Sciences humaines & sociales

  • Le féminisme se porte-t-il sur un t-shirt ? Kim Kardashian est-elle un objet sexuel ou une femme puissante ? La série Grey's anatomy peut-elle changer la vie des femmes ? Dans un essai à la première personne documenté, passionné et engagé, Jennifer Padjemi, journaliste spécialiste questions de société, explore l'alliance, pour le meilleur et pour le pire, du féminisme et de la pop culture. En reprenant le fil des mouvements féministes modernes, de l'émergence d'un féminisme intersectionnel au mouvement "body positive" en passant par Me too et en se basant sur son expérience de femme noire, elle décortique le rapport que nous entretenons avec les objets culturels les plus populaires.
    Biberonnée aux clips vidéo, chansons grand public et maintenant aux séries TV, notre consommation de divertissement façonne, accompagne, et parfois challenge notre vision du monde. En utilisant la pop culture comme un miroir de notre société mondialisée, l'auteure questionne à travers elle le féminisme, le genre, la sexualité, l'intersectionnalité. Jennifer Padjemi interroge les liens d'interdépendance entre consommation de masse et idéologie progressiste, et jette un regard joyeux et lucide sur nos divertissements, sans concession au patriarcat.
    Un livre à mettre entre toutes les mains !

  • « J'ai avorté deux fois et je suis la preuve qu'un avortement peut provoquer l'indifférence ou une déflagration. Je suis la preuve qu'il peut occuper vingt ans ou les seules semaines nécessaires à son accomplissement. Qu'il peut être l'unique issue envisageable ou simplement permettre d'attendre un meilleur moment.
    Alors, j'ai été lasse des discours péremptoires sur les raisons pour lesquelles les femmes devraient y avoir recours et sur ce qu'elles devraient, ou non, ressentir à son occasion. J'ai eu envie d'écouter certaines d'entre elles raconter ce qu'elles avaient vécu, en refusant que d'autres parlent pour elles.
    Ma préoccupation n'était pas le droit à l'avortement mais le droit à la parole de celles qui l'ont expérimenté.
    Le droit à l'avortement est inscrit dans la loi depuis 45 ans mais son exercice doit toujours être discret, si ce n'est secret. La loi nous autorise à avorter, la société nous empêche d'en parler. Nous sommes nombreuses à nous plier à cette loi du silence, parce que la gêne et la culpabilité sont toujours là.
    Je suis cependant convaincue que ce droit sera toujours fragile si nous n'assumons pas pleinement d'y avoir recours comme bon nous semble et si nous pensons le protéger en faisant profil bas, laissant alors au passage certains professionnels de la santé nous malmener.
    Voici donc ce livre, mélange de témoignages et d'une quête personnelle qui m'a transformée.
    Ce sont quelques histoires d'interruption.
    Douloureuses ou anodines. Singulières.
    Une interruption aussi je l'espère, quand bien même furtive, du silence, de la honte et de la colère. ».
    S. V.

  • Le partage d'Orient Nouv.

    « En 1974 la guerre est entrée dans ma vie. Elle m'a poussé d'un coup vers un rebord de moi-même que je n'aurais peut-être jamais découvert si mon père avait été simplement français. ».

    En 1974, la plus orientale des îles méditerranéennes est violemment déchirée. Chypre, envahie par la Turquie, est partagée en deux territoires. Le père de l'auteure, l'aîné des Makariou, ne s'en relèvera pas. Comment réparer une telle blessure ?
    Historienne d'art, spécialiste d'art islamique, Sophie Makariou a voué sa vie à ce que son histoire familiale lui semblait lui donner pour ennemi : « la Turquie », et au-delà l'Orient et l'Islam. Elle fait oeuvre de mémoire pour comprendre, s'attache à connaitre pour réparer.
    Ce récit, écrasé de soleil et teinté de sang, tisse et détisse, dans l'amour et l'inquiétude, un « monstrueux accroc », une identité déchirée comme l'a été Chypre. Entrecroisant les parfums et les sons sur la trame de l'histoire, l'auteure observe, dans ces pays aimés plus que tous autres - du Liban à la Syrie, en passant par la Turquie -, comment cette partie du monde que l'on nomme l'Orient est au coeur des convulsions de ce siècle.

