Noir Sur Blanc

  • « De la chute au pas de danse... J'ai voulu écrire un livre qui soit comme une main posée sur l'épaule. » Gaëlle Josse.

    Qui ne s'est senti, de sa vie, vaciller ? Qui ne s'est jamais senti « au bord de » ? Qui n'a jamais été tenté d'abandonner la course ?
    Clara, trente-deux ans, travaille dans une société de crédit.
    Compétente, investie, efficace, elle enchaîne les rendez-vous et atteint ses objectifs.
    Un matin, tout lâche. Elle ne retourne pas travailler. Des semaines, des mois de solitude et de vide s'ouvrent devant elle.
    Amis, amours, famille, collègues, tout se délite dans l'ordre ou le désordre de leur apparition dans sa vie. La vague de fond qui la saisit modifie ses impressions et ses sentiments.
    Ce matin-là dévoile la mosaïque d'une vie et la perte de son unité, de son allant et de son élan. Une vie qui se refuse à continuer privée de sens et doit se réinventer. Une histoire minuscule et universelle porteuse d'espoir.

  • Je m'appelle Fatima Daas. Je suis la mazoziya, la petite dernière.
    Celle à laquelle on ne s'est pas préparé. Je suis née par césarienne. Je suis française. Je suis d'origine algérienne.
    Musulmane pratiquante. Clichoise qui passe plus de trois heures par jour dans les transports. Une touriste. Une banlieusarde qui observe les comportements parisiens. Je suis une menteuse, une pécheresse. Porteuse d'une maladie chronique. Asthmatique allergique. Adolescente, je suis une élève instable. Adulte, je suis hyper inadaptée. J'écris des histoires pour éviter de vivre la mienne. J'ai la sensation d'avoir une double vie. J'ai fait quatre ans de thérapie. C'est ma plus longue relation. Mon rapport à l'autre est inconstant.
    J'ai besoin de me contrôler. J'ai besoin de contrôler toutes mes émotions. J'ai besoin de contrôler l'autre. Je me crois polyamoureuse. L'amour, c'est tabou à la maison, les marques de tendresse et la sexualité aussi. Je n'aime pas les garçons mais j'aime leurs accessoires. À 25 ans, je rencontre Nina Gonzalez.

  • Curiosity, petit robot géologue, travaille sur Mars depuis 2012.
    Il reçoit tous les matins des messages de Dieu qui, depuis la Terre, lui dit quoi faire. Le rover ne s'est jamais habitué à sa planète, pas plus qu'aux températures glaciales ni, surtout, à sa solitude. Curiosity souffre, c'est un robot « sociable » désespérément en quête d'amitié et de sens à donner à son existence.
    En proie au désespoir, Curiosity s'accroche à une conviction :
    Dieu ne peut pas l'avoir fait social par hasard, une mission particulière l'attend ! Un matin pourtant, il comprend que Dieu va bientôt l'abandonner, sa mort est programmée. Le doute l'envahit. À quoi bon avoir vécu, si on est privé de destin ? Désespéré, il commence à écrire son testament. Les trois nuits suivantes seront pleines de révélations.
    Une immense métaphore de l'artiste condamné à sa solitude, et du désir de transcendance !
    Curiosity est suivi d'une nouvelle inédite de l'auteure, L'Agrandirox, récit de science-fiction d'après « La Superficine », de S. Krzyzanowski, qui s'ancre dans la période du confinement lié au Coronavirus.

  • Silhouette imposante, port de tête altier, elle fait résonner la voix d'une femme noire, fière et volontaire, qui va devoir survivre dans un monde d'une extrême dureté, dominé par les Blancs. Une voix riche et drôle, passionnée et douce qui, malgré les discriminations, porte l'espoir et la joie, l'accomplissement et la reconnaissance, et défend farouchement son droit à la liberté.

    Après l'inoubliablement beau Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage, Maya Angelou poursuit ici son cycle autobiographique. Maya Angelou fut poétesse, écrivaine, actrice, militante, enseignante et réalisatrice. Elle a mené de nombreux combats avant de devenir une icône contemporaine qui a inspiré la vie de millions de personnes. Elle a côtoyé Nelson Mandela, Martin Luther King, Malcolm X et James Baldwin. À sa mort, Michelle Obama, Rihanna, Oprah Winfrey, Emma Watson, J. K. Rowling et beaucoup d'autres encore lui ont rendu hommage.

