Des Femmes

  • « Derrière nous s'étend le système patriarcal avec sa nullité, son amoralité, son hypocrisie, sa servilité. Devant nous s'étendent la vie publique, le système professionnel, avec leur passivité, leur jalousie, leur agressivité, leur cupidité. L'un se referme sur nous comme sur les esclaves d'un harem, l'autre nous oblige à tourner en rond... tourner tout autour de l'arbre sacré de la propriété. Un choix entre deux maux... » Virginia Woolf « On découvre là comme la poésie de la grande romancière anglaise est fondée sur une pensée politique audacieuse et précise. Sa dénonciation de la colonisation, de la ségrégation des femmes est, en 1938, d'une lucidité cruelle, d'une ironie violente qui n'ont pas à cette heure été dépassées. [...] Les femmes, mais il n'y a pas encore de femmes [...]. Il n'y a jamais eu que l'annulation des femmes. Restent la folie, la douleur de n'être pas qui circulent dans les lignes, les veines de Virginia Woolf... Une femme, aux prises avec ces réseaux barrés, cette mort vivante, captive en elle, de l'être qu'elle était. » Viviane Forrester

  • « Comparable aux luttes pour l'avortement des années 70 et pour la parité, dans les années 90, le mouvement de protestation féminine récent déclenché par l'« affaire Weinstein » - véritable métaphore des agressions sexuelles et des liens entre jouissance et pouvoir - fait partie des moments d'Histoire, où se condensent les colères, où naissent les révoltes. C'est un acte collectif d'émancipation !

    Au-delà de l'anecdote ou du fait divers, cet événement est pluriel, historique et politique : parce qu'il fait basculer l'un des hommes les plus puissants du monde (à la fois « chef » et « prédateur » ) ; parce qu'il a encouragé plusieurs milliers de femmes à demander justice et à remettre en cause un rapport de force ; enfin parce qu'il concerne aussi les hommes, leur masculinité et leur ressenti de la domination masculine.

    À l'inverse des prises de position rétrogrades et culpabilisantes qui visent à inhiber ou à opposer, ce livre réunit les « prises de parole » et les « prises d'écriture » d'autrices et d'auteurs - militantes et militants, chercheuses et chercheurs, créatrices et créateurs, victimes ou non... -, qui, sans nier leurs divergences, s'accordent pour dénoncer les injustices et les violences réelles (professionnelles, économiques, sexuelles...) subies par les femmes aujourd'hui et réaffirment la nécessité de les penser et de les combattre.

    Partant de la révélation de « l'affaire Weinstein » et des effets mondiaux de sa dissémination (#MeToo, #BalanceTonPorc, etc.), cet ouvrage pluridisciplinaire précise les enjeux des débats et des mobilisations, et les met en perspective au regard des réflexions récentes sur les violences de genre, le consentement, l'émancipation des femmes, et l'égalité des sexes. » S.L.

    Avec les contributions de Asia Argento,? Alliance des femmes pour la démocratie, Fatima Benomar?, Natacha Chetcuti-Osorovitz, Wendy Delorme,? Catherine Deschamps,? Alicia Dujovne Ortiz,? Camille Froidevaux-Metterie, Valérie Gérard,? Mona Gerardin-Laverge, Charlotte Gonzalez,? Mélanie Gourarier,? He Yuhong,? Eva Illouz,? Kubra Khademi,? Catharine MacKinnon,? Michela Marzano,? Maïa Mazaurette, Jacqueline Merville?, Janine Mossuz-Lavau,? Émilie Notéris,? Patricia Paperman, Marie-Anne Paveau,? Michelle Perrot,? Élodie Petit,? Deborah de Robertis?, Sandrine Rousseau (Association Parler), Inna Shevchenko (FEMEN), ?Frank Smith,? Isabelle Steyer,? Élise Thiébaut,? Alain Viala.