    « Le pire du cataclysme est encore à venir. Je sais de la même façon qu'il y a quarante-six ans que la table de l'histoire est en train de se renverser. »

  • Il y a trente ans, je n'avais pas trente ans, le mur de Berlin tombait et on croyait à la fin de l'histoire. La démocratie allait enfin gagner l'Europe entière. Internet arrivait, le monde s'offrait en accès libre, c'était excitant, c'était beau. Trente ans plus tard, l'Europe promise comme un modèle de civilisation est traversée par des lignes de fractures, des sociétés coupées en deux, une agitation nationaliste et populiste nourrie par la peur, le malaise, le ressentiment.
    Qu'est-ce qui se passe ?

  • La désobéissance éthique

    Weissmann-E

    • Stock
    • 28 Avril 2010

    Ils sont enseignants, conseillers Pôle Emploi, postiers, électriciens/gaziers, forestiers, hospitaliers, psychiatres, chercheurs, magistrats, policiers... Ils ne feront pas le « sale boulot » qu'on exige d'eux depuis que Nicolas Sarkozy a lancé la plus grande opération de déconstruction et de privatisation des services publics jamais menée.
    Face à une politique d'asphyxie programmée qui érige en norme la course au chiffre et au rendement, l'évaluation et la compétition, le fichage et la répression, et qui menace les droits fondamentaux et la cohésion sociale, de plus en plus de professionnels refusent de voir leurs organismes transformés en machine à faire des actes et du cash, leur métier dénaturé et leur éthique piétinée.
    Constatant la souffrance, la perte de sens et la régression qui en résulte pour eux comme pour les usagers, Ils mettent en oeuvre, seuls ou avec leur syndicat, diverses stratégies de résistance : désobéissance collective proclamée, opposition souterraine, insoumission, freinage subversif.
    Ce livre, construit comme un abécédaire, s'adosse à une enquête de terrain : il donne à entendre des témoignages bouleversants d'hommes et de femmes pris dans la tourmente du saccage de leur mission de service public, qui veulent la défendre envers et contre tout au nom du bien collectif, des valeurs républicaine et du pacte social hérité du programme du Conseil national de la Résistance.

  • L'appel de la transe est un livre magnifique qui nous conduit aux frontières de l'inavouable, de l'insaisissable et de l'indicible : ces états de transe ou d'éclipse hors-la-vie que cherche, à un moment de sa vie, tout être humain en quête de sens. De la danse rituelle à la crise d'hystérie, de la tentative de suicide au ravissement de l'extase, Catherine Clément explore avec érudition et simplicité ce que les civilisations ont proposé comme réponse à cette recherche. La règle sociale, voire religieuse, cherche à interpréter et parfois à persécuter ces êtres dont l'état limite inquiète. Des possédées de Loudun aux chamans de Sibérie, des danseuses du Sénégal aux inspirés indiens, l'auteur questionne les multiples facettes de ce désir de repousser les limites de l'expérience sensible et spirituelle.
    Elle montre comment du Moyen-Âge à nos jours, du coup de foudre amoureux à l'anorexie, de la sorcière brûlée aux vampires des lecteurs de Stephenie Meyer, cette petite mort de la transe, et l'érotisme qu'elle dévoile, sont, de nos jours encore, le lieu d'une attente non révolue.

