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Pépites à redécouvrir
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Hypatie d'Alexandrie
Maria Dzielska, Marion Koeltz
- Éditions des Femmes-Antoinette Fouque
- La Philosophe
- 18 Mars 2010
- 9782721005922
Brillante philosophe et mathématicienne grecque de la fin du IVe et du début du Ve siècle de notre ère, Hypatie d'Alexandrie est en effet restée célèbre surtout pour sa mort tragique. Hypatie fascine depuis longtemps historiens, philosophes, poètes et romanciers. Mais ceux-ci se sont emparés du personnage, et l'ont souvent instrumentalisé pour défendre des causes aussi diverses que l'anticléricalisme, l'anti-catholicisme ou le féminisme...
« Quiconque demande qui était Hypatie se verra probablement répondre : " C'était une belle philosophe païenne qui s'est fait mettre en pièces par des moines (ou, plus généralement, par des chrétiens) à Alexandrie en 415. " [...] Embellie dans les arts, déformée par les affects et les partis pris idéologiques, la légende d'Hypatie est extrêmement populaire depuis des siècles ; mais jusqu'à ce jour toutes les tentatives pour présenter la vie de cette femme, de manière impartiale, ont échoué. » M. D.
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France Bloch Serazin ; une femme en résistance (1913-1943)
Alain Quella-Villéger
- Éditions des Femmes-Antoinette Fouque
- Biographie
- 7 Mars 2019
- 9782721007001
Le rôle des femmes dans la Résistance, qui plus est juives et/ou communistes, est longtemps resté un point aveugle de l'historiographie des années 1940-1945. Cette biographie historique vient ainsi réparer un oubli en faisant renaître, à partir d'un travail d'archive rigoureux, la figure emblématique et méconnue de France Bloch-Sérazin, chimiste de premier plan et militante communiste engagée tôt dans la résistante française. France Bloch-Sérazin, « morte pour la France », a été arrêtée à Paris par la police de Vichy et guillotinée par les nazis à Hambourg en février 1943, alors qu'elle n'avait pas trente ans.
Voici donc le portrait d'une femme de combat, au plus près des témoignages et grâce aux lettres inédites, aux rapports de filature, aux interrogatoires de police. Celles et ceux qui l'ont connue gardent le souvenir d'une femme passionnée, symbole de courage, de générosité, de haute valeur humaine. Autour d'elle : son mari Frédo Sérazin, résistant mort pour la France à Saint-Étienne ; son père, l'écrivain Jean-Richard Bloch, tenant d'un milieu intellectuel foisonnant, uni par des valeurs politiques et morales d'engagement ; une famille dispersée par la guerre, de l'Amérique du Sud à l'URSS, des prisons françaises aux camps d'extermination. En toile de fond, c'est aussi un pan central de la résistance communiste parisienne, organisée autour du XIVe arrondissement et de Raymond Losserand, qui nous est révélée et dont le couple France Bloch-Frédo Sérazin incarne l'idéal, l'union de la culture et du prolétariat.
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Thérèse Clerc, Antigone aux cheveux blancs
Danielle Michel-chich
- Éditions des Femmes-Antoinette Fouque
- Essais
- 29 Novembre 2007
- 9782721005724
« Heureuses les femmes qui accomplissent leur unité, elles naissent à elles-mêmes et enfantent un monde rassemblé. Heureuses celles qui effacent les frontières, la Matrie est leur Terre, elles retrouvent leurs origines. Heureuses les femmes qui s'éloignent du rivage des Pères, elles jettent leurs filets en eaux paisibles, et font reculer la violence et la guerre. Malheureuses celles qui usent de leur séduction pour récolter les privilèges des Pères, elles confortent leur désordre, celui qui génère la hiérarchie et la concurrence des femmes. Bienheureuses les femmes qui font émerger leur continent noir, une nouvelle Terre apparaît et elles la fécondent. » Th. C.
Thérèse Clerc se bat pour les droits des femmes depuis trente-cinq ans. Elle a notamment créé la Maison des Femmes de Montreuil. Elle est aujourd'hui connue du grand public pour avoir conçu puis réalisé la maison des Babayagas, maison de retraite atypique, autogérée par les femmes qui l'habitent, citoyenne et écologique, inaugurée à Montreuil en février 2013.