  • Taipei, fin des années 1980. Lazi, jeune étudiante en art quelque peu perdue, passe une grande partie de son temps seule à écrire et décoder ses obsessions jusqu'au bout de la nuit. Dépitée par son attraction vis-à-vis d'une camarade qui s'acharne à lui souffler le chaud et le froid, épuisée de danser sans relâche sur la frontière du désir et de la haine, Lazi va chercher du réconfort auprès de sa bande d'amis, tous vifs d'esprit, artistes plus ou moins moroses, amants autodestructeurs, rebelles et surtout queers, en quête acharnée de vie et d'émotions, qui découvrent l'amour, l'amitié et l'art.
    Dans son journal, Lazi écrit l'urgence de vivre, le désir, les sentiments brûlants... elle parle aussi de crocodiles qui portent des manteaux d'humains ! Les médias les traquent, craignent une épidémie : peuvent-ils se reproduire ? Quand, de leur côté, les crocodiles échangent sur leurs goûts littéraires et musicaux, adorent la glace à la crème, font des courses, prennent des bains...
    Un guide de survie pour les inadaptés de tous bords, pour tous ceux qui s'identifient parfois à un monstre caché dans un manteau humain.

  • Lauréate du prix Nobel de littérature en 2018, Olga Tokarczuk nous offre un recueil de nouvelles qui vient confirmer l'étendue de son talent : qu'elle se penche sur les époques passées ou qu'elle s'amuse à imaginer celles du futur, elle a toujours le souci d'éclairer le temps présent et ne se défile devant aucune des questions qui se posent aujourd'hui à nous.
    L'esprit d'enfance, le désir d'immortalité, le délire religieux mais aussi le transhumanisme, le rapport à la nature, la fragilité de la civilisation : sans surenchère dans la dystopie, sans jamais de complaisance dans la noirceur, Olga Tokarczuk nous fait mesurer les espaces infinis de ce qui échappe à notre connaissance.
    Mais pour cette écrivaine qui excelle à découvrir des connexions et des correspondances, le salut réside assurément dans les puissances de l'imaginaire et dans l'acceptation par chacun de sa propre étrangeté.

  • L'action du livre se situe en 1984, immédiatement après la levée de l'état de siège en Pologne. Celina, l'héroïne du roman, est une femme dans la quarantaine, dont la vie se trouve bousculée par les événements politiques tragiques des années « Solidarité ».
    En tant que reporter photographe, elle assiste au procès des assassins de l'étudiant Grzegorz Przemyk (un meurtre commis par la milice qui a bouleversé la Pologne), et cache chez elle des militants clandestins. Elle devient ainsi le témoin direct des événements dont parlent les médias du monde entier.
    Mais le passé se profile aussi en toile de fond. Pendant la guerre, la mère de Celina a caché chez elle une jeune femme juive et sa fille, Paula. Devenue adulte, cette dernière décide de partir en Afrique du Sud. Celina épousera alors l'ancien fiancé de son amie Paula.
    C'est dans cette Pologne des années quatre-vingt que l'auteure dresse un beau portrait de femme, solidement ancré dans la réalité.

  • À Nove Mesto, en République tchèque, Baba accouche d'Elena.
    On est le 1er avril, tout le monde croit à une farce : Baba est tellement grosse que personne n'avait vu qu'elle était enceinte de ce sixième enfant, arrivé vingt ans après les autres.
    La fillette grandit dans un monde de femmes, entourée par sa mère, ses tantes et ses soeurs. Le seul horizon possible est le mariage. Quand l'une d'entre elles, Magda, part en France, Elena pleure à s'en rendre malade. Elle pousse comme une herbe folle, s'ennuie à l'école et ne vit que pour ces mois d'août où Magda revient avec sa fille, Anna. Une amitié intense et fraternelle unit les deux enfants.
    Mais le pays se transforme : la guerre, le communisme, Tchernobyl, la chute de l'URSS... Les possibilités d'Elena se restreignent. Insidieusement, la distance se creuse entre les deux amies d'autant que pèse un secret, une vérité sèche, coupante comme une herbe en été.

