Autrement

  • Quatorze ans après la disparition des jumelles Vignes, l'une d'elles réapparaît à Mallard, leur ville natale, dans le Sud d'une Amérique fraîchement déségrégationnée. Adolescentes, elles avaient fugué main dans la main, décidées à affronter le monde. Pourtant, lorsque Desiree refait surface, elle a perdu la trace de sa jumelle depuis bien longtemps: Stella a disparu des années auparavant pour mener à Boston la vie d'une jeune femme Blanche. Mais jusqu'où peut-on renoncer à une partie de soi-même ?
    Dans ce roman magistral sur l'identité, l'auteure interroge les mailles fragiles dont sont tissés les individus, entre la filiation, le rêve de devenir une autre personne et le besoin dévorant de trouver sa place.

  • "A l'heure où mes jours se ternissent comme un miroir perd son tain, le besoin de m'alléger de ce qui m'encombre devient plus fort que tout. Je garde l'espoir, naïf peut-être, qu'un tel aveu sera comme l'amputation d'un membre inguérissable qui, pour douloureuse qu'elle soit, permet de sauver le reste du corps." Tout paraît à sa juste place dans la vie de Magdalena, épouse de Pieter Van Beyeren, administrateur de la Compagnie des Indes orientales à Delft. Rigoureuse, maîtresse d'elle-même, elle aurait pu succéder à son père. Mais le commerce est réservé aux hommes. Sa place est au foyer. Magdalena doit se limiter à cet espace intérieur, où elle a souhaité se faire représenter à son épinette, de dos. Un décor à secrets, que son journal intime dévoile. Déceptions, souvenirs, drames familiaux, mais aussi joies, et désirs interdits... Dans le silence de l'heure, derrière le précaire rempart de l'ordre et de la mesure, Magdalena transcrit les vacillements de son coeur, explorant les replis les plus secrets de l'âme.

  • Lorsqu'Antoine la rencontre et qu'ils tombent amoureux, c'est comme si le désir venait combler tous les manques. La vie prend les couleurs d'un bonheur simple, c'est le temps d'une ivresse nouvelle et, un moment, chacun pense avoir échappé à ses secrets d'enfance.
    Mais bientôt, une tension sourde apparaît, un trouble qui remonte loin dans leurs histoires et qui s'installe. Jusqu'à ce que quelque chose entre eux se fissure et éclate. Et s'il y avait une ligne à ne pas franchir?

    Dans ce roman saisissant, Marie Simon fait le récit d'une implosion. Elle écrit la façon dont l'histoire individuelle façonne les êtres, jusqu'à parfois tout contaminer : les bonheurs intimes, la vie psychologique et la façon d'aimer.

  • Camille a 23 ans quand, lors d'un séjour en Espagne, un coup de tonnerre vient tout ébranler : d'abord des symptômes anodins, une confusion qui s'installe, le brouillage complet, la douleur, et puis un diagnostic : rupture d'anévrisme. Des mots terribles mais, curieusement, il y a quelque chose d'apaisant à nommer enfin les choses. Et tandis que ses sens puis ses facultés n'en finissent plus de lui échapper, que son corps devient comme étranger, Camille recourt à l'écriture pour essayer de capturer cette expérience intime extrême et renouer avec elle-même.

    Avec toutes les ressources de l'art et de la philosophie, cette autofiction littéraire décortique et recompose cette chose organique et abstraite à la fois qui se joue dans le cerveau. Entre expérience médicale et démonstration virtuose des pouvoirs de l'écriture, ce premier roman est le récit fascinant d'une jeune femme qui affronte avec humour et intelligence la dilution - provisoire ? - d'elle-même.

  • Le livre pour célébrer les magiciennes de la littérature !

    30 ensorcelantes écrivaines qui ont marqué leur époque, reconnues ou injustement oubliées, illustrées et racontées dans toute leur puissance.

    Toni Morrison, Virginia Woolf, Emily Dickinson, mais aussi María Sabina, Audre Lorde, Yumiko Kurahashi, Octavia E. Butler... Alchimistes du verbe, elles nous emportent dans un envoûtant tour du monde et révèlent le pouvoir des femmes de lettres.

  • Anania, "fils de la faute", abandonné à l'âge de sept ans, garde peu de souvenirs de sa mère : l'image floue de ses cheveux noirs et de ses yeux clairs, et une étrange amulette attachée autour de son cou.
    Il grandit dans le moulin de son père, connaît ses premiers émois amoureux, part faire ses études, traverse la mer. mais une ombre le hante, une obsession le travaille : retrouver cette mère perdue qu'il aime et qu'il hait, qui lui fait honte, qu'il veut sauver. il quitte son île, terre d'exil et de songes, son île abandonnée, et cherche sa mère, son âme, sa vie. entre les pleurs et les doutes, l'orgueil et la pitié, anania fait l'apprentissage de la maturité et découvre, sous la cendre de son passé, l'étincelle de l'espérance.

