Joelle Losfeld

  • John Smythe est venu s'installer avec ses enfants, Cathy et Daniel, dans la région d'origine de leur mère, le Yorkshire rural. Ils y mènent une vie ascétique mais profondément ancrée dans la matérialité poétique de la nature, dans une petite maison construite de leurs mains entre la lisière de la forêt et les rails du train Londres-Édimbourg. Dans les paysages tour à tour désolés et enchanteurs du Yorkshire, terre gothique par excellence des soeurs Brontë et des poèmes de Ted Hughes, ils vivent en marge des lois en chassant pour se nourrir et en recevant les leçons d'une voisine pour toute éducation.
    Menacé d'expulsion par Mr Price, un gros propriétaire terrien de la région qui essaye de le faire chanter pour qu'il passe à son service, John organise une résistance populaire. Il fédère peu à peu autour de lui les travailleurs journaliers et peu qualifiés qui sont au service de Price et de ses pairs. L'assassinat du fils de Mr Price déclenche alors un crescendo de violence ; les soupçons se portent immédiatement sur John qui en subit les conséquences sous les yeux de ses propres enfants...
    Ce conte sinistre et délicat culmine en une scène finale d'une intense brutalité qui contraste avec la beauté et le lyrisme discret de la prose de l'ensemble du roman.

  • Bien que se déroulant dans une ville anonyme, Milkman s'inspire de la période des Troubles dans les années soixante-dix, qui ensanglanta la province britannique durant trente années. Dans ce roman écrit à la première personne, une jeune fille, non nommée excepté par le qualificatif de « soeur du milieu » - grande lectrice qui lit en marchant, ce qui attise la méfiance -, fait tout ce qu'elle peut pour empêcher sa mère de découvrir celui qui est son « peut-être-petit-ami » ainsi que pour cacher à tous qu'elle a croisé le chemin de Milkman qui la poursuit de ses assiduités. Mais quand son beau-frère se rend compte avant tout le monde de tous les efforts qu'elle fait et que la rumeur se met à enfler, soeur du milieu devient « intéressante ». C'est bien la dernière chose qu'elle ait jamais désirée. Devenir intéressante c'est attirer les regards, et cela peut être dangereux. Car Milkman est un récit fait de commérages, d'indiscrétions et de cancans, de silence, du refus d'entendre, et du harcèlement.

  • Avec Solitude ma mère, les Editions Joëlle Losfeld commencent la réédition des oeuvres de Taos Amrouche dans la collection Arcanes. "Taos Amrouche avait une présence rayonnante, excessive comme une tragédienne antique, rires et larmes mêlés : seule sur scène, chantant a capella, elle soumettait en un instant son public à la présence charnelle de sa voix qui remplissait tout l'espace - elle a elle-même, en toute clarté, comparé l'acte de chanter à l'acte sexuel. Elle y joignait une exigence spirituelle toujours insatisfaite. Un goût pour les choses lumineuses, fleurs, fruits, une aspiration à une plénitude qui serait fusion de la chair et de l'âme. [...] Mais, plus que tout, lui importaient ses romans pour elle, seuls ceux-ci livraient, mis en mots, tout ce qu'elle sentait vivre en elle de lumineux et de tragique. " François Maspero

  • Gammes

    Annie Saumont

    Grand'Ma raconte la Genèse à son petit-fils avec patience et malice. Un jeune collégien, suite à la séparation de ses parents, est envoyé par sa mère dans une triste colonie de vacances. En bon fils de militaire il revit, pour apprivoiser l'angoisse, une très ancienne bataille. Enfin Charles, Julien et Claire, depuis toujours unis par un profond amour, évoquent ici leurs souvenirs communs.
    Annie Saumont rappelle comment certains faits de l'enfance façonnent le cours de l'existence, comment tout se joue, alors même que nous n'en avons pas conscience, en ces petits événements qui semblent anodins et marquent notre vie.

  • Le monde de Janet Frame ne fut pas que poésie et littérature.
    Née en 1924, elle connaît très tôt l'asile psychiatrique où on lui administre, en huit ans, quelque deux cents électrochocs. L'écriture la sauve de justesse de la lobotomie. Quinze romans, quatre volumes de nouvelles et un recueil de poèmes font d'elle, après Katherine Mansfield, la romancière néo-zélandaise la plus célèbre. Elle est décédée en Nouvelle-Zélande en 2004. Un été à Willowglen constitue le deuxième volet de l'autobiographie Un ange à ma table.

