Littérature générale

  • "Les pages qui suivent consistent en des évocations de mon insouciante jeunesse... dès mon plus jeune âge j'ai tâté de radeaux faits de planches et de rondins. Que par la suite, et durant maintes années, j'ai consacré à la voile toutes mes heures de loisir, toutes mes vacances d'été. Des dériveurs, d'abord, et autres coques de noix. Jusqu'au jour où on m'a confié un vrai bateau." Ella Maillart, grande voyageuse à travers les terres d'Asie, amie d'Alain Gerbault, fut la première femme à disputer les jeux Olympiques en épreuves de yachting, à Paris en 1924.

  • Grandeur des îles ; Ouessant, Groix, archipel de Molène, île de Sein Nouv.

    La grande voyageuse que fut Odette du Puigaudeau a consacré sa vie au Sahara occidental, mais c'est parmi les marins et la population des îles bretonnes que l'aventure a commencé pour la fille de Ferdinand du Puigaudeau, peintre de l'école de Pont-Aven et ami de Gauguin. En 1944, elle décide de rassembler dans «Grandeur des îles» ses notes et articles rédigés douze ans plus tôt sur Ouessant, Groix, l'archipel de Molène et Sein, autant de "fragments d'humanité amenés là par quelque rude et mystérieux hasard".

  • Ce texte est une référence mondiale des études sur les féminicides et les violences de genre. Ciudad Juarez, à la frontière du Mexique et des Etats-Unis, a la réputation d'être la capitale mondiale du crime. Plus de 200 000 ouvrières y travaillent. Entre 1993 et 2003, on s'en souvient, plus de 4 000 jeunes femmes y furent assassinées avec une hallucinante sauvagerie. Personne n'y comprenait rien. On finit par faire appel à une anthropologue, Rita Laura Segato, pour saisir le sens de cette vague de violence dirigée contre les femmes. "Pourquoi certaines filles, certaines femmes, sont-elles assassinées ? Ce n'est pas par haine, car celui qui les tue ne les connaît pas. Alors, qu'est-ce que cela signifie ?"

  • Odette du Puigaudeau ; une bretonne au désert Nouv.

    Fille d'un peintre de l'école de Pont-Aven et ami de Gauguin, descendante d'armateurs et de marins, Odette du Puigaudeau (1894-1991) fut d'abord dessinatrice au Collège de France et styliste chez Jeanne Lanvin. Puis elle participa à des campagnes de pêche sur des thoniers bretons et devint journaliste, jusqu'en janvier 1934, moment où elle se lança, avec sa compagne la journaliste et exploratrice Marion Sénones, « pieds nus à travers la Mauritanie ». Ce voyage fut une révélation : Odette consacra dès lors sa vie au Sahara occidental, vie d'aventures au temps des derniers rezzous, puis vie scientifique et littéraire tournée vers le peuple maure. Ce livre préfacé par Théodore Monod est la seule biographie de cette grande dame du désert, qui en défendit le fragile écosystème et ses civilisations nomades menacées.

  • Savoir saisir, pour soi-même ou pour autrui, ce qui survient comme par la chance d'un hasard heureux, c'est faire l'expérience de la sérendipité. Entre espérance et action, cette ouverture d'esprit, qui s'apprend et s'entretient, peut renverser les situations et vous sauver la vie. La créatrice de la psychogénéalogie revient sur son incroyable parcours marqué par la sérendipité et le plaisir de vivre. Elle aborde de nouveau les transmissions invisibles. Elle montre tout ce que l'analyse transgénérationnelle peut apporter aux malades, en particulier à ceux qui souffrent d'un cancer. Et elle explique pourquoi la guérison passe si souvent par les petits plaisirs que l'on doit ne jamais oublier de s'offrir.

  • Quels sont les liens entre la lune et la femme ? Que signifient-ils ? Peut-on en déduire les archétypes de la psychologie féminine ? À travers le symbolisme de la lune sous toutes ses formes et à toutes les époques, Esther Harding, psychologue américaine formée par Jung, se livre ici à une interprétation de « l'âme féminine » selon la méthode jungienne de déchiffrement des mythes, des légendes et des rêves.

