Gallimard

  • « Légendes saisies en vol, fables ou apologues, ces Nouvelles Orientales forment un édifice à part dans l'oeuvre de Marguerite Yourcenar, précieux comme une chapelle dans un vaste palais. Le réel s'y fait changeant, le rêve et le mythe y parlent un langage à chaque fois nouveau, et si le désir, la passion y brûlent souvent d'une ardeur brutale, presque inattendue, c'est peut-être qu'ils trouvent dans l'admirable économie de ces brefs récits le contraste idéal et nécessaire à leur soudain flamboiement ».
    Matthieu Galey

  • La bâtarde

    Violette Leduc

    Préface de simone de beauvoir " mon cas n'est pas unique : j'ai peur de mourir et je suis navrée d'être au monde.
    Je n'ai pas travaillé, je n'ai pas étudié. j'ai pleuré, j'ai crié. les larmes et les cris m'ont pris beaucoup de temps (...). le passé ne nourrit pas. je m'en irai comme je suis arrivée. intacte, chargée de mes défauts qui m'ont torturée. j'aurais voulu naître statue, je suis une limace sous mon fumier. "

  • La comédienne Rachida Brakni évoque avec admiration la relation particulière qui unit Sylvia Plath à l'héroïne de son unique roman.

    Sélectionnée pour un stage d'été dans un prestigieux magazine, Esther Greenwood s'étourdit dans le New York des années 50. Entre les cocktails, la rédaction d'articles et les robes à la mode, elle est censée s'amuser comme jamais. Pourtant, elle est assaillie par des pensées morbides.
    Inspiré de la vie de son auteur, La Cloche de détresse est un classique de la littérature américaine, dans lequel on retrouve la poésie obsédante de Sylvia Plath. Des images magnifiques, acides, teintées d'humour noir, qui vous submergent inévitablement.

  • « À tous les lecteurs qui désirent quelque chose d'inouï ; à tous les lecteurs passionnés, ennuyés, rassasiés, enthousiastes, passagers, frivoles, fidèles, s'adresse ce roman inclassable. «... Il faudrait quelque chose d'inédit, d'extraordinaire. Toi qui voyages tant, Daddo, pourquoi ne me procurerais-tu pas quelque chose de bien primitif, et même de l'anormal ? Tout a déjà été découvert, mais on ne sait jamais... - Il faudrait les confessions de quelque fou, si possible amoureux d'un iguane, répondit Daddo sur un ton badin ; et qui sait comment cela lui était venu à l'esprit...» De cette conversation printanière et milanaise entre deux amis, l'un éditeur, l'autre, le héros, le jeune, riche et noble Aleardo, dit Daddo, architecte et «acheteur d'îles», le destin se saisira pour la plus tendre, mystérieuse et cruelle des aventures. Quand Daddo aborde avec son yacht dans l'île inconnue d'Ocaña, au large du Portugal, il ne sait pas quelle rencontre fatale l'attend au milieu de personnages qui semblent issus d'un autre siècle. Pris entre les pouvoirs de l'argent et les séductions de la nature, il va vivre, le temps d'une agonie, le plus fou des amours. Dans un style lancinant, vibrant de tragique et de drôlerie, A. M. Ortese jongle en virtuose avec la réalité et le rêve, et nous fait basculer d'un instant à l'autre du Paradis perdu à l'Enfer retrouvé. C'est Kafka dans L'Île au trésor ; et le trésor de cette île est «la fille du mal», Estrellita, céleste, diabolique servante... » Jean-Noël Schifano.

  • Ethan Frome

    Edith Wharton

    Ethan Frome works his unproductive farm and struggles to maintain a bearable existence with his difficult, suspicious and hypochondriac wife, Zeena. But when Zeena's vivacious cousin enters their household as a hired girl, Ethan finds himself obsessed with her and with the possibilities for happiness she comes to represent.

