Florence Rochefort

  • La question des droits, de la citoyenneté et de l'émancipation des femmes se pose depuis les révolutions américaine et française à la fin du XVIII siècle. Nés dans un contexte occidental, des féminismes se sont implantés peu à peu sur tous les continents pour libérer la parole et l'action des femmes, selon des modalités spécifiques de luttes politiques, nationales et anticoloniales.
    Le point de vue global de Florence Rochefort permet de saisir ces interactions transnationales et de retracer les grandes caractéristiques des modes de pensée et de mobilisation contre les inégalités entre les sexes, pour les droits et les libertés des femmes, mais aussi pour de nouvelles normes de genre.
    Trois grandes périodes jalonnent cette histoire : un moment d'émergence et de premières mobilisations jusqu'en 1860 ; un moment d'affirmation de mouvements pour les droits des femmes jusqu'en 1945 ; enfin, un moment caractérisé par les mouvements de libération des femmes et une institutionnalisation de la lutte pour les droits des femmes.

  • Hier, les femmes

    Florence Rochefort

    Entre tradition et modernité, les femmes traversent dans la diversité les mutations profondes de la France des années 1880 aux années 1950. Au gré des modes, tandis que se réinvente à chaque fois une idée de l'éternel féminin, les photographies de l'époque - et la plume de Florence Rochefort, chercheuse au CNRS, spécialiste de l'histoire des femmes - ont capté ces femmes en perpétuel mouvement, parfois icônes de la féminité, parfois simples passantes, toujours pleinement actrices de l'histoire.

  • Ne nous libérez pas, on s'en charge est né d'une rencontre, celle de trois historiennes qui, depuis 2013, ont animé un séminaire à l'EHESS sur la sociohistoire des féminismes. Trois regards, trois générations, trois parcours différents pour une volonté commune d'offrir un récit renouvelé de l'histoire des féminismes en France.
    Motivées par la demande des étudiantes et étudiants pour des éléments historiques accessibles, les autrices répondent à des interrogations qui donnent à réfléchir aux perspectives politiques d'aujourd'hui. Comment les féminismes ont-ils émergé ? Quels liens entretiennent-ils avec les mobilisations de femmes révolutionnaires et l'anti-esclavagisme ? Doit-on parler de « féminisme bourgeois » ? Y a-t-il eu des féminismes noirs ? Les féministes étaient-elles toutes colonialistes ? Existe-t-il des féminismes religieux ? Comment s'articulent le mouvement gay lesbien trans (LGBTQI +) et les mouvements féministes ? Le féminisme institutionnel est-il réactionnaire ? Qu'est-ce que le genre fait aux féminismes ? Que révèle #MeToo sur la construction des femmes comme sujets politiques ? Qu'il y a-t-il de nouveau dans le féminisme d'aujourd'hui ? Comment les féminismes s'articulent-ils avec l'histoire impériale de la France et s'insèrent-ils dans des circulations transnationales ?
    Le récit se divise en quatre parties qui correspondent aux principales scansions entre la Révolution française et les premières décennies du XXIe siècle. Ce livre entend fournir quelques clés indispensables pour penser les féminismes d'hier et d'aujourd'hui à la lumière des grands défis contemporains, des inégalités sociales, raciales et de genre. Réinterroger l'histoire des féminismes revient ainsi à s'inscrire dans une volonté de renouveau d'une histoire qui cesserait d'ignorer celles et ceux qui ont pensé et agi pour l'égalité et la liberté des rapports de genre.

  • Ce livre retrace de façon vivante, nuancée et distancée, les batailles féministes de la Troisième République. Dans un pays très attaché au mythe de l'éternel féminin, le féminisme est habituellement rangé au magasin des accessoires sociaux. Laurence Klejman et Florence Rochefort en donnent, elles, une interprétation politique. Non seulement elles retracent les difficultés d'une entreprise à laquelle se dévouèrent toute leur vie de nombreuses femmes, et quelques hommes, mais elles mettent en évidence la richesse d'une pensée trop souvent négligée. Il ne faut pas oublier que, si l'on se bat encore pour parvenir à la véritable égalité des sexes, les féministes du début du siècle avaient déjà tracé les grandes lignes du programme, avec leurs revendications politiques, juridiques, économiques, sociales ou identitaires. Les femmes et le féminisme sont bien, à part entière, des acteurs de l'histoire.

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