Langue française

  • Jean a cinq ans en 1960 et vit avec ses grands-parents sur la place du village de Vic-le-Comte, en Auvergne. Louise, sa mère, travaille en ville toute la semaine, et à son retour le week-end, elle le déguise, s'adresse à lui uniquement au féminin. D'une beauté à couper le souffle, elle est sans mari et convoitée par tous. Jean admire sa tante Véronique, "la divorcée", qui lui rappelle à chacune de ses trop rares visites qu'il est bien un garçon et non une fille.

    Le sexe de cet enfant est donc un enjeu pour ces femmes. Le jour où Louise décide de se marier, Jean comprend qu'il ne vivra plus avec sa mère. Il est temps de lui dire la vérité. Dans ce premier tome de la trilogie inachevée La Beauté des femmes, Jean-Luc Seigle, décédé en mars 2020, s'inspire de son enfance pour mieux "faire sentir l'onde de choc de la grande histoire sur les vies ordinaires, à travers les générations".

  • « Je ne vois pas pourquoi l'amour entre une mère et un fils ne serait pas exactement comme les autres amours. Pourquoi on ne pourrait pas cesser de s'aimer. Pourquoi on ne pourrait pas rompre. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas s'en foutre, une fois pour toutes, de l'amour ».
    Constance Debré poursuit sa quête entamée avec Play Boy, celle du sens, de la vie juste, de la vie bonne. Après la question de l'identité se pose la question de l'autre et de l'amour sous toutes ses formes, de l'amour maternel aux variations amoureuses. Faut-il, pour être libre, accueillir tout ce qui nous arrive ? Faut-il tout embrasser, jusqu'à nos propres défaites ? Peut-on renverser le chagrin ?

  • Amos, jeune chercheur français, travaille depuis peu à la fondation Wallaciana, à Durham. À défaut de rhinocéros à étudier, sa spécialité, il doit écrire - et surtout romancer, le supplie son éditrice - la biographie d'Alfred Wallace. Explorateur et naturaliste talentueux mais discret, celui-ci a été éclipsé par Darwin, avec qui il partage pourtant la paternité de la théorie de l'évolution des espèces.
    D'accord, mais il pleut tout le temps et Amos s'embourbe. La seule chose à laquelle il soit parvenu en six mois - et est-ce réellement une bonne idée ? -, c' est d'avoir une liaison avec Elizabeth, la femme de son patron. Alors qu'il croit son quotidien condamné à être aussi immobile que cette petite ville du nord de l'Angleterre, quelques événements inattendus vont, en une semaine, le secouer et lui prouver qu'il faut parfois des accidents pour accélérer les mutations des espèces, et de la nôtre en particulier.

  • « Demain, gare de Lyon, départ à 9h37. T'es contente ? Je ne savais pas si j'étais contente ou pas. Je trouvais que tout allait trop vite. Je ne pourrais dire au revoir à personne, ne pourrais me réjouir quelques jours auparavant à l'idée du départ. Pourtant, j'ai répondu Oui. Parce que je sentais, peut-être pour la première fois, que ma mère n'était pas prête à écouter mes états d'âme. Papa, il est au courant ? Laisse ton père où il est. Il verrait d'un mauvais oeil que je te fasse rater les derniers jours de classe. Il me ferait la morale, et la morale, je n'aime pas ça. » Cet été-là, Agathe le passe échouée sur une plage de la Côte d'Azur au côté d'une mère dont la folle excentricité l'inquiète. Cette dernière la presse de grandir vite et la petite fille devine qu'elle a quelque chose d'urgent à lui dire. Mais quoi ? Emportée dans le sillage de cette mère-poisson, ce n'est que des années plus tard, en déroulant le souvenir à vif de ces jours pleins de bruit et de fureur, qu'elle le découvrira enfin.

  • La femme que nous sommes Nouv.

    « On oublie à quoi ressemblent nos proches. Plus nous les regardons et moins nous les voyons. Elisa voulait réapprendre à voir sa soeur comme elle aurait aimé qu'on la voie, elle. » En apparence, Elisa a tout pour être heureuse. Un métier qu'elle aime, une petite fille de trois ans qui fait son bonheur, des amies qui lui sont chères et un mari dévoué. Mais ça, ce sont les apparences. Et elles cachent une réalité bien différente qu'Elisa garde pour elle, sans jamais oser en parler à personne. Qui pourrait la croire? Elisa a pris une décision. Encore quelques derniers détails à régler et plus qu'une journée à « tenir». Raconté tour à tour par les femmes présentes dans la vie d'Elisa, ce roman dresse le portrait de la femme que nous sommes.

  • Celle qui raconte cette histoire, c'est sa fille, Constance. Le père, c'est Jacques, jeune professeur d'italien passionné, qui aime l'opéra, la littérature et les antiquaires. Ce qu'il trouve en fuyant Nice en 1968 pour se mêler à l'effervescence parisienne, c'est la force d'être enfin lui-même, de se laisser aller à son désir pour les hommes. Il est parmi les premiers à mourir du sida au début des années 1990, elle est l'une des premières enfants à vivre en partie avec un couple d'hommes.