  • Rébellion

    Collectif

    « Premier ouvrage complet écrit par le mouvement international FEMEN, dévoilant les témoignages personnels de nos activistes dans différents pays et développant nos combats et nos idées, Rébellion s'empare de thématiques telles que la prostitution, la laïcité, les violences faites aux femmes, les droits LGBT, la montée des intégrismes et la liberté d'expression, emmenant les lectrices et les lecteurs au coeur de notre lutte. Nous sommes parties d'un constat on ne peut plus actuel : les politiques délaissant le peuple, c'est au peuple, et donc à nous, de prendre la parole. C'est aux femmes de faire leur révolution. Mener des actions politiques, pratiquer la désobéissance civile, prendre tout espace public, politique et discursif réservé aux hommes est impératif pour que la voix et les intérêts des femmes résonnent dans ce système de domination masculine.

    Rébellion est l'expression des nouveaux combats à mener, des revendications féministes actuelles. Nous voulons donner aux lectrices et aux lecteurs le courage de s'insurger et les moyens de s'organiser pour résister au patriarcat de façon active, puissante et efficace. Nous voyons l'activisme comme une responsabilité civique. Il est pour nous l'une des principales formes que le féminisme doit prendre, impérative pour réaliser ce monde égalitaire auquel nous rêvons. » Le mouvement FEMEN

  • Il y a cinquante ans, en 1968, naissait en France le Mouvement de libération des femmes (MLF) qui allait transformer radicalement la société, la culture et la conception que les femmes et les hommes ont d'eux-mêmes et de leurs relations réciproques.
    Au coeur de ce mouvement qu'elle a cofondé, Antoinette Fouque a créé une pratique de pensée et d'action inédite, Psychanalyse et politique, qui en a fait l'originalité et la modernité. MLF- Psychanalyse et politique, 50 ans de libération des femmes, entend transmettre la vitalité et l'énergie transformatrice de cette pratique qui a lié de manière inédite l'inconscient et l'histoire, le subjectif et le politique.

    Volume 1 : les premières années À travers des archives retrouvées, des témoignages, des documents tirés de l'oubli, le premier volume de cet ouvrage documente et restitue à l'Histoire le moment le plus créateur et le plus fécond d'un mouvement dont l'oralité a été la première expression. On y suit l'élaboration d'une pratique pionnière qui, en articulant engagement politique, inconscient et révolution intime, procréation et création, a levé la censure sur le corps des femmes et libéré une parole jusque-là enfouie.

  • Après le volume 1 qui a donné un éclairage inédit aux premières années du Mouvement de libération des femmes (MLF), ce second volume de MLF-Psychanalyse et politique, 1968-2018 - 50 ans de libération des femmes, retrace, documents historiques à l'appui, les années de maturation et de maturité d'un mouvement qui n'a jamais cessé, avec Antoinette Fouque, d'être à l'avant-garde, générateur de créations dans tous les champs, symbolique, politique, intellectuel et culturel.

    Ce volume 2 commence dans les années 1974-75, au moment où les luttes des femmes émergent au niveau mondial et où des institutions étatiques commencent à s'en préoccuper. Il montre comment l'action continue du MLF a dynamisé un nouveau rapport des femmes au monde et du monde aux femmes; de la maîtrise de la fécondité à l'accès à l'écriture et à la création, de l'affirmation d'existence à la démocratisation et à la parité.

    Ce livre retrace aussi l'apport d'Antoinette Fouque à la psychanalyse, à la philosophie, à l'anthropologie, à l'écriture et à la politique contemporaines et l'accueil qui lui a été réservé, le mouvement de pensée autour de la différence des sexes auquel il a donné lieu. Qu'il s'agisse d'y souscrire ou de s'y opposer, quiconque depuis cinquante ans réfléchit à ces questions s'y réfère explicitement ou implicitement.

    En transmettant la dynamique du MLF-Psychanalyse et politique et les transformations qui en sont issues, ce volume met en évidence que le mouvement des femmes est plus nécessaire que jamais et plus que jamais d'actualité.

  • Ces deux textes reflètent toutes les facettes de l'oeuvre d'essayiste de Virginia Woolf.

