Littérature traduite

  • C'est en 1910 que Virginia Woolf rencontra Roger Fry pour la première fois. Leurs liens amicaux, intellectuels et même familiaux furent dès lors très étroits. Au cours d'une de leurs conversations, Roger Fry avait lui-même suggéré à son amie qu'elle donne l'illustration de ses théories sur l'art du biographe en dressant son portrait littéraire. Ainsi, dans une oeuvre de maturité qui navigue entre la biographie, le portrait et le roman, Virginia Woolf a recréé la vie d'un artiste peintre et critique qui, comme elle, fut un personnage central du groupe de Bloomsbury. «La Vie de Roger Fry» est le dernier texte de Virginia Woolf publié de son vivant.

  • Becky, Harry, Leon. Ils sont jeunes, hésitent entre le cynisme et le besoin éperdu d'utopie. Chacun a des rêves, des aspirations, que la ville nourrit et feint d'encourager pour mieux les broyer. Ce roman résonne des bruits et du rythme de notre époque, dans la prose incandescente de Kate Tempest, star du hip-hop, poétesse et artiste déjà légendaire à 30 ans à peine, admirée par Virginie Despentes, Lola Lafon ou Don DeLillo. Best-seller international, ce livre impose la jeune Anglaise comme une voix majeure de la scène littéraire d'aujourd'hui. 

  • En 2012, au moment de recevoir le Prix Adorno, Judith Butler se demande s'il est possible de vivre une bonne vie dans une mauvaise vie. Que peut donc signifier mener une vie bonne, une vie vraie quand la plupart sont exposés dans leur chair à la vulnérabilité d'une mauvaise vie ? Comment penser la résistance de la vraie vie à la fausse ? Cette ancienne question de la philosophie morale prend un sens neuf si on la pose dans les conditions concrètes de nos existences.

  • L'amour qu'une mère donne à son enfant est-il quantifiable ? Pourquoi une mère devrait-elle être " suffisamment " bonne ? Trop d'amour est-il nuisible ? Trois textes du célèbre pédiatre et psychanalyste anglais - " La préoccupation maternelle primaire " (1956), " La mère ordinaire normalement dévouée " (1966) et " La capacité d'être seul " (1958) - pour évoquer la curieuse folie qui prend toute mère enceinte lorsqu'elle fusionne avec son bébé ; la nécessité, pour que l'enfant devienne autonome, de le frustrer ; et les bienfaits qu'il peut retirer d'un peu de solitude.
    La majeure partie de l'oeuvre de Donald W. Winnicott (1896-1971) est publiée aux Éditions Payot, et notamment Le bébé et sa mère, Conseils aux parents, Déprivation et délinquance, L'enfant et la guerre, ou encore Agressivité, culpabilité et réparation.

  • David Lodge nous fait l'honneur de publier 2 nouvelles inédites pour célébrer la nouvelle édition de «L'Homme qui ne voulait plus se lever», un des best-sellers de la maison, avec plus de 116 000 exemplaires vendus. Dans ce recueil, on retrouve la quintessence du talent de Lodge : le sens de l'observation aiguisé, le génie de la comédie de moeurs, les personnages attachants et hilarants... 

  • «Ne vois-tu pas, dit Plutarque, quelle grâce possèdent les paroles de Sappho pour enchanter de leurs sortilèges ceux qui les écoutent ?» Sappho serait née aux environs de 650 avant J.-C., au plus tard en 630. Admirable poète, «la dixième Muse» met au jour l'intrication désespérée de la souffrance (morale) et de la douleur (physique). Elle la révèle en la faisant chanter. Elle a inventé le mal d'amour. Il faut penser que c'est une parole neuve, la parole neuve et libre de Sappho. Écoutons la parole et la voix de Sappho, pour autant que nous pouvons l'entendre, vivante malgré les mutilations du temps. Dans ces poèmes, merveilleux de simplicité apparente, il faut aller à petits pas, il faut peindre à petits traits, s'interroger sur les mots les plus simples, ne pas les transformer en métaphore. S'attacher au texte, dans un travail artisanal, pour qu'une clarté, de temps à autre, nous foudroie. Ce livre réunit l'ensemble de la collection des fragments de Sappho. Edition bilingue

  • Est-ce que notre aptitude à juger, à distinguer le bien du mal, le beau du laid, est dépendante de notre faculté de penser ? Tant d'années après le procès Eichmann, Hannah Arendt revient dans ce bref essai, écrit en 1970, à la question du mal. Eichmann n'était ni monstrueux ni démoniaque, et la seule caractéristique décelable dans son passé comme dans son comportement durant le procès et l'interrogatoire était un fait négatif : ce n'était pas de la stupidité mais une extraordinaire superficialité. La question que Hannah Arendt pose est : l'activité de penser en elle-même, l'habitude de tout examiner et de réfléchir à tout ce qui arrive, sans égard au contenu spécifique, et sans souci des conséquences, cette activité peut-elle être de nature telle qu'elle conditionne les hommes à ne pas faire le mal ? Est-ce que le désastreux manque de ce que nous nommons conscience n'est pas finalement qu'une inaptitude à penser ?

