Mercure De France

  • Indienne par sa mère, américaine par son père, Karina n'a pas trouvé d'équilibre dans sa double origine. La mort accidentelle du petit frère qu'elle aimait tant, puis le divorce de ses parents qui n'ont pas supporté ce drame, finissent par lui faire perdre pied.
    Entrée à l'université, elle ne s'y sent pas à sa place, son pre mier petit ami la trompe... Bref, elle est prête à tomber dans les fi lets du séduisant et ténébreux Micah.
    On connaît bien les techniques utilisées pour appâter une per sonne fragile et l'intégrer dans une secte sans qu'elle s'en rende compte. C'est ce qui arrive à Karina - et est admirablement décrit ici par Shilpi Somaya Gowda. D'abord le charme, puis l'emprise, puis le doute, l'inquiétude et finalement la peur, mais l'impossibilité de se libérer. Ce que Karina avait cru être une nouvelle « famille » va en fait devenir une terrible prison.

    Après les succès de La fille secrète et d'Un fils en or, on re trouve ici tout le talent de la grande romancière indienne

  • D'un côté, le sable et de l'autre, la neige. C'est avec ces deux couleurs et ces deux éléments que Chantal Thomas nous offre un bouleversant autoportrait, campé entre les plages de son enfance à Arcachon et au Cap ferret et la ville de Kyoto aujourd'hui, sous la neige d'un 31 décembre, ville mélancolique, ville magique. En passant par les semaines à la campagne, avec Louisette, la fille des fermiers, dans la maison d'enfance de son père, Le Petit Palet, près de Saintes.
    Les lieux, les temps et les dates se chevauchent, mêlant la joie, la liberté, la cocasserie et les jeux de l'enfance à la gravité et le mystère d'un père silencieux, mutique, qui mourra très jeune, à quarante-trois ans.
    Les vagues de l'Océan rythment le récit. La Grande Dune, les excursions au Cap Ferret, le bateau, le petit train, les aiguilles de pin, les huîtres, l'ivresse des mots et du vin, l'amitié, les poupées, le ski, les parties de pêche avec le père, les promenades en bateau deviennent ici des « Mythologies ». Le calme d'un côté, la violence de l'autre. Toute une fresque pour dire la beauté des choses et la puissance de leur silence. Dans l'intimité d'une mémoire, écrite dans une langue faite d'élégance et de grâce pour exprimer des sensations les plus fugitives tout en faisant l'éloge du déplacement. De sable et de neige, ou l'art de vivre dans l'instant.
    Les photos d'Allen Weiss en gros-plan couleurs accompagnent délicatement le voyage, ponctué également de photos d'enfance et d'estampes japonaises.
    CHANTAL

  • Candace est une jeune Américaine d'origine chinoise discrète et introvertie. Après des études de photographie, elle vit désormais à Manhattan dans un petit appartement et travaille pour Spectra, une entreprise qui fabrique des livres pour les grands éditeurs, notamment des Bibles. Elle vit comme une New-yorkaise classique en dépensant l'argent qui ne passe pas dans son loyer à s'acheter des vêtements Uniqlo, des crèmes hydratantes Clinique ou à boire des cafés chez Starbucks... Bientôt la fièvre Shen, une épidémie venue de Chine, touche la population mondiale. Cette maladie inconnue oblige les gens à des gestes répétitifs dénués de sens : ils deviennent des zombies répétant inlassablement et à l'infini des gestes quotidiens - mettre la table, essayer des vêtements - jusqu'à mourir d'épuisement... La nostalgie semble un facteur aggravant de la maladie : les enfiévrés sont piégés dans leurs souvenirs. Candace reste seule dans les bureaux désertés de Spectra, voit New York se vider de ses habitants et se figer autour d'elle. Des palmiers se mettent à pousser sur Time Square déserté... Écrit bien avant l'épidémie de corona virus, ce roman visionnaire saisissant de réalisme réinvente le genre post-apocalyptique : Les enfiévrés questionne notre rapport au travail et la solitude de la vie contemporaine.

