Littérature traduite

  • Londres, 1923. Par une claire matinée de juin, Clarissa Dalloway, qui donne une fête dans la soirée, sort acheter des fleurs. À la faveur de sa promenade, elle se laisse imprégner par tout ce qui l'entoure, sillonne les rues et remonte le temps. Tandis que les impressions affluent, elle se souvient d'un été à Bourton, où sa vie a basculé...
    Dans ce roman du temps vécu où les voix et les époques s'entremêlent, Virginia Woolf décrit des existences hantées par le spectre de l'histoire et de la guerre, ou menacées par la folie. Mais entre les ruines de la tradition et les bouleversements de la modernité, Mrs Dalloway (1925) fait le pari qu'il est possible de vivre l'instant présent, ce moment « où toutes les choses arrivent ensemble».


  • la publication de l'origine des espèces, en 1859, a marqué une révolution intellectuelle comparable à celle qui est associée aux noms de copernic et galilée.
    en proposant une théorie de la " descendance avec modification " et de la " sélection naturelle ". darwin apportait des réponses aux questions qui préoccupaient les naturalistes de son époque. le caractère radical de ces réponses aussi bien que les problèmes qu'elles laissaient en suspens ont alimenté d'emblée polémiques et controverses. de là les ajouts et les digressions qui, au gré des six éditions successives de l'oeuvre, en vinrent à obscurcir le propos d'origine.
    en élaguant la traduction d'edmond barbier de ce qui ne figurait pas dans l'édition de 1859 et en y rétablissant ce qui en avait disparu, le présent volume permet au lecteur francophone de retrouver cette oeuvre dans sa fraîcheur initiale.

  • Au début du XXe siècle, un groupe de passagers londoniens embarque pour l'Amérique du Sud. Parmi eux, la fille de l'armateur, Rachel, s'éloigne pour la première fois de la bonne société anglaise et part à la rencontre du monde et d'elle-même. Au cours de ce voyage, elle découvre des paysages exotiques et des lieux inconnus, mais elle reste poursuivie par l'univers étriqué qu'elle cherche à fuir. Buvant le thé et dissertant de littérature, ce beau monde cultivé ne parvient jamais à voir au-delà des règles de la bienséance qui oppressent Rachel.

    Ce premier roman de Virginia Woolf est un miroir de l'évolution de son auteure, jusque dans la fascination pour l'eau et la mort, qui finira par la rattraper tragiquement. Mais au-delà de l'autobiographie, La Traversée des apparences pose un monde qui restera celui de Woolf tout au long de son oeuvre : un univers régulé dans lequel une héroïne, qu'elle s'appelle Rachel ou Clarissa Dalloway, étouffe et cherche sans cesse à trouver du sens, à regarder autrement pour se sauver.

  • Evoque le conflit entre les normes morales imposées dès le plus jeune âge et son propre ressenti qui se manifeste par des maux corporels. Dans une première partie, illustre le propos à partir de biographies d'écrivains célèbres puis indique de quelles façons rompre le cercle vicieux de l'automystification.

  • Un bateau vogue vers les Rivages Maudits avec, à son bord, des hommes et des femmes condamnés à l'exil sur des terres lointaines pour avoir trahi le Gouverneur Esclépius. Leur destination : le désert des Pluies - un pays à la végétation monstrueuse, aux eaux corrosives et aux sols fangeux. A peine débarqués, les passagers tentent d'organiser leur survie. Bientôt, la découverte d'une ville souterraine, peuplée d'apparitions extraordinaires et de sons envoûtants, les plonge dans un monde inconnu et pourtant étrangement familier... Des robinsonnades aux récits de civilisations perdues, Retour au pays emprunte à de nombreuses traditions littéraires pour bâtir, sous la forme d'un journal intime, une épopée captivante.

  • La psychose, la drogue, la criminalité sont-elles les répercussions codées des expériences des premières années de la vie ?
    Alice Miller dénonce les méfaits de l'éducation traditionnelle, qui a pour but de briser la volonté de l'enfant pour en faire un être docile et obéissant. Elle montre comment les enfants battus battront à leur tour, les menacés menaceront, les humiliés humilieront. Car à l'origine de la pire violence, celle que l'on s'inflige à soi-même ou celle que l'on fait subir à autrui, on trouve presque toujours le meurtre de l'âme enfantine.
    Cette « pédagogie noire », selon l'expression de l'auteur, est illustrée par des textes des xviiie et xixe siècles, stupéfiants ou tragiques, reflétant les méthodes selon lesquelles ont été élevés nos parents et nos grands-parents, et par trois portraits d'enfances massacrées : celle de Christine F., droguée, prostituée, celle d'un jeune infanticide allemand et enfin celle d'Adolf Hitler, que l'on découvrira ici sous un jour tout à fait inattendu.