  • Pour les temps à venir : Derrida

    Major-R

    • Stock
    • 21 Novembre 2007

    Cet ouvrage était destiné à être remis à Jacques Derrida à l'occasion de son soixante-quinzième anniversaire. Un anniversaire qu'il n'aura pas connu puisqu'il fut arraché à la vie l'année précédente.
    Les auteurs de cet hommage international sont tous réputés pour leurs travaux personnels et pour leur lecture attentive de l'oeuvre de Derrida. Ayant tous fréquenté à la fois l'homme et l'oeuvre, Derrida aura signifi é à leurs yeux une « ligne de vie » les tenant à l'écart des dogmatismes et des préjugés, leur ouvrant un avenir pour la pensée, pour l'écriture, pour la vie. Nous avons donc choisi d'ajouter le texte inédit de Derrida, Penser ce qui vient, où se dessine en vue d'une justice à venir, une révolution dans la pensée même de la révolution. L'oeuvre immense de Derrida, celle déjà publiée et celle aussi importante qui reste à venir, dépasse les frontières entre la philosophie, la littérature, le droit, la psychanalyse, le politique. Jean-Luc Nancy montre que là où Foucault, parlant de la folie, restait posté sur la rive de la raison, Derrida court le risque et la chance d'aff oler la raison plutôt que d'arraisonner la folie. Ce faisant, avec la déconstruction des philosophies de la religion, on ne cesse d'examiner comment la théologie est construite comme discours, que ce soit celui de la chrétienté, du judaïsme ou de l'islam. Et comment le « retour du religieux » et de la religion sous sa forme la plus violente entrent en résonance avec les possibilités impressionnantes et les désavantages considérables de la mondialisation, du capital mondial et des nouvelles technologies médiatiques. On verra que tous les textes qui composent ce volume ont le mérite d'explorer la pensée de Derrida tout en la rendant aisément accessible à tout lecteur exigeant qui ne se satisfait pas du « penser-sans-peine » que répandent aujourd'hui les médias.

  • « Mal nommer les choses, c'est ajouter du malheur au monde. » A. Camus Il n'existe pas, en France ni dans le monde, de terme neutre et unique pour caractériser l'ensemble des violences ou offenses qui sont faites aux femmes parce qu'elles sont des femmes. Et c'est de ce constat qu'est parti la réalisatrice Lisa Azuelos pour créer une association, et un livre collectif : Ensemble contre la gynophobie.
    Puisqu'une femme n'est définissable ni comme race ni comme religion, les violences et les inégalités qu'elle subit restent sans nom. Sans voix, donc.
    Le livre et l'association ont pour objectif de faire émerger le mot « gynophobie », de créer un mouvement mondial afin de qualifier et de dénoncer tous les actes de gynophobie, et de faire en sorte que ce mot devienne le pivot pour créer tant un observatoire qu'un outil pénal.
    À l'instar de l'homophobie, du racisme ou de l'antisémitisme, ce mot pourrait, sans stigmatiser un sexe, une culture ou une religion, tracer un cordon de sécurité autour de ce qui n'est plus acceptable au xxie siècle.
    La moitié de l'humanité doit cesser d'être une minorité pour le bonheur de tous.

  • De la critique postcoloniale, on retient surtout la remise en cause de l'universalité de la raison occidentale et celle de la prétention européenne à exporter les Lumières, la démocratie et les droits de l'Homme. Pour Jean-Loup Amselle, cette opposition entre l'Ouest et le reste est simplifi catrice : elle ignore les connections et les interférences réciproques, ne prend pas en compte des philosophies ou des pensées concurrentes de la pensée occidentale élaborées en Europe et, enfi n, méconnaît les réfl exions et les controverses venues Afrique, d'Asie et d'Amérique du Centre ou du Sud.
    Pour y voir clair, il a donc entrepris une vaste enquête à travers continents et théories, auteurs et institutions. Du renouveau d'une certaine pensée juive dans le sillage de Benny Lévy à l'indigénisation du mouvement zapatiste, en passant par la défense des savoirs endogènes africains ou l'affi rmation d'une temporalité indienne spécifique, il analyse les divers « décrochages » par rapport à l'Occident et les dangers que ceux-ci recèlent quand ils mettent en avant les principes essentialistes de cultures et de races. Chemin faisant, il revient aussi sur la figure tutélaire de Gramsci pour montrer combien l'hommage rituel dont celui-ci fait l'objet dans les études postcoloniales repose sur un usage infi dèle de sa pensée. Ce vaste parcours, solidement documenté et argumenté, nous ramène fi nalement dans la France d'aujourd'hui où le postcolonialisme arrive tardivement, au moment où la crise des deux modèles d'intelligibilité de la société, celui de la lutte des classes et celui de la République, favorise l'ethnicisation des rapports sociaux.

