Karthala

  • En écriture, je me méfie des idées, surtout lorsqu'elles me paraissent bonnes...
    Publier un texte fait peur... Écrire, c'est la construction d'inconnu, progresser en inventant la forme...
    On ne s'excuse pas de son amour des mots.
    17 textes, 17 auteurs et leur vision de l'écriture... WIP, c'est la première revue de création littéraire qui vous fait entrer dans l'atelier de l'écrivain.
    Retrouvez les textes de : Sonia Ristic, "Des fleurs dans le vent" (extrait de roman) Sayouba Traoré, "Une vie de femme" (extrait de roman) Bofane In Koli Jean, "De la virtualité de l'être" (nouvelle) Ecer Sedef, "Istanbul, corps féminin et champ de bataille" (poésie) Cheb Sun Marc, "L'enfant au ventre creux" (pièce en un acte) Fluet Amandine, "Pater" (vrai-faux documentaire) Simon Chris, "Ceci n'est pas mon enfance" (extrait de roman) Nisse Tom, "Requiem" (poésie) Belfadel Tawfiq, "Ma grand-mère est une île" (micronouvelle) Bailly Sylvie, "La stratégie du grain de sable" (extrait de roman) Allézy Catherine, "Yvon et le grand frisson" (fable) Dimitrova Albena, "La lobbyiste, chemin à six virages" (extrait de roman) Evita Christelle, "Comment ne plus être noire" (tréâtre) Grillo Raphaël, "En scène/Sans-abri/Le tuer" (micronouvelles) Teodorescu Irina, "Ni poète ni animal" (extrait de roman) Pianezza Pamela, "Les corps indociles" (extrait de roman)

  • Pour les Africaines originaires d'un continent riche de langues, la question du langage se situe à plusieurs niveaux. Tout d'abord, comment toucher, en Afrique, les femmes (la majorité) qui n'utilisent pas ou peu une langue européenne ? Comment, dans une perspective féministe, apprendre les unes des autres, discuter, élaborer et échanger des messages sur les questions qui affectent nos vies quotidiennes ? Comment créer les concepts et méthodes dans les langues africaines afin d'analyser et rendre compte du vécu des femmes et de leurs stratégies ? Comment créer des concepts et un langage féministes communs qui transcendent les diversités linguistiques et culturelles, en tant que locutrices du mandingue, du yoruba, du xhosa, du amharique, de l'arabe, du chinois, du français ou de l'anglais (Fatou Sow).
    La coexistence du masculin et du féminin en l'universel est l'incarnation de l'égalité naturelle, une égalité par nature, une égalité en dignité qui récuse que la femme soit perçue comme un bien, comme un moyen (Aminata Diaw).
    On pose trop souvent, en effet, la domination des hommes sur les femmes comme une donnée anthropologique universelle. Il apparaît au contraire qu'il convient d'historiciser cette perspective en prenant en compte la multiplicité des types de patriarcat et les crises que ceux-ci peuvent traverser : les rapports de domination sont faits de tensions, de lutte, de résistance et de compromis. Il faut également la sociologiser en l'inscrivant dans la complexité des rapports de hiérarchie, de soumission, de dépendance et d'exploitation qui lient les groupes humains, et enfin, de ce qui s'est joué et se joue encore entre le Nord et le Sud depuis les entreprises coloniales (Sonia Dayan Herzbrun).
    Comme « gardiennes de la maison », les femmes emploient, à divers niveaux, différentes tactiques et stratégies pour contester les rapports de pouvoir qui existent, pour créer leur propre espace et pour développer leurs intérêts (Parvin Ghorayshi). Il faut que la loi enregistre qu'une femme, ça peut dire « je », mais, précisément, c'est sans doute dans la phrase « un enfant, si je veux, quand je veux » que le « je » d'une femme s'entend de la manière la plus audible qui soit (M. B. Tahon).

