Paris

  • Débutée dans les années 1970, la collection de Véronique et Louis-Antoine Prat est devenue l'un des ensembles privés de dessins parmi les plus prestigieux au monde. Ce catalogue révèle toute la puissance de cette sélection, qui se concentre sur l'école française avant 1900, et offre un panorama particulièrement représentatif de trois siècles d'art du dessin, de Callot à Seurat. La collection Prat résulte d'une rare alchimie : la rencontre d'un goût raffiné, d'un sens affuté de la chasse au trésor et, ici plus que jamais, d'une érudition sans faille.

  • « La musique a-t-elle un genre? »: la question soulève encore souvent indifférence polie, sinon hilarité, voire mépris. Et pourtant! Comme la littérature et la peinture, la musique n'échappe pas aux catégorisations genrées et encore moins aux inégalités de genre qui relèguent dans l'ombre les femmes artistes.

    Ce volume examine sur la longue durée ce phénomène d'invisibilisation des musiciennes à l'oeuvre tant dans l'historiographie que dans l'imaginaire social, tant dans les discours que dans les pratiques de création et les programmations.

    Repérant les différentes voies de disqualification des talents féminins, les seize études réunies ici scrutent les indices de l'enfouissement des musiciennes dans les traités philosophiques et esthétiques, dans les manuels d'éducation, dans les témoignages du public, dans les récits de vie, comme dans les écrits savants et la critique musicale, y compris la plus récente.

    Surgissent ainsi autant de jalons pour débusquer et mieux déconstruire les stéréotypes de genre dans les écrits sur la musique et les pratiques musicales d'hier et d'aujourd'hui.

  • Ouverture féministe est un livre manifeste qui propose une méthode et un cadre de pensée pour aborder la question du genre et de la sexualité en musique. En croisant les esthétiques et les époques, de Monteverdi à Madonna, en passant par Beethoven, Tchaïkovski ou Laurie Anderson, Susan McClary nous montre comment la musique peut servir l'ordre du genre, c'est-à-dire la division du monde en masculin et féminin, ainsi que la hiérarchisation entre les deux termes - une réalité qui affecte la vie quotidienne des hommes et des femmes, qui façonne leur corps comme leur identité.

  • La différence sexuelle de l'homme et de la femme est-elle un simple fait physiologique, ou bien également un effet des normes sociales ? En 1990, dans Trouble dans le genre, Judith Butler soutient que la catégorie de "sexe" ne se contente pas de décrire une différence naturelle entre l'homme et la femme, mais contribue à la produire, par la répétition des normes du genre dans les discours et les pratiques sociales. Pour déconstruire ces catégories naturalisantes ("homme" et "femme"), Butler inscrit sa critique du sexisme dans une critique plus globale de l'hétérosexisme, c'est-à-dire de l'injonction sociale à l'hétérosexualité. Trouble dans la matière s'ouvre sur le contexte polémique de la réception de Judith Butler en France, dans les cercles où l'on reproche aux études de genre de semer le trouble dans la lutte des classes. En mettant au jour la dimension matérialiste de la thèse butlerienne de la construction discursive du sexe, l'ouvrage interroge en retour la fécondité de son analyse du pouvoir des mots pour la critique sociale d'inspiration marxiste.

    En explorant la postérité singulière de Marx, d'Althusser à Foucault, au prisme de l'épistémologie de Canguilhem, Audrey Benoit fait de la construction discursive du "sexe" le point de départ d'une réflexion générale sur la production de la réalité sociale par les discours qui prétendent la décrire. Elle propose ainsi des éléments pour une épistémologie matérialiste qui considère le pouvoir du discours de produire et de transformer la réalité sociale.

  • Guilhermine Suggia (1885-1950) est entrée dans l'histoire à un double titre. Compagne de Pablo Casals dont elle partagera la vie pendant sept ans, de leur rencontre à Paris en 1906 à leur séparation en 1913. Pionnière du violoncelle féminin car elle imposa sur scène cet instrument que seuls les hommes pratiquaient avant elle.
    Son existence est épique. Sur scène à 5 ans, violoncelle solo de l'Orpheon Portuense à 15 ans, soliste au Gewandhaus de Leipzig à 18 ans, elle partage de 21 à 28 ans la vie mouvementée de Pablo Casals. Ils tournent ensemble en Europe et en Russie, créent le double concerto de leur ami Emanuel Moor, se produisent sous les baguettes et avec les orchestres les plus prestigieux de leur temps.
    À leur rupture en 1913, Suggia triomphe en Angleterre avec l'appui de personnalités dont elle gagne l'aection et parfois un peu plus : le magnat de la presse Edward Hudson, l'écrivain Lytton Strachey, la compositrice Ethel Smyth, le chef et compositeur Donald Tovey, le pianiste Gerald Moore, le peintre des stars Augustus John.
    Sa vie illustre le combat des femmes pour l'égalité sur le front romanesque de la musique.
    Elle ore un l conducteur idéal pour suivre les révolutions de la pratique musicale (de la lutherie, de l'enregistrement, de l'enseignement, des concours, du répertoire.) au cours du siècle qui nous sépare de ses premiers succès. Elle permet de revenir sur la vie intime de Casals, esquissée dans la biographie que lui a consacrée l'auteur en 2013.