  • Une mère inconnue qui ressemble à Liz Taylor, un père tendrement aimé qui se prend pour Musset, un amant marié qui joue avec un revolver, un autre qui apparaît le jour de la mort de Beckett, des amies en Allemagne, en Corse, en Angleterre, dont parfois le souvenir a presque disparu, et un Je tantôt féminin, tantôt masculin, vulnérable ou assassin, apparaissent tour à tour, comme on abat des cartes, dans ce nouveau jeu d'Anne Serre placé sous le signe de Lewis Carroll.
    Un autoportrait en trente-trois facettes.

  • Je connais tout de ces situations maintes fois rencontrées en trente ans de métier. Mais je n'ai jamais pu me faire à cette peur qui vous étreint lorsque vous sonnez à la porte d'un patient, que vous entendez dans le fond de son appartement des cris ou des râles ou, pire encore, le silence, et que vous n'avez aucun moyen de voler au secours de celle ou de celui qui a tant besoin de vous. Appeler les enfants, souvent occupés, loin, injoignables, tenter d'alerter un voisin qui a peut-être un double de la clef. En dernier recours : appeler les pompiers...

    Montpellier. Madeleine, Évelyne, Lilas, Léonor et Joseph sont infirmiers dans un cabinet médical. Parmi leurs patients, beaucoup de personnes âgées à qui ils prodiguent des soins, bien sûr, mais apportent surtout un peu de chaleur humaine. Ils se relaient auprès d'eux, créant un périmètre de protection. Parfois, il en faudrait peu pour qu'ils se laissent submerger. S'oublier et se perdre eux-mêmes, et ce serait alors tout un édifice fragile d'aide et d'assistance qui risquerait de vaciller...
    Dans ce roman bouleversant, Michèle Gazier rend un hommage délicat à ces femmes qui sont des passantes des temps modernes, aux avant-postes de la solidarité et de l'altruisme.

  • Sur le ton de la confidence, Françoise Dolto, avec des mots simples et audacieux, ose aborder ce sujet tabou à notre époque: la mort. Comment en parler avec ceux qui vont mourir, avec ceux qui n'ont plus envie de vivre, avec ceux qui ont perdu un être cher ?
    Comment parler de la mort avec les enfants ?

  • 11 mars 2004 : attentats dans les gares de Madrid. Alice, qui vit à Madrid puis 7 mois et qui est restauratrice de tableaux, spécialiste de Zurbarán, fait partie des nombreuses victimes. Elle sort indemne mais choquée de la catastrophe qui fera plus de 200 victimes. Après le drame, Alice n'est plus la même: elle qui aimait tant travailler sur les détails des soieries et raviver la beauté des saintes de l'Allégorie de la charité, trouve désormais son travail dérisoire. Et même la relation amoureuse avec Angel, chef-cuisinier venu de Colombie, est remise en cause. Elle vit les affres de la culpabilité des « survivants ». Bientôt emmurée dans son silence, seule avec sa blessure intime, elle a besoin de rentrer en France. Mais comment faire quand on est incapable de prendre un avion ou un train ? En France, le drame espagnol est déjà loin des mémoires...

  • Dans ces entretiens inédits, réalisés entre 1977 et 1988, Françoise Dolto explique, à partir de situations de la vie de tous les jours, l'importance de parler juste aux enfants de leurs perceptions, parce que « mettre des mots sur ce qu'on éprouve, aussi bien dans la tendresse que dans la haine, c'est cela qui est humain ».
    Sur tous les thèmes qu'elle aborde dans ces textes - l'éducation sexuelle, les relations entre les enfants les grands- parents, les cadeaux, le sens du sacré ou la communication avec un enfant sourd - Françoise Dolto souligne la nécessité de « parler juste aux enfants car ils sentent juste ». Et quand la vérité est douloureuse pour les parents eux-mêmes, « il faut toujours dire quelque chose qui est sur le chemin de la vérité ».