  • Se soucier des autres n'est pas une caractéristique féminine. C'est un travail. Apporter une réponse concrète aux besoins des autres, telle est, aujourd'hui, la définition du care, ce concept qui ne relève pas, comme on l'a longtemps cru, du seul souci des autres ni d'une préoccupation spécifiquement féminine, mais d'une question politique cruciale recoupant l'expérience quotidienne de la plupart d'entre nous. Première synthèse sur cette notion d'une très grande ampleur après les travaux fondateurs de Carol Gilligan dans les années 1980 puis de Joan Tronto dans les années 1990, ce livre concerne aussi bien le domaine du travail que ceux du genre, de l'éthique et de la santé.

  • Quel est le but ultime du féminisme ? Les femmes se battent-elles pour l'égalité ou pour la liberté ? Emma Goldman, anarchiste russe née en 1869, développe une pensée féministe incroyablement contemporaine dans deux conférences méconnues en France : «Woman suffrage» [«Le Droit de vote des femmes»] et «The Tragedy of Woman's Emancipation» [«La Tragédie de l'émancipation féminine»], au cours desquelles elle rappelle que le but du combat féministe ne doit pas être seulement l'égalité formelle mais bien la liberté réelle : la liberté pour chaque femme de vivre une vie choisie, sans avoir à payer, par une vie de solitude et d'inconfort, le prix de ce combat et de ce choix, et sans avoir à renier ses désirs profonds (vie amoureuse, désir d'enfants, maternité, sexualité heureuse, etc.). Une pensée lumineuse et profondément humaniste, traduite et préfacée par Thibaut de Saint Maurice, chroniqueur de la « Petite philo du Quotidien » dans l'émission «Grand bien vous fasse» sur France Inter. Dans le même format que «La liberté d'être libre» de Hannah Arendt.

  • « Je ne dois pas me promener seule au Népal. Je ne l'ignore pas mais je ne vise qu'à éluder cette servitude. Moi, j'ai mauvais caractère, je n'admets pas les entraves à ma liberté. » (Alexandra David-Néel).

    Au début du XXe siècle, le Népal est encore pratiquement interdit aux étrangers. Grâce à ses amitiés et à une connaissance subtile de l'âme orientale, Alexandra David-Néel parvient à y entreprendre le plus étonnant des voyages. Publié en 1949 mais longtemps demeuré introuvable, Au coeur des Himalayas relate le pèlerinage que « Jétsunema » (la « Dame-Lama ») effectua durant l'hiver 1912-1913 sur les lieux mêmes où vécut le Bouddha. Son récit éclaire une civilisation à la fois cruelle et mystique qui échappe à tous les critères d'analyse de la pensée occidentale. C'est une très riche leçon d'histoire humaine autant qu'une captivante expérience vécue.

  • L'Orient utilisait bien avant nous racines, graines et fruits aux mille vertus, mais c'est en Occident que le désir d'épices servit de prétexte à l'exploration du monde. Cette quête d'horizons lointains se joua comme une course de relais dont Rome, Byzance, Alexandrie et Venise se passèrent le témoin, jusqu'à ce que les Portugais inventent la route africaine et remportent la mise... que les Hollandais leur ravirent à leur tour.

  • L'antisémitisme, le judaïsme et la guerre : deux nouvelles de Zweig, écrites l'une alors qu'il a vingt ans, l'autre sur la fin de sa vie, explorent l'ambivalence à l'égard de ses origines de celui qui se disait volontiers "juif par hasard". Dans un shtetl d'Europe centrale, au moment de fêter un mariage, les juifs doivent soudain fuir dans la nuit et la neige une bande de tueurs : «Dans la neige», récit peu connu de 1901, livre comme une préfiguration des persécutions nazies. Il est suivi du «Chandelier enterré», longue nouvelle écrite en 1937, alors que les persécutions sont devenues réalité. Zweig y dépeint, à travers les pérégrinations du chandelier à sept branches du temple de Jérusalem aux Ve et VIe siècles, le désespoir du peuple en exil, l'oppression, l'injustice et la détermination des juifs à retourner en Terre sainte.

