Bord De L'eau

  • La France, toute imbue de ses valeurs républicaines, ne mesure pas toujours à quel point elle a choisit pourtant d'être, dans les faits, un modèle d'accroissement des inégalités : inégalités de revenus, inégalités de territoires, inégalités de générations. A faire le diagnostic juste de l'état des inégalités, de leur évolution, on pourrait à juste titre en tirer la conclusion qu'il existe une préférence française pour les inégalités. C'est dans ce grand écart entre les discours et les actes que se glisse pour bonne partie le désaveu du politique. Dés lors, dans le même temps où chacun utilise jusqu'à l'épuisement et l'insignifiance des notions jamais précisées ni clarifiées, justice sociale, équité, solidarité, égalité des chances, discrimination positive, l'Institut Edgar Quinet a souhaité mieux définir les différentes approches des concepts en jeu, des politiques induites, faire un état des lieux précis des difficultés propres au modèle français et indiquer, sur la base d'analyses conduites par des spécialistes reconnus, des pistes d'action pour une gauche moderne qui, tout en acceptant de voir le monde tel qu'il est et de rompre avec nombre des tabous et des conservatismes qui l'ont empêché de réduire véritablement les inégalités, continuerait de se fixer pour tâche historique la réalisation de l'idéal de liberté, d'égalité et de fraternité qui définit le meilleur de la tradition du socialisme républicain.
    Les rencontres de l'Institut consacrées aux inégalités et à la justice sociale se sont tenues les 17, 18 et 19 janvier à Paris.

  • Elles témoignent de leur expéreince de mai 1968. En voici quelques exemples...

    Anne Feig. En 68, j'ai 25 ans et je finis ma licence d'allemand. L'année 68-69, je pars enseigner le français dans un lycée allemand. C'est donc à Francfort que je peux apprécier, dans les manifs, l'intelligence et les qualités d'orateur d'un certain Cohn-Bendit...
    Chantal Cambronne-Desvignes. En 68, j'ai 32 ans, et je suis enceinte de mon quatrième enfant. Enseignante, je suis durement chahutée au collège, et l'échec de mon couple me plonge dans le plus profond désespoir. Ce qui se passe en mai est pour moi le début d'une re-naissance.
    Florence Herlin. En 68, je viens d'avoir 25 ans. Je suis depuis un an professeur d'histoire dans un lycée du nord de la France. Année riche en expériences : mon premier poste, l'indépendance, la vie de province, enfin l'irruption de mai.
    Françoise Bonnot-Jörgens. En 68, j'ai 24 ans, je fais des études de lettres modernes à la Sorbonne, je finis ma licence et depuis la rentrée 67 je milite au GLM (Groupe de Lettres modernes) de l'UNEF.
    Gisèle Moyroud. En 68, j'ai 30 ans, deux filles, ma carte au SNI. J'enseigne aux Abrets (Isère) à 500 m de mon domicile, dans un collège rural en préfabriqué, le français, l'histoire-géo, et accessoirement le dessin, la cuisine, l'instruction civique...
    Luce Haccard-Perrin. En 68, j'émerge tout juste d'une interminable et douloureuse adolescence, d'un long séjour dans les couloirs d'une mort programmée et jamais achevée. Bref, je suis mûre pour NAITRE, vraiment, cette fois. Pour les autres, j'ai 27 ans, je suis documentaliste à l'Educ Naze, et viscéralement rebelle à toute autorité. Mûre, donc, pour le gauchisme...
    Marie Manet. J'ai 25 ans le 2 mai 1968. Je suis infirmière de nuit dans une clinique d'Aix-en-Provence. J'élève seule ma fille de trois ans.
    Marion Page. Je sors de l'Ecole normale de Nantes en 1960. En 68, j'ai 30 ans tout juste, et j'ignore tout du monde ouvrier, et aussi du monde des étudiants... Mariée à un cadre technique travaillant dans les arts graphiques, j'ai deux filles, de 5 ans et 14 mois. J'habite la banlieue sud où nous venons de faire construire grâce au Crédit Foncier. Je travaille à Paris 14e, dans une école maternelle près du boulevard Brune, et j'y emmène ma fille. Je songe vaguement à un troisième enfant (qui naîtra en 70), mais pas encore au divorce, je quitterai le domicile conjugal en 1983 seulement !
    Salima Fanton. En 68, j'ai 17 ans. Lycéenne à Paris. J'habite en proche banlieue et je prends le bus et le métro tous les jours, et DONC, je commence à faire l'expérience d'une "certaine" LIBERTE. J'ai un petit ami qui m'aime et que j'aime. J'ai une bonne copine de lycée. Elle est catho de gauche et s'appelle Marie-Jeanne. Ma vie amoureuse est très secrète. Je me retrouve enceinte. J'avorte dans une grande SOLITUDE...
    Simone Gipouloux. En 68, j'ai 54 ans et je suis professeur de psychopédagogie à l'Ecole normale d'institutrices de Bordeaux. Je vis les événements sur deux plans en même temps : mon fils, en terminale, est très engagé, et je suis témoin de ce qu'il vit ; moi-même, dans ma profession, je m'implique complètement dans ce qui se passe.
    Sylvette Dupuy. En 68, j'habite New York où j'ai suivi mon mari, j'ai un bébé, des nattes dans le dos et encore mes joues d'adolescente, je porte de longues jupes, je suis heureuse et néanmoins en quête. Sous les pavés, la plage bruisse. Et je suis convaincue que « les marges, c'est ce qui fait tenir la page » (Jean-Luc Godard).

    Un Livre fort, émouvant... qui rappelle ce que fut aussi mai 68 : une renaissance pour les femmes.
    Un livre tout public.

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