  • Né à Lille, de père guadeloupéen et de mère roumaine, Kassem ne sait où se situer et se voit forcé d'endosser des identités qu'il n'a pas choisies. Il rencontre le Dr Ramzi dont il devient l'assistant et le protégé. Le médecin a une réputation sulfureuse. Kassem soupçonne des pratiques douteuses, voire coupables. Mais Ramzi exerce sur lui une fascination dont il ne peut se défendre. Ce Dr Ramzi est-il vraiment un sauveur ? Kassem saura-t-il s'affranchir de lui ? Énigmes et rebondissements sur un rythme haletant nous entraînent dans l'univers de Maryse Condé, sur les pas de son héros au destin à la fois burlesque et pathétique.

  • Victoire ne savait nommer ses plats et ne semblait pas s'en soucier. Elle était enfermée le plus clair de ses jours dans le temple de sa cuisine, petite case qui s'élevait à l'arrière de la maison, un peu en retrait de la case à eau. Sans parler, tête baissée, absorbée devant son potajé tel l'écrivain devant son ordinateur. Elle ne laissait à personne le soin de hacher un cive ou de presser un citron comme si, en cuisine, aucune tâche n'était humble si on vise à la perfection du plat. Elle goûtait fréquemment, mais, une fois la composition terminée, ne touchait pas.

    Cuisinière au savoir-faire inoubliable, Victoire Élodie Quidal travaille au service d'Anne-Marie et Boniface Walberg, à La Pointe. Sa virtuosité et son excellence sont recherchées par la bonne société guadeloupéenne qui la réclame dans ses cuisines... Victoire, qui n'a pas été épargnée par le destin, connaîtra-t-elle enfin son heure de gloire ? C'est avec une affection toute particulière que Maryse Condé brosse le portrait attachant de cette femme qui fut aussi sa grand-mère.

  • Tu écris comme on crie pour appeler à ton secours, transformer les morts en vivants, retrouver des lieux perdus. Jamais de plan, tes personnages te dictent les mots qu'il faut. Tu écris comme tu jardines, la terre creusée en profondeur comme pour mieux t'ancrer dans le sol français, écris pour liquider un contentieux avec toi-même et ton passé. Tu as rarement recours à l'imagination, ta vie dépasse toute fiction. C'est dans ta nature de perdre les hommes qui t'aiment, dans ta nature d'écrire ce que tu vis, le vécu ne prend sens qu'une fois écrit noir sur blanc ou serré, braise dans ta main, la brûlure confirme que tu es encore en vie.

    Une femme s'interroge : pour quelles raisons n'a-t-elle pas su garder les hommes qui ont partagé sa vie ? La passion d'écrire est-elle incompatible avec l'amour ?
    Vénus Khoury-Ghata parle de toutes les femmes qui vivent dans une grande solitude après une disparition.
    Vénus Khoury-Ghata rend le deuil presque supportable.

  • Un bungalow colonial au mobilier banal, très usé, très pauvre. Autour, la plaine de Kam, dans le Haut-Cambodge. Cinq personnages. La mère s'assied sur un siège bas, les autres se groupent autour d'elle. Ils parlent de la mère. De son passé. De sa vie. De l'amour par elle provoqué. La mère restera immobile, lointaine, comme séparée de sa propre histoire. Tout ce qui pourrait être dit ici l'est directement par ses enfants Joseph et Suzanne, par le Caporal et Mr Jo qui l'ont aimée. La mère - objet du récit - n'aura jamais la parole sur elle-même, ni sur sa vie d'enseignante en Indochine, de pianiste à l'Eden Cinéma au temps du cinéma muet, ni sur son existence ingrate, ardue, d'après l'Eden Cinéma. «Elle était dure, la mère. Terrible. Invivable. Pleine d'amour. Mère de tous. Mère de tout. Criante. Hurlante. Dure...»