  • Pour Edie et Mae, c'est peut-être le jour où elles doivent aller vivre à New York chez leur père, qui a quitté le foyer familial dix ans plus tôt. Car si l'une prend fait et cause pour cet écrivain tourmenté, l'autre ne souhaite qu'une chose : retrouver leur mère, la fascinante mais si fragile Marianne. Face aux errements et à l'égoïsme des adultes, pourront-elles les sauver d'eux-mêmes sans se perdre en chemin ?

    Leurs récits discordants s'entremêlent à ceux de leurs proches et témoignent d'une vision si différente des événements que l'on en vient à douter. Qui croire parmi les divers acteurs du drame qui guette à mesure que chacun, enfermé dans ses propres convictions, plonge dans les eaux troubles de la mémoire familiale?

  • Et si notre esprit fonctionnait encore quelques instants après notre mort biologique ? 10 minutes et 38 secondes exactement. C'est ce qui arrive à Tequila Leila, prostituée brutalement assassinée dans une rue d'Istanbul. Du fond de la benne à ordures dans laquelle on l'a jetée, elle entreprend alors un voyage vertigineux au gré de ses souvenirs, d'Anatolie jusqu'aux quartiers les plus mal famés de la ville.

    En retraçant le parcours de cette jeune fille de bonne famille dont le destin a basculé, Elif Shafak nous raconte aussi l'histoire de nombre de femmes dans la Turquie d'aujourd'hui. À l'affût des silences pour mieux redonner la parole aux « sans-voix », la romancière excelle une nouvelle fois dans le portrait de ces « indésirables », relégués aux marges de la société.

  • Ouvrez les yeux, nous dit Alice Miller de livre en livre. Ouvrez les yeux sur ce que vous avez subi étant enfant. Nous bâtissons de hautes murailles pour nous protéger de la douloureuse histoire de notre propre enfance.
    « Il n'est pas vrai, écrit Alice Miller, que le mal, la destruction, la perversion fassent nécessairement partie de l'existence humaine, même si on le répète sans arrêt. Mais il est vrai que le mal se reproduit sans cesse, et qu'il engendre pour des millions d'êtres humains un océan de souffrance qui pourrait être évité. Lorsque sera levée l'ignorance résultant des refoulements de l'enfance, et que l'humanité sera réveillée, cette production du mal pourra prendre fin. »

  • Faut-il qu'à chaque conflit de société notre esprit critique cède le pas à la frénésie générale ? Les partis politiques sont-ils condamnés à reproduire les mêmes schémas qui précipitent leur perte ? Devons-nous rester passifs devant les nouvelles technologies qui poussent de plus en plus loin la manipulation et le contrôle des citoyens ? Autant de questions posées par Doris Lessing dans ces six conférences données dans les années quatre-vingt, qui répondent pourtant précisément aux défis du XXIe siècle. Elle exhorte chacun de nous à prendre conscience des lois qui nous gouvernent pour que nous puissions enfin nous affranchir des loyautés aveugles, de l'obéissance aux slogans, aux chefs, aux émotions collectives. Déployant avec éloquence son franc-parler habituel, la lauréate du prix Nobel de littérature prouve une nouvelle fois sa force visionnaire dans ce livre à l'écho aussi puissant que déconcertant.

  • Le temps mord

    Doris Lessing

    Ces essais parmi les meilleurs du prix Nobel de littérature 2007 abordent un grand nombre de sujets, de cultures, de périodes et de thèmes : mystères du soufisme, critique des grands classiques de la littérature, ses chats, etc.

  • Et si l'histoire des femmes ne se réduisait pas à une longue chronique de l'oppression patriarcale? Prenant le contre-pied d'une pensée féministe répandue, Christopher Lasch montre le caractère paradoxal de l'émancipation des femmes et insiste sur le rôle qu'elles ont joué dans leur propre soumission : croyant se libérer du patriarcat traditionnel, elles se sont en réalité assujetties à un nouveau paternalisme, celui de la société de consommation et de l'État libéral.
    Proposant une réflexion solide sur la désintégration de la famille contemporaine, ce recueil d'articles, composé de la main de l'auteur peu de temps avant sa mort, constitue une excellente introduction aux grands thèmes de la pensée de Lasch.

  • Avec Filles impertinentes Doris Lessing nous livre le récit poignant de sa genèse et de sa jeunesse. Elle s'y dévoile sous un jour nouveau et met toute sa puissance de conteuse au service d'un sujet universel : les relations mère-fille. Mordant, plein d'esprit et porté tout au long par une franchise hors du commun, Filles impertinentes est également l'autoportrait saisissant d'un des écrivains les plus libres de son époque.

