Langue française

  • « Comparable aux luttes pour l'avortement des années 70 et pour la parité, dans les années 90, le mouvement de protestation féminine récent déclenché par l'« affaire Weinstein » - véritable métaphore des agressions sexuelles et des liens entre jouissance et pouvoir - fait partie des moments d'Histoire, où se condensent les colères, où naissent les révoltes. C'est un acte collectif d'émancipation !

    Au-delà de l'anecdote ou du fait divers, cet événement est pluriel, historique et politique : parce qu'il fait basculer l'un des hommes les plus puissants du monde (à la fois « chef » et « prédateur » ) ; parce qu'il a encouragé plusieurs milliers de femmes à demander justice et à remettre en cause un rapport de force ; enfin parce qu'il concerne aussi les hommes, leur masculinité et leur ressenti de la domination masculine.

    À l'inverse des prises de position rétrogrades et culpabilisantes qui visent à inhiber ou à opposer, ce livre réunit les « prises de parole » et les « prises d'écriture » d'autrices et d'auteurs - militantes et militants, chercheuses et chercheurs, créatrices et créateurs, victimes ou non... -, qui, sans nier leurs divergences, s'accordent pour dénoncer les injustices et les violences réelles (professionnelles, économiques, sexuelles...) subies par les femmes aujourd'hui et réaffirment la nécessité de les penser et de les combattre.

    Partant de la révélation de « l'affaire Weinstein » et des effets mondiaux de sa dissémination (#MeToo, #BalanceTonPorc, etc.), cet ouvrage pluridisciplinaire précise les enjeux des débats et des mobilisations, et les met en perspective au regard des réflexions récentes sur les violences de genre, le consentement, l'émancipation des femmes, et l'égalité des sexes. » S.L.

    Avec les contributions de Asia Argento,? Alliance des femmes pour la démocratie, Fatima Benomar?, Natacha Chetcuti-Osorovitz, Wendy Delorme,? Catherine Deschamps,? Alicia Dujovne Ortiz,? Camille Froidevaux-Metterie, Valérie Gérard,? Mona Gerardin-Laverge, Charlotte Gonzalez,? Mélanie Gourarier,? He Yuhong,? Eva Illouz,? Kubra Khademi,? Catharine MacKinnon,? Michela Marzano,? Maïa Mazaurette, Jacqueline Merville?, Janine Mossuz-Lavau,? Émilie Notéris,? Patricia Paperman, Marie-Anne Paveau,? Michelle Perrot,? Élodie Petit,? Deborah de Robertis?, Sandrine Rousseau (Association Parler), Inna Shevchenko (FEMEN), ?Frank Smith,? Isabelle Steyer,? Élise Thiébaut,? Alain Viala.

  • Rébellion

    Collectif

    « Premier ouvrage complet écrit par le mouvement international FEMEN, dévoilant les témoignages personnels de nos activistes dans différents pays et développant nos combats et nos idées, Rébellion s'empare de thématiques telles que la prostitution, la laïcité, les violences faites aux femmes, les droits LGBT, la montée des intégrismes et la liberté d'expression, emmenant les lectrices et les lecteurs au coeur de notre lutte. Nous sommes parties d'un constat on ne peut plus actuel : les politiques délaissant le peuple, c'est au peuple, et donc à nous, de prendre la parole. C'est aux femmes de faire leur révolution. Mener des actions politiques, pratiquer la désobéissance civile, prendre tout espace public, politique et discursif réservé aux hommes est impératif pour que la voix et les intérêts des femmes résonnent dans ce système de domination masculine.

    Rébellion est l'expression des nouveaux combats à mener, des revendications féministes actuelles. Nous voulons donner aux lectrices et aux lecteurs le courage de s'insurger et les moyens de s'organiser pour résister au patriarcat de façon active, puissante et efficace. Nous voyons l'activisme comme une responsabilité civique. Il est pour nous l'une des principales formes que le féminisme doit prendre, impérative pour réaliser ce monde égalitaire auquel nous rêvons. » Le mouvement FEMEN

  • Après le volume 1 qui a donné un éclairage inédit aux premières années du Mouvement de libération des femmes (MLF), ce second volume de MLF-Psychanalyse et politique, 1968-2018 - 50 ans de libération des femmes, retrace, documents historiques à l'appui, les années de maturation et de maturité d'un mouvement qui n'a jamais cessé, avec Antoinette Fouque, d'être à l'avant-garde, générateur de créations dans tous les champs, symbolique, politique, intellectuel et culturel.

