Christian Bourgois

  • Le bal des folles

    Copi

    C'est l'histoire d'un écrivain argentin qui aime à écrire dans des chambres d'hôtel sordides à Paris. D'un beau Romain qui souhaite devenir une belle Parisienne, d'un sosie de Marilyn Monroe tyran - nique et envahissant, d'un éditeur qui aimerait que son auteur cesse de le prendre pour un micheton. D'une boulangère qui pratique la voyance, d'un hippie neurasthénique qui élève ses triplés à Ibiza de façon peu orthodoxe, d'une véritable amie - qui à défaut d'avoir l'heure a toujours une bonne bouteille et une astuce pour échapper à la police.
    D'un Paris interlope à une Rome fervente, en passant par le New York branché et l'Ibiza baba-cool, Copi nous immerge dans les années 1970 et leurs folles libertés. Amours pures, sexe débridé, crimes odieux : en fantasmant sa vie, Copi nous donne à lire un roman aussi drôle qu'épouvantable.

  • Ce court roman se présente sous une forme épistolaire ce qui lui vaut toute son originalité. L'histoire se construit à travers les différentes correspondances échangées entre plusieurs protagonistes, rehaussant ainsi les opinions et personnalités de chacun. Lady Susan, ravissante veuve d'environ trente-cinq ans, est au centre de ces correspondances. Par ses interventions mais surtout par les réactions que ses comportements provoquent autour d'elle. Ses agissements volages engendrent bien des critiques. Cette veuve spirituelle et jolie mais sans le sou trouve en effet refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle dénuée de scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou simplement une coquette qui veut s'amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question... Grande dame du roman anglais, Jane Austen trace le portrait très spirituel d'une aventurière, dans la lignée des personnages d'Orgueil et préjugé et de Raison et sentiments.

    Jane Austen est née en 1775 à Steventon, fille d'un pasteur anglican et benjamine d'une famille de huit enfants. Elle a vécu une vie toute unie et toute familiale jusqu'à 41 ans, âge de sa mort « au moment où elle commençait à croire qu'elle réussirait ». Jane Austen commence à écrire très tôt, encouragée par l'exemple familial. Elle s'oriente vers le récit, s'inspirant des romans sentimentaux qui constituent le fonds des bibliothèques. Les oeuvres de jeunesse qui ont été conservées, copiées à la main en trois cahiers intitulés Volume I,II et III, ont été écrites sans doute entre la douzième et la dix-septième année de l'auteur. En 1795, Jane Austen commence un roman intitulé Elinor et Marianne, première version de ce qui allait être Raison et Sentiments. Dans la foulée, elle écrit First Impressions, qui deviendra Orgueil et préjugés. Enfin en 1798, elle écrit Northanger Abbey, sous le premier titre de Susan. Ces trois romans majeurs sont écrits entre vingt et vingt-cinq ans. Son père tente de faire publier First Impressions, sans succès dans un premier temps. En 1800, elle s'installe avec toute sa famille à Bath, ville qu'elle apprécie peu mais qui a inspiré de nombreux passages de ses romans.
    Son père meurt en 1805, laissant Jane, sa mère et sa soeur Cassandra dépendantes des revenus fraternels. Elles quittent Bath en 1808 pour s'installer dans le village de Chawton. C'est là qu'elle passa les dernières années de sa vie, écrivit l'essentiel des oeuvres, qui lui firent connaître le succès de son vivant : Orgueil et préjugés, Mansfield Park et Emma.