    Over the Rainbow est le roman d'un amour lointain mais toujours fiévreux, l'amour d'une fille grandie qui saisit de quel bois elle est faite : du bois de la liberté, celui d'être soi contre vents et marées.

  • Alias Nouv.

    « Les enfants ne savent pas se venger de l'injure que le monde leur fait. » Est-ce en racontant leur histoire que la narratrice de ce livre saura leur faire justice ? Cette femme de cinquante ans s'est occupée d'Alias, le fils de ses voisins et amis, depuis toujours. Le couple s'est rapidement séparé et, quand l'enfant a eu dix ans, il a révélé les sévices physiques et psychologiques que sa mère lui faisait subir. S'ensuivent des plaintes, une enquête et un dossier qui atterrit à la Protection de l'enfance, une institution qui va, au mépris de ce que l'enfant a enduré, rendre sa vie plus cauchemardesque encore. Alias est le récit de cette témoin d'un naufrage, qui croise les expériences d'autres parents et enfants meurtris à jamais. Un livre puissant qui nous montre que « l'amour, comme les nuages, peut prendre des formes inimaginables ».

  • Quand on a tout construit ensemble, quand tout vous a liés, quand on a cherché à ce point la joie et l'exclusivité amoureuse, comment continuer après la disparition de l'homme de sa vie ? Sur quatre saisons, le deuil s'apprivoise à travers les petites et les grandes ironies de la vie. Ce sont ces infimes détails qui nous poussent à aller de l'avant.
    Avec un ton mordant et un humour noir, Nathalie Prince nous fait rire de ce qu'elle traverse et partage sans ménagement le regard qu'elle pose sur les êtres et les choses. Pour le meilleur et pour le pire.
    Drôle et bouleversant, Un enterrement et quatre saisons brosse le portrait d'un amour fou.

  • «Quand je regarde derrière moi, on dirait que je me raconte une histoire. Qui était cette enfant qui dormait avec les chats errants, qui réinventait sans cesse les vêtements et les objets, la laideur m'a toujours mise de mauvaise humeur, cette fillette qui ne jouait avec les autres enfants que lorsqu'elle pouvait les mettre en rang et leur faire la classe?».

    Elsa Morante, née à Rome le 18 août 1912, est écrivain, poète et traductrice. Elle épouse Alberto Moravia en 1941, mariage qui durera jusqu'à sa mort le 25 novembre 1985. En 1957, avec L'Île d'Arturo, elle est la première femme récompensée par le prix Strega. La Storia, publié en 1974, figure dans la liste des 100 meilleurs livres de tous les temps.

    Ce roman, intime et sensuel, redonne sa voix à Elsa Morante. Ce roman est l'histoire de sa vie.

  • « Témoin de septembre 2017 à septembre 2019 d'une foultitude d'événements liés à des sujets hexagonaux plus ou moins frivoles, il m'aurait fallu être sourde, aveugle et de fort mauvaise foi pour ne pas comprendre que leurs traitements médiatique et social (qui ne font qu'un) étaient liés à la mutation anthropologique en cours depuis plusieurs années, laquelle n'est jamais plus signifiante que dans le nouveau rapport que l'humanité entretient désormais avec le langage, l'histoire, la mémoire et l'art. C'est pourquoi ces chroniques n'en finissent pas de montrer comment et de prouver pourquoi les apories de l'individualisme de masse débouchent sur toujours plus de grégarisme et de conformisme. » Avec Roue libre, Cécile Guilbert poursuit, avec la même liberté de pensée et la même stupéfiante érudition, une traversée de l'époque entamée avec Sans entraves et sans temps morts I et II. Dans ce nouveau recueil de textes, elle a repris et mis en perspective ses meilleures chroniques parues dans La Croix, mais elle en a aussi écrit de nouvelles, nourries des événements récents, et qui donnent à ce livre un caractère terriblement actuel puisqu'il est question aussi bien de viralité que de virtualité, de littérature au temps du Covid que de la restriction des libertés publiques et de la pulsion de mort qui hantent le « catastrophisme » ambiant.

  • Amrita Sher-Gil est à l'Inde ce que Frida Kahlo est au Mexique. Artiste de génie, femme libre à la vie fabuleuse et tourmentée, elle a marqué l'histoire de la peinture indienne avant de disparaître brutalement à l'âge de vingt-huit ans.
    Lorsque Iris achète un de ses tableaux, elle se lance, fascinée par son destin, sur les traces de cette artiste audacieuse, mi-hongroise, mi-indienne, espérant retrouver dans cette quête le goût de peindre qui l'a quittée depuis des années. De subtils échos se répondent entre les deux femmes dont l'existence est étroitement liée à la création, à l'amour de la peinture et à ses ressorts secrets.
    Patricia Reznikov nous entraîne dans un roman où les couleurs de l'Inde coloniale, de Lahore à Simla, se mêlent à celles du Budapest d'avant la Première Guerre, du Paris des avant-gardes et de Florence. Elle redonne vie à une figure féminine bouleversante et hors norme, méconnue du grand public.