  • « Il suffit de voir une petite fille habillée de rouge, panier sur le bras, pour sentir la présence de la galette et du loup. Il suffit aussi, désormais, d'ouvrir un congélateur pour craindre la découverte d'une nurserie macabre, de croiser une joggeuse pour voir un halo en sursis fluo. Le cours de la Vologne nous inquiète tout autant qu'une maison de pain d'épices. Il y a le petit Poucet et le petit Grégory, la pantoufle de vair et le pull-over rouge. Les faits divers sont là. Dans nos vies, dans nos représentations, nos blagues, nos mots, nos craintes nos réflexes, dans nos imaginaires.
    À première vue, tout semble avoir déjà été dit et redit sur eux. Bien des théories que l'on a proposées à son sujet (politiques, sociologiques, psychanalytiques, etc.), si brillantes soient-elles, parlent cependant de tout sauf d'une chose pourtant essentielle : la façon tout à fait originale dont les faits divers nous marquent, nous imprègnent une fois la sidération passée, la manière dont on les « vit » existentiellement, dont ils persistent. À force de regarder du côté des causes, des conséquences, de l'origine, de la structure, du rôle, de l'utilisation, on en vient à ne plus voir le fait divers tel qu'il fait effet. C'est pourquoi, il faut aussi décrire l'empreinte, l'écho, la fragrance que les faits divers laissent dans notre monde, en chacun de nous. C'est l'objet de ce livre qui à travers l'étude des objets, des héros, des lieux, du style des faits divers cherche à expliquer la place considérable qu'ils occupent dans notre existence. » Mara Goyet

  • Test drive

    Ronell-A

    • Stock
    • 22 Avril 2009

    Avital Ronell, remarquable philosophe américaine dont l'oeuvre commence à être traduite très largement à l'étranger, s'attache ici à comprendre cette étrange passion humaine : le test. Pourquoi sommes-nous si enclins à nous mettre à l'épreuve, à nous y soumettre constamment, nous et nos proches, dans tous les domaines : à faire de l'épreuve, en somme, une catégorie de l'existence à part entière.
    Cette histoire-là commence avec les Grecs. En effet, c'est Aristote le premier qui a critiqué le basanos (la torture), que les citoyens de la jeune démocratie athénienne autorisaient sur les esclaves pour leur extorquer la vérité. Le rapport entre vérité et épreuve (ou test) a commencé là et s'est poursuivi dans la pensée chrétienne par l'examen de conscience puis a été repris par la littérature et la philosophie jusqu'à aujourd'hui avec un succès jamais démenti. Une fois encore, Avital Ronell nous entraîne dans une fantastique aventure philosophique, exigeante certes, et rigoureuse, et qui met en lumière une passion humaine inexplorée. Ainsi, le Test Drive découvre et analyse une nouvelle facette de notre monde contemporain et fait un diagnostic qui met en question notre compulsion à être ou nous croire en permanence « testés »

  • Axel Kahn a été membre du Comité national d'éthique de 1992 à 2004. C'est dire l'importance que la réfl exion sur la morale occupe dans la vie et l'oeuvre de ce biologiste dont les prises de position sont bien connues, notamment son refus, pour des raisons éthiques, du clonage thérapeutique.
    Interrogé par le philosophe Christian Godin, il avance ici plus loin qu'il n'a jamais été sur la nature et les fondements d'une morale sans Dieu, sans transcendance, mais non moins soucieuse de règles et de normes que les morales traditionnelles.

  • Cet ouvrage analyse la dimension thérapeutique qui sous-tend l´ensemble de la Correspondance entre Descartes et la princesse Élisabeth, fille aînée du roi déchu Frédéric V de Bohême - aussi surnommé « roi d´un hiver ». Sur fond d´exil aux Pays-Bas, l´un pour se libérer de tout carcan social, l´autre à cause de la guerre de trente ans, Descartes et Élisabeth cherchent ensemble quelles réactions avoir face aux événements traumatiques de l´existence et comment se les approprier en tant que sujets. Descartes met en pratique sa théorie du « contentement », et va jusqu´à dévoiler à la princesse les secrets de son équilibre physique et psychique. Quant à Élisabeth, c´est une femme qui a le courage d´affronter ses symptômes en tâchant de les connaître, d´en comprendre le sens et les enjeux profonds. Sa sensibilité la pousse à une exigence intellectuelle accrue, qu´elle satisfait en partie grâce à sa rencontre avec Descartes à qui elle demande de l´aider à se guérir. Descartes lui permet d´accéder à elle-même, explicitant dans ses lettres non plus la notion de dualisme mais celle d´union de l´âme avec le corps, montrant dans quel registre penser le « vrai homme ».
    Par leur honnêteté intellectuelle et le lien transférentiel qui s´établit, ils donnent accès à certains mécanismes des passions, abordent la complexité des liens intersubjectifs.
    Élisabeth va conduire Descartes à élaborer sa théorie des passions en prenant appui sur le vécu ; leur union épistolaire donnera naissance au traité des Passions de l´âme.

