Gallimard

  • Hurlevent

    Emily Brontë

    Écrit sous un pseudonyme masculin, paru en 1847, Hurlevent est le premier et le seul roman d'Emily Brontë, qui mourra un an plus tard. Ce livre aux péripéties violentes, qui fit scandale et fascina des générations d'écrivains - de Virginia Woolf à Patti Smith, en passant par Georges Bataille -, raconte l'histoire d'un amour maudit, dont l'échec pèse sur toute une famille et sur deux générations, jusqu'à l'apaisement final.

    «Emily était pareille à un petit volcan qui, endormi, aurait pourtant bouillonné sans arrêt et aurait craché sa lave dans les mots et les actions des personnages qu'elle avait choisis. [.] Son esprit sans entrave n'a pas créé un monde propret. En écrivant Hurlevent, elle n'a pas offert ce que les gens souhaitaient : elle a offert ce qu'elle avait.» Patti Smith.

  • Dans ce siècle du voyage et de la philosophie, Zadig entreprend son apprentissage dans un univers partagé entre le bien et le mal. Trahi par Sémire et Azora, déçu par l'amour, Zadig trouve refuge dans la nature, qui est à l'image de Dieu. Remarqué par le roi d'Égypte Moabdar, il retourne dans le tourbillon du monde et devient Premier ministre. Séduit par la reine Astarté et menacé par la jalousie du roi, il fuit bientôt Babylone. C'est l'occasion pour lui d'un retour sur soi et d'une réflexion sur les caprices de la fatalité. Au hasard des aventures qu'il croise sur son chemin en compagnie de l'ermite, Zadig devient l'incarnation de la Providence, dont les voies restent par ailleurs impénétrables. L'ange Jesrad lui révélera une partie des mystères de la Destinée. Si l'homme est sans cesse tiraillé entre liberté et déterminisme, il semble bien devoir les concilier. Et c'est là sans doute la seule vérité qui nous soit accessible.

  • «Comme il marchait la tête basse et les yeux fichés en terre, il sentit quelqu'un qui lui tapait l'épaule, et se retournant il vit la petite-fille de la mère Fadet, qu'on appelait dans le pays la petite Fadette, autant pour ce que c'était son nom de famille que pour ce qu'on voulait qu'elle fût un peu sorcière aussi. Vous savez tous que le fadet ou le farfadet, qu'en d'autres endroits on appelle aussi le follet, est un lutin fort gentil, mais un peu malicieux. On appelle aussi fades les fées auxquelles, du côté de chez nous, on ne croit plus guère. Mais que cela voulût dire une petite fée, ou la femelle du lutin, chacun en la voyant s'imaginait voir le follet, tant elle était petite, maigre, ébouriffée et hardie. C'était un enfant très causeur et très moqueur, vif comme un papillon, curieux comme un rouge-gorge et noir comme un grelet.»

  • La Mare au Diable est un lieu maudit où souffle l'angoisse. Près d'elle se déroule toute l'histoire. Un paysan, veuf avec ses enfants, cherche femme. Qui épousera-t-il ? celle qu'on lui a promise, ou une pauvre paysanne, harcelée par son patron ? Cette petite Marie est l'âme d'un paysage de rêve, et l'emblème de l'enfance éternelle.
    Un roman d'amour, mais traversé par le cri des chiens fous, la nuée sanglotante des oiseaux, le fossoyeur épileptique. La voix de la terre s'y accorde avec celle de l'Âme enfantine : George Sand y parle avec force du sol natal et des premiers souvenirs.

  • Indiana

    George Sand

    L'héroïne est une jeune femme de 19 ans, malheureuse en mariage : lassée par son vieux mari, antipathique et autoritaire, elle se laisse séduire par un jeune homme, qui se révèle n'être qu'un séducteur sans vergogne. Elle trouve alors refuge auprès de son cousin mélancolique, aux tendances suicidaires...

  • Nouvelle édition de l'Exemplaire de Bordeaux, présentée, établie et annotée par Emmanuel Naya, Delphine Reguig-Naya et Alexandre Tarrête.

  • Une soirée d'été sur une île au large de l'ecosse.
    Pôle de convergence des regards et des pensées, mrs ramsay exerce sur famille et amis un pouvoir de séduction quasi irrésistible. un enfant rêve d'aller au phare. l'expédition aura lieu un beau matin d'été, dix ans plus tard. entre-temps, mort et violence envahissent l'espace du récit. au bouleversement de la famille ramsay répond le chaos de la première guerre mondiale. la paix revenue, il ne reste plus aux survivants désemparés, désunis, qu'à reconstruire sur les ruines.
    Des bonheurs et des déchirements de son enfance, virginia woolf a fait la trame d'une oeuvre poétique, lumineuse et poignante qui dit encore le long tourment de l'écriture et la brièveté de ses joies : visions fragiles, illuminations fugaces, " allumettes craquées à l'improviste dans le noir ".