    De veine très lyrique, De la lecture est tout en digressions, en chassés croisés passé-présent, lieux d'écriture et lieux de lecture. Un va et vient constant - qui passe par le regard de Virginia Woolf entre le livre, la manière de le lire, le paysage autour d'elle - tisse une matière qui s'enrichit, dans laquelle elle puise une vue toujours neuve sur le monde.

    De la critique, le deuxième essai, est quant à lui écrit dans un style violemment polémique. « Debout à la fenêtre, le regard plongeant dans le jardin, j'entendais le doux murmure de tous ces livres vivants emplir la pièce. Mer profonde, en vérité, que le passé, marée destinée à nous entraîner et nous engloutir. » V. W.

  • Ce recueil de textes, étagés de 1922 à 1936, années de l'émigration et de la prégnance du souvenir, nous fait (re)découvrir les voix majeures de la poésie russe du début du siècle. Lyrisme, rencontres remémorées, anecdotes, analyses de la façon d'écrire ou d'être des poètes qui la touchent. Ces textes permettent aussi de retrouver l'une des plus grandes poétesses russes, déchirée par l'exil et la solitude, soutenue par son amour des êtres et de la parole.

  • Ce livre est né d'une collaboration et d'une amitié entre deux femmes. L'une est indienne, l'autre est française et parle elle aussi les trois langues indispensables à toute connaissance approfondie de l'Inde. Elles nous transmettent, au fil des interviews, classées selon un axe de lecture destiné à faire pénétrer le lecteur de plus en plus profondément dans l'univers indien, des lignes de force spécifiques de la psyché de la femme indienne. Toutes deux ont découvert avec émotion une soif de parole, d'expression, un désir d'en finir avec les clichés occidentaux ou les tabous indiens, dont la marque se retrouve au sein de ce livre brûlant et parfois violent, imprégné de chaleur, de passion, d'espoir. Car Sita n'est pas l'unique modèle féminin : Devi ou Parvati, la déesse guerrière, salvatrice du cosmos en ses temps mythiques, la femme emblématique aux multiples noms et aux visages divers, semble se réincarner en ces femmes d'aujourd'hui pour créer l'Inde de demain.

  • « Cet ouvrage a pour objet de présenter l'"écriture" picturale de la religion liée à la Grande Déesse de la vieille Europe, écriture composée de signes, de symboles et d'images des divinités. Telles sont nos sources fondamentales pour reconstruire cette scène préhistorique ; elles sont essentielles à une véritable compréhension de la religion et de la mythologie occidentales. [...] L'étonnante répétition des associations symboliques au cours du temps et dans toute l'Europe sur les poteries, les figurines et autres objets de culte m'a convaincue que nous sommes là devant autre chose que de simples « motifs géométriques » : ces signes appartiennent à un alphabet métaphysique. » M. G.

  • « On a vu combien, à se vouloir maîtresse unique de la totalité du Monde ou à s'imaginer, concubine altière, édicter la loi et la fin de l'Histoire, la Raison s'affole et s'égare. Il faut, c'est une nécessité vitale, qu'elle retrouve ses esprits, son esprit, et il suffit pour cela qu'elle se considère elle-même, que, vraiment, elle se raisonne. Alors naît cette Raison Ironique qu'ici nous invoquons, pour nous être la compagne à nulle autre pareille dans la résistance aux frénétiques emportements et aux abêtissements mous dont ces temps nous accablent. Raisonnante Ironie, son lumineux regard est requis pour ces quelques textes, hier éparpillés, aujourd'hui assemblés sous sa gouverne. Elle, ou d'elle l'ardent désir, soutient ces essais d'"anthropologie allégée" qui célèbrent le "n'être", la nuit, Babel, la vieillesse, l'ivresse sexuelle. Violence politique et abîme du Sphinx les cernent d'un trait noir - que repousse la noire candeur d'une "nouvelle anarchie". » R.D.

