Editions De L'aube

  • Magdalena est artisane. Elle vit de ses mains, ses mains qui tissent à longueur de journée. Mais aussi ses mains qui frappent et caressent, protègent et prennent soin. Alors quand un accident l'immobilise, c'est comme le temps qui s'arrête. Le roman nous raconte sa reconstruction, par la voix non seulement de Magdalena mais aussi celles de ses proches. Tous ces personnages sont issus de la classe sociale des travailleurs, qui n'ont pas d'autre choix que de travailler, quand bien même le corps est abîmé. L'histoire s'ancre alors dans une réalité sociale brésilienne (et universelle).
    Il n'est jamais envisagé de prendre le temps de la convalescence, la vie doit continuer. Avec ce premier roman, Juliana Leite rappelle combien le travail manuel est une manière de se présenter au monde.

  • ' Me couler dans le moule. Sourire quand j'avais envie de pleurer, me taire quand j'avais envie de crier. Mais c'était un autre temps. Le temps où le soleil éclairait encore le monde. Maintenant, je ne veux plus faire semblant. Que m'importent l'opprobre, l'exclusion ? Je n'ai plus rien à perdre puisque j'ai tout perdu. Puisque mon coeur est mort. ' Aïda, algérienne, divorcée, quarante-huit ans, et maintenant orpheline de son fils, assassiné. Pour ne pas perdre la raison, elle lui écrit dans des cahiers d'écolier. Et à travers ce dialogue solitaire, peu à peu elle avance, inexorable, vers son destin. Mektoub. Un roman fait d'ombres et de lumière - éblouissant.

  • « Enfin, elle est là. Au bout du chemin, dans la lumière qui décroît de ce jour finissant. Mes mains me font mal, certes, et je suis fatigué, mais elle est là. Elle m'attend. Elle m'accueille, du haut de ses quatre pilotis, avec sa structure de bois et son toit de tôle ondulé. Elle est là, tout près, surplombant son petit lopin de terre. Je vais pouvoir y entrer, m'y enfermer, m'y reposer. Elle est là et je ne l'ai pas choisie, c'est elle qui m'a piégé. » Dernier ancrage avant la mort annoncée, la maison de l'île ouvre ses bras de tendresse à un homme pétri de nostalgie - la jeunesse, la santé, les voyages, et surtout Flo, la femme qu'il n'a pas su garder - mais sans aucun regret, si ce n'est celui de savoir que l'île, sans cesse harcelée par tsunami et autres raz de marée, est condamnée, tout comme lui, à la disparition. Comme toujours, la vie sera malgré tout la plus forte, cette fois-ci concentrée dans le regard et les mains d'une mère et de son enfant...

  • " elle fut fauchée précisément à l'entrée de la surface de réparation de l'unique stade de foot de kaboul.
    Il n'y eut pas de carton rouge. les deux pieds et le corps étaient bien au-delà de la ligne des dix-huit mètres. il n'y avait pas d'arbitre pour constater les fautes et les sanctionner. " de l'invasion soviétique de l'afghanistan annoncée par de terribles inondations, à la prise de pouvoir des talibans sanctionnée par une terrible sécheresse, rokhsana vit ce qu'on appelle ses plus belles années: petite-fille de l'émir, elle écoute et observe avec passion son grand-père et ses compagnons de lutte, puis se jette dans la bataille sous les yeux éblouis d'adil, étudiant et résistant comme elle.
    /> Mais la liberté, ce bonheur suprême, ne sera pas pour la jeune fille: elle sera condamnée à mort pour avoir recopié les vers du poète.

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