Epervier

  • Le Ier mai 1916, à Berlin, un groupe d'hommes et de femmes, décide de dire non à la guerre. Ils manifestent contre le militarisme d'Etat. Ils se dressent également contre ceux qui, à l'intérieur de leur parti, ont choisi de participer à l'Union Sacrée, et soutiennent la boucherie. Au milieu d e plusieurs milliers de manifestants, Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg scandent leur slogan : A bas la guerre ! A bas le gouvernement! Il faut saluer le courage de ces deux grandes figures du socialisme allemand. Leur geste pacifiste va coûter à chacun d'eux plusieurs années d'emprisonnement. Karl Liebknecht, aussitôt traduit devant un tribunal militaire, ne sera libéré qu'à la fin de 1918. Rosa Luxemburg, soumise à un régime exceptionnel de réclusion, passera la quasi-totalité de la guerre en prison. Pourtant un groupe est né qui va avoir une influence déterminante sur l'histoire de l'Allemagne: le groupe Spartakus. La lecture des documents relatifs au fameux procès Liebknecht nous fait revivre l'époque de la naissance de ce groupe. Les textes de Karl Liebknecht font l'objet d'une première traduction en français. Ils jettent un regard nouveau sur les analyses des causes de la guerre, élaborées par des révolutionnaires internationalistes de premier plan.

  • Les femmes philosophes sont les égales des hommes philosophes. Elles n'ont rien à leur envier du point de vue de l'usage de la raison ni de celui de l'argumentation. Pourtant, aucune histoire de la philosophie ne leur accorde la place qu'elles méritent. Elles demeurent dans l'ombre des penseurs masculins : Mary Wollstonecraft est éclipsée par Godwin, Germaine de Staël par Benjamin Constant, Flora Tristan par Marx, Rosa Luxemburg par Lénine, Hannah Arendt par Heidegger, Simone de Beauvoir par Sartre.
    Mais la prédominance des préjugés sexistes ne suffit pas à expliquer cet oubli. Il y a plus : les femmes philosophes sont des dissidentes. Elles s'opposent non seulement à l'ordre politique dominant mais aussi à l'autoritarisme dans leur propre camp. Elles sont les dissidentes des dissidents parce qu'elles ont fait le choix de dire non à leurs camarades de combat lorsqu'il leur a semblé que ceux-ci se trompaient.
    Depuis l'Histoire des femmes philosophes (1690) de Gilles Ménage, aucune présentation d'ensemble n'avait été consacrée aux femmes philosophes. Ce petit ouvrage entend réparer cette injustice. Il souhaite faire connaître le rôle avant-gardiste des femmes dans la construction de la philosophie moderne. Olympe de Gouges, Mary Wollstonecraft, Germaine de Staël, Flora Tristan, Louise Michel, Rosa Luxemburg, Alexandra Kollontaï, Simone Weil, Hannah Arendt, Simone de Beauvoir.

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