Hermann

  • Bien des gens qui viennent voir un psychanalyste ou un rabbin ont d'abord l'idée qu'il va interpréter pour eux les mots et rendre explicite le non-explicite du langage, du signe ou des images qui les habitent. C'est la démarche très caricaturale de celui qui veut à tout prix que son psychanalyste interprète son rêve et lui traduise son sens sans ambiguïté. Celui-là attend de l'interprétation un éclaircissement, une sorte de sortie d'ambivalence de sens. Il veut que la vérité soit comme désobscurcie par l'autre qui détiendrait la vraie lecture et le sens authentique. Or une interprétation qui serait une théorie du signe perdrait toute sa puissance jusqu'à sa définition même, au lieu d'ouvrir le sens elle l'enfermerait dans une fidélité stérile. Tel est exactement le contraire de ce qu'exige toute interprétation. C'est ce que nous explique dans ce court texte Delphine Horvilleur, en confrontant les théories rabbiniques et psychanalytiques.

  • écrits (édition 2007)

    Alberto Giacometti

    • Hermann
    • 29 Septembre 2007

    Rassemblant des textes célèbres, notamment liés au surréalisme, quelques-uns des entretiens au cours desquels le sculpteur avait exposé ses vues sur l'art, des carnets et des feuillets inédits, l'ouvrage montre l'artiste aux prises avec son art et avec la vie. Il permet de comprendre l'esthétique de l'artiste et le regard qu'il portait sur le monde.

  • Il est indéniable que les féministes théorisent, et que leurs théorisations participent à transformer le monde. Mais peut-on - et doit-on - qualifier cette activité théorique ? Bien que les théories féministes partagent une visée politique émancipatrice, chercher à définir ce que signifie théoriser en féministe, c'est prendre le risque de masquer la pluralité des situations et des concepts. Dès lors, comment prendre en charge la diversité des contextes qui se trouvent derrière les connaissances ? Ne doit-on pas interroger ce que cette question - à la portée pourtant éminemment épistémologique - révèle des frontières du féminisme lui-même ? Comment aborder un phénomène qui est tout à la fois un engagement, une identité, une revendication, un outil ? Le féminisme se décline au pluriel et se trouve dans une tension permanente, parce qu'il se confronte à des conflits qu'on préfère généralement ignorer, parce qu'il est sujet à des interprétations multiples et, partant, parce qu'il s'élabore par mouvements successifs quoique continus. Suffit-il alors de se revendiquer du féminisme, entendu comme identité politique aussi bien que comme outil scientifique, pour produire un mouvement ou une théorie féministes ? Théoriser en féministe, c'est non seulement déclarer son appartenance à une communauté, mais c'est aussi chercher une forme de radicalité pour lutter contre la violence du système, qu'il soit social, politique ou philosophique.

  • Résumer l'oeuvre de freud pourrait sembler une tâche impossible, tant elle est riche et complexe, et tant les articulations entre les ouvrages publiés, les articles, les textes inédits et la correspondance sont nombreuses.
    Céline masson et laurence guichard ont cependant relevé le défi avec ce manuel, écrit à l'usage de ceux qui veulent lire freud. depuis l'esquisse d'un projet scientifique et de l'interprétation des rêves jusqu'à la correspondance avec fliess, tout le corpus du père de la psychanalyse entre 1884 et 1905 est ici minutieusement résumé, sans ajout ni commentaire, de manière à faire de ce livre un véritable sésame de l'univers conceptuel freudien.
    La présentation chronologique de textes rares, le plus souvent épars ou inaccessibles, permet de saisir l'ampleur de la révolution épistémologique accomplie par freud et témoigne en particulier de la naissance de la métapsychologie. outil de recherche autant que guide de lecture, cet ouvrage saura répondre aux attentes variées des étudiants, des analystes, des chercheurs ou des curieux. deux prochains tomes compléteront le premier : tome 11, 1905-1920, et tome 111,1920-1939.