  • Préfaces de François Mitterrand et Vaclav Havel Se libérer de la peur rassemble les textes et discours politiques d'Aung San Suu Kyi durant la période où elle a pris la tête du mouvement démocratique birman, entre août 1988 et juillet 1989. Quatre essais, plus anciens, les précèdent, dont une biographie de son père, Aung San, héros de l'Indépendance birmane, une présentation historique de son pays, et deux études sur l'histoire intellectuelle de la Birmanie. La dernière partie est consacrée à sa vie.

    « Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur : la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l'exercent, et la peur des matraques pour ceux que le pouvoir opprime... Dans sa forme la plus insidieuse, la peur prend le masque du bon sens, voire de la sagesse, en condamnant comme insensés, imprudents, inefficaces ou inutiles les petits gestes quotidiens de courage qui aident à préserver respect de soi et dignité humaine. » A.S.S.K

  • Taslima Nasreen a écrit, à ce jour, plus de trente livres de poésie, essais, romans, nouvelles et mémoires, et ses oeuvres sont traduites dans plus de vingt langues.

    « Je fais devant vous le serment de poursuivre mon combat pour la liberté des femmes, la libération des femmes, leurs avancées et leur essor. J'ignore si mes poèmes sont poétiques, si mes écrits sont littéraires et mes romans de bons romans. Ce que je sais, c'est que je n'ai pas écrit seulement avec ma plume mais avec mon coeur, en le coulant dans chacun de mes mots. J'ignore si ces mots iront droit au coeur des autres. Mais il y a une chose, une seule, dont je suis sûre, c'est que les femmes muettes de mon pays savent que j'ai écrit pour elles. » T.N. (Discours devant le Parlement international des écrivains à Lisbonne, septembre 1994)

  • Derrière la pureté romanesque de Virginia, son amie Vita Sackville West pressentait le mordant, la dent acérée de Woolf, bref, tout l'esprit critique de celle qui reste la plus brillante pamphlétaire d'Angleterre. Ces essais, tout en éclairant les analyses de Trois guinées et d'Une chambre à soi, mêlent le charme d'une conversation intime, à bâtons rompus, à l'indépendance d'une critique impressionniste. À la faveur d'une visite du presbytère hanté par les ombres des soeurs Brontë, de l'évocation du boudoir où Jane Austen cachait ses manuscrits, ou de la disparition de Katherine Mansfield, elle illumine le moment où, « sondant les eaux, les fonds, les sombres profondeurs », une romancière « laisse son imagination dériver librement autour de chaque rocher et chaque crevasse du monde submergé dans les profondeurs de son inconscient ».

  • "Livre sans nom" - tel est le titre même que donna dans son journal Virginia Woolf au roman-essai Les Pargiter, consacré à « la vie sexuelle des femmes ». Dans cette audacieuse entreprise, dès les années 1930, la plus brillante pamphlétaire d'Angleterre commente et critique, en essayiste, sa propre démarche de romancière - analysant, à travers l'élaboration même de l'oeuvre, tout ce qui doit ordinairement rester en marge du texte.

  • L'histoire dont jamais Clytemnestre n'est le centre est à la fois bien et mal connue : d'abord, elle se voit ravir et sacrifier sa première fille, Iphigénie - de cette mise à mort peut seulement s'instaurer l'ordre guerrier d'Agamemnon ; cette blessure irréparable la conduit au meurtre de l'époux rentré de guerre. Ses propres enfants, Oreste et Électre, décident alors et accomplissent sa mort, afin de venger leur père.
    Clytemnestre : une figure véhiculée par les siècles. Pourtant maintenue dans la marge d'ombre d'où se détache la clarté des héroïnes. Dans cette ombre, deux modèles du rapport entre mère et fille : rapport charnel et primordial avec Iphigénie, la première fille, rapport conflictuel avec Électre, médié par la loi paternelle ; contrainte à concevoir et à permettre le projet du matricide. Sous les masques qu'elle montre et qui la dissimulent, cette mise en ombre du corps fécond, matriciel, serait, peut-être, la matrice de toute tragédie, le ressort du tragique même.

