Rivages

  • Ce livre fait l'éloge de la prise de risque à une époque où la sécurité nous est donnée comme valeur volontaire et l'exacerbation des peurs de toutes sortes. Cet éloge traite dans de courts chapitres des divers registres où l'on rencontre le risque : la vie amoureuse, la séparation, la dépendance mais aussi la vie sociale, le langage, les biotechnologies, etc. Autour de cette question centrale : qu'est-ce que risquer sa vie, à savoir prendre le risque de vivre vraiment ?

  • C'est en 1910 que Virginia Woolf rencontra Roger Fry pour la première fois. Leurs liens amicaux, intellectuels et même familiaux furent dès lors très étroits. Au cours d'une de leurs conversations, Roger Fry avait lui-même suggéré à son amie qu'elle donne l'illustration de ses théories sur l'art du biographe en dressant son portrait littéraire. Ainsi, dans une oeuvre de maturité qui navigue entre la biographie, le portrait et le roman, Virginia Woolf a recréé la vie d'un artiste peintre et critique qui, comme elle, fut un personnage central du groupe de Bloomsbury. «La Vie de Roger Fry» est le dernier texte de Virginia Woolf publié de son vivant.

  • Notre capacité à relever le défi climatique et à promouvoir plus de justice envers les autres, y compris envers les animaux, suppose un remaniement profond de nos représentations sur la place de l'humain dans la nature. Dès que nous prenons au sérieux notre vulnérabilité et notre dépendance à l'égard des écosystèmes, nous comprenons que notre habitation de la Terre est toujours une cohabitation avec les autres. Ainsi, l'écologie, la cause animale et le respect dû aux personnes vulnérables ne peuvent être séparés. De plus, la conscience du lien qui nous unit aux autres vivants fait naître en nous le désir de réparer le monde et de transmettre une planète habitable. C'est à cette éthique qui n'a rien à voir avec des injonctions moralisatrices et culpabilisantes que ce recueil ouvre la voie. Deux textes inédits

  • Becky, Harry, Leon. Ils sont jeunes, hésitent entre le cynisme et le besoin éperdu d'utopie. Chacun a des rêves, des aspirations, que la ville nourrit et feint d'encourager pour mieux les broyer. Ce roman résonne des bruits et du rythme de notre époque, dans la prose incandescente de Kate Tempest, star du hip-hop, poétesse et artiste déjà légendaire à 30 ans à peine, admirée par Virginie Despentes, Lola Lafon ou Don DeLillo. Best-seller international, ce livre impose la jeune Anglaise comme une voix majeure de la scène littéraire d'aujourd'hui. 

  • L'esprit de conversation Nouv.

    A travers trois célèbres salons : la Chambre bleue de Mme de Rambouillet (XVIIe siècle), le salon de Mme du Deffand (XVIIIe siècle), le château de Coppet de Mme de Staël (XIXe siècle), se tracent trois différentes approches de l'esprit de conversation et des jeux de langage, trois moments dans l'histoire de la femme supérieure (Mme de Staël), c'est-à-dire libre de refuser la tradition et d'affirmer ses talents : les Précieuses optant pour la féerie, Mme du Deffand pour la distance et l'humour, Mme de Staël pour la passion et la littérature comme arme. L'évocation de ces figures féminines, prise dans une réflexion actuelle, est aussi, ou d'abord, un éloge de la conversation - de ses capacités de découvertes, de ses ressources de réconfort et de rires, de son pouvoir de séduction.

  • Une certaine lenteur ; entretien Nouv.

