Librairie Generale Francaise

  • Dans cet essai qui a beaucoup été repris dans la presse, Cynthia Fleury rappelle qu'il n'y a pas de courage politique sans courage moral et montre comment la philosophie permet de fonder une théorie du courage qui articule l'individuel et le collectif. Un texte aussi passionnant à lire pour soi que pour réfléchir aux graves défis auxquels sont confrontées nos démocraties.

  • Contrairement à ce qu'affirment tous les fondamentalismes, la transmission d'un héritage ne doit pas être une réplication à l'identique. Elle dépend d'une infidélité partielle, garante de surgissements inattendus, aujourd'hui comme hier.
    Mariant filiation et rupture, la tradition juive ne se renouvelle qu'en étant bousculée et nourrie par sa rencontre avec d'autres. Delphine Horvilleur illustre brillamment cette vision ouverte de la religion et revisite, loin des interprétations convenues, quelques épisodes fameux de la Genèse. Elle montre aussi sa capacité à repenser les grands problèmes contemporains à partir de la tradition rabbinique.
    Procédant avec clarté et humour, elle aborde successivement trois thèmes : comment, selon le judaïsme, se fabriquent un parent, une identité et un désir, c'est-à-dire la possibilité d'enfanter l'avenir.
      Pétillant d'intelligence. Jean-François Birker, La Croix.

  • Après L'Année de la pensée magique écrit à la mort de son mari, Joan Didion adresse un vibrant hommage à sa fille, Quintana, décédée peu après. On y retrouve, intactes, la puissance et la singularité de son écriture : sèche, précise, lumineuse. Dans un puzzle de réminiscences et de réflexions (la mort, les mystères de l'enfance, la maternité, la vieillesse et la création), l'auteur se bat contre les fantômes de la mélancolie, des doutes et des regrets. Poignante, d'une impitoyable honnêteté envers elle-même, sans céder à la complaisance ni à l'impudeur, Joan Didion incarne la foi dans les forces de l'esprit et de la littérature.

    Ce livre est insoutenable : parce qu'il évite tout pathos, qu'il est dur et juste, terriblement juste. Parce qu'il tente de trouver des signes à ce soudain effondrement du monde, ce qui annonçait, ce qu'elle n'a pas vu. Insoutenable, parce qu'il est beau, vrai et direct. Christine Marcandier, Médiapart.

  • Lorsqu'un moine et une psychanalyste - juive et agnostique - s'interrogent ensemble, non pas sur ce qui guérit mais sur ce qui pourrait " sauver ", que peut-il naître de cette rencontre ? Une parole libre dans laquelle le verbe " croire " se passe de complément, et qui exprime une autre idée du désir, pour la psychanalyse comme pour la religion. Parole tendue, confrontation parfois, au sujet de l'Église et de ce Dieu demandeur de sacrifices que la psychanalyste compare à un ogre mangeur d'âmes.
    Parole heureuse, qui conduit les deux interlocuteurs vers des rendez-vous avec Abraham, le Psalmiste et Jésus, mais aussi avec Mozart, Rimbaud mourant auprès de sa soeur, ou Montaigne au chevet de La Boétie.

  • L'universalisme, cette ambition gravée dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, semble à bout de souffle.
    Aux Nations unies, certains Etats invoquent des "circonstances nationales" pour ne pas appliquer les droits de l'homme, et le "respect des religions" pour limiter la liberté d'expression. Au nom de la "diversité", des politiques cultivent le droit à la différence contre le droit à l'égalité. Au nom de la tolérance, on tolère le fanatisme. Le multiculturalisme est partout en crise depuis le 11 septembre 2001.
    On se déchire pour savoir comment concilier respect des valeurs communes et respect des particularismes. Avec pédagogie, Caroline Fourest explique le "modèle français", le malentendu avec le monde anglo-saxon, tout en poursuivant sa quête intellectuelle : être antiraciste sans tolérer l'intégrisme, refuser à la fois la confusion multiculturaliste et la tentation monoculturaliste.

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