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Aux quatre vents
Ana maria Machado
- Éditions des Femmes-Antoinette Fouque
- Fiction
- 14 Mars 2013
- 9782721006257
Roman à deux voix, Aux quatre vents raconte les vies et les amours d'un jeune couple de « bobos » cariocas apparemment sans histoires. Ils viennent de fêter dix ans d'un amour fusionnel, quand Guto découvre une fièvre inconnue, celle d'écrire, dont il n'ose faire l'aveu, et qui introduit une distance inhabituelle entre les époux. Intriguée, Vanda est entraînée dans une véritable enquête qui la conduit loin du Brésil, mais aussi loin dans le temps, vers des époques enfouies sous les siècles.
Tout en polarisant, en apparence, l'intérêt de la lecture sur les grands et petits riens du quotidien brésilien d'hier et d'aujourd'hui, l'auteure, avec virtuosité, parsème son récit d'indices imperceptibles suggérant les procédés qu'elle met en oeuvre pour composer : esquisse d'un récit en abyme, dont le lecteur ne prendra conscience qu'à la dernière page.
« Tout à coup, la bague me sauta aux yeux.
- Je l'ai trouvée ! C'est l'élastique qui retient les crayons... C'était elle. Et la voici maintenant devant moi, redevenue une bague parfaite, quoique sommaire, un peu massive, pleine de griffures et de rayures, traces, peut-être, de quelque pierre qui y aurait été sertie autrefois, le tout recouvert d'une patine qui ne laisse pas de contribuer a sa beauté. Ou bien c'est moi qui y vois une certaine magie, parce que ma femme l'a portée, et avant elle ma grand-mère, et que c'est mon grand-père qui la lui avait offerte, après l'avoir trouvée dans le ventre d'un poisson pêché dans un lac suisse, à la veille de rentrer au Brésil, après ses années d'études en Europe. »
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J'ai tué Emma s.
Emma Santos
- Éditions des Femmes-Antoinette Fouque
- Fiction
- 2 Mars 1976
- 9782721000439
« Le dimanche 13 avril 1975 Emma S. marche dans la grande allée de l'hôpital à Paris.
La folie ce n'est pas le pays des merveilles, le rêve du livre et puis un livre, quatre livres publiés, c'est tout noir et marche devant seule, droite, avance, en face, debout...
Le suicide cette solitude.
Le suicide pour échapper à une vie que l'on mène. Paradoxalement on ne se suicide pas pour mourir mais pour renaître, pour vivre.
... À cet instant où il n'est pas venu le 2 juillet 1975 au rendez-vous du psychiatre, j'ai tué Emma S., écrivaine avec un nom imposé par l'Homme, son nom à lui, femme littéraire et psychiatrique, femme de papier sur les livres et sur les dossiers médicaux, femme inventée par jeu et j'y croyais. J'ai tué Emma S. pour rechercher une femme nouvelle, une femme pas encore née, prendre mon nom de renaissance... » E.S.
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Territoire de la lumière
Yûko Tsushima
- Éditions des Femmes-Antoinette Fouque
- Fiction
- 11 Avril 1986
- 9782721002921
Territoire de la lumière, c'est le lent apprentissage de la liberté par une jeune femme que son mari vient de quitter et qui doit élever, seule, sa petite fille de trois ans. C'est aussi un petit appartement « aux lumières donnant sur les quatre côtés » et « au sol rouge flamboyant sous les rayons du soleil ». Ce texte regroupe douze nouvelles. Chacune se présente comme une chronique de la vie quotidienne. Les souvenirs - appels à une mémoire enfouie - et les rêves - errances dans l'imaginaire - donnent à ces expériences une résonance poétique. De nouvelle en nouvelle, la narratrice découvre la force cachée en elle qui lui permettra de conquérir une liberté authentique et d'assumer sans mensonge sa condition de femme seule. L'enfant, qui n'était au début qu'un rempart contre sa solitude, finit par devenir une compagne privilégiée dans une existence pacifiée où la luminosité chaleureuse de cet appartement apparaît comme un signe magique et bienfaisant.