  • Ecologiste engagée, Barbara Kingsolver décide d'entraîner sa famille dans une aventure incroyable : avec son mari et leurs deux filles, elle devient « locavore », ne consommant que des produits issus de leur ferme dans les Appalaches ou de la production de la région. Avec un humour communicatif et une belle gourmandise, Barbara Kingsolver relate, mois après mois, les péripéties de cette expérience - faux pas, fous rires, fierté - qui aura pour toujours changé leur vie.

  • Pourquoi avons-nous si souvent le sentiment d'être menacés ? Derrière la frêle barrière de la civilisation, ce sont l'intensité et la violence des processus psychiques qui sont ici révélées. Dans toute leur brutalité. Un classique de 1937 où sont étudiés le mépris et l'envie, le désir de possession et la jalousie, le goût du pouvoir, mais aussi l'amour, la culpabilité et le besoin de réparation.

  • Dans ce court texte écrit en 1926 pour la revue de T. S. Eliot, Virginia Woolf s'interroge sur cette expérience particulière dont personne ne parle, dont le langage peine à rendre compte mais que tout le monde connaît : la maladie. Lorsqu'on tombe malade, constate-t-elle, la vie normale interrompt son cours réglé pour laisser place à un état de contemplation où le corps reprend ses droits et où l'univers apparaît soudain dans son indifférence totale à la vie humaine.

  • Est-il normal que votre enfant vous agace ? Se sentir coupable, pour un parent, est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Pourquoi les enfants aiment-ils qu'on leur dise « non » ? Que signifie un enfant qui suce son pouce ? Qu'est-ce qui stresse un bébé ? Qu'est-ce qui rend un bébé jaloux ?
    S'adressant directement aux parents, par la voie des médias, l'objectif de Winnicott n'est pas d'instruire les parents, mais de les aider à comprendre ce qu'ils font, puis à justifier ce qu'ils ont jugé bon d'entreprendre - bref, leur donner confiance en eux.

  • Que veut la femme ? Sur le plaisir et la sexualité des femmes, sur la bisexualité, sur la différence des sexes, sur la féminité même, voici, pour la première fois réunis en un recueil, et dans une traduction inédite, les quatre principaux essais de Freud : « Quelques conséquences psychiques de la différence des sexes », « Un cas d'homosexualité féminine », « De la sexualité féminine », « La féminité ». Le père de la psychanalyse, souvent critiqué, s'y montre aussi « un penseur de l'émancipation et de la liberté » (E. Roudinesco). Avec une préface de Pascale Molinier, professeur à l'université Paris 13 et auteur, chez Payot, des «Enjeux psychiques du travail», «Qu'est-ce que le care ?», et «L'Enigme de la femme active».

  • Elsa Morante ne s'est pas soustraite au débat politique qui agita l'Italie dans les années 1960 et 1970. Elle fut une observatrice attentive, inquiète et scrupuleuse des transformations de son pays mais aussi du destin de la révolution et de son idée. C'est sans doute en 1970 qu'elle rédige ce «Petit manifeste des communistes (sans classe ni parti)», publié pour la première fois en 1988, trois ans après sa mort. En treize courtes proses qui vont de l'aphorisme au pamphlet, la romancière affronte les motifs et les mots d'ordre de la révolution, elle reconnaît ses valeurs - l'honneur, la liberté d'esprit, la beauté, l'éthique -, mais aussi ses ennemis : le pouvoir, le parti, la force instituée. C'est ici toute une conception de l'histoire qui se retrouve énoncée avec force.

  • Considéré comme l'un des premiers féministes hommes, le philosophe et économiste John Stuart Mill (1806-1873) s'efforça, dans sa vie privée comme dans sa vie publique, de démontrer la nécessité d'accorder aux femmes l'égalité avec les hommes, combat dont l'apogée fut la publication de ce livre en 1869. Justice, liberté, droit à l'éducation, au travail et au suffrage, «L'Asservissement des femmes» est une oeuvre majeure dans l'histoire du féminisme et de l'émancipation des femmes.

  • A lire la correspondance que les deux hommes échangèrent pendant plus de trente ans, on se dit que Zweig est vraiment le fils que Freud aurait aimé avoir : il apprécie en lui sa "modestie intérieure", tout en étant séduit par l'écrivain, si proche à bien des égards d'Arthur Schnitzler qu'il considérait comme son "frère jumeau".