  • Josette Rispal

    Collectif

    Josette Rispal est sculpteur autodidacte. Par de curieux assemblages de matériaux, elle crée un monde extravagant auquel nous donne accès cet ouvrage.
    S'il arrive à la plasticienne de créer avec les matériaux les plus nobles - sculptures en bronze ou masques et fleurs lunaires en verre de Murano - c'est surtout avec des éléments de bric et de broc qu'elle compose : d'un rien faire naître l'enchantement. Ainsi peut-on admirer ses Chiffonnettes, poupées de tissus ornementées de petites trouvailles - plumes, perles, boutons, fleurs artificielles... -, ses Verres non déformés, assemblages de fragments d'objets sauvés d'une mort certaine - bouchon de carafe, grappe de raisin, tête de cheval... -, ou encore ses Vestiges, mannequins richement revêtus de guenilles et breloques les plus folles - masques de carnaval, perruques, corsages et jupons de tulles et de dentelles, bas filés, colliers de ressorts et de coquillages... -, qui se veulent quant à eux une caricature de notre société de consommation.
    Avec les années, les techniques et les matériaux se sont multipliés, complexifiés, suscitant une profusion d'oeuvres qui, en prenant place dans son atelier-résidence, forment en soi une gigantesque création : un lieu magique, Le Monde Enchanté de Josette Rispal, que cet ouvrage vous propose de découvrir.

  • A travers divers interviews accordés à des journalistes de la presse internationale et à quelques sites français, Hamid Zanaz nous donne les clés nécessaires à la compréhension de l'islamisme et son bras armé : le terrorisme. Ce spécialiste de l'islam déconstruit un mythe partagé en France par les médias et les politiques qui, par opportunisme et lâcheté, refusent de voir en l'islamisme l'ombre portée de l'islam.
    L'auteur passe au scalpel le slogan du « rien à voir », démontrant aux journalistes algériens, russes, suisses, arabes, kurdes, italiens l'impossibilité d'adapter le dogme islamique aux exigences des temps modernes. Une pensée à contrecourant du politiquement correct français. Les réponses d'Hamid Zanaz aux questions posées apportent un nouveau regard sur les problèmes posés par l'islam à la laïcité, aux droits de l'homme, à la démocratie, au rôle de la femme, à l'esprit critique...
    Au fil des interviews, l'auteur évoque nombre de questions brûlantes souvent esquivées ou censurées dans les débats médiatiques : l'islam peut-il être réformé ? La théorie du choc des civilisations est-elle fondée ? Est-il vrai que ce sont certains États arabes et d'autres pays musulmans qui islamisent les sociétés et enseignent l'intégrisme à l'école ?
    Peut-on se demander si le djihad guerrier, loin d'être une déviance de l'islam, n'en serait pas le coeur ? Qu'en est-il des « révolutions arabes » : manipulation ou mouvement populaire récupéré ? Qu'en est-il enfin de la menace islamiste pesant sur l'Europe, des porteurs de valises français de l'intégrisme terroriste ?
    À la différence de la plupart des chercheurs, l'auteur ne s'interdit pas de pointer dans l'islam les raisons endogènes qui facilitent l'apparition d'une religiosité violente.
    Ce livre, comme les précédents livres d'Hamid Zanaz, est un manifeste libertaire contre la doxa imposée par la gauche et la droite pour tout ce qui touche à l'islam et à ses dérives sectaires en France et en Europe. Un livre qui s'attaque à la racine du mal islamiste et dénonce les illusions des peuples comme les rassurantes explications des élites au pouvoir.

  • La chevelure féminine a suscité au fil des siècles d'innombrables créations plastiques et littéraires.
    Si elle a fourni d'inépuisables prétextes à peindre, photographier ou sculpter. Elle a aussi inspiré de grands cinéastes de la chevelure : Hitchcock, Mizoguchi, Bergman, Bunuel, Godard, Lynch en ont ainsi fait une pièce maîtresse de leur esthétique et de leur poétique. Réinventée à chaque époque, la chevelure des femmes est une interface troublante entre ce qui vient de la vie (moeurs, modes) et du monde de l'art (cinéma, peinture, sculpture).
    Cet ouvrage joue de la transversalité et donne à penser l'histoire du septième art dans ses interactions avec d'autres pratiques artistiques. Des essais rédigés par des spécialistes de domaines aussi divers que la sociologie, l'histoire, la psychanalyse, le cinéma ou encore les arts plastiques cotoient une série de grands entretiens : Catherine Deneuve, François Ozon, le chef-opérateur Eric Gautier et le coloriste Christophe Robin nous livrent autant d'approches personnelles et éclairantes sur la question.