  • Hérétique, schismatique, Juif converti à l'islam puis au christianisme, libertin, hors-la-loi, tour à tour misérable et richissime, vertueux et abomi- nable, Jakób Frank a traversé l'Europe des Lumières comme la mèche allumée d'un baril de poudre. De là à se prendre pour le Messie, il n'y avait qu'un pas - et il le franchit allègrement. Le dessein de cet homme était pourtant des plus simples : il voulait que ceux de son peuple puissent, eux aussi, connaître la sécurité et le respect d'autrui. Il voulait l'égalité.
    La vie de ce personnage historique, qui fut considéré comme le Luther du monde juif, est tellement stu- péfiante qu'elle semble imaginaire. Un critique polo- nais, saluant la réussite absolue de ce roman de mille pages, dit qu'il a fallu à Olga Tokarczuk une « folie méthodique » pour l'écrire.
    On y retrouve les tragédies du temps, les guerres, les pogroms et la ségrégation, mais on y goûte aussi les merveilles de la vie quotidienne : les marchés, les cui- sines, les petits métiers, les routes incertaines et les champs où l'on peine, l'étude des mystères et des textes sacrés, les histoires qu'on raconte aux petits enfants, les mariages où l'on danse, les rires et les premiers baisers.
    Ainsi que le dit le père Chmielowski, l'autre grand personnage de ce roman, auteur naïf et admirable de la première encyclopédie polonaise, la littérature est une forme de savoir, elle est « la perfection des formes imprécises ».

  • Les péregrins

    Olga Tokarczuk

    Les Pérégrins, sans doute le meilleur livre d'Olga Tokarczuk, n'est pas un « livre de voyage », mais un livre sur le phénomène du voyage. Pour les Bieguny (ou Stranniki, c'est-à-dire marcheurs ou pérégrins), une secte religieuse de l'ancienne Russie, le fait de rester au même endroit rendait l'homme plus vulnérable aux attaques du Mal, tandis qu'un déplacement incessant le mettait sur la voie du Salut. S'ils sont des hommes et des femmes de notre temps, les personnages du livre d'Olga Tokarczuk ont peut-être une motivation similaire pour voyager sans cesse. Mais davantage que le Salut, ils semblent poursuivre l'idée qu'ils se font de leur propre liberté. Pour les ressortissants de pays dont les frontières ont été verrouillées un demi-siècle durant, la liberté de voyager brille d'un éclat tout particulier. En une myriade de textes courts, l'auteur compose ici un panorama coloré du nomadisme moderne, moins soucieux de la destination que du simple fait d'être en mouvement. À travers les livres et à travers le monde d'aujourd'hui, dans les lieux et les non-lieux de ses voyages, Olga Tokarczuk a ressemblé des histoires, des images et des situations qui nous éclairent sur un monde à la fois connu, cartographié, répertorié, et absolument mystérieux, mouvant réseau de flux et de correspondances... Une multiplicité de réflexions (l'image du labyrinthe, l'analogie des circulations anatomiques, géographiques et cosmiques), de micro-récits et de choses vues, sur les zones de transit, les avions, les hôtels, le hasard des rencontres, le tourisme exotique et la baraques à souvenirs. Avec sa foi dans l'intelligence du lecteur, Olga Tokarczuk ouvre pour nous mille et une pistes de questionnement, d'étonnement et de rencontres.