  • On était ceux de La Borde. Dans le village de Cour-Cheverny du début des années soixante, la Clinique constituait encore une présence fantastique. La peur des Fous était tangible. Elle nous a sensiblement mis dans le même sac, une bande de drôles de loustics qui laissaient des Fous circuler dans un parc sans barrières et vivaient avec eux. Nous savions que les Pensionnaires étaient des Fous, évidemment ; mais La Borde, avant toute chose, c'était chez nous. Les Pensionnaires, on disait aussi les Malades, n'étaient ni en plus ni en moins dans notre sentiment. Ils étaient là et nous aussi.

    Fondé en 1953, l'établissement de La Borde est célèbre dans le monde de la psychiatrie. Cette clinique hors normes entendait rompre avec l'enfermement traditionnel qu'on destinait aux malades mentaux et les faire particpier à l'organisation matérielle de la vie collective. Ce lieu doit beaucoup à Félix Guattari, psychanalyste et philosophe qui codirigea la clinique jusqu'en 1992.
    Quand on habite enfant à La Borde parce que ses parents y travaillent, l'endroit est surtout perçu un incroyable lieu de liberté : un château, un parc immense, des forêts et des étangs.À travers une série de vignettes et par touches impressionnistes, Emmanuelle Guattari évoque avec tendresse son enfance passée dans ce lieu extraordinaire où les journées se déroulent sous le signe d'une certaine fantaisie.

  • Couvrant près de soixante-dix ans, les Mémoires de la comtesse de Boigne occupent une place à part dans la littérature de souvenirs, ne serait-ce que par la richesse de leur information et la qualité exceptionnelle de leur style. Document irremplaçable sur toute la période qui va des dernières années de l'Ancien Régime à la révolution de 1848, ces Mémoires ont fait de la comtesse de Boigne, depuis leur première publication en 1907, un personnage quasi mythique.
    Elle passe pour le caustique avocat du diable de tous les procès en canonisation de ses contemporains, la plus célèbre de ses victimes étant Chateaubriand. Ces Mémoires sont également l'oeuvre d'une extraordinaire psychologue, impitoyablement lucide, qui démonte les rouages d'une société qu'elle a si bien observée et dénonce sans relâche la bêtise de sa classe sociale. Proust, qui en fut l'un des premiers lecteurs, s'enthousiasma pour les Mémoires de la comtesse de Boigne dont il salua la publication et dont il s'inspira directement pour son oeuvre personnelle.

  • Puis il s'était penché. Je m'étais approchée pour lui offrir ma joue. Mais il s'était penché encore. Et soudain, dans le choc des visages, j'avais senti l'humidité de sa bouche s'échouer au coin de mes lèvres. Je n'avais eu que le temps d'esquisser un mouvement de recul. Il avait refermé la portière, me faisant un signe de la main en me souriant tandis que la voiture démarrait et que je m'effondrais sur le dossier, essuyant mon visage avec dégoût sur la manche de ma veste en jean, le coeur battant, en retenant mes larmes.

    New York, septembre 1997. La jeune Cécile est étudiante. L'un de ses professeurs est un écrivain célèbre : Serge Doubrovsky, pape de l'autofiction. Entre elle et lui s'installe une relation très forte. Les années passant, la jeune femme et l'écrivain se voient, à Paris ou à New York, ils dînent ensemble, apprennent à se connaître toujours plus intimement, échangent sur la littérature et sur la vie. Bientôt, ils n'ont plus de secret l'un pour l'autre, une confiance absolue les lie. Pygmalion ou père de substitution, Doubrovsky n'est pour Cécile ni l'un ni l'autre. Du moins se plaît-elle à le croire et à le lui faire croire.