  • Sanglantes origines

    René Girard

    Cet essai de René Girard présente et résume les concepts clés de sa théorie : le désir mimétique, le mécanisme victimaire et la révélation judéo-chrétienne.
    Comparant l'histoire de Milomaki, héros des Indiens yahunas, avec la légende d'OEdipe et les textes de persécution du Moyen Âge, l'auteur démontre l'origine persécutrice de tous les mythes et l'universalité du phénomène du bouc émissaire. Pour la seule fois dans toute son oeuvre, René Girard débat ensuite avec trois anthropologues : Walter Burkert, Renato Rosaldo et Jonathan Z Smith. Cette discussion concerne le sacrifice et la domestication, mais aussi les " chasses aux têtes " et aux animaux sauvages.
    Répondant de façon très convaincante aux objections que soulève sa théorie, l'auteur éclaire d'un nouveau jour les origines sacrificielles de l'humanité. À l'heure où l'anthropologie connaît un regain d'intérêt, notamment dans le sillage du centenaire de Claude Lévi-Strauss, la traduction de ce texte majeur s'imposait. René Girard aura en effet remis l'anthropologie religieuse au premier plan en révélant le mécanisme victimaire au fondement de la culture.
    On se persuadera sans mal, en le voyant ici défendre son hypothèse, qu'elle constitue un apport scientifique essentiel.

  • Alfred et Emily « Je crois que la colère ramenée des tranchées par mon père s'est emparée de moi très tôt et ne m'a plus jamais quittée. Les enfants ressentent-ils les émotions de leurs parents ? La réponse est oui, nous les ressentons. Et voilà un héritage dont je me serais bien passée. À quoi bon tout cela ? C'est comme si cette vieille guerre imprégnait ma mémoire, ma conscience. » Doris Lessing, prix Nobel de littérature, explore la vie de ses parents, tous deux abîmés de manière irrévocable par la Grande Guerre. Elle imagine tout d'abord la vie plus heureuse qu'ils auraient pu bâtir si la guerre n'avait pas eu lieu, avant de se livrer à un examen cinglant de leur couple tel qu'il fut en réalité dans l'ombre pesante de cette guerre. « Aujourd'hui encore, je m'efforce d'échapper à cet héritage monstrueux, pour être enfin libre », confie Doris Lessing. Avec Alfred et Emily, c'est très exactement ce qu'elle fait, et de manière éclatante.

  • L'idée de justice

    Amartya Sen

    Imaginons trois enfants et une flûte.
    Anne affirme que la flûte lui revient parce qu'elle est la seule qui sache en jouer; Bob parce qu'il est pauvre au point de n'avoir aucun jouet; Carla parce qu'elle a passé des mois à la fabriquer. Comment trancher entre ces trois revendications, toutes aussi légitimes? Les partisans des théories aujourd'hui dominantes - utilitarisme, égalitarisme, école libertarienne - plaideront chacun pour une option différente, selon la valeur qu'ils attachent à la recherche de l'épanouissement humain, à l'élimination de la pauvreté ou au droit de jouir des fruits de son travail.
    Mais, souligne Amartya Sen, aucune institution, aucune procédure ne nous aidera à résoudre ce différend d'une manière qui serait universellement acceptée comme juste. C'est pourquoi Sen s'écarte aujourd'hui - résolument et définitivement- des théories de la justice qui veulent définir les règles et les principes qui gouvernent des institutions justes dans un monde idéal. C'est la tradition de Hobbes, Rousseau, Locke et Kant, et, à notre époque, du principal penseur de la philosophie politique, John Rawls.
    Sen s'inscrit dans une autre tradition des Lumières, portée par Smith, Condorcet, Bentham, Wollstonecraft, Marx et Mill: celle qui compare différentes situations sociales pour combattre les injustices réelles. La démocratie, en tant que "gouvernement par la discussion", joue dans cette lutte un rôle clé. Car c'est à partir de l'exercice de la raison publique qu'on peut choisir entre les diverses conceptions du juste, selon les priorités du moment et les facultés de chacun.
    Ce pluralisme raisonné est un engagement politique: le moyen par lequel Sen veut combattre les inégalités de pouvoir comme les inégalités de revenu, en deçà de l'idéal mais au-delà de la nation, vers la justice réelle globale. Il importe d'accroître les revenus, mais aussi de renforcer le pouvoir des individus de choisir, de mener la vie à laquelle ils aspirent. C'est ainsi qu'une personne devient concrètement libre.
    L'Idée de justice représente l'aboutissement de cinq décennies de travail et de réflexion, mais aussi d'engagement dans les affaires du monde. Sen, l'un des plus grands penseurs de notre temps, va dans ce livre plus loin que jamais.