  • Le monde de Janet Frame ne fut pas que poésie et littérature.
    Née en 1924, elle connaît très tôt l'asile psychiatrique où on lui administre, en huit ans, quelque deux cents électrochocs. L'écriture la sauve de justesse de la lobotomie. Quinze romans, quatre volumes de nouvelles et un recueil de poèmes font d'elle, après Katherine Mansfield, la romancière néo-zélandaise la plus célèbre. Elle est décédée en Nouvelle-Zélande en 2004. Le messager constitue le troisième et dernier volet de l'autobiographie Un ange à ma table.

  • C'est une enfant délaissée par une mère indifférente et un père alcoolique que Paula Fox décrit dans le récit des vingt étranges et douloureuses premières années de sa vie. Alors même qu'ils confient à d'autres l'éducation de leur fille, notamment à un pasteur affable et cultivé qui lui transmettra l'amour de la littérature et à sa grand-mère qui l'emmènera vivre à Cuba, les parents de Paula Fox ne cesseront d'aller et venir dans sa vie. Ce sont eux les véritables enfants de cette histoire, des enfants terribles, beaux, fous, intelligents, autodestructeurs et incapables de s'occuper de leur fille, dont les différents voyages à travers le continent, de Cuba à Montréal en passant par Hollywood, rythment une existence qui lui paraît incohérente. La constante, le lien qu'elle y trouvera, sera ces « parures d'emprunt », vêtements toujours prêtés par des inconnus au grand coeur qui l'aideront à grandir dans le chaos. Sans jamais s'apitoyer, dans un style élégant et précis, Paula Fox revient dans ses Mémoires sur des années difficiles, en portant toujours un regard à la fois acéré et tendre sur la condition humaine.

  • Le Triomphe de la nuit (vol.
    1) et Grain de grenade (vol. 2) forment l'intégrale des histoires de fantômes d'Edith Wharton. On peut ne pas croire aux fantômes et néanmoins en avoir peur. C'est là tout le paradoxe et la survie des fantômes ne tient qu'à l'imagination de ceux qui les évoquent. Les meilleures histoires de fantômes font d'abord frissonner ceux qui les écrivent. Les nouvelles d'Edith Wharton sont de celles-là. L'auteur dédie ces deux volumes à Walter De La Mare et les place sous la haute protection de Henry James, Stevenson et Sheridan Le Fanu.

  • « Annie Gianfala, dix-sept ans, abandonnée par son père, est seule et fauchée. Elle avance vers l'Ouest, comme l'Amérique le fit un jour, mais son voyage se déroule dans les années qui précèdent la Seconde Guerre mondiale. Elle dérive, portée par les courants de la Dépression, l'enthousiasme des communistes pour le Parti et l'URSS, puis le dégoût que beaucoup ressentent ensuite. Parmi ceux qu'elle rencontre, et qui font son éducation, sur le plan intellectuel aussi bien que physique, il y a des idiots, des paumés, des intellectuels blasés, des amants en tout genre, aussi bien que des cadres du Parti, des Noirs, des homosexuels, et toutes sortes d'écrivains ratés ou en train de le devenir. Annie est à la fois une enfant perdue et une femme douée de pouvoir. Ce roman, qui explore si magnifiquement les sens, les transcende en même temps. »
    Frederick Busch.

  • Le Triomphe de la nuit (volume 1) et Grain de grenade (volume 2) forment l'intégrale des histoires de fantômes d'Edith Wharton.
    Introspectifs, subtils, à la fois fiévreux et glaçants, les textes fantastiques d'Edith Wharton ne cèdent rien à ceux de Henry James ou de Walter De La Mare et le souffle du Tour d'écrou est tout entier dans ces textes superbement écrits, infiniment insidieux.

  • " sylvia townsend warner s'attache à décrire les souveraines de ces royaumes qui pratiquent le contraire de la loi salique.
    Il y a la reine aigle, qui considère la vie comme une occasion de réaliser l'impossible et passe son temps à inventer des défis à la moitié masculine de la population : trouver des bagues sur la plus haute branche, dénicher des gentianes blanches au plus profond de la forêt. il y a la reine pehlevi, qui volète comme une phalène, et sait transformer les gestes les plus anodins en poésie, la reine coventina iv, aux mains trop rouges, et toutes les autres.
    Le charme de ces histoires tient à leur drôlerie, à leur méchanceté, à l'imagination délirante de leur auteur. le pouvoir, les règles de la séduction, la jalousie, la cruauté, les règles implacables de la vie sociale, rien n'échappe au pinceau de martre de sylvia townsend warner. extrait de la préface de geneviève brisac.

