Kime

  • Yvon Quiniou, qui s'interroge depuis longtemps sur la condition désastreuse que le capitalisme impose à l'homme, analyse ici les diverses formes d'aliénation qu'il y subit :
    Politique, sociale, économique, individuelle et historique ; et il insiste sur la difficulté qu'il y a à dépasser certaines d'entre elles, dans un processus pourtant souhaitable, voire impératif moralement, d'émancipation généralisée. Loin d'une emphase politique généreuse mais improductive, il en fait un examen précis, intransigeant mais lucide, à la lumière de Marx mais au-delà de lui parfois, en étant attentif en particulier à l'aliénation individuelle et à ses diverses causes : l'exploitation bien sûr, mais aussi l'idéologie et la biographie individuelle, avec son poids psychologique propre, qui amènent l'homme à vouloir ce qui le mutile. Il récuse également, tout en les prenant en considération, les diverses versions d'une anthropologie pessimiste (Hobbes, Kant pour une part, Freud, Girard et, bien entendu Nietzsche) qui déclare impossible une large émancipation de l'homme lui permettant de réaliser ses potentialités et de maîtriser son aventure historique, au nom d'une nature « mauvaise » qui le condamnerait plus ou moins à un vivre-ensemble inhumain, dominé par l'aliénation. C'est aussi une manière de répondre au pessimisme subtil de Marcel Gauchet ou à la démission intellectuelle d'une certaine gauche et, tout en soulignant les difficultés concrètes de cette tâche, d'en maintenir l'exigence, hors de toute utopie.

  • I - Hannah Arendt dans le monde
    Wolfgang HEUER : " Exercer une influence, moi ? " Hannah Arendt en Allemagne : histoire d'un rapprochement difficile
    Frédérique ARON et Zhang YAN : Arendt en Chine : Etat des lieux : introduction et recherche
    Steven ASCHEIM : Introduction à Hannah Arendt in Jerusalem (1999)
    Yotetsu TONAKI : La réception de Hannah Arendt au Japon
    Vlasta JALUŠIoe : Les éléments de la tradition en question : Hannah Arendt en ex-Yougoslavie et dans les Etats successeurs

    II - Des analyses venues d'ailleurs
    Franco FISTETTI : Hannah Arendt à l'âge de la mondialisation
    Kirstie McCLURE : Encore la question sociale
    Hourya BENTOUHAMI : Le cas de Little Rock. Hannah Arendt et Ralph Ellison sur la question noire
    Lucas MARTIN : Le mensonge organisé pendant la dernière dictature argentine. Penser la société argentine avec H. Arendt
    Julia SMOLA : La politique sans mots : parler et agir en Argentine dans les années 1990

    III - D'une langue à l'autre
    Christian FERRIÉ : Une politique de lecture : Arendt en allemand

  • Don quichotte en jupons retrace le destin romanesque de lectrices du dix-huitième siècle anglais et français qui, héritières du héros de cervantes, annoncent le personnage mythique de flaubert, emma bovary.
    Au dix-huitième siècle, théologiens et moralistes d'abord, médecins et romanciers ensuite, condamnent d'une voix unanime l'effet pernicieux du roman sur le lectorat féminin. cet essai analyse comment, face à la condamnation de la lectrice romanesque et de sa fatale compagne, la femme de lettres, des romancières ont détourné, en france et en angleterre, les stéréotypes associés à la folie littéraire pour prendre la défense de la lecture et de l'écriture au féminin dans des romans qui appartiennent moins à l'anti-roman qu'à l'anti anti-roman.
    Par ses analyses de la récupération poétique et romanesque de trois figures centrales de la folie littéraire au féminin - la lectrice héroïque, la sentimentale et la libertine - don quichotte en jupons souligne l'importante contribution de romancières françaises et anglaises du dix-huitième siècle à l'émergence et al développement du roman en tant que genre auto-critique et métadiscursif. il montre comment, en mettant en scène des héroïnes fantasques dont elles nuancent la folie littéraire, ces romancières ont contribué à légitimer d'une manière ironique e' oblique le roman comme source poétique de raffinement et d'éloquence.

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