  • Jeune fille noire éprouvée par les décès de sa mère et de sa tante, Victoria se raccroche toute sa jeunesse durant au souvenir d'une visite éphémère dans la demeure d'une riche famille blanche, les Staveney. Quinze ans plus tard, elle finit par faire de son fantasme réalité à travers la liaison qu'elle a avec le fils de maison, Thomas.
    De cette relation naîtra une fille, Mary, à la peau claire et au sourire radieux. Les Staveney, en adoration devant la petite, proposent de l'accueillir de plus en plus souvent chez eux. Victoria, tout à la réalisation de la chance que ce serait pour sa fille de bénéficier d'une telle éducation, n'imagine pas les conséquences qu'aura sa décision.
    Doris Lessing dépeint la détermination et l'ambivalence qui motivent les décisions de Victoria dans un conte aigre-doux sur le racisme, la bonne conscience et l'ambition.

  • Daphné Sheldrick, celle qu'on surnommera «la mère des éléphants», voit le jour en juin 1934 dans une ferme de colons britanniques, au Kenya. Tout la prédestine à vivre au plus près de la nature, surtout son extraordinaire empathie envers les animaux. Mais rien n'annonce qu'elle se lancera à corps perdu dans la guerre contre les chasseurs d'ivoire, ni qu'elle consacrera sa vie aux bébés orphelins victimes du braconnage.
    Le récit de cette femme d'exception traverse le XXe siècle et rend compte des soubresauts de l'histoire : les guerres mondiales, la révolte mau-mau, l'indépendance kenyane...
    Un destin romanesque, au coeur du monde sauvage, plein de chair, de passions et de violence.
    Décédée en 2018, Daphné Sheldrick a reçu de nombreuses distinctions et s'est fait connaître dans le monde entier par son travail pour la protection des éléphants. Le David Sheldrick Wildlife Trust, qu'elle a fondé en l'honneur de son mari, oeuvre pour la sauvegarde de la faune sauvage au Kenya.

  • Justice, genre et famille Le droit, les moeurs et les pratiques sociales tendent à représenter la famille comme un domaine séparé, exclusif de toutes considérations s'exprimant en termes de justice et d'égalité - lesquelles sont conçues comme relevant du domaine « public ». Considérant que « le mariage et la famille, tels qu'ils sont pratiqués dans notre société, sont des institutions injustes », Susan Moller Okin refuse toutefois de se contenter de montrer en quoi ils favorisent l'inégalité entre les hommes et les femmes. Car il faut aussi et surtout, à ses yeux, défendre la nécessité d'étendre la réflexion sur la justice à la sphère familiale. Justice, genre et famille fut ainsi conçu comme un complément indispensable à la Théorie de la justice de John Rawls, parce que cette oeuvre qu'elle admirait tant n'avait pas répondu à la question que, pour sa part, elle résolut de faire sienne : « Dans quelle mesure est-il possible de faire co-exister la justice et le genre ? ». Dix-huit ans après la Théorie de la justice, le majestueux effort critique entrepris par Okin consista donc avant tout à s'efforcer de réintroduire dans la pensée toute une dimension du problème de la justice que Rawls, tout en le posant si bien, avait sur ce point manqué.

  • Le Malaise dans la culture est le plus " philosophique " des écrits du fondateur de la psychanalyse.
    Ce petit livre, publié en 1930, est en effet le seul véritable exposé de la conception de la réalité sociale et de la philosophie politique de Freud. Son diagnostic en a troublé plus d'un - la culture s'efforce d'endiguer l'irréductible agressivité humaine sans jamais remporter de victoire décisive -, et l'on a voulu y voir la preuve du pessimisme d'un vieil homme rongé par la maladie et rattrapé par l'histoire.
    Bien au contraire, en leur montrant qu'ils n'ont rien à attendre d'un retour à la ,nature", d'une société sans classes ou encore d'un paradis régi par les lois du marché, Freud délivre les hommes de leur dernière chaîne : celle qui les liait à la croyance et à l'espoir. Contrairement à ce qu'a dit Dante, ce n'est pas en enfer que l'on entre quand on abandonne toute espérance, mais dans le royaume de la liberté où l'illusion n'a plus cours.

  • Clara écrit régulièrement sur un cahier que son mari, Clemente, lit en cachette. Elle s'y met en scène à la première personne. Ce n'est pourtant pas un journal intime puisqu'elle mélange des faits vrais à d'autres épisodes manifestement inventés. Dès les premières pages, Clara se représente en compagnie d'un amant, liaison interrompue par la mort de ce dernier. Fiction ou réalité ?


  • Les destins croisés de cinq jeunes musulmans indonésiens déterminés à prendre leur destin et celui de leur pays en main. Cette fresque, qui dévoile l'Indonésie contemporaine sous ses différentes facettes, mêle aussi bien réalisme sociologique et politique que sensualité, fantastique, rêve et mystère.


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