Littérature générale

  • Fille

    Camille Laurens

    Laurence Barraqué est née en 1959 dans une famille de la petite bourgeoisie de Rouen. Son père est médecin et sa mère femme au foyer. Très tôt elle comprend, à travers le langage et l'éducation de ses parents, que la position des filles est inférieure à celles des garçons. Cette expérience se prolonge à l'école, au cours de danse, à la bibliothèque municipale, partout où le langage impose la position dominante du genre masculin : « Garce. Le mot revient et la hante. C'est une injure. Mais n'est-ce pas d'abord le féminin de garçon ? Tout ce qui est féminin déçoit, déchoit, elle le sait désormais. Garçon, c'est un constat. Garce, c'est un jugement. Le mot, en changeant de genre, devient mauvais. Mais il a des pouvoirs. » Dans ce roman d'une puissance exceptionnelle, Camille Laurens déploie le destin d'une femme confrontée aux mutations de la société française de ces quarante dernières années. La narratrice emporte dans sa voix les grandes problématiques de l'éducation des femmes, de la domination masculine et de la transmission des valeurs féministes aux jeunes générations. Le parcours de Laurence Barraqué se fait la chambre d'échos de toutes celles qui furent élevées dans l'idée d'une supériorité des hommes. L'auteur saisit avec acuité les moments charnières de l'enfance au cours desquels se joue l'adulte que l'on va devenir. L'écriture de Camille Laurens atteint ici une maitrise remarquable, qui restitue les grandes embardées de la vie tout en faisant résonner la petite musique des mots.

  • Dans ces bras-là ne traite que d'un seul sujet, une idée fixe : les hommes.
    L'auteur avoue que, depuis l'enfance, ils sont l'unique objet de sa curiosité et de sa gourmandise. Tous ceux qui lui ont fait tourner la tête, elle veut enfin en faire le tour. Des hommes croisés aux hommes oubliés, du mariage vécu dans l'emportement aux traces immuables des premières amours, Camille Laurens décrit avec émotion et humour les multiples facettes de la relation amoureuse.

  • L'amour, roman

    Camille Laurens

    D'où vient l'amour en nous ? Comment se construit cette forme particulière et unique, si différente chez chacun d'entre nous que souvent nous ne la comprenons pas chez l'autre : l'amour ? Le passé la crée peu à peu, tissage de récits déformés, de fables inventées, de mythes personnels, histoires de famille : nous héritons l'amour comme on nous lègue un meuble. Et puis les livres, ce qu'ils nous ont appris de la passion, de la souffrance et du plaisir - pages bâtissant des sentiments, des sensations, un monde, éternel roman du coeur entre illusion et vérité, corps et âme. L'amour, c'est des mots.

  • Romance nerveuse

    Camille Laurens

    C'est l'histoire d'une rencontre improbable. Elle est romancière, cultivée, « la vraie vie, c'est la littérature », pense-t-elle. Luc est paparazzi, toujours en quête d'aventures et de sensations fortes. À la suite d'un conflit avec son éditeur, elle a perdu confiance en elle et ne parvient plus à écrire ; il rêve d'être connu et reconnu, il voudrait qu'elle écrive un livre sur lui, sur son existence à la fois tragique et futile, insignifiante. Il lui offre non pas une tranche de vie, dit-il, mais « une tranche de vide ». Elle va donc entreprendre de le peindre, et à travers lui, c'est le portrait d'un homme contemporain qui se dessine : désinhibé, transgressif, irrespectueux des usages, des lois, avide de jouissances rapides, insoucieux d'autrui, il est « l'homme sans gravité » de Charles Melman, immature comme un enfant, se mouvant sans repères ni valeurs dans un monde sans limites, où l'opinion prévaut sur la pensée, la consommation sur le désir, l'imaginaire sur le réel. Luc est aussi attachant, fascinant par son énergie, ses tentatives de liberté, et raconte quelque chose de l'humanité tout entière. L'idylle est évidemment bancale, la romance nerveuse, la narratrice témoigne d'un certain masochisme face à ces provocations qui la sidèrent, mais la reconquête d'un sens perdu passe par les retrouvailles avec la langue et l'apprentissage d'une forme d'amour.

  • Ni toi ni moi

    Camille Laurens

    Il est réalisateur, elle est romancière. Ils savent ou croient savoir quelque chose des histoires qu'on se raconte et du cinéma qu'on se fait. Et pourtant, comment enchaîner ces deux phrases qui les lient, puis les délient, ces deux plans fixes : Je t'aime - Je ne t'aime plus ? Qu'est-ce qui se passe entre deux ? Qu'est-ce qui passe - ne fait que passer ? Comment dire ce qui ne s'entend pas, comment montrer ce qui ne peut pas se voir ? C'est un roman d'amour ? Un roman de haine ? Peut-être un roman policier : on enquête sur la disparition de l'amour.

  • Romance

    Camille Laurens

    Chansons, maisons, frissons. Héros des stades, bourreaux des coeurs. Idylles, hymens, séparations. Ces fragments assemblés forment une vie, des vies, une succession d'images qui se ressemblent sans se répéter tout à fait.
    Mythologie familiale, histoire d'amour ? Et si Romance n'était pas ce roman, mais un écran qui cache autre chose ? Si l'on s'était laissé prendre à l'illusion ? Et si, en donnant un léger tour au kaléidoscope, c'était la reconstitution d'un meurtre qui, sur un air de valse, se dessinait ?

  • Index

    Camille Laurens

    Vous achetez un livre au hasard d'un voyage, vous le parcourez sans méfiance quand soudain vous comprenez qu'un auteur indélicat y révèle votre secret le plus intime.
    Tout vous montre du doigt, c'est votre vie, vous vous y reconnaissez. mais lui, qui est-il, qui lui a raconté ? commence alors une enquête dont la rigoureuse progression alphabétique se heurte à la multiplicité des interprétations, oú rencontres, souvenirs et affabulations déforment votre vérité. c'est à ce chassé-croisé entre lecteur et auteur que vous invite index. a travers les interrogations d'une jeune femme confrontée à sa propre histoire est posée avec insolence la question clef du roman, qui est de savoir, en tout récit, qui parle.

  • Tissé par mille

    Camille Laurens

    Mallarmé propose le titre : « Ce pli de sombre dentelle, qui retient l'infini, tissé par mille, chacun selon le fil ou prolongement ignoré son secret, assemble des entrelacs distants où dort un luxe à inventorier... » C'est cet inventaire que poursuit Camille Laurens, cherchant ce que trament les mots - les mille ans, mille gens, mille jeux, mille sons, mille sens qui s'y nouent pour composer le mystérieux textile où s'invente aussi notre vie, ce tissu de la langue ajouré de silence.

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