  • « Vous allez découvrir un pan noir de ma vie. Ce récit n'a pour but ni de choquer ni de m'exhiber inutilement. J'ai souhaité mettre des mots sur ce mal qui me rongeait. Il fallait que je dépose ce poids à terre afin de m'en détacher, d'analyser et de comprendre ce qui m'était arrivé, pour tourner la page et avancer. Aujourd'hui, cette délivrance est achevée. Cette histoire ne m'appartient plus. Et pourtant, elle est là et sera toujours présente à ceci près que maintenant je suis maître de mon corps. En espérant que ces quelques lignes puissent sauver des petites filles de cette barbarie. » A travers un récit mi-fiction, mi-autobiographique, le lecteur découvrira l'itinéraire d'une jeune femme révoltée, assoiffée d'autonomie et de reconnaissance. Mariama est en effet encore prise dans les filets de traditions comportant leur part de conservatisme et d'obscurantisme.

    Ce livre-témoignage, écrit souvent avec colère, peut se rattacher à la littérature existentialiste dans laquelle l'individu exprime sa quête de liberté. Il est aussi le cri d'une jeune femme moderne dont les origines et l'histoire l'amènent parfois à se voir apatride dans ce monde globalisé, où elle doit se faire sa propre place et se réinventer .

  • Sur le continent africain comme ailleurs, les femmes et les enfants sont souvent les premières victimes des atteintes aux droits de l'homme. L'intérêt et la force de ce livre, réalisé sous l'égide de l'Institut danois des droits de l'homme (IDDH), sont d'en rendre compte en privilégiant une approche locale et concrète. Envisageant les difficultés rencontrées par des personnes vulnérables que les lois et les coutumes ne protègent pas suffisamment, les études rassemblées ici ont également l'avantage de prendre la mesure des évolutions à l'oeuvre en Afrique. Cet ouvrage se distingue aussi par sa diversité. Fruit du travail de onze chercheurs africains - pour l'essentiel des juristes ayant à coeur de privilégier une approche pluridisciplinaire -, il se penche sur les situations vécues dans huit pays : Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Kenya, Niger, Malawi, Ouganda et Togo. À cette diversité géographique, parfois doublée d'une approche comparatiste, s'ajoute une grande variété de thèmes abordés (mariage, divorce, violences faites aux femmes, protection des mineurs délinquants, participation des femmes à la vie politique.) pour tenter de prendre toute la mesure du sujet. Diversité linguistique enfin, dans la mesure où le principe éditorial retenu a consisté à permettre à chaque auteur d'écrire dans sa langue universitaire de prédilection. Les contributions se répartissent ainsi de manière sensiblement égale entre l'anglais et le français.

  • La formation d'ethnologue d'Ina Césaire constitue le fondement de sa création littéraire et dramatique. Native de la Martinique et à l'écoute de la mémoire vivante de son pays, elle a enregistré, traduit et analysé des contes créoles pendant plus de vingt années et a étudié les discours oraux du registre populaire liés aux pratiques ordinaires comme aux grands rituels de la vie et de la mort. Du conte à composantes merveilleuses ou irrationnelles au récit spontané, le passage est ouvert à la théâtralisation. C'est par son travail sur des récits de vie qu'Ina Césaire s'est d'abord initiée à la création dramatique, marquée tant par son humour bienveillant que par son regard critique et constructif. Le présent volume offre un ensemble fort diversifié de pièces allant du bref monologue à la suite de tableaux historiques, du théâtre de rue humoristique au fait divers pathétique, groupées en quatre pôles thématiques. Échos du volcan est axé sur Saint-Pierre de la Martinique et la catastrophe de 1902. Ce premier regroupement comporte quatre pièces sur le thème de la montagne Pelée, volcan dont la masse imposante a créé autant de peurs bien réelles que d'évocations imaginaires. Chroniques insulaires : on trouve ici l'évocation de plusieurs pans de l'histoire caribéenne et de personnages qui l'ont marquée : la rebelle du Sud martiniquais, Rosanie Soleil, le révolutionnaire « mythique » d'Haïti, Toussaint Louverture, les navigateurs, les esclaves et les colons en Martinique au XVIIe siècle. Gens d'ici met en scène la vie trop souvent ignorée de ceux qui font le monde actuel : les gens du peuple qui travaillent, qui luttent, qui souffrent ou qui sont heureux, sans d'autres hauts faits que ceux de la transmission des valeurs et de l'autocritique permanente, élément caractéristique de la culture créole traditionnelle. Zones d'ombre veut lever une partie du voile qui masque les non-dits de la société martiniquaise en évoquant certaines des déviances contraignantes ou douloureuses qui, souvent d'origine historique, pèsent encore sur le pays : désagrégation du consensus social, heurts familiaux, violences, incommunicabilité et solitudes modernes.