  • La frénésie des pères

    Claude Rabant

    • Hermann
    • 19 Septembre 2012

    Ce livre nous ramène au « tranchant » de la découverte freudienne. En interrogeant d'emblée l'Oedipe et la question du père, non pas comme des idéologies prêt-à-penser, mais dans leurs soubassements tels qu'ils se sont constitués dans l'écriture et la pensée même de Freud, Claude Rabant accomplit une ouverture radicale sur ce qu'il y a de plus vivant dans la psychanalyse aujourd'hui. « Entre certitude et servitude, comment tracer le chemin d'une liberté qui soit celle du sujet ? ». Pour l'auteur, la question n'est pas tant l'affaiblissement de l'autorité paternelle qu'il faudrait rétablir, mais plutôt, comme l'affirmait Freud, la frénésie avec laquelle les pères « s'accrochent désespérément » aux restes de cette puissance déchue. Partant de là, se révèle la face cachée de la mère archaïque perdue. Se dégagent également de nouvelles perspectives pour, entre autres, des questions aussi fondamentales que le déni et la pulsion de mort, la différence des sexes et la castration qu'il s'agit ici de sortir des impasses anatomo-biologiques, du rapport entre angoisse et jouissance, ou encore... de ce « dark continent » que constitue le féminin. Tels sont les enjeux de cet ouvrage qui sonne comme un réveil pour les psychanalystes : « Psychanalystes encore un effort si vous voulez être lacaniens ».

  • Une chambre est un espace d´intimité et de tranquillité, accommodé pour le confort et l´agrément, le sommeil, la détente, le désir. Elle est le cadre habituel de la rêverie, de la prière, de la sexualité, de la récupération de la santé. Mais la chambre est aussi un lieu public, une assemblée, l´endroit où l´on débat, le coeur de la politique. Les textes qui dessinent ici l´architecture de cette chambre rassemblent les grandes étapes d´une aventure de pensée qui commence avec la dialectique, se poursuit avec la déconstruction, se prolonge avec les recherches actuelles sur le cerveau et la plasticité neuronale. À la fin du XXe siècle, le cerveau n´apparaît plus comme un organe dénué de fonction symbolique. Il devient le lieu même de la subjectivité. Quelles conséquences cette prise en compte d´un nouvel objet a-t-elle rétrospectivement sur les discours qui l´ignoraient ? En quoi la conscience de notre cerveau change-t-elle nos façons de lire et de comprendre une réalité qui prend de ce fait une nouvelle ampleur ?

  • L'homme souvent nie la réalité. Il peut la nier en construisant un délire ou en fabriquant un fétiche, qu'il adore à la place de ce qu'il n'y a pas. Cette attitude, Freud l'a appelée déni ou désaveu, pour la distinguer du refoulement qui caractérise la névrose. Devant l'insupportable, l'homme fabrique un objet, délire ou fétiche, qui l'en protège magiquement. Entre perversion et psychose, le déni dessine donc un carrefour. Or, curieusement, les psychanalystes ont presque totalement négligé ce processus, dont à l'exception d'Octave Mannoni il n'ont pas poursuivi l'élaboration comme ils l'ont fait du refoulement. Le but de ce livre, qui obtint le Prix OEdipe en 1992 lors de sa première édition et qui, depuis, est devenu un classique de la psychanalyse, est de reprendre ce problème là où il a été abandonné, et d'en montrer la fécondité.