  • Quel rapport y a-t-il entre Bruno Schulz et Joë Bousquet, Ida Lupino et un voyage chez les fous en compagnie de Wang Bing, la sirène Ondine et les premiers films de Sharunas Bartas, les duos de soeurs et un roman sur la guerre du Vietnam, les lettres de Rainer Maria Rilke sur la nécessité de se mettre sans cesse en danger quand on prétend créer et la fameuse « Lettre à un ami lointain » de Cioran, la philosophe Maria Zambrano qui se définissait comme une éternelle étrangère et les « veilleurs de nuit, de jour et de rêve » chez Stanislas Rodanski ? Aucun rapport, sans doute, sinon que ce sont, à travers l'évocation de ces figures ou de ces singularités, autant de tentatives d'élucider le mystère des passants qui choisissent l'ombre, se dissimulent dans l'ombre, ont été rejetés dans l'ombre, autant de tentatives aussi de faire parler la bouche d'ombre, de permettre à la part obscure d'entonner l'éloge de ce qui chante dans les ténèbres. Il y a une griserie à se projeter en pleine lumière, mais il y a peut-être une ivresse plus grande pour les artistes présents dans ces pages à se tenir en retrait et à être les habitants de cette « Nuit obscure » tant vantée par saint Jean de la Croix : ceux-là savent que c'est dans les zones d'ombre, si riches de contradictions, de paradoxes, de questionnements, que naissent les intuitions les plus fécondes.

  • " Pédagogue, homme de lettres, moraliste, philosophe de la culture, connaisseur des idées fortes, mémorialiste protéen de sa propre vie...
    Parmi toutes les notabilités intellectuelles qui sont apparues en France depuis la Deuxième Guerre mondiale, Roland Barthes est celui dont l'oeuvre est, j'en suis persuadée, la plus sûre de durer. C'est Barthes l'écrivain qui est my subject et à travers Barthes' accomplishment as a writer (promeneur solitaire dans la grand tradition, et un écrivain plus immense encore que ses plus fervents admirateurs ne le prétendent), je tiens à déchiffrer quelques procédés fondamentaux de modernité littéraire et de vision esthétique du monde.
    "

  • 1772 : au pied d'un Vésuve toujours menaçant, Naples rayonne sur l'Europe. Le Cavaliere, ambassadeur britannique auprès du royaume des Deux-Siciles, s'y installe avec sa femme et s'adonne avec passion à son activité de collectionneur d'art. A la mort de son épouse, il fait la connaissance d'une jeune femme incroyablement belle et intelligente, bien que n'ayant reçu aucune instruction. Il devient son mentor, décidé à en faire une citoyenne du monde, et, au scandale de la bonne société napolitaine, la demande en mariage.
    Mais l'arrivée d'un jeune amiral britannique va bouleverser les sentiments de la nouvelle femme du Cavaliere. Inspiré des vies de Sir William Hamilton, de sa femme Emma et de Lord Nelson, L'Amant du volcan déploie une grande ingéniosité formelle et bouscule les conventions du roman historique en évoquant aussi bien la Révolution que l'Opéra, la condition des femmes et l'amour.

  • En 1978, à partir de métaphores suscitées par le cancer, Susan Sontag analyse aussi bien les sources médicales et psychiatriques que les textes littéraires de l'Antiquité aux temps modernes, de Keats Dickens, Baudelaire, James Mann, Joyce, Mansfield et Auden.
    Elle démystifie les fantasmes idéologiques qui démonisent certaines maladies et, par extension, culpabilisent les malades. Dans un second essai, écrit dix ans plus tard, Susan Sontag souligne à quel point le sida a réactivé le spectre de l'épidémie dont le monde moderne se croyait débarrassé. Certains en font la " peste " de notre temps, le châtiment infligé par Dieu aux groupes "déviants ". Susan Sontag dénonce ce catastrophisme et propose une réflexion extraordinaire d'intelligence et de culture historique, littéraire, philosophique, sur la propension qu'a l'homme.

  • En 1873, un groupe de Polonais, emmené par Maryna Zatezowska, la plus grande actrice de Pologne, émigre aux États-Unis et voyage jusqu'en Californie pour y fonder une communauté fouriériste. Maryna a renoncé à sa carrière pour cette aventure, car, malgré le succès qu'elle connaît, elle rêve d'un pays où tout pourrait recommencer. Dans cette aventure, elle est accompagnée de son fils, de son mari et d'un jeune écrivain amoureux d'elle. Rapidement néanmoins, la désillusion les gagne. La plupart des Polonais qui avaient joint cette équipée choisissent de retourner en Pologne. Mais Maryna décide de se battre. Elle apprend l'anglais et, ayant changé de nom, s'engage dans une brillante carrière aux Etats-Unis. Elle formera sa propre compagnie, sillonnera le pays et jouera avec Edwin Booth, le plus grand acteur américain de l'époque.
    Ce roman dans lequel se croisent personnages de fiction et personnages historiques, est la reconstitution brillante d'une époque, d'un pays et de l'univers du théâtre. C'est aussi une réflexion grave sur la force du destin, sur la création, sur l'art dramatique et Shakespeare, et sur la mort.