    A Zweig, Freud confie ce brevet de ressemblance : "Votre type est celui de l'observateur, de celui qui écoute et lutte de manière bienveillante et avec tendresse, afin d'avancer dans la compréhension de l'inquiétante immensité". De son côté, Zweig sera l'un des rares écrivains viennois, le seul peut-être à discerner d'emblée le génie de Freud, à le proclamer et à le situer dans la lignée de Proust , Joyce et Lawrence. "J'appartiens, lui écrit-il, à cette génération d'esprits qui n'est redevable presque à personne autant qu'à vous en matière de connaissance."

  • « Suis-je snob ? » : de cette question cruciale, la géniale romancière a fait le thème d'une méditation joyeuse et enlevée, exposée à la fin des années trente devant ses amis du Memoir Club. La réponse, évidemment, est affirmative. Car l'acuité du regard de Virginia Woolf impose tout autant à ses romans une sévère critique sociale qu'à sa vie une vigilance absolue en matière de goût.
    L'esthétique de l'existence, que Wilde faisait jouer contre la morale, prend chez elle la valeur absolue d'une exigence à l'égard du réel. Tout alors se réenchante : des « Réflexions sur une voiture » à celles sur « La nouvelle robe », les autres textes qui composent ce volume montrent Virginia Woolf qui laisse libre cours à ses émotions de jeune fille, tout en maîtrisant pleinement son art d'écrivain. Et pourquoi pas ? L'émerveillement ici n'est pas celui d'une consommatrice moderne et ne s'attache pas aux objets ; il signale l'agrandissement du champ de l'expérience. « Le rire, l'humour et la comédie » lui donnent le ton. C'est ainsi qu'avec les instruments de la fiction comme de la théorie, Woolf volette autour de toutes choses, s'enthousiasme, s'extasie, et termine en contemplant en face « La Mort du Papillon ».

  • Composé autour d'un « impubliable fragment » pornographique retrouvé en 2001, ce recueil de textes entièrement inédits en français explore la découverte, par la grande auteure de nouvelles fantastiques, des merveilles du sexe nu. Dans les pages de « Beatrice Palmato », Edith Wharton signe une scène unique, mais incandescente, qu'elle complète par un résumé plus audacieux encore. « J'ai dans la manche, se vantait-elle mystérieusement, un synopsis d'inceste qui ferait passer [tous les livres contemporains] pour des comptines de jardin d'enfants. » À cette lumière, les nouvelles « L'ermite et la sauvageonne » et « Le prétexte » révèlent des nuances rares, comme si depuis toujours, l'écriture de Wharton avait langui d'évoluer dans la splendeur aveuglante des enchantements charnels.
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  • À grands coups de talons, une jeune femme revenue de tout - de la richesse, du mariage, des voyages - décide de briser la porte qui est pour elle, la seule issue vers l'air libre : écrire ! Elle passe à la littérature comme d'autres passent à l'acte ; le geste vient du cOEur, des tripes, du fond de l'âme. Pour cette raison, Edith Wharton n'épargne rien. L'impuissance des petites vieilles (" La vue de Mme Manstey "), les exigences des femmes envers leurs maris (" La lampe de Psyché ", nouvelle inédite) la vie après la mort (" La plénitude de la vie ") sont tour à tour saisies à bras le corps et malmenées comme des poupées de chiffon...

  • En 1924, Hannah Arendt a dix-huit ans. C'est une jeune étudiante avide de savoir, avec des yeux rayonnants et une intelligence vive comme l'éclair. Elle rencontre Martin Heidegger, trente-quatre ans, marié et père de famille, qui enseigne la philosophie à l'université de Marbourg. Introverti, plein de fureur mais aussi d'une surprenante modestie, il attire à son cours les étudiants les plus prometteurs. Comme l'expliquera Arendt, "la rumeur le disait : la pensée est redevenue vivante, les trésors de la culture qu'on croyait morts reprennent sens. Il y a un maître, il est peut-être possible d'apprendre à penser".
    Entre eux débute alors une liaison durable et turbulente où l'amour et la philosophie vont s'entremêler, et que rien, pas même la guerre, n'entamera.

  • "Ma petite soeur, écoute mon conseil, écoute ma demande : respecte-toi plus que tu ne respectes les autres, respecte tes exigences, respecte même ce qu'il y a de mauvais en toi - respecte surtout ce que tu imagines être mauvais en toi - pour l'amour de Dieu, ne cherche pas à faire de toi une femme parfaite - ne copie pas une personne idéale, copie toi toi-même - c'est le seul moyen de vivre." (Clarice Lispector, Berne, le 6 janvier 1948)

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