Payot

  • Surnommée "la dame de la mer", aventurière des mers, océanologue et pionnière de l'écologie, Anita Conti (1899-1997) embarque en 1952 sur le chalutier-saleur «Bois-Rosé» pour partager pendant six mois la dure vie des pêcheurs de morue à Terre-Neuve. Elle en tire ce livre époustouflant qui pose un regard de femme sur un monde d'hommes et qui devient aussitôt un best-seller.

  • 1972 : Anne-France Dautheville participe à un raid moto entre Paris et Ispahan (Iran), seule femme sur près de cent pilotes. Depuis Ispahan, elle poursuit en Afghanistan puis au Pakistan avec onze motards. Mais des rumeurs circulent dans le milieu : elle serait lesbienne, voire nymphomane, et surtout n'aurait terminé le raid qu'en camion. Furieuse (c'est le début de notre livre), elle débarque à «Moto Revue» et déclare : « Je repars, toute seule ! » : Alaska, Afghanistan, Canada, Japon, Australie... Un périple où les rencontres prennent le pas sur les paysages. La fureur de vivre de cette icône «biker» nous fait rêver, avec nostalgie, à cette planète des années 1970 qui était encore un espace ouvert.

  • Rien ne prédisposait Isabella L. Bird (1831-1904) à voyager. Cette fille de pasteur anglais était de santé fragile et traînait sa neurasthénie de fauteuil en sofa, jusqu'à ce qu'un médecin perspicace lui prescrive le voyage pour remède. Ce fut une révélation : elle découvrit en solitaire Australie, Nouvelle-Zélande, États-Unis, Maroc, Tibet, Chine, Corée et Japon. Ses séjours en Asie lui valurent en 1892 d'être la première femme à entrer à la Royal Geographical Society de Londres. En 1873, elle s'en va explorer les Rocheuses dans son costume hawaïen. Elle va demeurer quatre mois dans ce Colorado qui n'est pas encore un État, partageant le quotidien rude des colons et parcourant à cheval des centaines de kilomètres en compagnie de desperados tels que Mountain Jim, dont elle tombe follement amoureuse.

  • Le 12 octobre 1933, en gare de Genève, Annemarie Schwarzenbach monte à bord de l'Orient-Express. Destination : Istanbul. La journaliste-photographe accompagne un groupe d'archéologues pour une mission de six mois à travers la Turquie, la Syrie, la Palestine, l'Irak et la Perse, alors que le poison nazi se répand sur l'Europe. Ce voyage la marque profondément. Au cours de périples ultérieurs, l'Orient deviendra pour elle le symbole de l'égarement existentiel de l'être humain. «Hiver au Proche-Orient» est un récit de voyage où se mêlent découvertes archéologiques, observations politiques sur la fin d'un empire (Ottoman) et journal intime.

  • Au printemps 1926, Vita Sackville-West (1892-1962), grande amie de Virginia Woolf, décide de suivre avec son mari, le diplomate Harold Nicolson, une ancienne piste de montagne au sud-ouest d'Ispahan fréquentée par les caravanes et jadis empruntée par Alexandre le Grand pour gagner l'Inde. À dos d'âne et en voiture, le truculent périple du couple très «british» sera émaillé de scènes de ménage, Harold ne perdant pas une occasion d'accabler de reproches cette épouse qui l'a emmené se perdre au milieu des nomades.

  • Entre 1936 et 1938, Annemarie Schwarzenbach se rendit deux fois aux États-Unis pour y mesurer les conséquences de la Grande Dépression, notamment dans les États du Sud. Au fil d'articles rédigés pour plusieurs journaux suisses, cette fille de riche industriel du textile s'attache au quotidien des gens modestes et des jeunes syndicalistes, à la misère des ouvriers et à l'exploitation éhontée des fermiers.

  • À l'été 1716, quelques années seulement après la traduction en Angleterre des Mille et une nuits, Lady Mary Wortley Montagu, alors âgée de 27 ans, suit son époux à Constantinople. Il a été investi d'une mission de négociateur entre l'Autriche et l'empire Ottoman, alors en guerre.
    Sa correspondance est passée à la postérité. Elle se promène vêtue à la turque, apprend la langue, préfère de loin les musulmans aux catholiques ou encore fait le surprenant éloge du harem et du voile comme gages de bonheur et de liberté pour les femmes.
    Lors de son voyage de retour, qui dura plusieurs mois, elle découvre la cour de Vienne, la Hongrie ravagée par les guerres et puis Paris, le Paris de la Régence grouillant de créatures ridicules.
    On a repris une scrupuleuse traduction de 1795 pour restituer toute la saveur de cette correspondance.

  • Dix femmes parentes, amies, rivales ou amantes ont jalonné la vie et parfois inspiré l'oeuvre de l'auteur de Mrs Dalloway et Orlando, et parmi elles, une soeur taciturne (Vanessa Bell), une artiste énigmatique (Dora Carrington), un écrivain complexe (Katherine Mansfield), sans oublier l'aristocratique Vita Sackville-West et la compositrice Ethel Smyth. Avec elles, Virginia Woolf pouvait se montrer d'une intransigeance absolue ; car si son exigence intellectuelle était grande, sa demande d'affection et son besoin d'attention ne l'étaient pas moins.

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