Ixe

  • Consentement.

    En droit, ce mot utilisé pour valider un mariage, un contrat, une opération médicale, sert aussi à juger la qualité des relations intimes : le défaut de consentement est ce qui permet de distinguer un rapport sexuel d'un viol, une caresse d'une agression, les « avances » du harcèlement. Or cette approche renforce l'asymétrie des rapports hommes-femmes en reconnaissant aux premiers un rôle actif de proposition, de demande, voire d'exigence, et aux secondes la seule possibilité de « consentir » ou non. Elle n'interroge qu'à la marge la coercition portée par l'hétéro-normalité, sans voir que l'intériorisation de la domination peut paradoxalement s'exprimer par un « consentement » à la violence.

  • Passions polygraphes

    Katy Barasc

    Très académiquement ordonnée en deux genres, masculin/neutre et féminin, la langue française se laisse désormais gagner par un tumulte graphique dont ces Passions polygraphes se font l'écho. Katy Barasc, en philosophe, cherche le signe qui viendrait inscrire dans la langue ce qui ne peut s'y prononcer. Entre passions tristes des vigiles du binarisme et passions joyeuses des iconoclastes, ce qui bruisse dans ces pages est jouissance de l'écriture.

  • Recueil de travaux inédits, d'études historiques, et de propositions esthétiques, cette anthologie d'approches théoriques et artistiques féministes en art contemporain affirme la nécessité de penser l'articulation entre art et histoire globale, art et genre, art et corporéités, art et post-colonialité, à partir de références textuelles, visuelles, performatives et conceptuelles.

    Avec les contributions de : Marie-Laure Allain Bonilla, Émilie Blanc, Johanna Renard et Elvan Zabunyan.

  • Une analyse de l'Etat moderne, de sa création, de son fonctionnement et des alternatives existantes ou utopiques à sa domination, sous l'angle de l'intersectionnalité. Soulignant le fait que les réformes adoptées en vue d'améliorer la condition des femmes confortent trop souvent les structures sexistes, les auteures questionnent le rapport aux institutions à établir dans le cadre des luttes.

  • Pendant les Années Folles, Suzy Solidor osait chanter haut et fort "Ouvre tout ce qu'on peut ouvrir, dans les chauds trésors de ton ventre, j'inonderai sans me tarir l'abîme où j'entre." Belle audace. Selon les époques, l'homosexualité féminine fut frappée d'opprobre, niée, invisibilisée. Mais clandestine ou pas, à mots couverts ou crus, cette réalité vécue a trouvé pour se dire la voie de la chanson.

    Rendant à Sappho ce qui est à Sappho, cet ouvrage illustré de dessins de Julie Feydel retrace l'histoire de 50 chansons lesbiennes - de la complicité de leurs paroliers et parolières et de leurs interprètes, aux cabarets et aux clips, de la réception par la critique à l'accueil du public... qui ne sait pas toujours ce qu'il fredonne.

  • Avant, explique Andrée Michel, je me disais pacifiste. Aujourd'hui, je préfère me déclarer antimilitariste pour signifier mon opposition à toutes les opérations menées pour promouvoir la production et la vente d'armements.
    Composé en deux parties - "la guerre contre les femmes" et "résistances féministes" - ce recueil rassemble, à côté d'articles de fond publiés dès les années 1980, les textes inédits d'interventions dans des colloques internationaux, notamment en Colombie, à l'invitation d'organisations féministes.
    Pionnière des études sur le rôle et la place des femmes dans la famille et dans la société, féministe de la première heure, Andrée Michel est l'une des rares, en France, à travailler sur l'articulation du pouvoir d'État avec le puissant lobby de l'armement. Elle analyse la "culture de guerre" qui en découle en y introduisant les dimensions de la classe et du sexe, ce qui l'amène à qualifier l'industrie de l'armement de "formation sociale aggravée du patriarcat". Un modèle qui a pour conséquences inéluctables une extension des conflits armés et une aggravation des pauvretés qui frappent les hommes comme les femmes mais stigmatisent durablement les secondes. Les viols de guerre et la prostitution au service des armées ne sont que les exemples les plus connus, les plus frappants, des violences exercées à leur encontre.

empty