    Susan Sontag est sans doute l'écrivain américain le plus " européen ". Née en 1933 à New York, elle est décédée le 28 décembre 2004. A l'âge de trente ans, elle publie son premier roman, Le Bienfaiteur, une étude sur la formation de la personnalité. Dans les années 60, elle écrit pour différents magazines et revues. Très engagée à gauche, figure de la scène new-yorkaise, elle est proche d'intellectuels français comme Roland Barthes, auquel elle a consacré un livre (L'écriture même : à propos de Roland Barthes Christian Bourgois). Elle publie en 1977 un essai, Sur la photographie où elle s'interroge sur la différence entre réalité et expérience. Elle défend le concept de " transparence ", autrement dit de l'évidence de l'oeuvre, avant toute interprétation. Elle publie également de nombreux romans, dont L'Amant du volcan (1992) et En Amérique (1999) pour lequel elle a reçu le National Book Award. Par ailleurs, le Prix Jérusalem lui a été attribué en 2001 et le Prix de la Paix des libraires à Francfort en 2003 pour l'ensemble de son oeuvre.


    La publication de ce titre au format de poche s'inscrit dans un programme de publication de titres inédits et épuisés de Susan Sontag initié aux éditions Bourgois depuis 2008.
    " Jamais roman aussi profond n'éclaira la condition humaine sous l'angle de la femme. Susan Sontag n'a pas écrit un roman féministe, non, mais le grand roman de l'exode. Splendide. " (François Busnel, Dernières Nouvelles d'Alsace) " Avec la même finesse dans l'analyse et de corrosité dans l'attaque [que les romans d'Edith Wharton, En Amérique] célèbre le corps de l'Amérique, dit la fluidité et le refus du passé, la vulgarité du paraître.
    Quelle meilleure métaphore pour dire l'Amérique que celle du théâtre et du comédien ? [...] Une série de portraits se superposent, portraits qu'il faut lire comme autant de masques des acteurs en représentation sur la scène du monde occidental. [...] En Amérique offre aussi une réflexion féministe à travers ses personnages de femmes mal aimées, mal mariées, ambitieuses et triomphantes, ou éternelles victimes de part et d'autres de l'Atlantique. [...] Ce texte est revigorant, il invite à l'action et à l'invention, car pour nous lecteurs du XXIe siècle, l'Amérique c'est notre avenir (comme au XVIe siècle. " (Danièle Pitavy-Souques, La Quinzaine littéraire)

  • La redécouverte en Angleterre et la traduction en France de Barbara Pym devraient être un événement équivalent au succès inattendu de Jean Rhys. Depuis Virginia Woolf et Ivy Compton-Burnett, les écrivains totalement anglais se faisaient rares : Jean Rhys avait conservé de ses West Indies un parfum exotique et démoniaque. Avec la discrète Barbara Pym, nous voici au coeur de l'Angleterre : villages écologiques, églises anglicanes hantées par de ténébreux pasteurs à marier et par de malicieuses bigotes, ventes de charité où l'on papote et l'on médit et l'on s'épie, salons de thé, bibliothèques, associations universitaires. Et sur tout le monde, la romancière jette un regard ironique et faussement naïf qui ébranle soigneusement les valeurs les plus solides d'une société sclérosée, un regard impitoyable : celui d'une ethnologue. (René de Ceccatty, Le Monde, 1986)

    Barbara Pym est née dans le Shropshire en 1913. Après des études d'anglais au St Hilda's college d'Oxford, elle a pris part à la seconde guerre mondiale en s'engageant dans le Women's Royal Naval Service. Elle a connu un succès littéraire rapide. Mais, entre 1963 et 1977, elle fut éclipsée, faute de trouver un éditeur pour ses nouvelles. C'est à un fameux article du Times Literary Supplement qu'elle a dû sa réapparition. Lord David Cecil et Philip Larkin l'y désignèrent comme l'écrivain le plus sous-estimé du siècle. Et elle obtint le Booker Prize en 1977 pour son roman Quatuor d'automne. Parallèlement, Barbara Pym a travaillé à l'African Institute de Londres, notamment à la publication de son journal Africa, ce qui a affûté son regard d'ethnologue. Elle meurt d'un cancer en 1980.