    Ce volume 2 commence dans les années 1974-75, au moment où les luttes des femmes émergent au niveau mondial et où des institutions étatiques commencent à s'en préoccuper. Il montre comment l'action continue du MLF a dynamisé un nouveau rapport des femmes au monde et du monde aux femmes; de la maîtrise de la fécondité à l'accès à l'écriture et à la création, de l'affirmation d'existence à la démocratisation et à la parité.

    Ce livre retrace aussi l'apport d'Antoinette Fouque à la psychanalyse, à la philosophie, à l'anthropologie, à l'écriture et à la politique contemporaines et l'accueil qui lui a été réservé, le mouvement de pensée autour de la différence des sexes auquel il a donné lieu. Qu'il s'agisse d'y souscrire ou de s'y opposer, quiconque depuis cinquante ans réfléchit à ces questions s'y réfère explicitement ou implicitement.

    En transmettant la dynamique du MLF-Psychanalyse et politique et les transformations qui en sont issues, ce volume met en évidence que le mouvement des femmes est plus nécessaire que jamais et plus que jamais d'actualité.

  • Il y a cinquante ans, en 1968, naissait en France le Mouvement de libération des femmes (MLF) qui allait transformer radicalement la société, la culture et la conception que les femmes et les hommes ont d'eux-mêmes et de leurs relations réciproques.
    Au coeur de ce mouvement qu'elle a cofondé, Antoinette Fouque a créé une pratique de pensée et d'action inédite, Psychanalyse et politique, qui en a fait l'originalité et la modernité. MLF- Psychanalyse et politique, 50 ans de libération des femmes, entend transmettre la vitalité et l'énergie transformatrice de cette pratique qui a lié de manière inédite l'inconscient et l'histoire, le subjectif et le politique.

    Volume 1 : les premières années À travers des archives retrouvées, des témoignages, des documents tirés de l'oubli, le premier volume de cet ouvrage documente et restitue à l'Histoire le moment le plus créateur et le plus fécond d'un mouvement dont l'oralité a été la première expression. On y suit l'élaboration d'une pratique pionnière qui, en articulant engagement politique, inconscient et révolution intime, procréation et création, a levé la censure sur le corps des femmes et libéré une parole jusque-là enfouie.

  • Ce livre est né d'une collaboration et d'une amitié entre deux femmes. L'une est indienne, l'autre est française et parle elle aussi les trois langues indispensables à toute connaissance approfondie de l'Inde. Elles nous transmettent, au fil des interviews, classées selon un axe de lecture destiné à faire pénétrer le lecteur de plus en plus profondément dans l'univers indien, des lignes de force spécifiques de la psyché de la femme indienne. Toutes deux ont découvert avec émotion une soif de parole, d'expression, un désir d'en finir avec les clichés occidentaux ou les tabous indiens, dont la marque se retrouve au sein de ce livre brûlant et parfois violent, imprégné de chaleur, de passion, d'espoir. Car Sita n'est pas l'unique modèle féminin : Devi ou Parvati, la déesse guerrière, salvatrice du cosmos en ses temps mythiques, la femme emblématique aux multiples noms et aux visages divers, semble se réincarner en ces femmes d'aujourd'hui pour créer l'Inde de demain.

  • « On a vu combien, à se vouloir maîtresse unique de la totalité du Monde ou à s'imaginer, concubine altière, édicter la loi et la fin de l'Histoire, la Raison s'affole et s'égare. Il faut, c'est une nécessité vitale, qu'elle retrouve ses esprits, son esprit, et il suffit pour cela qu'elle se considère elle-même, que, vraiment, elle se raisonne. Alors naît cette Raison Ironique qu'ici nous invoquons, pour nous être la compagne à nulle autre pareille dans la résistance aux frénétiques emportements et aux abêtissements mous dont ces temps nous accablent. Raisonnante Ironie, son lumineux regard est requis pour ces quelques textes, hier éparpillés, aujourd'hui assemblés sous sa gouverne. Elle, ou d'elle l'ardent désir, soutient ces essais d'"anthropologie allégée" qui célèbrent le "n'être", la nuit, Babel, la vieillesse, l'ivresse sexuelle. Violence politique et abîme du Sphinx les cernent d'un trait noir - que repousse la noire candeur d'une "nouvelle anarchie". » R.D.