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La chambre intérieure
Irene Schavelzon
- Éditions des Femmes-Antoinette Fouque
- 11 Octobre 1975
- 9782721000224
Un texte de retour à l'enfance, renvoyant aux images, aux fantasmes du corps féminin. Les mots qui y circulent, s'y rencontrent, se trament comme une partition musicale. Les sons donnent à ce texte son rythme tournoyant, son souffle et ses silences.
Une enfant, petite fille multiple et errante arpente la maison - lieu à peine ceint de murs tant sont labyrinthiques les étages, les niveaux, les enfilades de salons... - à la recherche de LA CHAMBRE - pôle et espace de sa quête et de tous ses désirs. Parcours de l'amour, faits, refaits, défaits, silencieux, tout parfumés d'odeurs anciennes, traversés de ces silences de jardins surchauffés aux heures de midi.
Pas un instant elle ne se perd. LA CHAMBRE, proche et lointaine, est celle de la mère à laquelle s'adresse un texte-dans-le-texte, imprimé en capitales, et qui espace et rythme les errances de l'enfant.
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Les voleuses de langue
Claudine Herrmann
- Éditions des Femmes-Antoinette Fouque
- 11 Juin 1976
- 9782721000743
« Regarder le langage et la culture des hommes du dehors, concevoir à quel point ils ont été colonisés, essayer de montrer comment cette gigantesque opération s'est produite et continue à se produire pour, si la décolonisation n'est pas entreprise activement dans tous les domaines, concevoir avec quelle astuce et quels codes subtils les quelques femmes qui se sont exprimées, ont réussi à transmettre leur expérience ; et rechercher enfin, s'il existe des concepts et des moyens linguistiques propres aux femmes. Telle est la série de questions que Les Voleuses de langue entend poser. Il ne suffit pas d'entrer dans cette société infirme telle qu'elle est, peut-être faut-il encore y réintroduire les valeurs qui en ont été éliminées précisément, parce qu'elles étaient devenues celles des femmes. » C. H.
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Femmes de la rive gauche ; Paris, 1900-1940
Shari Benstock
- Éditions des Femmes-Antoinette Fouque
- Essais
- 1 Avril 1987
- 9782721003300
"Femmes de la Rive gauche" étudie les contributions à la vie du Paris littéraire entre 1900 et 1940 de grandes Américaines et Anglaises, telles que Djuna Barnes, Natalie Barney, Sylvia Beach, Caresse Crosby, Nancy Cunard, Hilda Doolittle, Janet Flanner, Anaïs Nin, Jean Rhys, Gertrude Stein, Edith Wharton... Écrivains, éditeurs, libraires, journalistes, tenant salon au coeur du Paris culturel, elles ont nourri de leur énergie créatrice originale le grand mouvement de la modernité. Cet essai, qui considère à la fois l'histoire littéraire et la littérature, écrit la face cachée du tissu culturel, explore la richesse d'une écriture que le modernisme a tenté de nier....
« Au lieu d'intersection de la vie et de l'art, au croisement de la mémoire et de l'histoire, à la confluence du mythe et de la biographie... j'ai retrouvé les traces de celles qui ont nourri de leur force et de leur intelligence le grand mouvement culturel moderniste. » S. B. -
Hypatie d'Alexandrie
Maria Dzielska, Marion Koelsz
- Éditions des Femmes-Antoinette Fouque
- 17 Septembre 2020
- 9782721007278
Brillante philosophe et mathématicienne grecque de la fin du IVe et du début du Ve siècle de notre ère, Hypatie d'Alexandrie est en effet restée célèbre surtout pour sa mort tragique. Hypatie fascine depuis longtemps historiens, philosophes, poètes et romanciers. Mais ceux-ci se sont emparés du personnage, et l'ont souvent instrumentalisé pour défendre des causes aussi diverses que l'anticléricalisme, l'anti-catholicisme ou le féminisme...