  • L'élection de Barack Obama a profondément modifié l'image de l'Amérique dans le monde légué par George W.
    Bush. Mais est-ce que le changement d'homme entraînera forcément un changement de politique ? Est-ce que la superpuissance américaine dont George W. Bush a démontré combien elle pouvait être agressive peut se révéler aujourd'hui plus douce ? C'est à cette question essentielle que ce livre, pour la première fois, tente de répondre en s'appuyant sur une étude minutieuse de la personnalité de Barack Obama, de son discours, de l'équipe qui l'entoure, et des choix de politique internationale qu'il a été amené à prendre depuis son entrée en fonction en janvier 2009.
    Dans cet ouvrage, Zaki Laïdi montre que l'objectif d'Obama est double : sortir l'Amérique de l'emprise du 11 Septembre qui l'a conduite à voir le monde de manière manichéenne, et réhabiliter le leadership américain dans le monde sur la base du principe suivant : admettre que l'Amérique ne peut plus, à elle seule, régler les problèmes mondiaux mais refuser que ces mêmes problèmes se règlent sans elle. Obama n'a certainement pas renoncé à ce que les États-Unis demeurent la première puissance du monde. Mais il sait aussi que, pour maintenir cette position, ils doivent davantage composer avec le monde, au risque de s'en isoler. Ceci étant, il ne faut sous-estimer ni la continuité de la politique américaine, qui comme toute politique d'un grand État ne peut pas changer du jour au lendemain, ni les innombrables contraintes politiques qui attendent l'administration américaine de l'Afghanistan au Moyen-Orient, en passant par l'Iran et l'Irak.
    Zaki Laïdi signe ici le premier ouvrage consacré à la politique étrangère de Barack Obama.

  • Ces entretiens avec Avital Ronell sont destinés à faire découvrir en France une figure tout à fait exceptionnelle de la nouvelle philosophie américaine. Comparée à Judith Butler (publiée chez La Découverte) dont elle est l'amie et la contemporaine, Avital Ronell, disciple et amie proche de Derrida avec qui elle enseignait aux États-Unis, a toujours suscité les passions. Engagée politiquement, elle aime choquer, déplacer les champs de pensée traditionnels, faire surgir des problématiques censurées ou interdites. Ses territoires de prédilection sont : la bêtise, l'addiction, la passion de l'épreuve ou du test, dans le sillage de la philosophie germanique et de la déconstruction française. Dans ce livre, elle parle à découvert de ses luttes, de ses trouvailles, des questions les plus brûlantes de la modernité, mais elle évoque aussi son enfance à Prague puis à Vienne, l'émigration de sa famille aux États-Unis pendant la guerre, la pauvreté, son parcours universitaire brillant, et nous fait partager une passion philosophique à l'état pur.

  • On ne saurait soupçonner Véronique Maumusson de classique allergie antiaméricaine. Ancienne journaliste au Monde, elle a épousé un Américain et vit à Los Angeles depuis quinze ans. Ses enfants y sont nés. Elle y a trouvé une maison, des amis, un réseau associatif, un univers de vie.Pourtant, quinze ans après, cette culture continue de la surprendre. Elle nous fait part de ces interrogations au travers d'un récit d'expérience qui n'est en rien un essai géopolitique ou un ouvrage de conjoncture. Elle raconte ce qu'est sa vie de tous les jours, une vie surprenante.L'individualisme, le puritanisme, la religion, le patriotisme, l'argent tout-puissant, la consommation souveraine, la méfiance envers l'État, la culture autocentrée sont et restent, pour elle, des motifs d'étonnement dont elle détaille les tenants et les aboutissants.Elle ne dissimule pas sa sympathie pour Obama. Mais jusqu'à quel point Obama a-t-il les moyens d'agir et est-il représentatif de l'Amérique profonde ?