    Rebelle de naissance, toujours joyeusement subversive par son art, Catherine Deneuve est la figure exquise pour toutes celles et tous ceux qui désirent commencer leur vie sans avoir jamais à courber la nuque. Une leçon de liberté, de fantaisie, de choix souverains, de fidélité à l'anarchisme de l'enfance. (Arnaud Desplechin)

  • En 2012, au moment de recevoir le Prix Adorno, Judith Butler se demande s'il est possible de vivre une bonne vie dans une mauvaise vie. Que peut donc signifier mener une vie bonne, une vie vraie quand la plupart sont exposés dans leur chair à la vulnérabilité d'une mauvaise vie ? Comment penser la résistance de la vraie vie à la fausse ? Cette ancienne question de la philosophie morale prend un sens neuf si on la pose dans les conditions concrètes de nos existences.

  • En cas d'amour : que faire ? Axe autour duquel tourne toute vie : aimer, être aimé. Avec toutes ses déclinaisons : reconnaissance, peur d'être abandonné, mesure de la jalousie, désir de possession, envie, délivrance, haine, détachement, paix.
    L'événement de l'amour est au coeur de ce livre. Depuis les histoires imaginaires que l'on se forge quand on est amoureux jusqu'au désir de vengeance de celui qui est quitté en passant par la jalousie, la fascination, la fusion amoureuse, la relation fraternelle, la dispute, le livre explore différentes figures de la passion et des blessures de l'attente amoureuse.
    On y rencontre l'écoute attentive et les désarrois d'une psychanalyste recueillant dans la chambre des secrets les mots de ceux qui viennent déposer là leur espérance.

  • Toute mère est sauvage. Sauvage en tant qu'elle fait serment, inconsciemment, de garder toujours en elle son enfant. De garder inaltéré le lien qui l'unit à lui. Ce serment se perpétue, secrètement, de mères en filles et en fils. L'enfant doit rompre ce serment pour devenir lui-même, accéder à sa vérité, à son désir. Cet essai expose au grand jour le versant noir de la maternité. Il cherche à cerner, à travers des séances de psychanalyse ou des oeuvres littéraires, ce noyau inconscient de la transmission maternelle et ses conséquences sur le psychisme humain.

  • L'amour qu'une mère donne à son enfant est-il quantifiable ? Pourquoi une mère devrait-elle être " suffisamment " bonne ? Trop d'amour est-il nuisible ? Trois textes du célèbre pédiatre et psychanalyste anglais - " La préoccupation maternelle primaire " (1956), " La mère ordinaire normalement dévouée " (1966) et " La capacité d'être seul " (1958) - pour évoquer la curieuse folie qui prend toute mère enceinte lorsqu'elle fusionne avec son bébé ; la nécessité, pour que l'enfant devienne autonome, de le frustrer ; et les bienfaits qu'il peut retirer d'un peu de solitude.
    La majeure partie de l'oeuvre de Donald W. Winnicott (1896-1971) est publiée aux Éditions Payot, et notamment Le bébé et sa mère, Conseils aux parents, Déprivation et délinquance, L'enfant et la guerre, ou encore Agressivité, culpabilité et réparation.

  • Les principes fondamentaux de la République sont-ils contraires au colonialisme ? Quels impacts la colonisation a-t-elle sur un État qui se transforme en métropole d'un empire ? Et quels sont ses effets intérieurs ? Dans ces articles, écrits entre 1936 et 1943, le verdict de Simone Weil est sans appel : coloniale, la France opprime des peuples et perd ses principes. La colonisation rend impossible l'amitié entre les peuples (ce qui posera problème, dit-elle, si la France veut de nouveau enrôler les populations des colonies dans une guerre). Ces réflexions sur la colonisation pensée comme déracinement vont la conduire à son oeuvre majeur : «L'Enracinement».

  • David Lodge nous fait l'honneur de publier 2 nouvelles inédites pour célébrer la nouvelle édition de «L'Homme qui ne voulait plus se lever», un des best-sellers de la maison, avec plus de 116 000 exemplaires vendus. Dans ce recueil, on retrouve la quintessence du talent de Lodge : le sens de l'observation aiguisé, le génie de la comédie de moeurs, les personnages attachants et hilarants... 