  • La femme de trente ans, qui est-elle? Mariée, elle est au sommet de sa vie, car c'est là qu'elle prend sa liberté, c'est-à-dire un amant, ce dont Balzac la félicite, mais que la société punit cruellement. Voici donc l'un des romans les plus engagés de Balzac, dans lequel il dénonce la condition des femmes, mariées à des hommes dont elles découvrent trop tard les défauts, et vieilles déjà à la moitié de leur vie. L'auteur constate l'échec du mariage d'amour et, avec ces enfants nés sans amour, l'échec de la maternité. Cette histoire sombre, où la sexualité joue un rôle étonnamment moderne, est traitée avec une grande liberté de ton : le roman historique croise le roman-feuilleton, et jusqu'aux histoires de pirates. C'est aussi un véritable essai, où la peinture psychologique mène à la revendication politique et sociale. À rebours d'une politique des âges de la vie figée, Balzac montre qu'à tout âge la femme a le droit d'aimer et d'être aimée, même en dehors du mariage, et d'être reconnue par la société pas seulement comme épouse et mère, mais comme femme.

  • Ce sommet de l'histoire du roman anglais (qui en compte d'ailleurs beaucoup) date de 1860.
    Le thème principal en est l'amour tragique entre un frère et une soeur, qui se brouillent de longues années pour se réconcilier dans la mort. entre-temps, la jeune fille a été amoureuse d'un infirme, puis du fiancé de sa cousine : mal lui en prendra. le meilleur du livre est dans la peinture poétique de l'existence quotidienne la plus humble, dans " le sentiment de la question mystérieuse de la vie humaine et de la vie de la nature, des mystères sublimes auxquels nous participons en le sachant aussi peu que la fleur qui pousse " (marcel proust).
    On aimera ainsi " la nouveauté des images venant d'une vue tendre et neuve des choses ".

  • Mêlant comédie de moeurs et satire de la société anglaise à la veille de la Grande Guerre, ce deuxième roman de Virginia Woolf, paru en 1919, raconte l'éducation sentimentale de jeunes gens qui doivent choisir entre une existence confortablement ancrée dans le passé et l'aventure dans l'inconnu. Il met en scène leurs hésitations devant l'amour et le mariage, leurs interrogations sur les relations entre les sexes et la condition des femmes, leurs rapports complexes au milieu familial et aux aînés. D'une surprenante drôlerie, entre ironie et nostalgie, il dépeint un monde, celui de l'avant-guerre, qui paraissait déjà lointain en 1919.
    À la violence et à la confusion du réel, Virginia Woolf oppose la sécurité d'un univers fictif familier et la cohésion d'un récit bien agencé. oeuvre d'un sujet en miettes dans un monde en chaos, Nuit et jour est la tentative, désespérée et superbe, de réconcilier «la part de soi qui agit à la lumière du jour, et la part contemplative et sombre comme la nuit».

  • Un général d'empire essaie d'arracher une femme qu'il a aimée au point de vouloir la marquer au fer rouge, au couvent espagnol où elle s'est cloîtrée.
    Un jeune roué poursuit à travers paris une inconnue " aux yeux jaunes comme ceux des tigres ", séquestrée par une femme en laquelle il reconnaîtra sa demi-soeur. la passion mystique et charnelle de la duchesse de langeais, lesbos, l'atmosphère étouffante d'orient où baigne la fille aux yeux d'or, dédiée au delacroix des femmes d'alger, font de ces deux nouvelles les chefs-d'oeuvre du romantisme balzacien.
    Mais la duchesse de langeais est aussi un grand texte politique, impitoyable à l'égard des bourbons, et la fille aux yeux d'or contient une analyse de la société parisienne à laquelle les théoriciens de la lutte des classes (et des sexes) n'ont rien à ajouter.

  • «Nouvelles mondaines, histoires tendres, vers mélodiques, fragments où la précision du trait s'atténue dans la grâce molle de la phrase, M. Proust a réuni tous les genres et tous les charmes. Aussi les belles dames et les jeunes gens liront avec un plaisir ému un si beau livre».
    Léon Blum.