  • Je ne sais pas quand je me suis dit pour la première fois « mon père est fou », quand j'ai adopté ce mot de folie, ce mot emphatique, vague, inquiétant et légèrement exaltant, qui ne nommait rien, en fait, rien d'autre que mon angoisse, cette terreur infantile, cette panique où je basculais avec lui et que toute ma vie d'adulte s'employait à recouvrir, un appel de lui et tout cela, le jardin, le soir d'été, la mer proche, volait en éclats, me laissant seule avec lui dans ce monde morcelé et muet qui était peut-être le réel même.
    Personne est le portrait, en vingt-six angles et au centre absent, en vingt-six autres et au moi échappé, d'un mélancolique. Lettre après lettre, ce roman-abécédaire recompose la figure d'un disparu qui, de son vivant déjà, était étranger au monde et à lui-même. De « A » comme « Antonin Artaud » à « Z » comme « Zelig » en passant par « B » comme « Bond (James Bond) » ou « S » comme « SDF », défilent les doubles qu'il abritait, les rôles dans lesquels il se projetait. Personne, comme le nom de l'absence, personne comme l'identité d'un homme qui, pour n'avoir jamais fait bloc avec lui-même, a laissé place à tous les autres en lui, personne comme le masque, aussi, persona, que portent les vivants quand ils prêtent voix aux morts et la littérature quand elle prend le visage de la folie.

  • noor se sent aussi sèche que les feuilles flétries qui collent à ses semelles, que son puits déserté par l'eau.
    elle s'alimente le moins possible, ne fait plus de feu pour chasser le froid accumulé sous sa peau, s'attache à ne rien modifier autour d'elle. ils viendront accompagnés d'enfants et de chiens teigneux qui s'en prendront à sa chèvre utile pour le repas traditionnel prévu d'avance. ils mangeront après avoir lancé les sept premières pierres appelées les salvatrices. sept, répète-t-elle en s'aidant de ses doigts.
    sept, comme les jours de la semaine, comme les cailloux qui fixent le toit de la réserve. sept pierres pour fêler sa tête comme une grenade mûrie au soleil de l'été. dans un village aux portes du désert, noor attend son châtiment : coupable d'adultère et condamnée par une fatwa, elle doit être lapidée. sur la place, les pierres sont déjà prêtes. noor n'imagine pas pouvoir se soustraire à la justice et aux traditions ancestrales : elle doit payer pour sa faute.
    c'est compter sans l'intervention de l'étrangère, une française au service d'une mission humanitaire qui, pour la sauver, déploiera des trésors d'énergie et de volonté... formidable conteuse, vénus khoury-ghata brosse les portraits de femmes au destin tragique, déchirées entre le respect de la tradition, l'aspiration à la liberté et le droit à l'amour et au plaisir.

  • Coffret de quatre volumes vendus ensemble.

    Que Françoise Dolto parle d'éducation sexuelle, de l'importance des grands- parents, ou des deuils de l'enfance, ses observations viennent de la vie de tous les jours, elles sont émaillées d'anecdotes, et sa langue est toujours limpide. Ses textes s'adressent à tous les parents.

  • Les billets échangés entre la duchesse Charlotte de Sudermanie et celle qui deviendra sa dame d'honneur, Sophie Fersen, offrent une plongée émouvante dans la vie quotidienne de la cour de Suède.
    La correspondance entre les deux jeunes femmes débute dès leur adolescence, vers 1774, et perdurent jusqu'à la fin du règne de Charlotte de Sudermanie - le dernier billet échangé date de 1806. Amitié indestructible, 1786 marque un tournant dans leur relation. Sophie devient grande gouvernante de la duchesse Charlotte. Les billets, plus concis que les lettres, traduisent le rapport complexe pouvant émerger entre amitié et rapport de pouvoir. On les échange furtivement, on les fait passer sous le manteau, au sortir du lit, au départ d'une promenade, avant de souper ou de se rendre au bal. Les billets permettent d'appréhender le fonctionnement d'une cour à l'époque moderne. Il ne paraît pas inopportun de les comparer au SMS de notre époque : brièveté et instantanéité.