« Quiconque demande qui était Hypatie se verra probablement répondre : « C'était une belle philosophe païenne qui s'est fait mettre en pièces par des moines (ou, plus généralement, par des chrétiens) à Alexandrie en 415. » [...] Embellie dans les arts, déformée par les affects et les partis pris idéologiques, la légende d'Hypatie est extrêmement populaire depuis des siècles ; mais jusqu'à ce jour toutes les tentatives pour présenter la vie de cette femme, de manière impartiale, ont échoué. » M. D.
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Ferdaous, une voix en enfer
Nawal El-saadawi
- Éditions des Femmes-Antoinette Fouque
- Des Femmes Poche
- 27 Janvier 2022
- 9782721009425
Dans une prison du Caire, une femme attend d'être pendue. La veille de son exécution, elle reçoit enfin dans sa cellule la psychiatre qui souhaite recueillir sa parole, et comprendre son crime. La détenue parle vite, sachant son heure venue et n'ayant plus rien à perdre. Elle s'appelle Ferdaous, « Paradis » en arabe, et sa vie n'a été qu'un enfer. D'inceste en violences conjugales, programmée pour devenir prostituée, elle fait payer les hommes pour le mal qu'ils lui infligent. Jusqu'au jour où l'un d'eux le payera de sa vie.
« J'ai eu recours à la police, mais je découvris que ses liens avec la police étaient plus puissants que les miens. J'ai eu recours à la loi, mais je découvris que la justice punit les femmes et ferme les yeux quand il s'agit des hommes. » N. E. S.
« Ne rien espérer, ne rien désirer, n'avoir peur de rien ! Tout ce qui peut arriver est déjà arrivé et, pour elle, le pire est déjà arrivé. » N. E. S.
Ce roman iconique de la grande voix du féminisme du Moyen-Orient est inspiré de faits réels : Nawal El Saadawi a recueilli en tant que psychiatre le récit de vie d'une détenue de la prison de Kanater et l'a restitué à l'écrit en une semaine, après sa pendaison. Paru en arabe en 1975, Ferdaous est pour la première fois publié en France en 1981 aux éditions des femmes.
L'autrice se trouve alors elle-même en prison, victime d'une vague d'arrestations arbitraires. La mobilisation internationale du Mouvement de libération des femmes oeuvre à sa délivrance, et suivront chez les mêmes éditrices : La face cachée d'Ève (1982), Douze femmes dans Kanater (1984), Femmes égyptiennes, tradition et modernité (1991).
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Nouvelles lettres d'un voyageur ; 1877
George Sand
- Éditions des Femmes-Antoinette Fouque
- Fiction
- 10 Mars 2005
- 9782721004994
« Aujourd'hui, rien n'entrave plus les déluges qui pèlent le sol et l'entraînent à la mer, tandis que dans les temps secs, les sources, privées d'ombre, tarissent et que l'aridité se propage. Si la France ne daigne pas intervenir, ou si les colons ne se rendent pas aux plus simples calculs de la prévoyance, on peut prédire la ruine et l'abandon prochains de cette perle des mers que les anciens navigateurs saluèrent du nom d'Eden, et qui, épuisée et mutilée par la main de l'homme, secouera son joug et rentrera dans le domaine de Dieu. » G.S.
Les Nouvelles Lettres d'un voyageur sont parues en 1877 après la mort de George Sand.
Avec cette édition posthume, la voyageuse George Sand termine son exploration passionnée du monde. Ces textes, où s'expriment son amour profond de la nature et son souci de la préserver, révèlent une pensée étonnamment moderne, voire prémonitoire.
Ève Sourian est professeure de français au City College Of New York. Spécialiste de George Sand, elle a fait rééditer quelques-unes de ses oeuvres, peu connues mais qui révèlent une grande modernité.
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Backlash : La guerre froide contre les femmes
Susan Faludi
- Éditions des Femmes-Antoinette Fouque
- Des Femmes Poche
- 6 Juillet 1993
- 9782721004482
Être femme aujourd'hui en Amérique, quelle chance extraordinaire ! « Et pourtant... » : ces deux petits mots et points de suspension, contiennent en puissance la somme de travail effectuée par Susan Faludi depuis 1986, l'ampleur de son enquête, 500 pages d'analyses exhaustives et d'une honnêteté qui ferait croire que la déontologie journalistique n'est pas un vain mot, quatre années terribles passées à éplucher les statistiques triomphalistes, à décrypter les sous-entendus des discours prononcés, à passer au crible les nouvelles modes vestimentaires, esthétiques, publicitaires ou juridiques, bref à chercher ce qui fonde aujourd'hui la mise au ban du problème majeur du statut de la femme au sein de la société contemporaine. « La vérité, c'est que nous assistons depuis dix ans à une revanche, à une puissante contre-offensive pour annihiler les droits des femmes », pour faire croire que « le chemin qui conduit les femmes vers les sommets ne fait que les précipiter, en réalité, au fond de l'abîme ». S.F.