  • Les migrations causées par les traites arabe, malgache, africaine et européenne ont constitué un apport de peuplement important dans l'océan Indien et l'Atlantique, du IXe au XIXe siècle. Plus de soixante-dix pour cent de la population réunionnaise a une ascendance malgache et africaine, majoritairement issue des migrations de la traite. Cette dernière a contribué aux dynamiques majeures des structures politiques et économiques des sociétés de l'océan Indien.
    Christiane Rafidinarivo montre que traite et esclavage, juridiquement abolis depuis le XIXe siècle, sont toujours à l'oeuvre dans les sociétés de l'océan Indien où ils restructurent et retravaillent institutions, mémoires et savoirs. Certes, il s'agit le plus souvent d'un imaginaire social recomposé, mais dont les effets sont réels dans la plupart des rapports sociaux et relations interpersonnelles, les rapports marchands, le champ des représentations politiques et jusque dans l'occupation de l'espace.

  • Roman d'homme ou de femme ? Telle est de nos jours l'une des premières questions que se pose le lecteur d'une oeuvre de fiction. La réponse qu'il y donne modèlera son regard sur le texte. Les différences gestuelles et orales jouent un rôle dans la spécification des rapports interpersonnels. Comment peut-on repérer et interpréter ces différences dans les textes littéraires ? Quelle place faut-il accorder aux débats sur la domination du masculin, à l'hypothèse d'une crise des identités de genre ?
    Curieusement, dans les textes littéraires, l'étude sémiologique des gestes et de la parole a, jusqu'à présent, fait l'impasse sur la sociologie du genre. Le présent ouvrage vient à point pour analyser le rapport masculin/féminin à partir d'une représentation du corps et de ses activités : "Des hommes et des femmes se côtoient dans l'espace textuel : chacun se comporte dans cette situation spécifique en fonction de son sexe et de son ethnie. Toute cette étude autour de la corporéité (oralité et gestualité) se décline à partir de ce concept."

  • L'Asie du Sud est la seule région du monde où des femmes accèdent régulièrement aux plus hautes fonctions de l'Etat depuis les années 1950. Mais quelle est la place des femmes, en tant qu'acteur collectif, dans la vie politique du monde indien ? Ce livre mène l'enquête en Inde et au Népal, autour d'une d'ouble question : qui représente les femmes, et que représentent les femmes sur la scène politique de ces pays ?

  • Des femmes écrivent l'afrique est un projet de reconstruction culturelle qui se propose de donner à entendre de par le monde des voix de femmes africaines, pour la plupart méconnues.
    Depuis son lancement, ce projet a d'ores et déjà abouti à la publication, par la feminist press de new york, de trois anthologies régionales en anglais. les editions karthala publient à leur tour les volumes de la collection en traduction française, à paris. ce second volume à paraître en français est destiné à transformer radicalement nos perceptions de l'histoire et de la culture de l'afrique australe.
    Il comporte des textes d'afrique du sud, du botswana, du lesotho, de namibie, du swaziland et du zimbabwe, et couvre une période allant de 1842 jusqu'à nos jours. plus de vingt langues africaines et européennes, y sont représentées. des femmes des villes et des campagnes, des femmes indigènes et des femmes colons, s'y expriment tour à tour, en tant qu'actrices des conflits historiques de leur temps et en tant que créatrices de sens culturel.
    Qu'ils nous parlent du travail ou de la vie familiale, de l'expérience de la cruauté du colonialisme et de la guerre ou encore des combats pour les droits civils, ces chants, ces poèmes, ces lettres, ces mémoires de guerre et ces journaux de prison, ainsi que les récents témoignages auprès de la commission vérité et réconciliation, nous montrent des femmes " écrivant " une afrique qui n'avait, jusque-là, pas été reconnue : ils nous apportent un témoignage vivant et vital.
    Le premier volume, consacré à l' afrique de l'ouest et au sahel, parut aux editions karthala, à paris, en 2007. le troisième volume, consacré à l' afrique de l'est, paraîtra en 2009. un quatrième volume, consacré à l' afrique du nord, complétera la série.

