Littérature traduite

  • Le 22 novembre 1906, la jeune Virginia Stephen adresse quelques lignes respectueuses à un ami de son frère (" Cher Mr. Strachey, nous aimerions tant vous voir, si vous pouviez nous rendre visite un jour prochain. Dimanche qui vient vous conviendrait-il, vers six heures du soir ? Vanessa va beaucoup mieux et aimerait vous parler. "). Vingt-cinq ans plus tard - l'arc de temps que couvre le présent volume -, ils sont l'un et l'autre célèbres, et à la tête d'oeuvres qui marquent déjà l'époque. Il est le démystificateur féroce du siècle de Victoria, et l'auteur d'essais lumineux sur la littérature, le théâtre et l'histoire ; elle a déjà publié plusieurs de ses oeuvres majeures, de La Chambre de Jacob à Mrs. Dalloway et La Promenade au phare. Ils s'entrelisent, se complimentent, se critiquent, évoquent leur quotidien, moquent les ridicules de l'infortunée Ottoline Morrell et disent tout le bien, et le mal, qu'ils pensent de ceux qui les entourent - de Roger Fry à E. M. Forster, via Keynes, Clive Bell ou Duncan Grant. Publié à l'origine dans une version largement censurée, pour ménager les susceptibilités de certains protagonistes, par Leonard Woolf et James Strachey, cet échange entre deux esprits aigus, et " pas toujours charitables ", offre une chronique fascinante du cercle de Bloomsbury, et paraît ici pour la première fois dans son intégralité, augmenté de lettres retrouvées depuis l'édition originale.

  • Dans sa vieillesse - elle est âgée de plus de quatre-vingts ans - la mère du révérend Jôjin apprend un jour que son fils, éminent religieux lui-même sexagénaire, a décidé d'aller faire pèlerinage en Chine.
    L'expérience d'une telle séparation, qu'elle juge " sans exemple au monde ", l'incite à prendre la plume pendant près de trois ans (de 1071 à 1073), jusqu'à ses derniers moments sans doute, elle va tenir son journal et noter les épisodes qui marquent les adieux, puis le départ de Jôjin, les étapes successives du voyage de celui-ci vers le continent, mais surtout ses propres sentiments : douleur, révolte, ressentiment, espoir de le retrouver en ce monde ou dans l'autre.
    Parmi les écrits autobiographiques qu'ont laissés les femmes du Japon ancien, celui-ci est unique par son thème : l'amour maternel, avec sa violence et ses ambiguïtés.

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