  • Evelyn Jarrold est la veuve de Tommy Jarrold, tué au cours de la Première guerre mondiale, fils du vieux William Jarrold, fondateur de la dynastie familiale (dont les autres représentants masculins sont beaucoup plus ternes) et bientôt baronnet. Evelyn, qui approche la quarantaine, est la mère de Dan, adolescent envoyé à Eton. Parfaite représentante de la haute société oisive, c'est une femme sophistiquée, exigeante jusqu'à en être manipulatrice, mais sensible et impulsive. Malgré leur différence d'âge, elle tombe amoureuse de Miles Vane-Merrick, député réformiste quoique issu d'une famille de hobereaux. Miles est de quinze ans plus jeune qu'elle, et son caractère fougueux, actif, idéaliste, l'entraîne vers « l'ivresse du moment » et ses projets plutôt que vers Evelyn - et pourtant il l'aime sincèrement. Ils prennent conscience, malgré leur appartenance au même monde ou presque, d'être le jouet de forces sociales opposées. Qui, dans cette relation contrariée, restera le plus fidèle à l'autre ? Qui est le plus porté au sacrifice ? Qui veut vraiment construire un amour durable ? Evelyn, en tout cas, ne parvient pas à attirer pleinement Miles auprès d'elle et à l'arracher à ses amis, des politiques et des intellectuels dont elle se méfie - ou faut-il dire, à monopoliser son temps et son attention ? Jalouse, torturée par la peur de s'abaisser, elle choisit de mettre fin à cette relation passionnée qui la maintenait encore du côté de la jeunesse, et de la vie.
    Traduit par : Bernard Delvaille

  • « Pourquoi avoir choisi Mr Gatacre comme victime ? Je suppose que vous n'avez rien à lui reprocher ?- En partie parce qu'il était petit, frêle, facile à endormir... Et je ne tenais pas à ce qu'il souffre. »Westease, adorable village de la campagne anglaise, préservé des horreurs d'une guerre encore toute fraîche, est bien tranquille... trop, peut-être ?Lorsque Roger Liddiard, jeune et brillant romancier, s'y arrête au volant de sa Jaguar, il en tombe amoureux et décide de s'y établir, non loin du Professeur, vieux gentleman solitaire, du peintre Wyldbore Ryan, et de Mary Gatacre, la fille du révérend.Voici que Mr Gatacre est assassiné, sans raison ni indice évidents... Liddiard brûle de résoudre l'énigme. Sans savoir à quel point sa propre responsabilité pourrait être engagée.Traduit de l'anglais par Micha Venaille.

  • Une rencontre douce -amère avec les New-Yorkais fragiles de l'ironique Laurie Colwin, toujours au
    bord du dérapage, toujours un peu bizarres.
    Un père de famille obsédé par les ragondins peuplant le détroit où se baignent ses enfants, un mari
    esseulé découvrant en l'absence de sa femme la magie de la télévision, des gâteaux surgelés et
    des petites secrétaires, ou un petit ami anxieux donnant à tous les objets le nom de celui qu'il
    prend pour l'amant de celle qu'il aime : les personnages de Laurie Colwin ne sont jamais plus
    émouvants, sous sa plume ironique, qu'à travers leurs défauts et leurs contradictions, leurs petites
    faiblesses qui viennent enrayer doucement la petite musique de leur vie. A travers eux, Colwin
    jette un regard tendre et subtile sur la nature des relations humaines.

  • Roman et non biographie, Virginia, mon amour, ma soeur s'appuie sur les vies entrecroisées de deux soeurs célèbres : Virginia Woolf et Vanessa Bell. Vanessa est la narratrice, c'est elle qui parle, à la première personne du singulier - sauf lorsqu'elle évoque sa soeur, à qui elle réserve le " tu " intime de leur complicité.
    Liées, les deux soeurs le sont plus que tout, comme si elles ne pouvaient se passer l'une de l'autre, d'un soutien réciproque, d'une approbation mutuelle. Elevées ensemble dans un conformisme étouffant, elles deviennent plus proches encore lorsque la mort de leur mère les livre à un père tyrannique. Et cependant, déjà, elles sont aussi rivales : Vanessa jalouse les attentions dont bénéficie Virginia, à la vocation littéraire précoce.
    Très tôt, elles se sentent l'une comme l'autre des aspirations créatrices : Virginia écrit, Vanessa peint. A l'âge adulte, elles lutteront pour réaliser leurs ambitions artistiques, en dépit de désirs contrariés ; en dépit du scandale, aussi - car, à Bloomsbury, elles adoptent un nouveau mode de pensée, un nouveau mode de vie, s'affranchissant des conventions morales ou sexuelles -, en dépit enfin de la maladie, et de la guerre. Génie et folie se mêlent dans cette chronique traversée par le désir de faire naître la beauté au milieu de la souffrance et des difficultés.
    Susan Sellers, qui connaît parfaitement l'oeuvre de Virginia Woolf, dont la technique narrative brillante l'a beaucoup inspirée, (avec l'utilisation d'une voix intérieure, sensible, impressioniste), a su se mettre dans la peau de l'artiste Vanessa Bell, et recréer l'histoire des deux soeurs telle que, peut-être, elles l'auraient elles-mêmes racontée.