  • " j'ai quinze ans, je m'appelle fatemeh mais je n'aime pas mon prénom.
    Je vais être pendue bientôt... " l'amour fusionnel d'une adolescente pour sa tante muette, l'amour passionné de celle-ci pour un homme tournent au carnage dans l'iran des mollahs. chahdortt djavann fait un récit court, incisif et dénué de tout artifice. écrite dans un cahier, par une adolescente de quinze ans en prison. la muette est une histoire qu'on n'oublie pas.

  • « Vient un moment dans l'existence, que j'aimerais pouvoir situer précisément, où la vie adulte nous rattrape. On ne peut pas lutter éternellement pour la survie de l'insouciance. Les autres finissent par se douter de quelque chose ».
    Depuis l'enfance, Camille n'a rien fait dans l'ordre et oppose aux conventions comme au travail un « je préférerais ne pas » gentiment féroce. À quinze jours de son mariage, elle se pose cette question : peut-on éternellement rester soi-même ou faut-il un jour « jouer le jeu » ?
    Dans un roman aussi piquant que drôle, Pauline Klein raconte l'histoire d'une jeune fille dont l'apparente désinvolture et l'insolente paresse sont en réalité des armes de poing pour résister à tout ce que le monde, la famille, la société attendent de nous.

  • En attendant que soit enfin prononcé son divorce au Liban, une mère de deux enfants multiplie les aventures clandestines. C'est à Paris cette fois qu'elle a rendez-vous avec son singulier amant au bras de qui elle se rêve en femme totalement émancipée. Au moment de refermer la porte du taxi qui doit la mener jusqu'à lui, elle est loin de se douter que Mélanie, la conductrice transgenre, va faire voler en éclats nombre de ses certitudes.

    Ce roman est l'histoire de la rencontre de deux femmes avides de liberté et dont la plus sujette aux déterminismes n'est peut-être pas celle que l'on croit.

  • « Je n'ai jamais compris cette expression de "chez soi", se sentir bien "chez soi". En France, je suis étrangère ; mais je suis étrangère où que j'aille et je n'ai trouvé, hélas, aucun lieu ni même aucun être auprès desquels je puisse entrevoir une forme de repos. La maison, ce lieu utopique tant espéré, ce sont les livres des autres et peut-être un peu les miens. J'invite le lecteur à entrer dans ce livre comme dans ma maison, car c'est ici que j'habite, dans une langue qui est la mienne. » Depuis son arrivée en France il y a presque vingt ans, Marie-Ève Lacasse s'interroge sur les raisons pour lesquelles elle s'est sentie bien souvent « à côté ». Ces marges, c'est à travers l'écriture qu'elle les investit, en explorant son passé et en étudiant de manière sensible cet universel sentiment d'étrangeté.
    Vibrant hommage à la littérature, à son pouvoir d'émerveillement et de consolation, Autobiographie de l'étranger sonde nos territoires intérieurs et nos liens aux êtres qui tantôt nous protègent, tantôt nous condamnent.

  • « Ce n'est pas une autobiographie. C'est ma vie réenchantée, rapiécée, réparée, dédommagée par le rêve, l'amour, le rire.
    J'ai écrit sans reculer. Sur mon enfance. Elle devait être mûre.
    Et tout le monde m'a rendu visite. Tous les fantômes.
    Tous, tels qu'ils étaient avant. En mieux comme en pire. Plus fous, plus drôles, plus terribles, plus perdus, plus cruels. Ceux qui m'ont sauvé et ceux qui ne m'ont pas sauvé... Mon père et sa mort. Mon grand-père et son amour. Mon oncle et son psychiatre. Ma mère et sa collection de cactus. Sans compter le cheptel de camés et d'emmerdes avec les flics.
    Ce livre, c'est moi, gamin, dans une barque sur l'océan. J'avais un grand sourire, les dents de travers, et pas les moyens d'avoir un appareil.
    J'ai été un enfant heureux dans une enfance malheureuse.
    Il a fallu attendre quarante ans avant de m'autoriser à écrire, à me revivre, avant de pouvoir gueuler : Moi aussi j'ai vécu. »

  • qui se souvient de regina jonas ? ordonnée à berlin en 1935, elle a été la première femme rabbin au monde.
    affrontant l'hostilité de ceux qui refusent la religion au féminin, consciente d'être en sursis dans l'allemagne nazie, regina n'a écouté que son "souci des âmes". elle est tuée à auschwitz en 1944. pressentie pour l'incarner à l'écran, elise part sur ses traces. l'actrice croit ainsi solder une culpabilité : ses grands-parents, négociants en champagne sous l'occupation, ont sacrifié aux compromissions d'alors.
    avec ce rôle, elise saisit le passé. et devine qu'il n'est peut-être plus temps d'expier mais de se tourner vers la mémoire de ceux qui ont su être justes - pour, avec eux, cheminer.

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