  • Avec ce nouveau livre, Hamid Zanaz nous invite à découvrir un autre visage féminin de la société arabe contemporaine. Celui des femmes modernes qui n'ont rien à voir avec ces fantômes en niqab qui envahissent les villes occidentales. Des voix savantes, militantes et critiques, qui se multiplient et qui constituent un apport féminin et séculier indispensable dans le débat culturel, scientifique et politique.
    Une quinzaine d'entretiens avec des intellectuelles engagées, parmi lesquelles: Faouzia Cham, physi-:cienne, professeur à l'université de Tunis; Abnousse Shalmani, cinéaste et écrivain franco-iranienne;
    Saïda Keller Messahli, universitaire marocaine, Elhm al Manea, politologue helvéto-yéménite ;
    Amel Grami, maître de conférences à la faculté de la Manouba en Tunisie; Raja ben Slama, psychanalyste et universitaire tunisienne; Zohra Brahim, universitaire marocaine; Sanaa el Agi, journaliste marocaine; Racha Tounsi, journaliste syro-tunisienne;
    Ramda Kassis, anthropologue et journaliste syrienne; Dlfa Youssef, psychanalyste et islamologue tunisienne; Mounia Senkeli, philosophe et universitaire tunisienne, Farah Kay, comédienne belgo-marocaine, ...
    Certaines de ces intellectuelles sont des spécialistes reconnues dans les études islamiques, domaine resté longtemps entre les mains des mâles musulmans. Mais toutes refusent catégoriquement l'application de la charia dans leur pays comme leur inféodation à l'archaïsme islamique.

  • Maurice Blanchot et Emmanuel Lévinas ont marqué toute une génération d'intellectuels comme Gilles Deleuze, Michel Foucault ou Jacques Derrida. À travers la question du corps, de l'éthique, de l'amitié, du judaïsme, et du langage philosophique et littéraire, cet ouvrage tente de mieux faire comprendre la complexité de leurs questionnements et l'influence qu'ils ont pu exercer sur la pensée française du XXe siècle. Au-delà de l'hommage lié aux centenaires des naissances de Lévinas (1906) et de Blanchot (1907), c'est toute la question des points de convergences et de dissemblances entre ces deux penseurs qui est abordée ici. Cet ouvrage a été particulièrement soutenu par l'Association pour la Célébration du Centenaire Emmanuel Lévinas (ACCEL), le Ministère de la Culture et par l'UNESCO dans le cadre de la Journée mondiale de la Philosophie organisée en novembre 2006. Éric Hoppenot, Arthur Cools, Jean-François Patricola, David Uhrig, ont réuni une soixantaine de chercheurs venus de quatre continents afin de participer au colloque : " Lévinas-Blanchot, penser la différence ".

  • Genre ? Genre ! Si ce concept n'est pas encore tout à fait entré dans l'usage de la réflexion historienne française, cet ouvrage montre combien pourtant son usage et les interrogations qu'il suscite, sont féconds.
    Le mot genre serait, dit-on encore, plus difficile à comprendre en français parce qu'il a de nombreux sens : genre humain, genre grammatical, genre littéraire, notion philosophique et aussi catégorie classificatoire dans les sciences naturelles. Mais n'est ce pas comme dans bien d'autres langues ? Or, on l'on sait bien, sous couvert de difficulté linguistique, se cachent bien des a priori philosophiques et des enjeux de pouvoir et par ailleurs, la langue fonde et véhicule des rapports hiérarchiques, particulièrement forts en français où l'usage dominant des accords au masculin permet d'associer le singulier masculin à l'universel.

  • Ce livre n'est pas une oeuvre d'imagination. C'est l'histoire d'une femme qui recherchait le bien de ses semblables à une époque où guerres et épidémies répandaient leur cortège de malheurs, où le fantastique imprégnait les réalités quotidiennes, où les savoir-faire féminins tuaient souvent aussi. Claudette Clauchepied est morte brûlée sur un bûcher, à Bruyères dans les Vosges, le 4 avril 1601. Elle allait avoir 66 ans. Construit sur une base archivistique solide, ce récit ouvre au lecteur le monde des campagnes de la fin du moyen âge. Il dévoile des comportements et des façons de penser authentiques. Le parler est réellement celui des gens de l'époque et non un discours contemporain remanié en fonction de suppositions. Préservée des clichés et des déformations folkloriques, la vie de Claudette Clauchepied révèle les racines d'une violence qui a longtemps secoué les communautés rurales. Son procès le montre amplement. Il peut être consulté aux Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, où il est conservé sous la cote B 3753.