  • Il y a des mots voyageurs extraordinairement révélateurs, c'est le cas du paria. On le croit originaire d'Inde, il y est arrivé au XVIe siècle dans le vocabulaire des militaires, des missionnaires et des savants pour désigner indistinctement castes inférieures et hors castes. Il en revient deux siècles plus tard et se répand largement dans les espaces politiques et littéraires européens. Pour les philosophes des Lumières, les hiérarchies lointaines offrent un détour opportun pour fustiger les tyrannies d'ici. Le discours sur l'autre est un discours sur soi de cet Occident qui, dans un même mouvement, s'émancipe et se distingue. Mais l'émancipation ne valant pas également pour tous, le paria ressurgit comme le laissé pour compte des droits humains récemment proclamés au moment où l'on débat de l'esclavage, du sort des « hommes de couleur libres », du statut des Juifs ou de celui des femmes. Dans les discours et combats politiques, il représente tour à tour les femmes, le peuple, les prolétaires. Théâtre et littérature en propagent la représentation, il prend aussi les traits du poète ou de l'artiste maudit dont la marginalité est idéalisée. La culture romantique exalte sa sensibilité, le paria est ainsi grandi d'être proscrit, sans être libéré pour autant.
    Avec érudition et brio, passant de la littérature aux discours politiques et aux constructions théoriques (chez Max Weber, Georg Simmel ou Hannah Arendt notamment), Eleni Varikas retrace ces métamorphoses et suit ces figures qui, d'hier à aujourd'hui, disent les meurtrissures de tous les « rebuts du monde ». Chemin faisant, elle rappelle l'exigence toujours actuelle de ces parias rebelles qui se sont obstinés à réclamer l'admission au rang de l'humanité de chaque individu particulier.

  • Pendant des jours, la chaîne d'esclaves entravés par une longue fourche de bois progresse en aveugle sur les sables brûlants, dans les défilés rocailleux, entre les racines des sous-boisà Un calvaire de plusieurs semaines, ponctué par les injonctions du marchand, le harcèlement de ses cris et ses coups de chicotte sur les bustes nus. Parfois, la violence du fouet marque sa balafre sur les scarifications et les tatouages des femmesà Les bras ligotés par une corde, elles suivent la lente procession à travers les accidents de la piste. [à] Ici-là, en ce temps où la mémoire s'éveille et se retourne sur le passé, ces femmes sortent de l'ombre et marchent dans les traces ouvertes de la grande Histoire. Elles mêlent leurs pas à ceux des femmes qui n'ont cessé de fouler les petites terres des Caraïbes. Et leurs voix s'élèvent de l'abîme, croisent et rencontrent enfin celles des Antillaises d'aujourd'hui. Elles racontent hier et nouent au grand jour les fils qui les lient à ces femmes du présent. Elles n'ont plus peur et disent à leurs arrière-petites-filles qu'il est temps de rompre les silences, temps de renverser les mémoires.
    Gisèle Pineau est guadeloupéenne. Elle a publié trois romans, La grande drive des esprits (Grand Prix des Lectrices de Elle, 1994), L'Espérance-macadam (Prix RFO), L'Exil selon Julia (Prix Terre de France-La Vie-La Poste et Prix du Rotary).
    Marie Abraham vit à la Guadeloupe depuis une dizaine d'années. Depuis la publication de La Mémoire de Hugo, hors série du magazine Globe, ses articles critiques et reportages témoignent des productions culturelles des Antilles.

  • A l'heure où se jouait le pacs, les débats publics ont révélé une fois de plus nombre de fantasmes, qui ont même pu se manifester dans la violence. l'expression individuelle ou collective, culturelle ou politique de l'homosexualité doit-elle toujours être confrontée aux tentatives de répression ?

    "homosexualités : expression / répression", tel est le thème du colloque d'études gaies et lesbiennes qui s'est tenu à l'ecole normale supérieure, et dont cet ouvrage recueille les actes. remise en perspective depuis l'antiquité, selon des angles différents : l'histoire, le droit, la sociologie, la philosophie, la linguistique, la littérature, cette problématique est posée avec force et méthode, afin d'offrir quelques pistes de réflexion et, pourquoi pas, d'action.

  • Ce livre, publié une première fois en 1986 dans sa version texte et vendu à plus de 50 000 exemplaires, est proposé ici dans une version magnifiquement illustrée de 150 documents couleur, dont certains très rares, réunis par Mme Desroches Noblecourt au cours de sa très longue carrière.

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