  • C'est en hommage à Andrée Chedid et en partant de son cheminement esthétique que la réflexion entre deux frontières et entre deux genres a été échafaudée dans l'intitulé du présent recueil de textes interdisciplinaires. Mais comment entendre le mot genre ? Le sens donné ici à ce mot est double:
    Celui de "genre littéraire" mais aussi celui qui désigne aujourd'hui la différence des sexes dont Simone de Beauvoir a eu le mérite d'établir le caractère social et culturel par opposion à la naturalité qui lui avait été séculairement attribuée.

  • Entrer dans l'oeuvre d'Edouard Glissant, c'est découvir un langage hybride, déconcertant, une poétique où se mêlent écrit et oral, flamboyance et mots rêches, humour et mélancolie. Comment forger, à partir de la plus grande confusion des points de vue, des voix, des valeurs, des styles, un langage apte à "répondre à la situation", à démasquer le "délire verbal" et à transformer la réalité par de nouveaux symboles ? Il y faudra un "déparler" fait de multiples éclats de paroles, d'histoires "raboutées" et de détours dans le "tout-monde".

  • Des femmes écrivent l'Afrique est un projet de reconstruction culturelle qui a pour objectif de donner à entendre, de par le monde, des voix jusque là méconnues de femmes d'Afrique qui se sont élevées au cours des siècles.
    Par la publication d'une série d'anthologies régionales, ce projet s'attache à rendre compte de diverses formes d'expression " littéraire " propres aux femmes d'Afrique. Chaque volume met en lumière une variété de textes représentatifs qui, oraux ou scripturaux à leur origine, présentent une valeur à la fois historique et littéraire. Ce premier volume de la série à paraître en français propose en lecture 132 textes issus de l'Afrique de l'Ouest et du Sahel - des récits, des contes, des chants, des panégyriques, des lettres, des extraits de mémoires, des documents d'archives, des interviews, des poèmes, des extraits de romans et de pièces de théâtre.
    L'anthologie comprend des textes de l'époque des grands empires africains du Soudan occidental, de la période coloniale, de l'ère des indépendances et enfin de l'époque contemporaine. Vingt langues africaines et douze pays sont représentés : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée-Conakry, le Liberia, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Sénégal et la Sierra Leone. Chaque texte est précédé d'une note introductive, le replaçant dans son contexte socioculturel et historique.
    Quant à l'introduction au volume, elle tente de donner un aperçu général sur l'histoire culturelle et littéraire de l'Afrique de l'Ouest et du Sahel, en accordant une attention particulière aux riches traditions orales des femmes de la région. Dès sa publication, en anglais, par la Feminist Press at the University of New York (2005), le volume sur l'Afrique de l'Ouest et le Sahel a aussitôt été acclamé : " Un seul volume ne saurait combler le vide, mais c'est là un commencement.
    Les éditrices ont ouvert un espace d'expression aux voix des femmes africaines. Nous percevons l'urgence, la puissance et la modernité de certaines d'entre elles ; d'autres nous paraissent plus lointaines, comme affaiblies déjà, car emportées par le vent qui efface les langues et anéantit les cultures.