  • les normes comme les déviances sont évolutives, les normes fabriquent les déviances, et réciproquement.
    à travers différents thèmes, un certain nombre de jeunes historiens de l'université de nanterre, placés sous la direction de monique cottret, interrogent la politique, la religion et la culture pour rendre compte de la diversité et de la complexité du vivant. des guerres de religion du xvie siècle à la révolution française, des récollets de la nouvelle france, au réformateur évangélique john wesley puis au sulfureux père girard, amant de la jeune cadière, voilà le champ de leurs réflexions et de leurs questions.
    mais, in fine, il s'agit d'interroger l'histoire, discipline née au siècle des lumières et que le xxe siècle semble vouloir éradiquer, comme si tenter de comprendre la barbarie, c'était l'accepter, préférant remplacer l'analyse par la commémoration et le raisonnement par les bons sentiments. cette lecture décapante des institutions n'est pas dépourvue d'humour et s'agrémente de quelques gravures libertines mettant en scène des curés libidineux.


  • Andrée Putman a l'instinct des belles choses et suit son propre goût, selon une même ligne d'exigence plus que de rigueur, de singularité plus que d'excentricité.
    L'extraordinaire fait partie de son quotidien comme de son travail, et, au fil des décennies, elle crée un univers où les extrêmes se côtoient naturellement. Parallèlement à de nombreux chantiers d'appartements ou de maisons privés, elle réédite le mobilier de designers des années 1930, réalise l'aménagement d'hôtels, notamment le célèbre Morgans, à New York, imagine le bureau du ministre de la Culture, Jack Lang, réinvente la cabine du Concorde, conçoit la boutique Guerlain sur les Champs-Elysées, dessine une ligne de bijoux pour Christofle, rénove les loges du Stade de France, compose un piano d'exception pour Pleyel...
    Les réalisations d'Andrée Putman sont l'oeuvre d'une passionnée, et l'on découvre dans ces espaces de lumière, d'ordre et de sérénité, où l'on chasse les fioritures pour aller à l'essentiel, l'impeccable duo que sa personnalité forme avec son travail.

  • Martha Nussbaum - Égalité et amour à la fin du Mariage de Figaro : constituer les émotions démocratiques Ruwen Ogien - Qui a besoin d'une « éthique à visage humain » ?

    Marc Pavlopoulos - Des valeurs contextuelles ou universelles ?

    Piergiorgio Donatelli - Martha Nussbaum, l'éthique et la forme de vie Michela Marzano - Publicisation de l'espace privé et privatisation de l'espace public Estelle Ferrarese - Émotions et politique chez Martha Nussbaum : la question du rapport à soi Alice Crary - Éthique et littérature : Nussbaum contre Nussbaum Gabrielle Radica - La jalousie est-elle une passion privée ?

    Patrick Pharo - Fiertés et dégoûts dans l'éthique de première personne QUESTIONS PRÉSENTES Philippe Chevallier - Michel Foucault et la question du droit - Sophie Guérard de Latour - Pluralisme et relations interethniques : le cas du racisme républicain - Nicolas Poirier - Division du social et auto-institution : le projet démocratique selon Castoriadis et Lefort - Sigfrido Ramírez Pérez - Europe néo-libérale ? Les limites d'une interprétation téléologique de l'intégration européenne La littérature pour la jeunesse : une école de vie ?
    Coordonné par Sylvie Servoise Laurent Bazin - L'école de la fiction : formation, formatage et déformation dans la littérature de jeunesse contemporaine Gilles Béhotéguy - La célébration de la lecture dans le roman français contemporain pour la jeunesse Stéphane Bonnery - Les mises en scène dans les albums enfantins des apprentissages dans la relation entre adultes et enfants : des évolutions significatives des modalités éducatives Isabelle Charpentier - Portraits engagés d'adolescentes entre deux cultures. Conflits genrés, culturels et sociaux dans deux romans pour la jeunesse de Jeanne Benameur Michèle Bacholle-Bošković - Des minorités plus visibles : réflexions d'auteurs jeunesse Isabelle Casta - Le vampire et la jeune fille, ou comment grandir à l'ombre de Twilight.

    Éric Auriacombe - Poudlard : une école contre la mort ?

    Maud Gaultier - Récits argentins pour les enfants : lorsque les écrivains franchissent les tabous.

    Edwige Chirouter - À quoi pense la littérature de jeunesse ? Philosopher avec les enfants grâce à la lecture de récits

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