  • « J'aurais voulu respirer l'odeur de fleur de votre visage ».

    En juin 1939, alors que l'Europe s'apprête à basculer dans la guerre, Ella Maillart et son amie Christina (en réalité Annemarie Schwarzenbach) décident de partir au volant d'une Ford vers l'Afghanistan, pour découvrir « comment on peut vivre en accord avec son coeur ». Dans ces paysages somptueux, tout oppose les deux femmes, l'une robuste, l'autre blessée. Ella n'arrachera pas Christina à la souffrance et à la drogue, mais elle tirera de cette expérience un récit magnifique et poignant, un récit qui « fait travailler l'imagination » - son meilleur livre.

  • Surnommée "la dame de la mer", aventurière des mers, océanologue et pionnière de l'écologie, Anita Conti (1899-1997) embarque en 1952 sur le chalutier-saleur «Bois-Rosé» pour partager pendant six mois la dure vie des pêcheurs de morue à Terre-Neuve. Elle en tire ce livre époustouflant qui pose un regard de femme sur un monde d'hommes et qui devient aussitôt un best-seller.

  • 1972 : Anne-France Dautheville participe à un raid moto entre Paris et Ispahan (Iran), seule femme sur près de cent pilotes. Depuis Ispahan, elle poursuit en Afghanistan puis au Pakistan avec onze motards. Mais des rumeurs circulent dans le milieu : elle serait lesbienne, voire nymphomane, et surtout n'aurait terminé le raid qu'en camion. Furieuse (c'est le début de notre livre), elle débarque à «Moto Revue» et déclare : « Je repars, toute seule ! » : Alaska, Afghanistan, Canada, Japon, Australie... Un périple où les rencontres prennent le pas sur les paysages. La fureur de vivre de cette icône «biker» nous fait rêver, avec nostalgie, à cette planète des années 1970 qui était encore un espace ouvert.

  • Récit d'un voyage effectué en 1932 par l'écrivaine suisse à travers l'Asie centrale en proie à une intense agitation politico-religieuse. Elle part à la rencontre des nomades et, à cheval, traverse le pays des Kirghizes jusqu'aux monts célestes, puis traverse le désert des sables rouges à dos de chameau.

  • Rédigés pour la plupart en pleine guerre, les quatre textes réunis ici «(Le monde sans sommeil», «Episode sur le lac Léman», «La contrainte» et «Ypres») restituent l'extraordinaire gamme d'émotions et de sensations qui secouèrent toute l'Europe durant et juste après le premier conflit mondial. L'insomnie globale, le dépaysement radical et le suicide, le refus d'obéir et la désertion, la marchandisation du traumatisme et la vertu thérapeutique des traces de guerre - tels sont les "terrains" explorés par un romancier dont certaines intuitions se sont révélées prophétiques. Traduction inédite, avec une préface de l'historienne Sabine Dullin, professeure à Sciences Po.

  • Pourquoi rêve-t-on ? Comment rêve-t-on ? Quel sens donner aux rêves ? Ces trois questions sont au coeur du rêve de l'injection faite à Irma que Freud fit dans la nuit du 23 au 24 juillet 1895 et qui est sans doute le rêve le plus célèbre de toute l'histoire de la psychanalyse. C'est en l'analysant en profondeur que Freud, en effet, élabore pour la première fois sa méthode d'interprétation des rêves...

  • C'est par une nuit de Noël et de tempête que disparaissait en 1997 à Douarnenez celle que les marins surnommaient "la Dame de la mer". Première Française océanographe, seule femme à avoir accompagné les légendaires terre-neuvas, embarquée à bord des dragueurs de mines pendant la dernière guerre, chargée du développement des pêches traditionnelles en Afrique de l'Ouest, Anita Conti relate dans son plus beau livre un demi-siècle d'aventures et de recherches en mer.