  • C'est à Seabourne, une petite ville côtière, que végète Joan Ogden, avec sa soeur et ses parents. Elle ne peut échapper à son père, tyrannique et mesquin, et sa mère possessive. Jusqu'au jour où elle rencontre Elizabeth, sa préceptrice qui devient son amie et avec qui elle voudrait s'émanciper. Mais les Ogden exercent un chantage affectif permanent.

  • En 1793, les derniers mois de la vie d'Olympe de Gouges (1748-1793), auteure de la«Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne», sous la forme d'un récit où les voix d'une douzaine de narratrices s'entrecroisent. Cette femme de passions et d'idées fut jetée en prison sous la Terreur pour ses positions jugées non conformes, puis exécutée.

  • D'un côté, des entomologistes mâles fascinés par le règne animal, des sociologues et des poètes célèbres persuadés que rien de ce qui est humain ne leur est étranger, des mathématiciens romantiques incapables de compter jusqu'à deux.
    De l'autre, des filles sagaces, de condition et d'intérêts divers, qui ont au moins une chose en commun - la petite flamme fitzgeraidienne. avec une belle vitalité, elles prennent les hommes comme sujet d'étude. tous ces jeunes gens séduisants et doués se brûlent les ailes en jouant à la guerre des sexes comme on joue aux cow-boys et aux indiens, en inversant parfois étrangement les rôles. ils se font peur - comme on il imagine, elles surtout leur font peur.
    Laurie colwin, avec ces histoires pleines d'un charme parfois bizarre, sinon glauque, se livre ici, avec sa tendre ironie, à un pastiche brillant d'un certain comportementalisme anglo-saxon.

  • "Ils avaient si longtemps mené des vies séparées, se rencontrant seulement à la surface des choses, qu'il fut stupéfait de surprendre ce regard si tendre, si inquiet. Elle avait essayé de capter son attention par un sourire, pour lui montrer qu'elle était avec lui, mais il s'était détourné pour échanger quelques mots avec Juliet. Il pouvait faire confiance à Rose pour qu'elle le protège, mais il n'était pas question de la laisser pénétrer dans son intimité." A l'instigation de Rose, sa femme, Walter Mortibois invite son frère, sa belle-soeur, son beau-frère et leur fils, ainsi qu'une excentrique lady, à passer le week-end dans leur splendide demeure d'Anstey. Toutefois, il leur préfère la compagnie de Svend, son berger allemand adoré... Rien d'étonnant chez cet esthète d'une froideur de glace, qui depuis des décennies ignore jusqu'à sa propre femme, malgré les efforts désespérés de Rose, obstinément amoureuse. Ce n'est pas l'irruption d'invités engoncés dans leurs petits égoïsmes qui risque d'y changer grand-chose ! Jusqu'à ce que, brusquement, un double drame ne vienne brouiller les cartes et (enfin) réchauffer les coeurs.

  • " Il regarde l'océan et l'horizon barré par les autres terres de l'archipel, dont il connaît par coeur la carre. Là-bas, ce doit être Maio, Boa Vista, São Nicolau, et derrière Fogo. Près des rivages, des îlots se détachent, des rochers affleurent. N'est-ce pas, sur une plus grande échelle, la même chose que les creux et les bosses qu'il repère sur le sol qui l'entoure? Les îles, les continents, sont les hauteurs émergées d'un immense paysage dont la mer envahit les parties les plus basses. Emerveillé, comme s'il rêvait ces visions pourtant extraordinairement réelles, Darwin est assis à l'ombre d'une falaise de lave. Les roches plates, rendues brûlantes par le soleil, descendent dans la mer, parcourues de failles et de nervures. Dans les trous d'eau laissés par la marée où poussent des coraux s'agite une vie minuscule... (...) Il fera tout pour participer, avec les Lyell, les Humboldt, à l'aventure scientifique. Mais pour cela, il ne suffit pas de collectionner, il finir écrire." En 1832, Darwin n'en est encore qu'au début d'une longue expédition qui l'enverra au-delà des Galápagos via le Cap-Vert, Valparaiso... A elle seule, c'est un véritable roman d'aventures et de découvertes. Sur le terrain, il est dans son élément, accumulant les observations. Un quart de siècle plus tard, elles lui serviront à faire éclater - lui pourtant si discret - le scandale d'une nouvelle vérité scientifique. Puisant aux sources originales, cette biographie extrêmement vivante retrace le parient chemin d'un homme qui a changé notre vision du monde.

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