  • qu'est ce qui justifie des normes comme " tu ne tueras point " ou " nul ne peut être soumis à la torture " ? c'est autour de cette question fondamentale que se sont constituées les trois grandes théories morales : l'éthique des vertus (inspirée d'aristote), l'éthique des devoirs (mise en forme par kant) et l'éthique des conséquences (matrice de l'utilitarisme).
    qu'est-ce qui distingue ces trois approches ?y a-t-il des raisons décisives d'en préférer une ? dans ce livre, ruwen ogien et christine tappolet montrent que, pour trancher ce débat, il faut clarifier les deux concepts- clés de l'éthique et analyser leurs relations : les normes (qui posent des obligations, des interdictions, des permissions) et les valeurs (qui disent ce qui est bien ou désirable).
    ils proposent une hypothèse simple, mais iconoclaste : si pour justifier les normes, il faut nécessairement foire appel à des valeurs, c'est que, contre kant et aristote, il faut être conséquentialiste.

  • Au-delà de l'apprentissage et de la contrefaçon, l'acte de copier ne cesse de nourrir la création contemporaine. Par déplacements, écarts, et variations se réactualisent de nombreuses réflexions sur la relation instable de l'oeuvre vis-à-vis de son originalité et de son unicité.
    La répétition comme principe de création nous amène à analyser diverses modalités et procédures de reprise et de réactivation - de la reproduction la plus fidèle aux reformulations les plus distanciées, en passant par de multiples transferts et détours - dans les champs des arts plastiques, de la littérature, de la musicologie, du design, de la muséographie, ou encore des pratiques filmiques.
    Ce volume valorise une approche transdisciplinaire, croisant les pratiques et les études de chercheurs théoriciens, d'artistes plasticiens, de designers, d'un musicien, d'une conservatrice du patrimoine et d'une juriste.

  • Delire et theorie

    Claude Rabant

    • Hermann
    • 19 Septembre 2012

    Préface inédite de René Major 1978. Dix ans après 1968 et la tentative de libérer la vie par un souffle de révolte, le délire du maître souffle à nouveau sur la civilisation. Remontons à Rousseau et à ce qu'il nous a laissé d'un déchiffrage de ce délire à travers la réflexion pédagogique, la question de l'enfance et de son trucage par l'éducation. Question relevée par Freud et jusqu'à nous sous la forme ambiguë de la « sexualité infantile polymorphe », qui a certes engendré dans son sillage la « libération sexuelle » mais aussi, par retour de béton, l'extension à outrance du « crime sexuel ». Les « machines séductrices », mises en avant dans la littérature romantique par Hoffmann, préfiguraient sans doute cette ambiguïté naissante. Stabilité et pulsion : nous voici désormais confrontés, par le délire de Schreber, à l'envers de ce délire du maître, ouvrant la voie à l'expansion de la pulsion de mort, dès lors mise par la psychanalyse freudienne en contrepoint tragique aux forces d'Éros : " Toute culture viendrait ainsi déferler en un point déterminé de folie ". Méditer, au miroir de la théorie, sur le chemin parcouru jusqu'au déferlement de notre folie actuelle, tel serait l'appel de l'histoire à sa propre réécriture.

  • 1905-1913 est une période d'intense réflexion pour freud qui rédige alors la quasi-totalité de ce que nous appelons aujourd'hui les cinq psychanalyses.
    D'une richesse clinique inépuisable, ces textes montrent comment la technique analytique se trouve alors en pleine élaboration au contact des différentes structures psychiques. parallèlement, la théorie du transfert s'édifie. les échanges épistolaires avec ferenczi, jung et abraham ici résumés mettent en lumière le rigoureux travail de construction théorique et de synthèse clinique accompli ; ils soulignent également l'influence que freud exerça sur ses disciples et les rapports conflictuels qui s'ensuivirent.
    Ce livre constitue un outil facilement exploitable par les étudiants, les analystes et les amateurs grâce à la proximité qu'il établit avec les textes majeurs de freud ainsi qu'avec ses écrits moins connus.

  • Tous les deux ans, dans la Grande Galerie du Louvre, se tenait, au milieu du XVIIIe siècle, une exposition de peintures et de sculptures. Diderot rendit compte de ces salons et inaugura de ce fait le genre de la critique d'art. Il évoque ici notamment Chardin, Van Loo, Saint-Aubin, Caffieri, Houdon, Vernet, Dejoux...

