Pu Du Mirail

  • Revisiter l'histoire de la laïcité du point de vue du genre : tel est le défi de cet ouvrage. L'étude débute en amont de la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905 et se poursuit jusqu'à l'aube du 21e siècle. La perspective pluridisciplinaire ici adoptée amplifie le questionnement qui porte initialement sur la France pour interroger l'actualité mondiale : elle s'efforce de montrer en quoi le genre, les droits des femmes et les sexualités constituent l'axe central d'un nouveau paradigme politico-religieux.

  • Les femmes ont une histoire.
    Cette histoire remet en question les archétypes de "LA" femme et de l'éternel féminin pour s'intéresser à la diversité et à la richesse des parcours, aux relations complexes entre les sexes et à la construction sociale du masculin et du féminin au fil des siècles. Ce livre recense les mots difficiles ou qui ont changé de sens. Il définit les concepts et les catégories socio-culturelles utilisés en histoire des femmes et du genre, dans le domaine français.
    Il explicite les approches et les outils de ta recherche historiographique la plus récente.

  • En France, le spectre du multiculturalisme effraie chroniquement l'opinion publique qui ne cesse d'associer ce terme aux dangers du communautarisme, aux hypocrisies du politiquement correct et de manière générale à un modèle de société contraire aux idéaux de la République.
    Ce livre se propose d'aller à contre-courant en plaidant en faveur d'un multiculturalisme républicain.
    Son objectif est double : d'abord promouvoir la justification philosophique des droits culturels afin d'en défendre le caractère démocratique ; ensuite, explorer la façon dont ils peuvent s'insérer dans la tradition de pensée républicaine.
    Au croisement des analyses normatives sur la citoyenneté moderne et des théories sociologiques sur l'immigration et l'intégration nationale, il pose les jalons d'une République plus respectueuse des différences.

    Sophie Guérard de Latour, ancienne élève de l'École Normale Supérieure de Paris, est agrégée de philosophie et docteure en philosophie politique.

  • Ce numéro, publié à l'occasion du 15e anniversaire de la revue, est quelque peu différent des précédents qui, de Résistances et libérations à Érotiques, déclinent un thème sous de multiples facettes. Invitant à un retour sur le passé de l'histoire des femmes et du genre, les « relectures » proposées ici font connaître des travaux restés non traduits, réagissent à des questionnements qui ont fait date et donnent la parole à des chercheurs et chercheuses qui ont marqué les dernières décennies. Elles permettent aussi de réfléchir aux mots, aux concepts et aux expériences qui ont nourri dans le passé et nourrissent aujourd'hui ce champ de recherche, aussi bien en France qu'ailleurs. Point de nostalgie, mais un effort de transmission d'une histoire et de projection dans l'avenir. Point d'exhaustivité, mais des choix nécessaires et des « coups de coeur » raisonnés.

  • Dans les fictions de Frances Burney (1752-1840), la limite entre l'imaginaire des personnages féminins et le monde extérieur est parfois bien floue. La confusion, qui confère au récit une atmosphère onirique, révèle les dangers potentiels d'une imagination exacerbée. Cette faculté semble néanmoins constituer un moyen, pour les femmes, de se libérer du carcan des règles imposées par la société. L'imagination féminine est tantôt associée au corps et à la sensualité, tantôt à la raison, et l'opposition entre imagination et raison, corps et esprit, n'est parfois plus si nette. Quant à l'imagination artistique des femmes, elle est envisagée parfois comme essentiellement imitative, mais recèle pourtant un réel pouvoir créateur. Le présent ouvrage, qui prend en compte l'influence des courants de pensée de la période - en particulier la philosophie sensualiste - permet de dépasser ces contradictions apparentes au sein de l'oeuvre riche et complexe de Burney. Il s'agit non seulement de mieux connaître l'une des grandes pionnières du roman anglophone, mais aussi de saisir un moment singulier de l'histoire des femmes à partir des représentations que l'on se fait, au tournant du XIXe siècle, de leur aptitude à imaginer et à créer.

  • Les revenantes

    Caron/Marquart

    Poète et dramaturge rescapée des camps nazis, Charlotte Delbo est l'auteure de textes dont la beauté et la profondeur en font l'égale de Primo Levi ou de Robert Antelme.
    Mais si elle a d'abord été lue et aimée outre-Atlantique, c'est peut-être parce que la notion de communauté y fait sens autrement qu'en Europe. Il n'y a pas de lendemain à Auschwitz, pas de projets. La communauté qui s'y agence tient du groupe, forcément hétérogène, plutôt que de la classe ou de l'assignation identitaire préétablie. Son être-ensemble trouve son origine dans le groupe lui-même, qui ne plonge ses racines dans aucun territoire - qui est littéralement déporté.
    La communauté qui se donne à lire dans l'oeuvre de Charlotte Delbo permet d'envisager l'être-ensemble sans autre but que la proximité avec autrui. Répondre à son appel, c'est accueillir, prolonger en nous et faire ainsi revenir des camps l'esprit communautaire du groupe de camarades. C'est dans cette optique que s'inscrivent les travaux ici rassemblés aux côtés de plusieurs textes rares de Delbo. Ce volume constitue l'un des premiers ouvrages en français consacrés à une auteure dont l'oeuvre exceptionnelle nous permet, de repenser les camps et la littérature de témoignage.

  • Ce numéro d'Anglophonia/Caliban propose une réflexion sur le rapport des femmes au pouvoir et aux conflits dans le monde anglophone, depuis les femmes pétitionnaires dans l'Angleterre du XVIe siècle jusqu'aux femmes impliquées dans le Mouvement des droits civiques aux Etats-Unis et à la Secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton. Il confronte ces trois concepts de féminité, de conflit et de pouvoir selon trois axes qui se croisent et qui structurent l'ensemble du volume : une réflexion sur la prise de pouvoir (ou la tentative de prise de pouvoir) à travers la prise de parole, une réflexion sur les femmes de pouvoir, parfois au pouvoir, et enfin une réflexion sur la représentation ou l'autoreprésentation du conflit et du pouvoir au féminin. Ce volume met ainsi en évidence des continuités et des ruptures dans le rapport particulier des femmes au pouvoir, à l'autorité et au conflit dans l'espace culturel anglophone.

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