenir, c'était la Révolution.
    Dans les années 70, deux soeurs défilaient dans les rues de Paris en chantant des slogans, et vibraient en entendant le mot « Camarades » qui scandait les discours militants.
    Anna Jacob avait quinze ans quand, pour la première fois, elle s'est rendue à un meeting avec sa soeur Molly. De leurs combats qui les ont menées jusqu'au Mexique pour entrer dans la lutte armée, Anna a tiré un livre. Molly ne lui pardonne pas de s'être approprié leur histoire pour en faire un roman. Pour Anna, la Révolution se pense, se rêve et s'écrit. Pour Molly, se révolter, c'est se frotter à la rugosité du quotidien.
    Aujourd'hui, Anna traverse une période de grand dénuement. Recueillie par Molly, elle retrouve les cahiers auxquels elle a confié ses pensées autrefois. Les figures de ses compagnons de combat ressurgissent : Marek, l'homme qu'elle a tant aimé, mort en prison, et Boris, qui continue à se battre en vain.
    Peu à peu, émerge la vraie question, obsédante : que reste-t-il de leurs idéaux ?

  • Après un terrible accident de voiture, Maman est morte. Papa a survécu et il rentre chez lui. Il doit apprendre à vivre seul. Aux tracas du quotidien se mêlent les souvenirs du passé qu'il partage avec sa fille. Il décrit sa vie, la vie d'un Français, juif laïque et républicain qui a traversé des guerres, des années de labeur, des chagrins d'amour et aussi de grands bonheurs, les secrets d'une vie bien remplie.

  • C'est l'histoire d'une malédiction.
    A seize ans, belle se pique avec un stylo et sombre clans un mal-être intense. mais ce n'est pas un baiser qui la réveille. non : c'est l'amour du théâtre, transmis par un comédien de passage avec sa troupe qui lui redonne goût au jeu et à la vie.

  • Découvrez Moi, j'attends de voir passer un pingouin, le livre de Geneviève Brisac. Au début, il y a les animaux. Comme dans la chanson du film de Kubrick, 2001 odyssée de l?espace qui compte tant pour Geneviève Brisac, une chanson du Déluge et de l?Arche : the animals went into by to, ah ah !
    C?est eux qui ont fait naître son désir d?écrire ce roman sur la révolte. Comment, que l?on soit bête ou homme, s?arme-t-on contre l?idiotie, les pouvoirs, la cruauté, la violence ?
    Voilà donc, par ordre d?apparition : Céleste, la femme de ménage qui veut un aspirateur, un peu de raison dans la maison et envoyer l?auteure à la campagne ; une pie qui volète un peu seule sur le balcon ; Nelson le fils rebelle qui ne peut pas saquer Colette et recueille le rat de laboratoire frileux de son ami Jean-Pierre installé à demeure devant l?Hippopotamus. A qui et à quoi s?ajoutent des tas d?autres personnages, hommes ou bestioles, familiers ou légendaires. Tout un monde de liberté à conquérir, d?ourlets défaits, de buffles qui pleurent, de chats aveugles, de filles cruelles et inconscientes. Toute une arche de Noé, urbaine, contemporaine, joyeuse, courageuse, décidée à habiter notre humaine condition envers et contre les saboteurs de tous poils.
    Écrit avec cet alliage de légèreté et de gravité qui fait sa patte, Moi, j?attends de voir passer un pingouin illustre merveilleusement la devise de l?auteure : « mélanger ce qui fait rire et ce qui fait pleurer ».

  • " Qu'est-ce que "la marche du cavalier"? Un brusque écart sur l'un des côtés de l'échiquier.
    Une manière d'avancer puis de se retirer de la scène, de se regarder agir après avoir agi, d'inscrire le décalage entre la conscience de la narratrice et la manière dont elle est perçue : la marche du cavalier traduit une sorte de dédoublement symptomatique de la condition féminine. Elle est aussi une tournure réflexive du roman moderne, qui exprime le désarroi de l'homme désarmé devant la complexité nouvelle du monde, la solitude des foules, la perte du sens.
    " À partir d'une remarque de Vladimir Nabokov, Geneviève Brisac interroge les formes que revêt l'écriture des femmes, les figures de leur style, et en décrypte le sens caché. De Karen Blixen à Virginia Woolf en passant par Jean Rhys, elle explore onze manières d'écrire - c'est-à-dire onze manières de penser et de sentir le monde. Bien plus qu'un essai sur l'existence supposée de la " littérature féminine ", La Marche du cavalier tente d'approcher l'énigme de la création, dans une époque où l'idée même d'une telle énigme semble vouée à la disparition.

  • 52 semaines.
    52 histoires, comme les morceaux d'une mosaïque, les fragments d'une fresque. Ou les chapitres d'un roman. Ce roman, c'est d'abord ce que disent les femmes - Akka, Mélissa, Nouk, Carlotta et les autres - quand elles se retrouvent au café ou qu'elles se téléphonent. De quoi parlent-elles ? De tout : un général tortionnaire, un bébé qui pleure, les cheveux frisés, Rosa Luxemburg, un terrible 15 août, a las cinco de la tarde.
    De rien : une fille muette, Bruce Chatwin, l'amour en fuite, les tombes à deux places, un homme, le goût à jamais perdu de l'enfance. Car nous sommes des êtres amphibies. Nous sommes d'ici et d'ailleurs, les pieds sur terre et la tête dans nos rêves, comme des arbres déracinés, immergés dans le flot incessant de nos fantasmes, de nos utopies. C'est cela, la seconde vie : cet espace où nous passons la majeure partie de notre existence, où le dedans et le dehors, l'intime et le politique ne cessent de se mêler.
    Inépuisable champ d'exploration que Geneviève Brisac propose à notre regard, dans ce livre d'une extraordinaire virtuosité, empruntant à chaque genre littéraire tout ce qui peut servir son propos : dévoiler ce qui nous meut et nous émeut, à notre insu.

  • Il y a quatre ans, dans le cadre d'une émission pour France-Culture, Geneviève Brisac invita Agnès Desarthe pour parler de Virginia Woolf. Très vite, leur travail déboucha sur une série d'interrogations. Car cet écrivain
    encombré de qualificatifs plutôt malveillants puritaine, dépressive, bourgeoise, narcissique, etc. leur apparaissait, à elles, sous un jour radicalement différent : drôle, perspicace, imprévisible, sensuelle, travailleuse. Il fallait rouvrir le « dossier Woolf ». VW est le fruit de cette enquête.
    D'abord, faire tomber les barrières qui interdisent l'accès aux textes de Woolf, considérés parfois comme « difficiles », et tracer un chemin de lecture à travers son oeuvre. Puis, dégager quelques grands thèmes écriture et peinture ; le problème du temps ; style et métaphore ; quelle place pour le lecteur ? Woolf et Joyce : de la subversion en littérature ; la guerre ; la politique et la question du suicide, et en approfondir l'analyse.
    Résultat : un livre qui pulvérise les idées reçues. Et nous fait découvrir une Virginia Woolf incroyablement proche de nous par sa liberté de pensée, sa passion pour l'expérimentation et ses positions sur la place des femmes dans la littérature, tout en mettant l'accent sur le caractère résolument contemporain de son oeuvre.

empty