  • Pourquoi la tristesse plutôt que la joie ? Quelle est l´énigme de la mélancolie ? Avec autant de profondeur que de puissance, Claude Rabant nous invite à ce propos à explorer l´espace entre philosophie et psychanalyse. Les lectures croisées de Spinoza, Imre Hermann, Freud, Kierkegaard, construisent ici une nouvelle problématique autour des figures de la métamorphose : sublimation, traduction et transfert, qui contribue à renouveler les exigences de l´éthique psychanalytique.
    La première guerre mondiale amène Freud à opposer la pulsion de mort aux pulsions de vie et à remanier en même temps son analyse du processus civilisateur. L´auteur démontre la façon dont s´instaure une dialectique entre pulsion et libido : à la constante universelle d´une pulsion destructrice qui peut engendrer la mélancolie, s´oppose le fragile renouveau d´une force vitale, l´Éros. Par contraste, le deuil devient l´agent civilisateur par excellence. Si la voie de l´éthique implique une probité à l´égard de soi-même, c´est que, dans la pratique de ce métier, la pulsion est envisagée comme outil de sublimation et non comme objet de refoulement. Enfanter et non pas créer...Faire face à la « superstition psychologisante » dont Lacan soulignait déjà la dérive dans les esprits...

    Claude Rabant, psychanalyste, ancien élève de l´ENS, agrégé de philosophie, est cofondateur du Cercle freudien. Auteur de Délire et théorie, Clins, Inventer le réel.

  • Créé le 24 avril 1665 par la troupe de Molière au Palais-Royal, Le Favori, troisième et dernière pièce de Marie-Catherine de Villedieu, fut représenté devant Louis XIV à Versailles dans la nuit du 13 au 14 juin. Imitée d'une comedia espagnole, cette tragi-comédie met en scène la soudaine disgrâce de Moncade, le favori du roi de Barcelone. Lassé des coquettes façonnières et des flatteurs importuns qui troublent sa solitude, il s'abandonne à la mélancolie et accuse la faveur royale de le priver de toute amitié sincère, de tout amour véritable. Seul un revers de fortune lui permettrait de distinguer les amis sincères des caméléons de cour attirés par l'éclat de sa gloire. Le roi ordonne donc qu'il soit arrêté et emprisonné. Feinte disgrâce ou vrai coup d'État ? Au moment où s'achève le procès de Nicolas Fouquet, Mme de Villedieu soustrait à la représentation la prise de décision royale et plonge le spectateur dans la perplexité. Réponse au Cinna de Corneille, Le Favori interroge ainsi les fondements, les finalités et les limites de l'absolutisme.

  • Sous l'égide symbolique du soixantenaire des Indépendances Africaines, en guise de bilan, Femmes noires francophones propose une réflexion subsaharienne sur le patriarcat et le sexisme aux XXe-XXIe siècles. Cet essai, qui se présente comme une déclaration de politique générale, affirme que « l'heure de nous-même a sonné ». Grâce au récit d'expériences de femmes contemporaines, l'ouvrage est riche de questionnements, d'enjeux et d'interpellations collectives liés à une époque où, sans plus déléguer leur parole à des intermédiaires et d'énièmes médiateurs, les femmes entendent désormais s'exprimer elles-mêmes sur les questions qui les concernent. LA femme noire et africaine, c'est l'histoire de tant de vies acculées, de tant de ferveurs occultées, de tant de rêves étouffés, de tant d'expériences confinées par des frontières imposées. L'auteure évoque ici une femme reléguée dans un ghetto hors du temps, dont le portrait est encadré par des plafonds de verre et des bornes exogènes. Une femme à qui le racisme et le patriarcat contestent le droit à la parole, dont on s'arroge le droit de devenir expert(e) et porte-parole, de façon surplombante, en toute arrogance et indifférence, sans lui laisser le droit élémentaire et légitime de parler en son nom propre.

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