  • Préfaces de François Mitterrand et Vaclav Havel Se libérer de la peur rassemble les textes et discours politiques d'Aung San Suu Kyi durant la période où elle a pris la tête du mouvement démocratique birman, entre août 1988 et juillet 1989. Quatre essais, plus anciens, les précèdent, dont une biographie de son père, Aung San, héros de l'Indépendance birmane, une présentation historique de son pays, et deux études sur l'histoire intellectuelle de la Birmanie. La dernière partie est consacrée à sa vie.

    « Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur : la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l'exercent, et la peur des matraques pour ceux que le pouvoir opprime... Dans sa forme la plus insidieuse, la peur prend le masque du bon sens, voire de la sagesse, en condamnant comme insensés, imprudents, inefficaces ou inutiles les petits gestes quotidiens de courage qui aident à préserver respect de soi et dignité humaine. » A.S.S.K

  • L'histoire dont jamais Clytemnestre n'est le centre est à la fois bien et mal connue : d'abord, elle se voit ravir et sacrifier sa première fille, Iphigénie - de cette mise à mort peut seulement s'instaurer l'ordre guerrier d'Agamemnon ; cette blessure irréparable la conduit au meurtre de l'époux rentré de guerre. Ses propres enfants, Oreste et Électre, décident alors et accomplissent sa mort, afin de venger leur père.
    Clytemnestre : une figure véhiculée par les siècles. Pourtant maintenue dans la marge d'ombre d'où se détache la clarté des héroïnes. Dans cette ombre, deux modèles du rapport entre mère et fille : rapport charnel et primordial avec Iphigénie, la première fille, rapport conflictuel avec Électre, médié par la loi paternelle ; contrainte à concevoir et à permettre le projet du matricide. Sous les masques qu'elle montre et qui la dissimulent, cette mise en ombre du corps fécond, matriciel, serait, peut-être, la matrice de toute tragédie, le ressort du tragique même.

  • Qiu Jin utilise la forme traditionnelle du récit sentimental pour dénoncer l'exploitation coloniale et patriarcale de toutes ses compatriotes et les inciter à la lutte. Dans Pierres de l'oiseau Jingwei des jeunes filles recluses dans un gynécée, soumises à leurs pères, spectatrices du malheur de leurs mères, à qui l'on refuse toute instruction et que l'on marie de force à des « hommes au gros ventre », décident de s'enfuir au Japon. Le texte est resté inachevé car Qiu Jin, qui luttait alors pour libérer son pays dans des groupes révolutionnaires clandestins japonais et chinois, et qui avait fondé pour les autres femmes des écoles et un journal politique quotidien, a été exécutée par les Mandchous après l'échec d'une insurrection du peuple qu'elle avait organisée avec d'autres militants.

    Catherine Gipoulon ajoute une biographie détaillée de Qui Jin ainsi qu'une analyse de la situation politique, des mouvements révolutionnaires et de la condition des femmes chinoises au début du XXe siècle.

  • Le mythe de Médée, qui a donné lieu à de multiples oeuvres, passionne et traverse toutes les cultures, tous les champs artistiques, toutes les époques, faisant signe aujourd'hui encore non seulement à des dramaturges mais aussi à des musiciens, des chorégraphes, des cinéastes... L'auteure examine ici plusieurs de ces oeuvres de façon approfondie, et parcourt les principaux visages de Médée, en en dégageant les enjeux idéologiques majeurs. D'abord représentée comme une Déesse-mère, Médée est en effet devenue progressivement la figure emblématique de la mère dénaturée, à partir de la tragédie d'Euripide, qui a inauguré, avec l'invention de l'infanticide, la tradition d'un traitement misogyne du mythe. C'est au xxe siècle que Médée se trouvera réinventée, réhabilitée par des oeuvres de femmes, devenant une guérisseuse, une femme émancipée et instruite.

    Emmanuel Reibel, Maître de conférences à l'université de Paris X, spécialiste de musique, a été invité par l'auteure à livrer ses conclusions sur l'histoire de Médée à l'opéra.

  • "Des couteaux contre des femmes", premier livre théorique sur l'excision, propose une recherche, hors des propos classiquement tenus sur cette blessure-torture réelle. Séverine Auffret interroge les structures politique, culturelle, sociale et symbolique de l'Occident, mettant au jour les racines de l'assujettissement et de la haine des femmes.

    « Comment comprendre la pratique effroyable de la mutilation sexuelle des femmes ? Pratique aussi méconnue et cachée qu'elle est actuelle et en pleine expansion. Quelles qu'en soient les formes, la mutilation des femmes est à la base des civilisations humaines, marquant sur le corps des femmes l'appropriation de leur puissance sauvagement déniée. Rien ne me prédisposait à écrire un livre sur la mutilation des femmes, je voisinais plutôt, par goût et par profession, avec Platon, Spinoza, Marx et quelques autres. Mais de ce côté pas d'armes, pas de parole adéquate. Sur le corps des femmes, sur leur sexe tranché, néant. La réalité serait-elle indécente à l'univers des idées ? » S.A.