  • «Ne vois-tu pas, dit Plutarque, quelle grâce possèdent les paroles de Sappho pour enchanter de leurs sortilèges ceux qui les écoutent ?» Sappho serait née aux environs de 650 avant J.-C., au plus tard en 630. Admirable poète, «la dixième Muse» met au jour l'intrication désespérée de la souffrance (morale) et de la douleur (physique). Elle la révèle en la faisant chanter. Elle a inventé le mal d'amour. Il faut penser que c'est une parole neuve, la parole neuve et libre de Sappho. Écoutons la parole et la voix de Sappho, pour autant que nous pouvons l'entendre, vivante malgré les mutilations du temps. Dans ces poèmes, merveilleux de simplicité apparente, il faut aller à petits pas, il faut peindre à petits traits, s'interroger sur les mots les plus simples, ne pas les transformer en métaphore. S'attacher au texte, dans un travail artisanal, pour qu'une clarté, de temps à autre, nous foudroie. Ce livre réunit l'ensemble de la collection des fragments de Sappho. Edition bilingue

  • Est-ce que notre aptitude à juger, à distinguer le bien du mal, le beau du laid, est dépendante de notre faculté de penser ? Tant d'années après le procès Eichmann, Hannah Arendt revient dans ce bref essai, écrit en 1970, à la question du mal. Eichmann n'était ni monstrueux ni démoniaque, et la seule caractéristique décelable dans son passé comme dans son comportement durant le procès et l'interrogatoire était un fait négatif : ce n'était pas de la stupidité mais une extraordinaire superficialité. La question que Hannah Arendt pose est : l'activité de penser en elle-même, l'habitude de tout examiner et de réfléchir à tout ce qui arrive, sans égard au contenu spécifique, et sans souci des conséquences, cette activité peut-elle être de nature telle qu'elle conditionne les hommes à ne pas faire le mal ? Est-ce que le désastreux manque de ce que nous nommons conscience n'est pas finalement qu'une inaptitude à penser ?

  • "Venise sauvée" est une pièce de théâtre inachevée de Simone Weil sur le projet avorté du renversement de la République Vénitienne par les Espagnoles en 1618. Le texte dramaturgique est intégralement imprégné des idées et de la philosophie de l'auteure, dont il constitue un mode l'exposition tout à fait original et singulier. Il s'agit de l'une des très rares oeuvres "littéraire" dont nous disposons de la main de Simone Weil.

  • Grand romancier, l'auteur des «Trois mousquetaires» et du «Comte de Monte-Cristo» était aussi un grand amoureux. Voici réunit, pour la première fois, une sélection de lettres adressées aux femmes qu'il a aimées : les comédiennes Mlle Rachel, Marie Dorval, Ida Ferrier, Marie Duplessis, Mlle George ou encore l'écrivaine Mélanie Waldor ou sa voisine de palier, et mère de son fils, Catherine Laure Labay. Ces relations amoureuses ont influencé certains de ses plus importants livres. Cette correspondance enflammée offre ainsi un nouveau regard sur la vie et l'oeuvre d'Alexandre Dumas.

  • Ecologiste engagée, Barbara Kingsolver décide d'entraîner sa famille dans une aventure incroyable : avec son mari et leurs deux filles, elle devient « locavore », ne consommant que des produits issus de leur ferme dans les Appalaches ou de la production de la région. Avec un humour communicatif et une belle gourmandise, Barbara Kingsolver relate, mois après mois, les péripéties de cette expérience - faux pas, fous rires, fierté - qui aura pour toujours changé leur vie.

  • Pourquoi avons-nous si souvent le sentiment d'être menacés ? Derrière la frêle barrière de la civilisation, ce sont l'intensité et la violence des processus psychiques qui sont ici révélées. Dans toute leur brutalité. Un classique de 1937 où sont étudiés le mépris et l'envie, le désir de possession et la jalousie, le goût du pouvoir, mais aussi l'amour, la culpabilité et le besoin de réparation.