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Le papier peint jaune
Charlotte Perkins gilman
Coup de coeur- Éditions des Femmes-Antoinette Fouque
- Fiction
- 1 Juin 2023
- 9782721005502
Amarrant sa raison entre folie et écriture, l'auteure cherche les preuves de son enfermement dans la forêt des signes que lui renvoie le motif du papier peint. Elle y découvre, métamorphosée, la réalité de son esclavage, et se voit elle-même, prisonnière derrière le dessin déformé en barreaux monstrueux...
« Pendant longtemps, je n'ai pas compris ce qu'était cette forme dérobée derrière le motif, mais maintenant, je suis certaine que c'est une femme.
À la lumière du jour, elle est calme, immobile. J'imagine que c'est le motif qui la bride. C'est si troublant... Et je m'y absorbe des heures...
Parfois, je me dis qu'elles sont des multitudes, parfois qu'elle est seule.
Elle fait le tour en rampant à une vitesse folle, ébranlant chaque motif.
Elle s'immobilise dans les zones de lumière et, dans les zones d'ombre, elle s'agrippe aux barreaux qu'elle secoue avec violence.
Sans fin, elle tente de sortir. Impossible d'échapper à ce dessin ? Il serre à la gorge. » C.P.G. -
La dame au bidule
Victoria Thérame
- Éditions des Femmes-Antoinette Fouque
- Fiction
- 17 Novembre 1976
- 9782721000729
Une femme-taxi. Elle écrit comme elle circule, avec amour, avec humour, dans les rues de la nuit, les méandres du langage, à bord de son « vaisseau silencieux ». Elle file, arpente le versant d'ombre, imprévu, clandestin, bruyant et silencieux de la vie, au hasard des scènes entrevues, des rencontres, des brèves conversations, paroles échangées, complicité ou riposte. Elle écoute, répond, puis monologue. Elle observe, intervient puis glisse dans le rêve « entre ciel et macadam », et revient, dans sa passion de l'errance, pour s'insurger contre tout ce qui voudrait figer l'entrelacs infini des mouvements, des gestes, des mots qu'elle tisse et capte à la fois.
« Je conduis, conduire, c'est scriptatif, je conduis, je trace, tu écris avec ta bagnole, des signes sur l'asphalte, je sens les mots qui restent derrière moi sur le bitume, je me vois d'en haut, de l'hélicoptère, ou de la plus haute tour de la ville, tisser mon filet vivant, je suis l'araignée. » V.T.
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Du côté des petites filles
Elena Gianini belotti
- Éditions des Femmes-Antoinette Fouque
- 24 Février 1994
- 9782721004499
Du côté des petites filles est une analyse, fondée sur de très nombreuses observations de la vie de l'enfant selon qu'il est un garçon ou une fille, l'étude des fondements d'une éducation qui se transmet à l'identique, de manière presque inconsciente, automatique. L'auteure montre comment cette dernière est le résultat de toute une série de conditionnements passant par les jeux, les jouets, la littérature enfantine et critique les méthodes pédagogiques, le manque presque total de préparation des enseignants, les rapports toujours faussés de ces derniers avec les enfants. L'ouvrage connaît un immense succès en France (comme auparavant en Italie), il a été tiré à 250 000 exemplaires. « Qu'est-ce qu'un garçon peut tirer de positif de l'arrogante présomption d'appartenir à une caste supérieure, du seul fait qu'il est né garçon ? La mutilation qu'il subit est tout aussi catastrophique que celle de la petite fille persuadée de son infériorité du fait même d'appartenir au sexe féminin. » E.G.B.