  • Faux Poivre relate l'histoire de la famille de Monika Sznajderman. Une histoire qu'elle a longtemps ignorée et qu'elle découvre grâce à des photos envoyées d'Australie par des parents dont elle ne connaissait même pas l'existence.
    Pour la sociologue polonaise Barbara Engelking, spécialiste de l'Holocauste, c'est « un livre extraordinaire qui montre l'enchevêtrement des histoires ayant fait la Pologne.
    L'auteure reconstitue le destin de ses aïeux juifs, trouvant des traces de leur existence dans les journaux, les archives d'infimes indices éparpillés entre le ghetto de Varsovie, Radom et jusqu'à l'Amérique et l'Australie. Elle présente avec le même soin les parents et ancêtres de sa mère, issus d'une pittoresque famille de la noblesse polono-saxonne. Leur histoire se déroule à Varsovie, à Moscou, en Volhynie, sur les domaines et les grandes villes que bouleversaient les Années folles.
    Monika Sznajderman évoque ces deux mondes avec une égale dévotion, nous faisant prendre conscience à la fois de la fugacité de l'existence et de la complexité des identités polonaises, ainsi que de la valeur et du sens de la mémoire. »

  • Très tôt confrontée à la pauvreté, Maya Angelou ne laissa jamais le sort prendre le dessus, et chaque désillusion fut propice à se réinventer. Sa grand-mère paternelle, une battante au caractère bien trempé chez laquelle elle fut envoyée avec son frère, dans un Arkansas encore très raciste, marqua durablement sa vie. Sa mémoire rappelle à elle ses amis perdus comme Coretta Scott King, ses pairs comme James Baldwin ou Aimé Césaire. Sans relâche, elle louera l'honnêteté, et décriera la vulgarité. Féministe avant l'heure, Maya Angelou écrit avec le coeur de millions de femmes qu'elle considère comme ses soeurs de combat. La littérature la sauvera et l'amènera à être la première étudiante noire d'une école privée. Puis, elle fréquentera le milieu intellectuel noir américain, et deviendra une grande militante de la condition des femmes noires. C'est grâce à l'écrivain James Baldwin qu'elle va se mettre à écrire après la mort de Martin Luther King et devenir l'auteure que l'on connait aujourd'hui.
    Composé de 28 courts chapitres, dont quelques poèmes, ce livre est un condensé de ses meilleurs écrits.

  • Récits ultimes

    Olga Tokarczuk

    Une subtile variation sur le thème des trois Parques. Trois femmes, de trois générations d'une même famille, sont amenées, chacune à leur tour, à regarder la mort en face. Une saga moderne d'une grande finesse psychologique qui aborde un sujet grave avec la hardiesse des oeuvres novatrices. Par la force évocatrice de ses images crues, aux subtiles correspondances, le livre nous plonge au coeur d'un univers à la fois dépaysant et familier, singulier et multiple, l'univers de la solitude au féminin.

  • Qu'est-ce qui anime, obsède et déchire la société polonaise d'aujourd'hui ? Quelle est l'origine profonde des événements politiques qui secouent l'opinion publique polonaise et retentissent à travers l'Europe ? Comment expliquer les causes de la volte-face anti-européenne qu'a effectuée, il y a peu, « le meilleur élève de l'Union Européenne » ?
    Hourras et désarrois est un recueil d'essais sur la Pologne actuelle. Pour la comprendre, une seule clef : la culture, comprise avant tout comme un ensemble de manières de penser, de sentir et d'agir propres à une société donnée.
    La Pologne actuelle est racontée ici par le biais de la création artistique (littérature, arts visuels, théâtre), outil hyper-sensible pour capter et sonder les mécanismes culturels profonds, mais aussi à travers des phénomènes culturels populaires comme les mèmes, les manifestations de rue, les néologismes les plus en vogue, les stéréotypes, les styles de vie ou les objets de la vie quotidienne.

  • La maison brûlée

    Szatkowska

    L'Insurrection de Varsovie, en août et septembre 1944, souvent confondue avec celle du ghetto, de 1943, n'est pas, pour les Alliés, l'épisode le plus glorieux de la guerre : sans aucune assistance, la population de la ville se soulève contre l'occupant allemand. Les Soviétiques, stationnés de l'autre côté du fleuve, ne bougent pas. Après soixante-trois jours d'une bataille où deux cent cinquante mille personnes trouvent la mort, les survivants sont déportés et la capitale systématiquement détruite. Anna a seize ans lorsqu'elle rejoint les insurgés. Autour d'elle, la moyenne d'âge n'est pas élevée. Il y a quelque chose de miraculeux dans la fraîcheur, la tendresse de ces petits soldats, toujours soucieux les uns des autres, et d'un courage puisé dans l'oubli de soi-même. Dès l'arrêt des combats, Anna s'est appliquée, avec une camarade, à faire la chronique, jour par jour, de l'Insurrection. Aujourd'hui, elle complète son récit en évoquant un monde disparu, celui des manoirs de Pologne, et en dressant le portrait de sa mère, l'écrivain Zofia Kossak, membre éminent de l'Armée secrète et fondatrice de l'organisation clandestine d'assistance aux Juifs " Zegota ".