  • Qiu Jin utilise la forme traditionnelle du récit sentimental pour dénoncer l'exploitation coloniale et patriarcale de toutes ses compatriotes et les inciter à la lutte. Dans Pierres de l'oiseau Jingwei des jeunes filles recluses dans un gynécée, soumises à leurs pères, spectatrices du malheur de leurs mères, à qui l'on refuse toute instruction et que l'on marie de force à des « hommes au gros ventre », décident de s'enfuir au Japon. Le texte est resté inachevé car Qiu Jin, qui luttait alors pour libérer son pays dans des groupes révolutionnaires clandestins japonais et chinois, et qui avait fondé pour les autres femmes des écoles et un journal politique quotidien, a été exécutée par les Mandchous après l'échec d'une insurrection du peuple qu'elle avait organisée avec d'autres militants.

    Catherine Gipoulon ajoute une biographie détaillée de Qui Jin ainsi qu'une analyse de la situation politique, des mouvements révolutionnaires et de la condition des femmes chinoises au début du XXe siècle.

  • Le mythe de Médée, qui a donné lieu à de multiples oeuvres, passionne et traverse toutes les cultures, tous les champs artistiques, toutes les époques, faisant signe aujourd'hui encore non seulement à des dramaturges mais aussi à des musiciens, des chorégraphes, des cinéastes... L'auteure examine ici plusieurs de ces oeuvres de façon approfondie, et parcourt les principaux visages de Médée, en en dégageant les enjeux idéologiques majeurs. D'abord représentée comme une Déesse-mère, Médée est en effet devenue progressivement la figure emblématique de la mère dénaturée, à partir de la tragédie d'Euripide, qui a inauguré, avec l'invention de l'infanticide, la tradition d'un traitement misogyne du mythe. C'est au xxe siècle que Médée se trouvera réinventée, réhabilitée par des oeuvres de femmes, devenant une guérisseuse, une femme émancipée et instruite.

    Emmanuel Reibel, Maître de conférences à l'université de Paris X, spécialiste de musique, a été invité par l'auteure à livrer ses conclusions sur l'histoire de Médée à l'opéra.

  • "Des couteaux contre des femmes", premier livre théorique sur l'excision, propose une recherche, hors des propos classiquement tenus sur cette blessure-torture réelle. Séverine Auffret interroge les structures politique, culturelle, sociale et symbolique de l'Occident, mettant au jour les racines de l'assujettissement et de la haine des femmes.

    « Comment comprendre la pratique effroyable de la mutilation sexuelle des femmes ? Pratique aussi méconnue et cachée qu'elle est actuelle et en pleine expansion. Quelles qu'en soient les formes, la mutilation des femmes est à la base des civilisations humaines, marquant sur le corps des femmes l'appropriation de leur puissance sauvagement déniée. Rien ne me prédisposait à écrire un livre sur la mutilation des femmes, je voisinais plutôt, par goût et par profession, avec Platon, Spinoza, Marx et quelques autres. Mais de ce côté pas d'armes, pas de parole adéquate. Sur le corps des femmes, sur leur sexe tranché, néant. La réalité serait-elle indécente à l'univers des idées ? » S.A.

  • Entre juillet 1975 et janvier 1980, dans le quadrilatère industriel de Leeds-Bradford, treize femmes sont assassinées et sept grièvement blessées par un tueur mystérieux. Les femmes de la région vivent dans la terreur. Lorsqu'il est arrêté, par hasard, on trouve, au lieu de la brute asociale que suggère la nature de ses crimes, un certain Peter Sutcliffe, routier de trente-quatre ans, doux et poli, propriétaire de sa maison, heureusement marié. Un procès retentissant a lieu. Des livres à sensation paraissent. Mais ni le procès, ni les média n'ont résolu, ni même posé les questions soulevées par ces meurtres : comment, pourquoi, un homme aussi « normal » a-t-il pu en venir à les commettre ? Quel jour jettent ces crimes, les réactions de l'opinion et de la presse, l'échec répété de la police, sur les structures sociales dominantes dans nos sociétés ? Tuait-il des prostituées parce que femmes, ou des femmes parce que prostituées... et quelles définitions du féminin cela révèle-t-il ?