  • Quatrième de couverture Issu d'une famille américaine modèle où les apparences, les illusions et la propreté règnent en maître, Talbot Edelman est obnubilé par l'agonie et la mort. Mais l'ordre de sa vie - une belle fiancée blonde et une chienne borgne - bascule lorsqu'il rencontre dans les rues de New York un vieux poète, Turnlung, venu d'un pays lointain. Confronté à une disparition qu'il devine imminente, Turnlung éprouve le besoin irrépressible de fonder une famille. C'est dans un enclos de Central Park Zoo qu'il trouvera une fille adoptive insolite : le petit d'une femelle bison... Janet Frame évoque longuement le pouvoir magique du langage et des mots, et met en scène deux hommes qu'un amour profond, ambigu et charnel lie l'un à l'autre.

  • "J'écris comme j'aime... " disait Isabelle Eberhardt (Genève, 1877 -Aïn Sefra, 1904) et, plus de cent ans après sa mort, ceux qui lisent les récits de son errance saharienne ressentent encore l'émotion qui accompagnait sa quête d'absolu. Charme particulier, ravissement du lecteur qui trouve sa source dans cette exigence d'une écriture du coeur pour dépeindre Ies personnages et les paysages de sa vie nomade, brutalement interrompue dans la crue d'un oued, à l'âge de vingt-sept ans. Première Européenne à vivre le soufisme au Maghreb et à en témoigner dans ses écrits, ce n'est pas la moindre des singularités de cette étrange jeune femme. Depuis un siècle, son oeuvre n'a cessé d'être redécouverte et republiée. Récits de vies, ses nouvelles ou ses notes de route permettent d'imaginer ce que fut le périple bref et intense qui l'amena très vite à rejoindre les zaouïas du Sud. Isabelle Eberhardt répond dans ses écrits, à sa manière libre et fervente, aux interrogations de notre temps. À travers Le voyage soufi d'Isabelle Eberhardt, Marie-Odile Delacour et Jean-René Huleu invitent le lecteur à suivre le tracé de son chemin spirituel au fil de son écriture.

  • Aurora Floyd est la fille d'un richissime banquier. Une violente dispute oppose le père à la fille lorsque celle-ci revient d'une longue promenade à cheval avec son palefrenier. Aurora est envoyée à Paris dans un pensionnat pour faire ses études. On la retrouve un an plus tard, à nouveau chez son père. Réconciliée mais distante, marquée à jamais par un drame qui éloignera d'elle l'homme qu'elle aime...
    Comme dans tous les romans à suspense de M.E. Braddon, le lecteur pressent ce qui est à l'origine du drame mystérieux sans que cela soit explicite, et il est entraîné malgré lui, et sans pouvoir s'arrêter, dans un maelström excitant qui le pousse à connaître le déroulement et la fin de l'énigme.
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  • Grace Cleave, une écrivaine néo-zélandaise "expatriée" à Londres, est en vacances dans le nord de l'Angleterre. Son hôte lui demande pourquoi elle a abandonné sa terre natale: "Vous ne voudrez jamais y retourner? - J'ai été officiellement déclarée folle en Nouvelle-Zélande. Y retourner? On m'y a conseillé pour mon salut de vendre des chapeaux." Janet Frame explore les thèmes du voyage, du retour, du mat du pays et de l'appartenance. Ecrit en 1963, Vers l'autre été est un texte d'une justesse exquise, précurseur et annonciateur de son autobiographie. Malgré la pression, Janet Frame n'a jamais consenti à faire paraître ce roman de son vivant, le trouvant trop "embarrassant personnellement", mais a toujours manifesté le désir d'une publication posthume.

  • Au dernier jour de la saison de pêche, le père declan s'acharne à ramener un saumon.
    Tandis qu'il déploie toute sa science pour en venir à bout, lui revient en mémoire le récit d'enda, sa paroissienne : la mort d'une mère, la brutalité et l'alcoolisme d'un père et, surtout, sa relation avec kevin, son mari et compagnon de toujours.
    Le prêtre joue avec sa ligne comme il ruse avec lui-même pour tenter de comprendre le trouble que les révélations d'enda ont éveillé en lui.

