Librairie Generale Francaise

  • Tôt le matin, tard le soir, Clarissa Dalloway se surprend à écouter le clocher de Big Ben. Entre les deux carillons, une journée de printemps, une promenade en ville, le flux des états d'âme et le long monologue d'une conscience.
    Clarissa tente de « sauver cette partie de la vie, la seule précieuse, ce centre, ce ravissement, que les hommes laissent échapper, cette joie prodigieuse qui pourrait être nôtre ». Et pourtant résonne déjà dans ce livre, le plus transparent peut-être de l'oeuvre de Virginia Woolf, comme la fêlure de l'angoisse ou le vertige du suicide.

  • Virginia Woolf Orlando Orlando, ce sont les mille et une vies dont nous disposons, que nous étouffons et qu'Orlando seul libère, car il lui est donné de vivre trois siècles en ayant toujours trente ans. Jeune lord comblé d'honneurs, il est nommé ambassadeur en Turquie, devient femme et rejoint une tribu de bohémiens, puis retourne vivre sous les traits d'une femme de lettres dans l'Angleterre victorienne.
    Assoiffé de vie et de poésie, à l'image de Virginia Woolf, Orlando traverse les siècles, accumule les sensations, déploie les multiples facettes qui composent notre être. La nature de l'homme et de la femme, l'amour, la vie en société, la littérature, tout est dénudé avec un prodigieux humour. Hymne à la joie, au plaisir, ce conte fantastique révèle que la pensée créatrice est bien « de tous les moyens de transport le plus divagant et le plus fou ! ».

  • >Virginia Woolf Les Vagues Publié en 1931, Les Vagues se compose d'une succession de monologues intérieurs entrecroisés de brèves descriptions de la nature. Chaque personnage donne sa voix et se retire dans un mouvement rythmé qui évoque le flux et le reflux des marées.
    « J'espère avoir retenu ainsi le chant de la mer et des oiseaux, l'aube et le jardin, subconsciemment présents, accomplissant leur tâche souterraine... Ce pourraient être des îlots de lumière, des îles dans le courant que j'essaie de représenter ; la vie elle-même qui s'écoule. » Préface et traduction de Marguerite Yourcenar.

  •    Virginia Woolf La Promenade au phare Fera-t-il beau demain pour la promenade au phare ? Cette question plane sur la famille réunie un soir de mi-septembre dans la grande maison de vacances des îles Hébrides.
    Tout au long du livre s'insinue la pulsation de la mer. L'eau entrave les pensées. La vie se déverse et la mort surprend. Les années passent. La maison est abandonnée. Demeurent les petits miracles quotidiens, ces « allumettes inopinément frottées dans le noir ». Ce sont eux qui donnent un sens aux choses, un mouvement à la vie.

  • Le chef d'oeuvre de Virginia Woolf ? Sûrement son récit le plus étrange, le plus délicat, le plus hanté pas la mort, comme une absence qui obsède.
    Qui est Jacob ? L'enfant qui, un jour, ramasse un crâne de mouton séché par le vent le long des rochers, l'étudiant nonchalant de Cambridge ou bien l'helléniste à la recherche de la sagesse ?...
    Tout converge vers la disparition de Jacob. Dès les premières pages, on devine en sourdine le leitmotiv de la mort. Une tristesse confuse, irraisonnée, se glisse sous les pas du jeune homme. Et pourtant il ne se passe presque jamais rien. Quelques images d'un adolescent qui collectionne les papillons, parcours au galop les plaines de l'Essex, se baigne nu dans la rivière, lit Spinoza et Dickens, part en Grèce, fume la pipe et séduit les femmes et les jeunes filles. Bref, le portrait d'un être insouciant et cependant menacé.
    Jacob ne reviendra pas de la guerre. Là est le véritable dénouement à peine suggéré. Jacob insaisissable nous échappe à jamais.

  • C'est au cours d'un dîner, en 1922, que Virginia Woolf rencontra Vita Sackville-West, qui allait être, jusqu'à sa mort, une des personnes les plus importantes de sa vie. En lisant leur correspondance, qui se poursuivit sur plus de dix-huit ans, on ne peut douter de la profondeur de la passion indestructible qui lia ces deux femmes exceptionnelles. Vita-Sackville West excellait dans l'art de la correspondance, que ce soit pour dépeindre les jardins anglais, les montagnes de la Perse ou les déserts de l'Arizona. Ses lettres nous transportent dans une époque où Gide et Proust choquaient, où un procès en obscénité était intenté à une romancière accusée de saphisme. Virginia Woolf, pour sa part, se débattait sans cesse dans les affres de l'enfantement de « sa » vérité de l'écriture. À travers cette correspondance, c'est un nouvel aspect de son fascinant et multiple visage que nous apprenons à connaître.

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