  • Dans ce court texte écrit en 1926 pour la revue de T. S. Eliot, Virginia Woolf s'interroge sur cette expérience particulière dont personne ne parle, dont le langage peine à rendre compte mais que tout le monde connaît : la maladie. Lorsqu'on tombe malade, constate-t-elle, la vie normale interrompt son cours réglé pour laisser place à un état de contemplation où le corps reprend ses droits et où l'univers apparaît soudain dans son indifférence totale à la vie humaine.

  • Est-il normal que votre enfant vous agace ? Se sentir coupable, pour un parent, est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Pourquoi les enfants aiment-ils qu'on leur dise « non » ? Que signifie un enfant qui suce son pouce ? Qu'est-ce qui stresse un bébé ? Qu'est-ce qui rend un bébé jaloux ?
    S'adressant directement aux parents, par la voie des médias, l'objectif de Winnicott n'est pas d'instruire les parents, mais de les aider à comprendre ce qu'ils font, puis à justifier ce qu'ils ont jugé bon d'entreprendre - bref, leur donner confiance en eux.

  • Que veut la femme ? Sur le plaisir et la sexualité des femmes, sur la bisexualité, sur la différence des sexes, sur la féminité même, voici, pour la première fois réunis en un recueil, et dans une traduction inédite, les quatre principaux essais de Freud : « Quelques conséquences psychiques de la différence des sexes », « Un cas d'homosexualité féminine », « De la sexualité féminine », « La féminité ». Le père de la psychanalyse, souvent critiqué, s'y montre aussi « un penseur de l'émancipation et de la liberté » (E. Roudinesco). Avec une préface de Pascale Molinier, professeur à l'université Paris 13 et auteur, chez Payot, des «Enjeux psychiques du travail», «Qu'est-ce que le care ?», et «L'Enigme de la femme active».

  • Elsa Morante ne s'est pas soustraite au débat politique qui agita l'Italie dans les années 1960 et 1970. Elle fut une observatrice attentive, inquiète et scrupuleuse des transformations de son pays mais aussi du destin de la révolution et de son idée. C'est sans doute en 1970 qu'elle rédige ce «Petit manifeste des communistes (sans classe ni parti)», publié pour la première fois en 1988, trois ans après sa mort. En treize courtes proses qui vont de l'aphorisme au pamphlet, la romancière affronte les motifs et les mots d'ordre de la révolution, elle reconnaît ses valeurs - l'honneur, la liberté d'esprit, la beauté, l'éthique -, mais aussi ses ennemis : le pouvoir, le parti, la force instituée. C'est ici toute une conception de l'histoire qui se retrouve énoncée avec force.

  • Considéré comme l'un des premiers féministes hommes, le philosophe et économiste John Stuart Mill (1806-1873) s'efforça, dans sa vie privée comme dans sa vie publique, de démontrer la nécessité d'accorder aux femmes l'égalité avec les hommes, combat dont l'apogée fut la publication de ce livre en 1869. Justice, liberté, droit à l'éducation, au travail et au suffrage, «L'Asservissement des femmes» est une oeuvre majeure dans l'histoire du féminisme et de l'émancipation des femmes.

  • Madame du Châtelet répond à la question qui hante son époque : comment être heureux sur cette terre, et plus particulièrement comment l'être lorsqu'on est une femme, qui, même exceptionnelle, se voit interdire la plupart des ambitions et des gloires permises aux hommes ? Comment l'être lorsqu'on est une amoureuse passionnée, exclusive et tyrannique ? De réflexions générales sur le bonheur, elle passe à son cas personnel et aux confidences les plus intimes. Ce sont ces confessions pudiques et déchirantes qui donnent à ses propos une authenticité et une actualité qui transcendent les particularismes d'une époque. Mme du Châtelet prêche toutes les sensations et sentiments agréables, et avant tout l'amour qui est « la seule passion qui puisse nous faire désirer de vivre ».

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