  • Entre juillet 1975 et janvier 1980, dans le quadrilatère industriel de Leeds-Bradford, treize femmes sont assassinées et sept grièvement blessées par un tueur mystérieux. Les femmes de la région vivent dans la terreur. Lorsqu'il est arrêté, par hasard, on trouve, au lieu de la brute asociale que suggère la nature de ses crimes, un certain Peter Sutcliffe, routier de trente-quatre ans, doux et poli, propriétaire de sa maison, heureusement marié. Un procès retentissant a lieu. Des livres à sensation paraissent. Mais ni le procès, ni les média n'ont résolu, ni même posé les questions soulevées par ces meurtres : comment, pourquoi, un homme aussi « normal » a-t-il pu en venir à les commettre ? Quel jour jettent ces crimes, les réactions de l'opinion et de la presse, l'échec répété de la police, sur les structures sociales dominantes dans nos sociétés ? Tuait-il des prostituées parce que femmes, ou des femmes parce que prostituées... et quelles définitions du féminin cela révèle-t-il ?

  • Psychanalyse de l'amour-passion de Violette Leduc pour Simone de Beauvoir, oedipe masqué est le remaniement d'une thèse soutenue à l'université de Paris VII. À partir du chant désespéré de l'auteure de L'Affamée, de ses fantasmes, manques, de ses blessures, de ses effondrements et de son attrait pour Simone de Beauvoir - à travers qui se profile la silhouette de la mère de Violette, personnage idolâtré, inaccessible -, Pièr Girard reconstruit l'histoire infantile de l'écrivaine. Elle va pouvoir retracer les antécédents de la dépression de l'adulte, découvrir ses multiples abandons, mais aussi l'existence d'une idylle entre la mère et la petite fille dont celle-ci n'a pu faire le deuil et que dans un mouvement idéalisant et libidinal elle cherche à revivre dans sa relation avec l'auteure de L'Invitée. Toutefois, l'approfondissement du texte va révéler également que derrière cette quête érotique se dissimulent d'autres manques, d'autres revendications, d'autres désirs inavouables...

  • États généraux organisés par l'Alliance des Femmes pour la Démocratie « Deux ans après la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, une voix anonyme dressait ce constat du sort actuel des femmes : « Il y a vingt-six mois que le corps législatif est assemblé, il y a vingt-six mois qu'un des plus importants objets de l'ordre social est ou paraît être méconnu. La moitié de l'espèce humaine est privée de ses droits naturels. » Qu'en est-il deux siècles plus tard ? Nous nous sommes réunies par milliers, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, à Paris, pour tenter de faire un bilan : quel chemin parcouru, quels nouveaux droits acquis, quels droits à conquérir demain ? Il est urgent de mettre en culture de démocratie les lieux où les libertés et les droits des femmes sont en friche. Ces Actes des États généraux des Femmes présentent les témoignages, rendent compte de la réflexion de celles qui, ce jour-là, ont voulu y contribuer ensemble. » Antoinette Fouque

  • Hommage à des femmes exceptionnelles, le 8 mars 1990, à l'initiative d'Antoinette Fouque et de l'Alliance des femmes pour la démocratie avec Simone Veil, Michèle Barzach, Edith Cresson, Michèle André, Françoise Giroud, Danielle Mitterrand, Hélène Cixous, Benoîte Groult, Sonia Rykiel, Arielle Dombasle... pour honorer douze femmes, venues des cinq continents...

  • Un recueil d'interviews de femmes brésiliennes, écrivains, professeurs, actrices, éditrices, journalistes, une boia fria, une femme de la favela, Carolina Maria de Jesus, une détenue... qui posent au fil des conversations de multiples questions et problèmes, et très spécifiquement, la question de la colonisation des femmes à l'intérieur d'un pays, alors tout entier bridé par un régime dictatorial et militaire.

    « Quand les femmes se cherchent, ce qu'elles disent n'est pas une parole en l'air : cette parole s'enracine dans un quotidien, un lieu, un temps. Ainsi, les entretiens rassemblés ici, en même temps qu'ils livrent une expérience de vie féminine, en disent beaucoup sur un pays, le Brésil, avec ses écarts extrêmes d'une classe sociale à l'autre, ses distorsions, ses injustices... » M. L. et C. P.