  • au sommet du morne câpresse, dans un véritable jardin d'eden, vit la mystérieuse congrégation des filles de cham.
    dirigée par la soeur pacôme, la communauté recueille des femmes blessées par la vie : meurtrières, droguées, prostituées. soumises à une hiérarchie inflexible, des dizaines d'adeptes oeuvrent pour panser les plaies de ces filles perdues et faire respecter des rites stricts. c'est en désespoir de cause que line, à la recherche de mylène, sa soeur disparue, grimpe sur le morne et s'adresse aux filles de cham : mais ses questions gênantes perturbent le bel ordonnancement.
    derrière les apparences idylliques, ces femmes cacheraient-elles quelques lourds secrets oe.

  • Ce que je veux, c'est arriver au point où je perds tout contrôle, pas dans la violence mais dans une douce acceptation des choses. Je souhaite le renoncement au terme d'un trajet de souffrance qui me révèle mon impuissance. Souffrir pour se rapprocher du moment où il n'y a plus rien à perdre et où toute parole, tout geste, toute odeur, tout souffle du vent, tout scintillement du soleil sur la mer est une grâce du ciel.

  • Tous les jours, andres soriano, perclus d'arthrose, se poste sur le banc de l'abribus de la ligne numéro 15.
    C'est là qu'il rencontre milush, l'adolescente au drôle de prénom. la jeune fille et le vieux monsieur entament la conversation. elle vit seule avec sa mère ; lui nourrit l'espoir quasi obsessionnel de retrouver l'ange noir qui l'a un jour émerveillé par son chant magnifique... malgré la disparité de leurs âges, les lourds secrets de famille, les peurs et les peines, une affinité élective hors du commun va se révéler entre la gamine impertinente et le vieil homme, qui fondera peu à peu une belle complicité et illuminera leurs existences.

  • Le poète fou caché sous sa couverture continue à balbutier des choses. Ses mots refusent de mourir. Le vacarme des trains n'empêche pas le poète de se réciter ses poèmes, de se les déclamer. Il entend des ovations. Il peut mourir en paix maintenant qu'il se sait apprécié. Moins fou, Mandelstam comprendrait que ce qu'il prend pour des ovations ne sont que des réclamations, ses camarades, des déportés comme lui, veulent du pain et pas des mots. Mort, ils continueront à lever son bras pour profiter de sa ration.
    En 1938, le grand poète russe Ossip Mandelstam a 47 ans et se meurt dans un camp de transit près de Vladivostok. Staline, « le montagnard du Kremlin, l'assassin et le mangeur d'hommes », est le responsable de sa déchéance. Du fond de sa cellule, perdu dans son monde peuplé de fantômes, Mandelstam revoit défiler sa vie : quatre décennies de création et de combat, aux côtés de Nadejda, son épouse adorée, et de ses contemporains, Akhmatova, Tsvétaïeva, Pasternak et bien d'autres...
    Grâce à son écriture sensible et à son sens inné de la dramaturgie, Vénus Khoury-Ghata redonne vie à Mandelstam et lui permet d'avoir le dernier mot. Prouvant que la littérature est l'un des moyens les plus sûrs de lutter contre la barbarie.

  • Jean Seberg

    Collectif

    De son Iowa natal au Paris de la Nouvelle Vague, Jean Seberg (1938-1979) a incarné un idéal féminin pour toute une génération. À la fois Américaine et Française, elle connaît son premier triomphe avec le personnage de Jeanne d'Arc qu'elle incarne dans le film d'Otto Preminger (Saint Joan, 1957) - elle a à peine 18 ans. De ce moment-là, son destin est scellé : de Bonjour Tristesse (1958, de Preminger et d'après le roman de Françoise Sagan) à À bout de souffle (1960, de Jean-Luc Godard, avec Jean-Paul Belmondo pour partenaire), elle devient célèbre grâce à sa fraîcheur, sa beauté et sa spontanéité.

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