  • India song

    Marguerite Duras

    C'est l'histoire d'un amour, vécu aux Indes, dans les années 30, dans une ville surpeuplée des bords du Gange. Deux jours de cette histoire sont ici évoqués. La saison est celle de la mousson d'été. Quatre voix sans visage parlent de cette histoire. L'histoire de cet amour, les voix l'ont sue, ou lue, il y a longtemps. Certaines s'en souviennent mieux que d'autres. Mais aucune ne s'en souvient tout à fait et aucune, non plus, ne l'a tout à fait oubliée.
    L'histoire évoquée est une histoire d'amour immobilisée dans la culminance de la passion. Autour d'elle, une autre histoire, celle de l'horreur, famine et lèpre mêlées dans l'humidité pestilentielle de la mousson.

  • Feux est une suite de nouvelles, de proses lyriques, presque de poèmes, inspirés par une certaine notion de l'amour. Alternant avec des notes sur la passion amoureuse, on y trouve les histoires de Phèdre, d'Achille, de Patrocle, d'Antigone, de Léna, de Marie-Madeleine, de Phédon, de Clytemnestre, de Sappho.
    «Dans Feux, où je croyais ne faire que glorifier un amour très concret, ou peut-être exorciser celui-ci, écrit l'auteur, l'idôlatrie de l'être aimé s'associe très visiblement à des passions plus abstraites, mais non moins intenses, qui prévalent parfois sur l'obsession sentimentale et charnelle : dans Antigone ou Le choix, le choix d'Antigone est la justice ; dans Phédon ou Le vertige, le vertige est celui de la connaissance ; dans Marie-Madeleine ou Le salut, le salut est Dieu. Il n'y a pas là sublimation, comme le veut une formule décidément malheureuse et insultante pour la chair elle-même, mais perception obscure que l'amour pour une personne donnée, si poignant, n'est souvent qu'un bel accident passager, moins réel en un sens que des prédispositions et les choix qui l'antidatent et qui lui survivront.»

  • Les lecteurs de La ferme africaine ne manqueront pas de se réjouir de la publication des lettres que Karen Blixen a envoyées à sa famille, au Danemark, entre 1914, date d'une arrivée en Afrique qui coïncida avec son mariage, et 1931, date de son départ définitif, le coeur brisé, après une série d'échecs. Ces lettres révèlent la personnalité, jusqu'ici assez secrète, de cette aristocrate aux prises avec une vie à laquelle elle n'avait nullement été préparée et qui prend au sérieux, et même au tragique, une entreprise purement commerciale à l'origine. Un gouffre se creuse peu à peu entre une femme et son entourage, une catastrophe ultime met sa vie en péril ; il devient alors urgent de préserver un sens à sa vie, au-delà des mers et du désespoir. Cette correspondance, à la fois journal intime et gazette, constitue également un document de première importance sur la vie d'une communauté blanche en terre «coloniale» à l'aube d'un XXe siècle qui va mettre en question la suprématie européenne. Témoin privilégié, Karen Blixen découvre, à sa propre stupéfaction, qu'il existe des alternatives en matière de culture. Enfin, par les recoupements qu'il permet avec La ferme africaine, ce livre est un document sur la littérature elle-même, sur ses conditions et ses nécessités.

  • « Sans travail, sans rien en vue, j'ai fini de vendre ce qui me restait : mon lit de jeune fille, le matelas du lit aux colonnes, la montre de Quimet que je voulais donner à Antoni lorsqu'il serait grand. Tout le linge. Les coupes, les tasses, le buffet... Et quand il ne me restait rien en dehors de ces monnaies qui me semblaient sacrées, j'ai fait taire ma fierté et je suis allée chez mes anciens patrons. »
    Une Catalane, femme du peuple, originaire du quartier de Gràcia à Barcelone, raconte sa vie. Avec délicatesse et discrétion, Natàlia évoque son adolescence, le travail - elle est alors vendeuse dans une pâtisserie du quartier -, son mariage, les maternités, la mort de son mari, milicien dans l'armée républicaine, la guerre civile, la faim, le désespoir, son remariage...
    Ce témoignage émouvant par la simplicité d'une vie banale en apparence, mais qui se déroule pendant une époque mouvementée, la guerre civile puis les années noires qui suivent la victoire du franquisme, est considéré comme le chef-d'oeuvre du roman catalan depuis un quart de siècle.

