Mercure De France

  • Indienne par sa mère, américaine par son père, Karina n'a pas trouvé d'équilibre dans sa double origine. La mort accidentelle du petit frère qu'elle aimait tant, puis le divorce de ses parents qui n'ont pas supporté ce drame, finissent par lui faire perdre pied.
    Entrée à l'université, elle ne s'y sent pas à sa place, son pre mier petit ami la trompe... Bref, elle est prête à tomber dans les fi lets du séduisant et ténébreux Micah.
    On connaît bien les techniques utilisées pour appâter une per sonne fragile et l'intégrer dans une secte sans qu'elle s'en rende compte. C'est ce qui arrive à Karina - et est admirablement décrit ici par Shilpi Somaya Gowda. D'abord le charme, puis l'emprise, puis le doute, l'inquiétude et finalement la peur, mais l'impossibilité de se libérer. Ce que Karina avait cru être une nouvelle « famille » va en fait devenir une terrible prison.

    Après les succès de La fille secrète et d'Un fils en or, on re trouve ici tout le talent de la grande romancière indienne

  • Candace est une jeune Américaine d'origine chinoise discrète et introvertie. Après des études de photographie, elle vit désormais à Manhattan dans un petit appartement et travaille pour Spectra, une entreprise qui fabrique des livres pour les grands éditeurs, notamment des Bibles. Elle vit comme une New-yorkaise classique en dépensant l'argent qui ne passe pas dans son loyer à s'acheter des vêtements Uniqlo, des crèmes hydratantes Clinique ou à boire des cafés chez Starbucks... Bientôt la fièvre Shen, une épidémie venue de Chine, touche la population mondiale. Cette maladie inconnue oblige les gens à des gestes répétitifs dénués de sens : ils deviennent des zombies répétant inlassablement et à l'infini des gestes quotidiens - mettre la table, essayer des vêtements - jusqu'à mourir d'épuisement... La nostalgie semble un facteur aggravant de la maladie : les enfiévrés sont piégés dans leurs souvenirs. Candace reste seule dans les bureaux désertés de Spectra, voit New York se vider de ses habitants et se figer autour d'elle. Des palmiers se mettent à pousser sur Time Square déserté... Écrit bien avant l'épidémie de corona virus, ce roman visionnaire saisissant de réalisme réinvente le genre post-apocalyptique : Les enfiévrés questionne notre rapport au travail et la solitude de la vie contemporaine.

  • Bien que Ping Lu soit un des écrivains les plus connus de Taiwan - romancière, essayiste, elle enseigne également à l'université de Taipei - elle a eu du mal à publier ce livre dans son pays et il ne le sera pas en Chine communiste. Elle n'est pas « politiquement correcte » sur un sujet qu'on n'a pas le droit d'aborder : l'amour, quand la politique s'en mêle. Et vice-versa.
    Il s'agit du très romanesque dernier amour de Sun Yat-Sen, le père de la révolution chinoise, mort en 1925, pour sa jeune et très belle deuxième épouse, Song Quingling. Après une vie pleine d'aventures, il avait rencontré au Japon cette ravissante fille d'une richissime famille chinoise (une de ses soeurs épousera Tchang Kai-Chek, une autre le principal banquier de la révolution) et s'en était immédiatement épris. Elle allait partager pendant neuf ans les aléas de son parcours - et se retrouva veuve à 34 ans à peine.
    C'est leur tumultueuse vie commune - puis les années de solitude qui allaient suivre que nous raconte ce roman. Après avoir été passionnément aimée, avoir assisté et participé aux combats de son mari, qu'allait devenir la belle Quingling ? Romancière, mais historienne aussi, Ping Lu nous entraîne dans les amours clandestines qu'elle connut ensuite - forcément clandestines, la veuve de Sun Yat-Sen ne pouvait s'afficher avec personne - et la vie étrange qu'elle a passée pratiquement recluse dans un palais de Pékin. Elle y est morte en 1981. Un voile se lève sur ces presque soixante années.

  • Une autre existence... Et si... Et si ce jour-là vous vous étiez trompé de train. Et si vous n'aviez pas rencontré la personne qui allait changer votre vie. Et si vous aviez choisi une autre profession... C'est avec des "si" que, de façon très originale, Penelope Lively réinvente sa vie, à partir de huit épisodes parfaitement réels, mais qui auraient pu se dérouler tout à fait autrement. Et si, à dix-huit ans, après une joyeuse soirée entre étudiants, elle s'était retrouvée enceinte et rejetée par sa famille. Et si celui qui allait devenir son mari n'avait pas été exempté à la dernière minute de partir faire la guerre en Corée. Au jeu des "si", nous pouvons tous jouer et l'exercice est fascinant; nous inventer d'autres chemins, d'autres rêves, d'autres perspectives; nous créer des vies multiples...

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