  • Quand Virginia Woolf déambulait sur les quais de la Tamise, dans les boutiques d'Oxford Street ou dans la maison de Dickens, elle aurait pu donner des leçons aux adeptes du " nouveau journalisme ", qui n'a jamais été que celui du talent et de l'écriture. Publiés en 1931-1932 dans Good Housekeeping, ces cinq articles ont été réunis pour la première fois aux Etats-Unis en 1975 par Frank Allman et édités en Angleterre par Hogarth Press en 1982 pour le centenaire de la naissance de Virginia Woolf. Le sixième chapitre, paru en décembre 1932 dans Good Housekeeping, ne figurait pas dans les éditions américaine et anglaise de The London Scene et a fait l'objet d'une publication inédite par Christian Bourgois en 1984.

  • Dalton Harron, surnommé " Diddy ", 33 ans, divorcé, se rend à un rendez-vous d'affaires. Sur le trajet, son train tombe en panne dans un tunnel. Lorsque Diddy descend pour voir ce qu'il se passe, il a une altercation avec un cheminot et, sans trop savoir ce qu'il fait, l'assomme. Après être remonté dans le train qui s'est remis en marche, un besoin de confession le pousse à faire le récit de son acte à une jeune fille aveugle, Hester. Cette dernière lui rétorque alors qu'il n'a jamais quitté le compartiment. A-t-il rêvé ou réellement accompli ce forfait ?
    Ces deux êtres, chacun dans sa nuit, vont tenter de vivre ensemble. Mais à New York où ils mènent une existence de reclus, Diddy ne cessera d'errer dans un dédale d'ambiguïtés où se refusera à le suivre Hester trop menacée elle-même pour jouer un rôle de planche de salut. Et Diddy reviendra sur le lieu (supposé ?) de son crime où il aura une vision de mort universelle et rencontrera la sienne propre.
    Un à un, Diddy a saisi les instruments de cette panoplie de la mort que tout homme porte en soi ; et, un à un, se sont épuisés les derniers recours que lui offrait la vie, c'est-à-dire le monde des autres.


    Susan Sontag est sans doute l'écrivain américain le plus " européen ". Née en 1933 à New York, elle est décédée le 28 décembre 2004. A l'âge de trente ans, elle publie son premier roman, Le Bienfaiteur (Le Seuil, 1965), une étude sur la formation de la personnalité. Dans les années 60, elle écrit pour différents magazines et revues. Très engagée à gauche, figure de la scène new-yorkaise, elle est proche d'intellectuels français comme Roland Barthes, auquel elle a consacré un livre (L'écriture même : à propos de Roland Barthes Christian Bourgois). Elle publie en 1977 un essai, Sur la photographie où elle s'interroge sur la différence entre réalité et expérience. Elle défend le concept de " transparence ", autrement dit de l'évidence de l'oeuvre, avant toute interprétation. Elle publie également de nombreux romans, dont L'Amant du volcan (1992) et En Amérique (1999) pour lequel elle a reçu le National Book Award. Par ailleurs, le Prix Jérusalem lui a été attribué en 2001 et le Prix de la Paix des libraires à Francfort en 2003 pour l'ensemble de son oeuvre.

    La publication de ce titre au format de poche s'inscrit dans un programme de publication de titres inédits et épuisés de Susan Sontag initié aux éditions Bourgois depuis 2008.

    Dans ce roman où s'estompent les limites qui séparent le rêve de la réalité, Susan Sontag décrit en philosophe et romancière, les étapes de cette abolition.