  • Mariés depuis dix ans, Julia et Brian traversent une crise conjugale en demi-teinte. Julia s'interroge avec causticité sur la personnalité de l'homme qu'elle a épousé. Pourquoi lui semble-t-il si souvent impassible devant certains événements de la vie quotidienne ? Leur fils Sam, sept ans, est un enfant sensible et enclin à la rêverie qui voit dans la lune un petit garçon qui pleure. Lors d'un week-end, ils quittent Londres pour rendre visite au père de Brian en Irlande. Un drame affreux survient, qui se soldera par l'échec de leur union. Julia pourtant décide d'aller vivre chez son beau-père, un homme tyrannique. En lisant des carnets dérobés, rédigés par la mère de Brian depuis décédée, elle ressuscite le secret qui étouffe les membres de la famille.
    Dans ce roman troublant et inoubliable de sensibilité et d'amour, construit comme un suspense, Kate O'Riordan s'impose à nouveau dans une magistrale fresque sur l'ambiguïté des sentiments et la fragilité de la nature humaine.

  • Dans ces dix récits brefs, qui en réalité ne font qu'un conte unique, un personnage principal se transforme en de multiples personnages. Tous ces «doubles» oscillent entre la grandeur et la misère, la mesquinerie et la générosité.
    L'originalité stylistique et narrative se manifeste dès le premier récit, qui donne son titre à l'ouvrage, La fille de Kafka où, après un échange fictif de lettres entre le père et la fille, l'auteur mêle habilement réalité et fiction.

  • Lady Lisle abandonne celui qu'elle aime pour un homme plus riche.
    À la mort de son mari, elle retrouve son ancien amant... Ainsi commence ce " thriller " où les liens qui se tissent entre les personnages semblent inextricables : les passions, les trahisons, les crimes, les usurpations d'identité conduisent le lecteur de rebondissement en rebondissement.

  • Moribondes

    Pascale Gautier

    Les sept jeunes femmes présentes dans ce recueil de nouvelles ont une certaine douceur angélique à laquelle viennent s'ajouter quelques envies suicidaires. Tout les ennuie. Alors elles prennent le train, regardent pousser les fleurs, peignent les chevaux en rose, tuent les moustiques, se jettent par la fenêtre, conduisent à 200 à l'heure, se noient, disparaissent tranquillement. Sans révolte, ni cri, les héroïnes de ces histoires posent un regard froid, inquiétant, sur un univers dans lequel jusque-là elles ont évolué et qui, peu à peu, a détruit en elles tout désir de persister vers un futur qu'elles pressentent aussi gris.
    La mort ainsi démystifiée procure un intense plaisir de lecture. Comment est-ce possible ? C'est tout le talent de Pascale Gautier qui tire avec une habileté déconcertante les fils de ces suicides portés à la boutonnière.

  • " Qui était-il, mon père ? Un nostalgique de la valse, des parquets encaustiqués, rêvant au début d'un siècle déjà passé, au monde disparu de l'empire austro-hongrois.
    " Dans ce premier texte, Virginie Reisz se souvient de son père. Elle se rappelle les moments intimes et exceptionnels - les promenades, la lecture de la Bible - que jamais elle n'oubliera. Au fil de ses souvenirs, elle retrace l'histoire de celui qui a toujours joué un rôle essentiel dans sa vie, un père à la fois présent et absent. Cette rencontre avec le passé lui permet de comprendre cet homme : le déracinement dû à la guerre, la croyance qui l'aidait à faire face aux bouleversements.
    À travers ce témoignage d'amour, l'auteur découvre son histoire, ses racines juives et s'efforce de trouver sa place.

  • Autour du domaine de Boringe - ses forêts, son lac, ses habitants -, Pascale Gautier compose une oeuvre envoûtante où l'écriture poétique mêle rêves et réalités. Voici donc l'histoire d'une femme sous l'emprise d'un lieu tutélaire et magique ; l'histoire d'un amour d'autant plus irrésistible qu'il est interdit ; l'histoire, encore, de personnages marqués à jamais par l'enfance et portés par le souffle d'un indomptable destin.

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