  • L'Âge de Kali est un recueil d'une vingtaine d'essais, fruit des dix années passées par l'auteur dans le subcontinent indien dans les diverses parties de l'Inde, mais aussi au Pakistan et au Sri Lanka. Grâce à un formidable don d'observation et de nombreuses rencontres, l'auteur dresse un tableau passionnant et parfois effrayant d'une région en proie à de formidables bouleversements ; il restitue aussi la complexité d'une société tiraillée entre changements et résistance aux changements.
    Au cours de ses déplacements dans le subcontinent, William Dalrymple a souvent entendu que l'Inde serait dans les affres de « l'âge de Kali ». Dans l'ancienne cosmologie hindoue, qui divise le temps en quatre grandes
    ères, l'âge de Kali, la quatrième période, est la pire : époque de conflits, de corruption, de désintégration, durant laquelle toutes les règles morales s'effondrent.
    Les témoignages qu'il rapporte de certaines régions semblent confirmer les prophéties les plus pessimistes : le Bihar, au nord, en pleine guerre des castes, est le théâtre de violences et de massacres, tandis que la
    déliquescence politique et la corruption en font presque une zone de non-droit. Au Pakistan, la région du nord de Lahore est infestée de bandits, et c'est à Peshawar qu'il rencontre un baron de la drogue. Et pourtant, à ce nord en plein chaos s'oppose un sud plus prospère et en voie de stabilisation.
    Mais à cette première ligne de partage s'en surimposent d'autres, et c'est la force du récit de Dalrymple de mettre en lumière toutes les tensions qui animent cette société, prise entre tradition et modernité : il montre,
    par exemple, l'importance persistante des castes, pourtant officiellement abolies, ou le poids des croyances religieuses (avec une poignante description de Vrindavan, « cité des veuves », ou le récit d'un exorcisme à Cochin.) Son entretien avec Baba Sehgal, première vraie rock star indienne, ou ses descriptions de Bollywood forment alors un contraste saisissant. Très instructives aussi sont ses interviews de Benazir Bhutto et d'Imran
    Khan, de même que sa rencontre avec des membres des Tigres Tamouls du Sri Lanka, en particulier d'un bataillon féminin de guérilleros.

  • Ce roman à cinq voix se passe dans la Russie totalitaire des années 1960, dans la ville de Leningrad encore marquée par le terrible siège de 900 jours qu'elle a subi pendant la guerre. Les voix appartiennent toutes à des femmes. Sofia, une petite fille muette de 7 ans, dessine à longueur de journée le monde qui l'entoure. Sa mère Antonina est ouvrière dans une usine. Trois vieilles femmes, Evdokia, Glikeria et Ariadna, accueillent Sofia et Antonina dans leur appartement communautaire. Elles jouent le rôle de grands-mères pour Sofia, à laquelle elles transmettent les valeurs de la Russie. Le roman raconte la vie ordinaire de ces femmes dans la ville de Leningrad ' les files d'attente pour la nourriture, la cuisson des pommes de terre, les lessives interminables, tout en convoquant également la poésie populaire et le merveilleux (les trois bonnes fées, la princesse endormie...). Dans Le Temps des femmes, les hommes sont quasiment absents ; dans ce récit à cinq voix, Elena Tchijova rend hommage à la femme russe, celle qui, à travers les vicissitudes de l'Histoire, travaille, lutte pour nourrir sa famille, et transmet les valeurs et l'héritage du passé aux générations suivantes, dans une résistance silencieuse à l'oppression.

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