  • Proche de la trentaine, Ianthe n'a pas trouvé de mari malgré son élégance, son intelligence, ses goûts et son allure. Elle travaille dans une bibliothèque en compagnie de Mervyn qui vit avec sa maman. Le rythme routinier sera rompu par un beau jeune homme qui semble s'intéresser beaucoup à Ianthe, qui se voit subitement l'objet de nombreuses demandes en mariage. Alors que Penelope, jeune beatnik au visage préraphaélite, attend désespérément l'âme soeur. L'auteur prend un malin plaisir à brosser les portraits de ces deux femmes, la première étant fille de chanoine, la seconde belle-soeur de pasteur... C'est à St Basil, dans la banlieue nord de Londres que Barbara Pym situe sa cohorte d'ecclésiastiques et leurs disciples. Ventes de charité, sermons, amours embrouillés par l'éducation et la pudeur, sans oublier les menus et humeurs de Faustina, la chatte du pasteur Mark Ainger et de sa femme Sophia : ces ingrédients traditionnels sont relevés par un voyage à Rome qu'effectue une bonne partie des personnages, voyage qui a un effet révélateur sur l'Angleterre, St Basil et l'authenticité des sentiments amoureux. S'il y a des mariages à la clef, Barbara Pym maintient toujours une distance ironique face aux liens qui s'établissent : l'amour et le mariage sont dépeints comme des associations paisibles et solides comme les institutions britanniques.

    Barbara Pym est née dans le Shropshire en 1913. Après des études d'anglais au St Hilda's college d'Oxford, elle a pris part à la seconde guerre mondiale en s'engageant dans le Women's Royal Naval Service. Elle a connu un succès littéraire rapide. Mais, entre 1963 et 1977, elle fut éclipsée, faute de trouver un éditeur pour ses nouvelles. C'est à un fameux article du Times Literary Supplement qu'elle a dû sa réapparition. Lord David Cecil et Philip Larkin l'y désignèrent comme l'écrivain le plus sous-estimé du siècle. Et elle obtint le Booker Prize en 1977 pour son roman Quatuor d'automne. Parallèlement, Barbara Pym a travaillé à l'African Institute de Londres, notamment à la publication de son journal Africa, ce qui a affûté son regard d'ethnologue. Elle meurt d'un cancer en 1980.

  • Ellen Foster

    Kaye Gibbons

    Ellen Foster, onze ans, nous raconte sa vie entre sa mère malade et dépressive, son horrible
    père alcoolique qui terrorise Ellen et sa mère, finissant par pousser cette dernière au suicide.
    A la mort de sa mère, suivie assez rapidement par celle de son père, Ellen est ballottée de
    foyer en foyer, chez sa grand-mère peu affectueuse, parfois à la limite de la maltraitance
    quand elle envoie la petite fille travailler dans les champs, chez son professeur de dessin où
    elle connaît un intermède paisible, puis chez sa tante et sa cousine, où les choses se passent
    si mal qu'un soir de Noël, Ellen décide tout bonnement de s'en aller. Elle a repéré à l'église
    une femme entourée de plusieurs filles, elle sait que c'est une mère d'accueil, l'a observée et
    la juge très favorablement. C'est donc à sa porte qu'elle sonne un soir de Noël ; Laura, c'est
    son nom, l'accueille dans son foyer. Ellen décide de prendre le nom de « Foster », comme
    « foster home », famille d'accueil, « foster child », enfant adoptif. Dans ce roman, Kaye
    Gibbons décrit la petite société mesquine du Sud des Etats-Unis avec ses idiomes, son
    racisme. Mais au-delà du récit, il y a un ton, un mélange de monologue intérieur, de
    grotesque et d'humour rappelant le monde violent de Flannery O'Connor et le réalisme de
    Mark Twain.

  • « La douce colombe est morte a une dame seule pour héroïne, pas encre une vieille fille, mais déjà consciente de jouer ses dernière cartes. Léonora, plus vautour que colombe, relève fièrement le défi. Sa beauté, sa fortune, lui ont valu des hommages qui se raréfient à présent. Or des hommages, cette chaste Phèdre ne demande rien d'autre, à condition qu'ils soient assidus et fervents. Mais le joli garçon sur lequel elle a jeté son dévolu dérive vers d'autres amours. A sa propre stupéfaction, Léonora fond en larmes. Une amie, bernée elle aussi par son protégé, lui prêche la sagesse. Erreur. Les choses se laissent acheter, entretenir, posséder, et méritent donc la passion qu'on leur voue. Puisse Léonora accéder à leur immobile perfection et devenir à son tour une pièce de musée ! L'art subtilement cruel de miss Pym la rattache aux grands explorateurs de l'enfer féminin : Henry James, Colette, Tenessee Williams... » (Gabrielle Rolin, Le Monde)

