Barbara Ehrenreich

  • Essai concis et incisif sur les racines historiques de l'establishment médical, Sorcières, sages-femmes et infirmières s'inscrit au coeur de la seconde vague féministe.
    Publié aux États-Unis en 1973, il est le fruit d'une indignation face aux maltraitances infligées aux femmes par le corps médical - diagnostics infondés, traitements aussi intensifs qu'hasardeux...
    Barbara Ehrenreich et Deirdre English, engagées dans le Mouvement pour la santé des femmes, s'interrogent alors sur la diabolisation des guérisseuses populaires au XVIe et au X VIIe siècle en Europe, à la mise à l'écart des sages-femmes au XIXe et à la construction du personnage de l'infirmière façon Florence Nightingale. À qui ont profité ces chasses aux « sorcières » issues des milieux populaires ? Et si, derrière cette professionnalisation forcée, se cachait une véritable monopolisation politique et économique de la médecine par les hommes de la classe dominante, reléguant peu à peu les femmes à la fonction subalterne d'infirmière docile et maternelle ?

  • Quelques mois après Sorcières, sages-femmes & infirmières, Barbara Ehrenreich et Deirdre English publient un second pamphlet contre le système de santé étatsunien qui, depuis le XIXe siècle, est le plus puissant instrument en matière de promotion de l'idéologie sexiste.
    B. Ehrenreich et D. English décrivent la vie dans les riches demeures et les quartiers pauvres du New York du XIXe siècle pour nous montrer comment la médecine a invoqué la « science » pour attester de l'infériorité « naturelle » des femmes, ces êtres « malades », « hystériques » et « contagieux », et comment elle a contribué à créer des rapports au corps radicalement différents en fonction des appartenances sociales.
    A l'aide d'exemples frappants, tels que les nombreux «traitements» et «cures de repos» infligés aux femmes au fil des décennies, les auteures analysent la logique biomédicale servant à justifier la discrimination de masse fondée sur le sexe dans la culture états-unienne. Depuis Hippocrate, les médecins traitent les femmes comme le sexe «faible». Fragiles ou contagieuses lève le voile sur cette période et affirme la nécessité de repenser la pratique médicale dans son rapport aux femmes. Un nouvel essai percutant !

empty