  • Ce recueil offre les meilleures nouvelles de Zweig sur les deux grands thèmes de son oeuvre : les secrets et les passions. Les secrets ? Oui, ceux que se partagent les enfants quand ils espionnent les adultes et ceux que ne veulent pas partager les adultes, mais aussi ceux qu'on se tait à soi-même. Tels sont «Brûlant secret», «La Gouvernante», et «La Confusion des sentiments». Les passions ? Oui, celles qui rendent fou, qui consumment, qui engendrent la violence, ou autour desquelles nous tournons le reste de notre vie. Tels sont «Amok», «Lettre d'une inconnue», «Destruction d'un coeur», et l'inoubliable «Vingt-quatre heures de la vie d'une femme». Les textes sont proposés dans nos traductions nouvelles et sont précédés d'une note de l'éditeur.
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    Nouvelles traduites par Leïla Pellissier, Nicole Casanova, Olivier Mannoni et Aline Oudoul.

  • Rien ne prédisposait Isabella L. Bird (1831-1904) à voyager. Cette fille de pasteur anglais était de santé fragile et traînait sa neurasthénie de fauteuil en sofa, jusqu'à ce qu'un médecin perspicace lui prescrive le voyage pour remède. Ce fut une révélation : elle découvrit en solitaire Australie, Nouvelle-Zélande, États-Unis, Maroc, Tibet, Chine, Corée et Japon. Ses séjours en Asie lui valurent en 1892 d'être la première femme à entrer à la Royal Geographical Society de Londres. En 1873, elle s'en va explorer les Rocheuses dans son costume hawaïen. Elle va demeurer quatre mois dans ce Colorado qui n'est pas encore un État, partageant le quotidien rude des colons et parcourant à cheval des centaines de kilomètres en compagnie de desperados tels que Mountain Jim, dont elle tombe follement amoureuse.

  • Le 12 octobre 1933, en gare de Genève, Annemarie Schwarzenbach monte à bord de l'Orient-Express. Destination : Istanbul. La journaliste-photographe accompagne un groupe d'archéologues pour une mission de six mois à travers la Turquie, la Syrie, la Palestine, l'Irak et la Perse, alors que le poison nazi se répand sur l'Europe. Ce voyage la marque profondément. Au cours de périples ultérieurs, l'Orient deviendra pour elle le symbole de l'égarement existentiel de l'être humain. «Hiver au Proche-Orient» est un récit de voyage où se mêlent découvertes archéologiques, observations politiques sur la fin d'un empire (Ottoman) et journal intime.

  • En 1935, après une tentative de suicide, Annemarie Schwarzenbach épouse un diplomate français en poste à Téhéran. La légation britannique les invite tous deux à camper dans la vallée du Lahr (la mal nommée Vallée Heureuse), au pied du mont Demavend. C'est là que commence ce voyage intérieur où les paysages de ces lieux extrêmes, tels d'impitoyables miroirs, la renvoient à elle-même. Annemarie se noie dans un pays trop immense pour elle et l'impression de vide l'assaille face au désert et aux ruines de Persépolis. Une seule échappatoire : sa relation amoureuse avec la jeune Yalé, fille de l'ambassadeur de Turquie...

  • Au printemps 1926, Vita Sackville-West (1892-1962), grande amie de Virginia Woolf, décide de suivre avec son mari, le diplomate Harold Nicolson, une ancienne piste de montagne au sud-ouest d'Ispahan fréquentée par les caravanes et jadis empruntée par Alexandre le Grand pour gagner l'Inde. À dos d'âne et en voiture, le truculent périple du couple très «british» sera émaillé de scènes de ménage, Harold ne perdant pas une occasion d'accabler de reproches cette épouse qui l'a emmené se perdre au milieu des nomades.

  • Entre 1936 et 1938, Annemarie Schwarzenbach se rendit deux fois aux États-Unis pour y mesurer les conséquences de la Grande Dépression, notamment dans les États du Sud. Au fil d'articles rédigés pour plusieurs journaux suisses, cette fille de riche industriel du textile s'attache au quotidien des gens modestes et des jeunes syndicalistes, à la misère des ouvriers et à l'exploitation éhontée des fermiers.

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