  • La mâle donne

    Phyllis Chesler

    Après "Les Femmes et la Folie" (Payot, 1975), Phyllis Chesler, psychologue et féministe américaine, a entrepris une recherche sur les hommes et l'inconscient masculin. À travers l'analyse d'oeuvres d'art, de textes littéraires et psychanalytiques, d'écrits religieux, de faits divers et politiques, comme par le biais de souvenirs personnels et autobiographiques, l'auteure parle des hommes. De Laïos et oedipe, des rapports des pères à leurs fils et de l'ambiguïté qui sous-tend tout désir de relève génétique. De Caïn et Abel et des rapports non moins troubles de fraternité.

  • Psychanalyse de l'amour-passion de Violette Leduc pour Simone de Beauvoir, oedipe masqué est le remaniement d'une thèse soutenue à l'université de Paris VII. À partir du chant désespéré de l'auteure de L'Affamée, de ses fantasmes, manques, de ses blessures, de ses effondrements et de son attrait pour Simone de Beauvoir - à travers qui se profile la silhouette de la mère de Violette, personnage idolâtré, inaccessible -, Pièr Girard reconstruit l'histoire infantile de l'écrivaine. Elle va pouvoir retracer les antécédents de la dépression de l'adulte, découvrir ses multiples abandons, mais aussi l'existence d'une idylle entre la mère et la petite fille dont celle-ci n'a pu faire le deuil et que dans un mouvement idéalisant et libidinal elle cherche à revivre dans sa relation avec l'auteure de L'Invitée. Toutefois, l'approfondissement du texte va révéler également que derrière cette quête érotique se dissimulent d'autres manques, d'autres revendications, d'autres désirs inavouables...

  • Des japonaises

    Collectif

    L'intérêt de cet essai sociologique est double. Il réside tout d'abord dans l'analyse de la condition féminine au Japon jusqu'aux années 1980 : l'exposé de la conquête des droits des femmes et l'abondance des statistiques permettent de replacer la question dans son contexte historique et culturel. Les nombreuses comparaisons internationales, tout en rectifiant certaines idées reçues sur « la Japonaise », la font effectivement apparaître comme un « cas particulier » et jettent un éclairage direct sur la société de ce pays parmi les plus modernes du monde, et pourtant encore si profondément ancré dans la tradition.

  • États généraux organisés par l'Alliance des Femmes pour la Démocratie « Deux ans après la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, une voix anonyme dressait ce constat du sort actuel des femmes : « Il y a vingt-six mois que le corps législatif est assemblé, il y a vingt-six mois qu'un des plus importants objets de l'ordre social est ou paraît être méconnu. La moitié de l'espèce humaine est privée de ses droits naturels. » Qu'en est-il deux siècles plus tard ? Nous nous sommes réunies par milliers, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, à Paris, pour tenter de faire un bilan : quel chemin parcouru, quels nouveaux droits acquis, quels droits à conquérir demain ? Il est urgent de mettre en culture de démocratie les lieux où les libertés et les droits des femmes sont en friche. Ces Actes des États généraux des Femmes présentent les témoignages, rendent compte de la réflexion de celles qui, ce jour-là, ont voulu y contribuer ensemble. » Antoinette Fouque

  • Hommage à des femmes exceptionnelles, le 8 mars 1990, à l'initiative d'Antoinette Fouque et de l'Alliance des femmes pour la démocratie avec Simone Veil, Michèle Barzach, Edith Cresson, Michèle André, Françoise Giroud, Danielle Mitterrand, Hélène Cixous, Benoîte Groult, Sonia Rykiel, Arielle Dombasle... pour honorer douze femmes, venues des cinq continents...

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