  • « En rassemblant des textes et des déclarations de femmes italiennes, nous avons voulu réparer une injustice, rendre visibles des femmes que leur langue entoure, telle la seiche, d'un nuage d'encre. [...] D'emblée, deux catégories se sont imposées.
    Les écrivains : celles qui ont métier d'écriture, Dacia Maraini, Natalia Ginzburg, Alice Ceresa, Elsa Morante...
    Les écrivantes : celles qui ont recours à l'écriture pour expliquer leur champ d'intérêt et d'investigations [...] comme Elena Giannini Belotti, Liliana Cavani, Maria Antonietta Macciocchi, Fuffi, Giovanna Palla... Et il se peut que, parmi elles, on trouve cette « parole souverainement révoltante », autrement dit suprêmement étrange, inouïe, qui ouvrira des brèches et forcera l'écoute. Car la parole (le texte) d'une femme est toujours la transcription d'une pratique. Et ce sont ces pratiques, qui nous importent, à nous, les faméliques, qui n'en connûmes qu'une, de conformation, obéissance, ajustement, aux nécessités de l'Autre. » M.C.- M.L.

  • « Nous femmes d'Amérique latine et de la Caraïbe à Paris, nous nous sommes régulièrement réunies, depuis 1972, pour tenter de définir la spécificité et la signification d'un mouvement de femmes, dans le contexte latino-américain ; conscientes du danger qu'il y aurait à transposer mécaniquement des modèles étrangers, nous avons voulu poser le problème de la femme à partir de notre réalité. Aujourd'hui, nous présentons dans ce livre, notre réflexion et divers témoignages et documents sur la condition des femmes de notre continent, en Bolivie, au Chili, en Colombie, en Équateur, au Mexique, à Porto-Rico, en Uruguay, au Venezuela, au Salvador, en Guadeloupe... en particulier. »

  • Entre 1974 et 1976, un groupe de niçoises décident de se voir régulièrement pour se connaître mieux, écrire, sur elles, leur vie, leur quotidien. Elles lisent ensemble leurs textes. Et comme elles tiennent à leurs origines, elles conviennent de se désigner sous ce nom de dialecte niçois « les babarotes », car, dans le Midi, avoir la babarote signifie avoir le cafard, avoir des idées bizarres, être un peu fou ; mais le terme désigne surtout ces insectes noirs et véloces qui hantent les cuisines et sortent la nuit.

  • Octobre 2004, le corps de Ghofrane Haddaoui, vingt-trois ans, est découvert sur un terrain vague de Marseille, couvert de multiples blessures, le crâne défoncé. Profondément atteinte, sa mère entreprend alors avec une détermination et une force peu communes de découvrir la vérité, une façon de se battre pour sa fille et de permettre à sa famille de traverser l'épreuve debout. Parallèlement à l'enquête de police, elle crée un vaste mouvement de solidarité et commence ses propres recherches. Pour que justice soit faite.

    « Ma fille n'avait pas été giflée. Ma fille avait été LAPIDÉE. [...] Comment était-il possible qu'une fille soit lapidée à Marseille, en France, pays des droits de l'homme ? C'était tout simplement intolérable. Malgré le traumatisme, malgré la douleur, dès ma visite à la morgue, mon deuil s'est mué en combat. L'heure n'était pas aux pleurs, il fallait comprendre. Pour cela, il fallait chercher les informations dans la rue, au plus proche des tortionnaires de ma fille. » M.H.

  • Sous la direction d'André Burguière et Bernard Vincent André Burguière et Bernard Vincent, deux historiens français de renom, ont souhaité, avec ce livre, rendre hommage à vingt historiennes de différents pays qui se sont illustrées par l'importance et l'originalité de leur oeuvre, et réparer ainsi l'oubli total des femmes d'un ouvrage récent prétendant présenter les historiens les plus importants depuis le XIXe siècle. Ils ont fait appel à vingt historiens, chacun présentant une historienne dont l'enseignement ou la lecture a formé sa propre pensée historique, une collègue ou une amie. La sélection réalisée dans ce livre, ne prétend être ni objective ni exhaustive. Elle éclaire la manière dont les femmes présentées ont enrichi la pensée historique par l'originalité de leur méthode d'analyse, de leur manière d'écrire l'histoire et aussi à ce qu'elles ont modifié dans notre vision de l'humanité par leur aptitude à se mettre à l'écoute des sciences humaines et à susciter leur intérêt en retour.

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