  • L'ouvrage de Fatou Binetou Dial met en évidence des transformations profondes dans les comportements matrimoniaux à Dakar, la capitale du Sénégal. Dans les années 1950, l'âge au mariage des jeunes femmes y était parmi les plus précoces du continent africain. Mais il est devenu, aujourd'hui, l'un des plus tardifs de la sous-région. La mariée - une très jeune fille - passait de la tutelle du père à celle de son époux. Elle est maintenant une jeune femme scolarisée et qui a connu un début de vie sentimentale. Les relations entre les conjoints en sont modifiées. Ce livre propose un éclairage novateur sur le devenir des couples. Il examine en détail le mariage et le divorce, en particulier la répudiation. Il étudie les causes de rupture des unions, mais également la manière dont les couples se disloquent. Il analyse ensuite les " stratégies " des femmes pendant le divorce. Il fait aussi le point sur les types et le rythme de remariage des femmes, tout en s'intéressant à leurs activités entre deux unions. Par la diversité des angles et des outils d'analyse retenus pour reconstituer les itinéraires des femmes, cet ouvrage permet de comprendre la fréquence du divorce dans une société où règne, pourtant, une forte valorisation du mariage. Grâce à l'analyse qu'elle fait des récits de vie des femmes interrogées, Fatou Binetou Dial livre, avec beaucoup de talent et dans un style serein, l'envers du décor des unions à Dakar. Elle trace ainsi un portrait détaillé et coloré de la société dakaroise. Une société où, dans bien des domaines, la règle est de sauver les apparences. Cet ouvrage prend tout son intérêt dans un contexte marqué par des mutations importantes des dynamiques matrimoniales. Il constitue donc un outil indispensable à la compréhension du Sénégal contemporain.

  • Les écrivains francophones ont en commun de se situer « à la croisée des langues », dans un contexte de relations conflictuelles - ou tout au moins concurrentielles - entre le français et d'autres langues de proximité. Ce qui engendre chez eux une sensibilité plus grande à la problématique des langues, soit une surconscience linguistique qui fait de la langue un lieu de réflexion privilégié, un espace de fiction voire de friction. Si cette surconscience linguistique se traduit dans plusieurs récits par une interrogation sur la fonction du langage, une autre forme d'autoréflexivité traverse également l'ensemble de la production romanesque. Il s'agit alors de représenter, à travers un personnage d'écrivain, le « pourquoi écrire » et d'inscrire dans la texture même du récit la problématique de l'écriture.

    Ces « romanciers fictifs », doubles plus ou moins avoués de leurs auteurs, jalonnent les récits à la manière d'une figure récurrente dont les modalités renvoient à autant de variations autour du personnage de l'écrivain et de l'image publique qui lui est attachée. Quels sont leurs attributs et quelles fonctions leurs sont dévolues ? Quelles représentations de l'écriture sont ainsi projetées ? « Un roman pour moi, [confie Chamoiseau] c'est quelque chose qui se situe dans ma confrontation avec la grande question qui vaille, la seule question qui vaille : Qu'est-ce que la littérature ? ».

    Cette question fondamentale, chacun des romanciers francophones contemporains que nous présentons dans cet ouvrage l'a réfléchie selon des modalités qui lui sont propres. Un entretien inédit de Patrick Chamoiseau clôt cet ouvrage.

  • C'est au cours d'une fête à l'université, dans une Tchécoslovaquie alors sous régime communiste, qu'Hélène Krulich, surnommée ici Léna, fait la connaissance d'Abdol Rahman Ghassemlou. À son léger accent, elle le croit slovaque. Il est kurde, musulman, mais se revendique non-croyant. Pour pouvoir l'épouser à l'ambassade d'Iran à Prague, Léna se convertit à l'islam. En convolant, elle épouse avec lui la cause kurde : son mari deviendra en effet, au fil des ans, secrétaire général du Parti démocratique du Kurdistan d'Iran (PDKI) et le chef le plus respecté parmi les différents mouvements kurdes de son pays, et d'ailleurs.