  • « Malgré "les larmes et les cris", les livres de Violette Leduc sont "ravigotants" - elle aime ce mot - à cause de ce que j'appellerai son innocence dans le mal, et parce qu'ils arrachent à l'ombre tant de richesses. Des chambres étouffantes, des coeurs désolés ; les petites phrases haletantes nous prennent à la gorge : soudain un grand vent nous emporte sous le ciel sans fin et la gaieté bat dans nos veines. Le cri de l'alouette étincelle au-dessus de la plaine nue. Au fond du désespoir nous touchons la passion de vivre et la haine n'est qu'un des noms de l'amour. » Simone de Beauvoir.

  • La créole Antoinette Cosway raconte son enfance au domaine Coulibri, à la Jamaïque. Entre l'indifférence de sa mère et les révoltes des esclaves, son destin bascule : elle est envoyée dans un couvent qu'elle quittera à l'âge de dix-sept ans pour se voir épouser un Anglais, distant, égoïste et arrogant. Poussée par la haine qu'il lui porte, elle sombrera dans l'alcoolisme et la folie meurtrière.
    Il fallut neuf ans à Jean Rhys pour écrire La prisonnière des Sargasses qu'elle publie en 1966, après un silence de vingt-sept ans. Elle y évoque la solitude et la démence, dans une écriture d'une extrême densité et d'une grande pudeur, qui font de ce roman l'un des plus forts et des plus attachants qu'elle ait écrit.

  • Agnès Grey

    Anne Brontë

    « L'imaginaire », aujourd'hui dirigée par Yvon Girard, est une collection de réimpressions de documents et de textes littéraires, tantôt oeuvres oubliées, marginales ou expérimentales d'auteurs reconnus, tantôt oeuvres estimées par le passé mais que le goût du jour a quelque peu éclipsées.

  • « Les partis ne vous ont pas manquée. Vous avez toujours refusé. Pourquoi ? On ne le saura jamais » : ainsi parle à Mademoiselle Clarisse - cinquante-quatre ans - un client de son café-épicerie-mercerie de village. Nous non plus, nous ne saurons pas pourquoi Mademoiselle Clarisse - fort sociable pourtant, et qui entretient avec sa clientèle des relations harmonieuses - a vécu et vit solitaire. Mais nous comprenons qu'il y a en elle quelque chose de noué, et qui ne favorise pas les relations avec les hommes. Dans sa jeunesse elle fuyait les rencontres, maintenant elle rêve « d'un homme ne sachant pas se défendre ». Et voilà que survient un homme inattendu. Il s'est réfugié dans la salle du café, il y est mort. Aussitôt Mademoiselle Clarisse s'empare de ce mort. Une tempête de tendresse, d'amour et de dévouement la saisit devant ce corps qui lui est livré, et de qui elle prend soin comme si son activité terrestre n'était pas interrompue à jamais. Elle invente son histoire, s'invente une histoire avec lui, mais doit vite reconnaître que le mort ne pourra rien lui donner.

  • " amélie rabilloux a avoué dès qu'elle a été arrêtée.

    Je les ai appelés les lannes. elle, claire, claire lannes. lui, pierre, pierre lannes.
    J'ai changé aussi la victime du crime ; elle est devenue marie-thérèse bousquet, la cousine germaine de pierre lannes, celle qui tient la maison des lannes à viorne.
    Je crois que la peine d'amélie rabilloux a été considérablement écourtée. au bout de cinq ans, en effet, on l'a revue à savigny-sur-orge. elle était revenue dans sa maison, rue de la paix.

    Quelquefois on l'a encore revue. elle attendait l'autobus en bas de sa rue.
    Toujours elle était seule.
    Un jour on ne l'a plus vue. ".

