Escampette

  • Alberto Manguel a réuni, pour sa collection, ces textes sur la littérature française que Virginia Woolf a écrits pour des revues ou des journaux et qu'elle n'a jamais publiés en volume.
    On retrouvera, tout au long de ces brefs essais, l'humour qui caractérise V. Woolf, ainsi que la culture qui traverse la « bonne » société londonienne de cette époque.
    On appréciera, en outre, la qualité de la traduction de Christine Le Boeuf (traductrice habituelle d'Alberto Manguel).

  • La caisse de livres est descendue du camion, et souvent reçue avec des larmes.
    " Tous ces livres ? Pour nous ? Rien que pour nous ? " La bibliothèque est peut-être une petite case, équipée de quelques rayonnages, mais le plus souvent c'est une planche posée sur de vieilles caisses. Sur ces planches, les livres sont disposés avec déférence. Un bibliothécaire a été choisi pour son honnêteté tout autant que pour ses cinq ou six années de scolarité. Un cahier auquel est attaché un crayon servira à enregistrer les emprunts.
    Mais il n'y a pas que ce village, d'autres villages voisins profiteront eux aussi de cette manne. Ils ont déjà dépêché des émissaires : s'il vous plaît, partagez vos livres avec nous. Mais il n'y a que cinquante volumes, peut-être une centaine. Doris Lessing.

  • Jacqueline Merville se qualifie de "vagabonde". Vagabonde sur la Terre et aussi vagabonde entre l'écriture et la peinture. Chez elle, ces deux formes d'expression se complètent comme l'ombre et la lumière ; autant sa peinture est lumineuse, autant ses livres traitent de la violence du monde.
    Ce nouveau livre est né de la douloureuse expérience de ce que l'auteur porte comme un "crime originel". Adolescente, elle a exprimé son refus catégorique à la venue d'un nouvel enfant dans le cercle familial et a poussé ainsi sa mère à subir un avortement clandestin, tel que pratiqué dans ces années soixante... Se mêle à ce souvenir celui du passage d'un état à un autre, de l'enfant à la femme...
    Ce texte vient à maturité lors du passage d'un monde à l'autre, de l'occident à l'orient, terme d'un voyage provoqué par la lecture du livre d'un philosophe indien. Partie vers l'Inde à la recherche d'un équilibre lumineux, Jacqueline Merville y rencontrera l'extrême violence d'un pays où l'on tue parfois à la naissance les filles inutiles...
    Ce cadavre d'enfant qu'elle découvrira, abandonné au pied d'un arbre, la renverra à son expérience personnelle et la perturbera jusqu'à la folie...

  • Jacqueline merville parvient à enchâsser le drame individuel dans le drame collectif, sans que jamais l'un prenne le pas sur l'autre.
    De la femme violée à la sauvagerie de la nature, le passage nous est possible grâce à une écriture sobre et pudique qui dit aussi bien la révolte que la compassion. un livre grave et superbe...

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