    Léna et Abdol Rahman partent s'installer à Téhéran. Ce qu'il y a d'exceptionnel chez Léna, c'est l'amour qu'elle portera désormais au Kurdistan, dont les paysages l'envahissent et ne la quitteront plus, et aux Kurdes qu'elle apprend progressivement à connaître et à aimer. Cette Occidentale deviendra kurde dans l'âme, sans se départir de la forte conscience qu'elle a de l'égalité nécessaire entre les hommes et les femmes.

    Un jour, Léna s'est retrouvée seule avec ses filles. A. R. Ghassemlou, lui, a payé de sa vie son combat. À Vienne, en juillet 1989, il est abattu lors d'un guet-apens tendu par des émissaires du successeur de l'Ayatollah Khomeiny, avec lesquels il était censé entreprendre des pourparlers de paix. Léna se demande encore comment cet homme, si vif et si fin, a pu faire confiance aux promesses des dirigeants iraniens dont il connaissait pourtant la duplicité. Une trajectoire politique que restitue Marc Kravetz dans la postface de cet ouvrage.

  • Une femme. Un ordinateur. Beyrouth en guerre.
    Seule dans un immeuble qui s'est vidé de ses habitants, la narratrice pour ne pas avoir peur dans une ville assiégée, écrit le rêve d'un livre en jouant avec les mots. Elle continue à vivre au milieu du conflit avec ses souvenirs tout en ne renonçant pas à exister dans un présent dangereux. Fatalisme et volonté de ne pas abdiquer devant la peur se mêlent d'une manière subtile.
    La charge émotionnelle portée par le récit montre combien la guerre dans un mouvement paradoxal et tragique a réconcilié la narratrice avec elle-même.
    L'essence même du récit ce sont les femmes et le Liban, les femmes dans le Liban. Elles sont la vie, la donnent, aiment et sans elles on a le sentiment qu'il n'y aurait plus de LMiban. C'est avec ce récit que la tendresse prend le pas sur la violence.

  • Les immigrés sont arrivés d'Algérie avec un objectif ; se constituer une épargne et assurer le retour.
    Mais le cours de l'histoire en a souvent décidé autrement. Après la guerre d'indépendance, lorsque les hommes ont fait suivre leurs femmes, une évolution sociale s'est amorcée. Les femmes sont devenues des femmes de transition, des femmes modernes. Laura Mouzaïa consacre son ouvrage à l'étude de trois générations de femmes kabyles, qui s'échelonnent sur l'ensemble du XXe siècle. Pour comprendre leur itinéraire à travers l'émigration, elle commence par nous rappeler les caractéristiques de la société kabyle traditionnelle, avec la place prépondérante des hommes et l'ensemble des règles et coutumes qui fixaient les femmes au foyer.
    Au contact de la société française, à travers l'école et la vie professionnelle, les femmes ont acquis progressivement leur émancipation, et ce, même si les défaillances de la République ou les blocages de la société civile n'ont pas toujours facilité les choses. Aujourd'hui elles font partie de la France plurielle. Les récits et les témoignages nombreux qu'en donne ce livre le rappellent avec force.

  • Des femmes et de l'écriture analyse les écrits des femmes francophones du bassin méditerranéen qui ont pris la plume durant les toutes dernières années, interrogeant leur spécificité.
    Dans le contexte socio-culturel actuel et sous l'influence des mouvements de libération des femmes, c'est de la rive du Nord que va émerger un mouvement des femmes du Sud qui réclame une affirmation de soi. " La femme cesse d'être Pénélope qui attend en silence le retour d'Ulysse. Elle s'affirme en disant je et en racontant son propre vécu, que ce soit dans son propre pays ou dans e pays d'accueil. " Le pouvoir de l'écriture qui soulève le problème du rapport des sexes sera une compensation à un pouvoir politique féminin souvent absent sur les deux rives de la Méditerranée, en particulier sur la rive Sud.
    Des littéraires, linguistes, philosophes, psychologues, sociologues, anthropologues, juristes, et journalistes ont examiné et analysé dans des approches pluridisciplinaires l'écriture des femmes du bassin méditerranéen donnant aux lecteurs et lectrices qui s'interrogent sur le sujet des outils de réflexion qui leur permettront d'alimenter leur propre travail.

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