    Barbara Pym est née dans le Shropshire en 1913. Après des études d'anglais au St Hilda's college d'Oxford, elle a pris part à la seconde guerre mondiale en s'engageant dans le Women's Royal Naval Service. Elle a connu un succès littéraire rapide. Mais, entre 1963 et 1977, elle fut éclipsée, faute de trouver un éditeur pour ses nouvelles. C'est à un fameux article du Times Literary Supplement qu'elle a dû sa réapparition. Lord David Cecil et Philip Larkin l'y désignèrent comme l'écrivain le plus sous-estimé du siècle. Et elle obtint le Booker Prize en 1977 pour sa nouvelle Quatuor d'automne. Parallèlement, Barbara Pym a travaillé à l'African Institute de Londres, notamment dans la
    publication de son journal Africa, ce qui a affûté son regard d'ethnologue. Elle meurt d'un cancer en 1980.

  • C'est un récit à deux voix, une alternance de monologues intérieurs entre Jack Ernest Stokes, un
    vieil ouvrier de ferme et Ruby, sa femme, vingt ans de moins. Ruby était belle comme un coeur
    lorsque Jack l'a rencontrée. Jusqu'au jour où l'on apprend que Ruby va mourir d'un cancer. Le
    roman s'ouvre sur les préparatifs de Ruby : trois mois de plats tout préparés à mettre au
    congélateur et destinés à Jack après la mort de Ruby.
    Ruby et Jack racontent, l'un après l'autre, les épisodes tragi-comiques de leur vie quotidienne avec
    un sens du grotesque tout à fait hors du commun. Et c'est tout le vieux Sud rural des Etats-Unis
    qui resurgit, avec ses fermiers d'hier, Noirs et Blancs, dans le monde contemporain.

  • Linda Lê est née en 1963. Elle habite Paris. Depuis Dalat, sa ville natale du Viêt-nam, jusqu'à Paris, il y a eu de nombreuses étapes : Saïgon d'abord et ses études au lycée français, puis après la chute de Saïgon, son rapatriement en France avec sa mère française et sa soeur. Après trois livres parus lorsqu'elle était très jeune, elle a publié Les Evangiles du crime dont une presse unanime a salué l'originalité exceptionnelle. En 1993, Christian Bourgois a édité son cinquième livre, le roman Calomnies (traduit et publié aux Etats-Unis, aux Pays-Bas et au Portugal) puis en 1995, Les dits d'un idiot. Les Trois Parques et Voix ont paru chez Christian Bourgois Editeur en 1998, Lettre morte en
    1999, Personne en 2003 et Kriss/L'homme de Porlock en 2004.

    Reeves C. est retrouvé mort dans un hôtel. Il voulait être écrivain. Il ne fut que le mari d'une romancière célèbre. Il lui disait : « Il ne faut pas aimer son double, car c'est un amour qui naît d'un oubli momentané de la haine qu'on a pour soi. » Le Professeur T. s'est pendu dans la cave de son immeuble. Son seul ami, c'était « Plus-dure-sera-lachute ». Avant de mourir, le Professeur T. avait écrit dans son journal : « Chacun porte en soi un frère assassiné, il faut vivre en le ménageant. » Dans la nuit du 14 août 1990, une femme, gantée de blanc, se jette du hait d'un immeuble de La Défense. Elle s'appelait Klara W. Dans son agenda, elle avait noté ce bref dialogue extrait d'un film : « -ne vous en faites pas, je m'en vais. - Où ? - En moi-même. » Vinh L. se prépare à rentrer dans son pays. Auparavant, il écrit dix lettres, dans lesquelles il raconte son histoire : pour survivre, il a mangé de la chair humaine. Longtemps, il s'est tu. Maintenant, il parle. « Le crime, dit-il, ressemble à l'amour : tant que les sentiments sont sincères, ils s'entourent de silence. On se met à jacasser quand l'émotion est morte. »

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