  • Monsieur andesmas, soixante-dix-huit ans, achète une maison pour sa fille valérie. il veut faire construire une terrasse qui domine la plaine, un village, la méditerranée. Il attend l'entrepreneur qui est en retard. le livre est la relation des évènements qui se passent entre quatre heures et demie et la tombée du jour. Durant tout cet après-midi pendant lequel monsieur andesmas attend. Réédité en tirage limité à l'occasion des trente ans de la collection l'imaginaire, L'après-midi de monsieur andesmas de marguerite duras est ici accompagné d'un cd, restituant les entretiens que l'écrivain accorda en 1974 et en 1980 à viviane forrester et jean-pierre ceton: l'intimité de l'écriture. la solitude de l'écrivain, le silence de la mémoire..., une voix unique. inoubliable.
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  • Denier du reve ce roman évoque dans leur réalité la plus vivante, mais aussi dans leur secrète allégorie, quelques aspects particuliers de la rome de l'an xi du fascisme.
    Il y a là une authentique peinture de certains milieux antifascistes de l'époque et du drame de leur révolte vouée à la clandestinité et à l'échec durant ces années où triomphait la dictature. la pièce de monnaie, le " denier du rêve " passant de main en main relie entre eux divers êtres humains enfoncés dans leurs propres passions et leur personnelle solitude.

  • Le prince noir

    Iris Murdoch

    Écrivain infécond d'un certain âge, Bradley Pearson a pour meilleur ami un autre écrivain, plus jeune que lui, Arnold Baffin, auteur médiocre et prolifique qui plaît au public. Pearson est entouré d'amis et de parents rapaces : son ex-femme qui voudrait le reconquérir, son beau-frère, un homosexuel qui pêche en eau trouble, la femme d'Arnold qui s'offre à lui, et surtout Julian, vingt ans, dont il tombe éperdument amoureux.
    La jalousie, la peur, l'amour, la haine et les malentendus entraînent ces personnages dans des situations de plus en plus complexes. De rebondissements en suspenses psychologiques, Iris Murdoch met en place les éléments d'une tragédie de facture peu classique, où le destin intervient avec autant de force que dans le théâtre de Shakespeare.

  • " - sur son corps, dit sabana, sur son bras, il y a quelque chose d'écrit.
    Elle se détache du juif, prend son bras, relève la manche de sa veste et regarde.
    - c'est l'endroit de mon numéro.
    - ecrit là d'où tu viens, dit abahn - il ajoute - dans la capitale du monde.
    Sabana regarde le bras.
    - c'est en écriture bleue.
    - quoi ? demande david.
    - je ne comprends pas, je ne lis pas, dit sabana.
    - c'est le mot : non, dit abahn.
    - ils ont écrit quand ? demande david.
    - au cours de la vie, dit abahn.
    - c'est le même mot pour le juif et pour ceux qui veulent le tuer, dit sabana.
    - le même, dit abahn : le mot juif, le mot contre le juif.
    "

  • L'histoire de Cupidon et Psyché forme la trame du Coeur pur, roman d'amour dans l'Angleterre victorienne. Une adolescente de seize ans, orpheline, naïve et amoureuse obstinée, Sukey, prend peu à peu possession d'un paysage de marais verts et de ruisseaux bleus, celui de ses randonnées amoureuses et de ses ferveurs, avec l'innocence et la délicatesse d'un «coeur pur» qui défie à sa manière les certitudes des gens de raison et de pouvoir.
    Un roman où se côtoient humour, insolence et tendresse.

  • « L'imaginaire », aujourd'hui dirigée par Yvon Girard, est une collection de réimpressions de documents et de textes littéraires, tantôt oeuvres oubliées, marginales ou expérimentales d'auteurs reconnus, tantôt oeuvres estimées par le passé mais que le goût du jour a quelque peu éclipsées.





  • " il ne m'était pas difficile de découvrir la meilleure manière de cultiver l'esprit de frances, de satisfaire son âme altérée, de favoriser l'expansion de cette force intérieure que le froid et la sécheresse avaient paralysée jusqu'à présent ; une bienveillance continuelle cachée sous un langage austère et ne se révélant qu'à de rares intervalles par un regard empreint d'intérêt ou par un mot plein de douceur, un profond respect dissimulé sous un air impérieux, une certaine sévérité jointe à des soins assidus et dévoués, furent les moyens dont je me servis avec elle, et ceux qui convenaient le mieux à sa nature aussi fière que sensible.
    ".

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