    «Il n'est pas simple de louer M. Marcel Proust : son premier livre, ce Traité des Plaisirs et des Jours, qu'il vient de publier, marque une si extrême diversité de talents que l'on peut être embarrassé d'avoir à les noter tous à la fois chez un aussi jeune écrivain. Il le faut cependant. Il faut même avouer que ces dons si variés ne se contrarient point, mais, au contraire, forment un assemblage heureux, brillant et facile».
    Charles Maurras =.

  • Les centaines d'essais de Virginia Woolf témoignent de l'engagement obstiné de l'auteure dans et pour la littérature. Articles de critique littéraire, essais esthétiques, pièces plus directement expérimentales, voire intimes : ces essais nous dévoilent le dialogue ininterrompu de Woolf avec la littérature de ses contemporains, et au-delà avec la littérature anglaise et européenne - des dramaturges grecs de l'antiquité aux écrivains russes.

  • Trois nouvelles musicales de Balzac témoignent de ce qui fut l'une de ses ambitions : faire du Hoffmann à la française, au moment de la plus grande vogue dans notre pays du conteur berlinois. Et c'est moins le fantastique qui attire l'auteur, plutôt réservé à son égard, que le drame du musicien, créateur à la fois génial et manqué, ou interprète avec ses succès et ses défaillances. Balzac y apparaît fasciné par l'opéra français et italien, moins manifestation mondaine que réservoir de puissances occultes. D'où ces intrigues et ces personnages étonnants : Sarrasine amoureux fou de Zambinella, qui n'est pas une femme mais un castrat. Gambara, inventeur d'un nouvel instrument, et compositeur à la musique inaudible, sauf quand il est ivre. Une grande dame, Massimilla Doni, dont le chevalier servant devient l'amant d'une diva. Ainsi l'auteur a-t-il montré «par quelles lois secrètes la littérature, la musique et la peinture se tiennent».

  • L'année 1671 marque pour Mme de Sévigné le début de l'échange avec sa fille, partie s'installer en Provence. Dans ce journal d'une année, on ne lit pas seulement l'amour maternel : la mélancolie le dispute à un humour parfois féroce. Son ton mêle pudeur et impudeur, plaintes et gaillardises - ce qu'elle nomme son « libertinage de plume ». Virtuose de la langue, elle allie le noble et le vulgaire, le subtil et le concret. Rares sont les textes du XVIIe siècle qui nous permettent d'effectuer une telle plongée au coeur de la sphère intime, associant les soucis du quotidien et le questionnement spirituel, les états d'âme et les états des lieux, les réalités du temps et les chimères de l'imaginaire. Lectrice infatigable, raffinée sans préciosité, savante sans pédanterie, Mme de Sévigné se montre ici d'une liberté de ton unique.

  • Ann radcliffe publie en 1794 the mysteries of udolpho.
    Les romantiques anglais, et les victoriens, lui ont voué un culte. en france, balzac, hugo, nodier, féval, sue, se souvinrent d'elle. on ignore ce qui a pu pousser cette petite bourgeoise à la vie ordinaire à raconter des histoires terrifiantes, qu'on appelle " gothiques " en angleterre et " noires " en france parce qu'elles cherchent à provoquer la crainte chez les lecteurs.
    Emilie explore le château mystérieux, chandelle à la main, à minuit.
    La menace (surnaturelle ?) est partout présente. les séquestrations, les tortures ne sont pas loin. quel est le dessein du maître des lieux ? quels sentiments éprouve la jeune fille pour son tuteur et geôlier ? qui épousera-t-elle, après cette quête de soi à travers les corridors du château, qui ressemblent à ceux de l'inconscient ? ce n'est pas pour rien qu'un chapitre porte en épigraphe ces mots de shakespeare : " je pourrais te dire une histoire dont le moindre mot te déchirerait le coeur.
    ".

  • égérie de la restauration, grande amie de chateaubriand, la duchesse de duras (1777-1828) a écrit plusieurs romans qui méritent d'être comparés à rené, à adolphe, au lys dans la vallée.
    on trouve ici les trois récits qu'elle a achevés en 1822 et dont une partie était inconnue. dans un style qui doit son élégance et sa concision, son intelligence aussi, au xviiie siècle, elle s'intéresse pourtant aux passions modernes, à l'amour impossible, aux barrières sociales. ourika est noire, édouard roturier, olivier impuissant (stendhal s'en souviendra dans armance) : mme de duras a compris qu'il n'y avait pas de roman sans malheur.
    elle consomme celui de ses personnages avec un savoir-faire de magicienne, qui a fait l'admiration de ses contemporains.

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