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La dentelle du cygne
Annie Cohen
- Éditions des Femmes-Antoinette Fouque
- Fiction
- 14 Novembre 1979
- 9782721001658
Par les mots et les dessins, Annie Cohen tente, comme l'écrit Antonin Artaud, de « refaire corps avec l'os des musiques de l'âme ».
« Elle portait pour le bureau ces sandales orthopédiques, plates et hygiéniques, du docteur Scholl... Elle marchait dans la rue en regardant à terre, perdue dans le décompte des pavés... Elle était toujours légèrement voûtée, les épaules en avant, le corps en dedans. L'idée d'être droite et arrogante ne lui venait jamais spontanément à l'esprit. Son itinéraire était sans surprise. Elle empruntait le soir le chemin du matin. Et elle rentrait vite. » La nuit - cette nuit-là - une femme dans un fauteuil, face aux doubles rideaux tirés. Immobile, figée.
« C'est dans l'immobilité du corps qu'elle parvenait à la plus grande mobilité, à la plus extrême souplesse. Tout va trop vite parfois... » A.C.
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Braises de la mémoire qui couvent sous la cendre quand on a quarante ans, trois grands fils qui vont vivre leur vie, et qu'on se demande soudain ce qu'on a fait de la sienne...
« Qu'est-ce que je veux ? Je ne sais pas. Je n'ai jamais su. Je cherche des pistes qui sont brouillées de toute éternité. Brouillées les molécules, brouillés les codes, les marques, les longues chaînes d'acide torsadé. Il y a comme une grande fatigue terrée au centre de mes os. Je cherche Broadway à l'aube du quaternaire. À l'aube de la création... avec des espaces blancs où le souffle me manque... » E.J.
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« Partie est une mythologie-fiction :
Il sera une fois Plus-je, être surgi hors généalogie, déjoueur de toute propriété, composé de plus d'un tout, un peu plus féminin que masculin peut-être. Il s'élance, à partir de lui-même, au-delà de tout, à la recherche de son Infinie, jusqu'à Si je, son autre-même, l'être un peu plus féminine que masculine. Et l'un de l'autre, de se laisser multiplier par la différence de l'autre, en jouant, jouissant, se ressourçant sans cesse, sans cesser d'être plus-que-moi, de la différence sexuelle. Ainsi, l'une vers l'autre, se jette à travers pages, de pas-je en pas-je, hors texte, hors pair, hors pères, hors corps, hors loi, se je-te. [...] Si cette histoire est possible, c'est que déjà quelque chose d'impossible ici maintenant est possible. Si Partie se lit, c'est par-delà toute censure. » H.C.
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Ou l'art de l'innocence
Hélène Cixous
- Éditions des Femmes-Antoinette Fouque
- Fiction
- 6 Octobre 1981
- 9782721002136
« Il y a la langue qui comme la vie peut être sans limite et qui ne demande qu'à nous en dire plus, se parle et s'accroît, et ne nous refuse jamais un mot, car elle est de son inépuisable invention. [...] Or, le rire de la langue, ils ne veulent pas le supporter, le rire de la langue part des ovaires où se forment aussi les mots qui produisent les hormones femelles et musicales agissant sur le système nerveux spirituel, traverse le corps qu'il irrigue et fait jouir sur 6700 km, s'écoule ensuite par la Nubie et l'Égypte, en donnant et recevant, et ce couler allant croissant se jetant et s'ajoutant, ils ne peuvent pas le supporter, car la langue rit rouge en sortant du lac Victoria, et inonde jusqu'à Khartoum où toujours victoriante, elle rit bleu aussi, elle rit nil, elle nille femme, et de toutes ses couleurs, elle s'épanche dans l'air méditerranée, qui rit aussi depuis ses tréfonds de femme, de l'utérus jusqu'à la lune, et cela ils ne peuvent vraiment pas le tolérer, je le sais, tu le sais chaque femme le sait. » H.C.
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Marches
Eugenie Lemoine-luccioni
- Éditions des Femmes-Antoinette Fouque
- 10 Novembre 1977
- 9782721001023
« À la distance d'un pas, il n'y a que faux écrans et images en fuite... Le corps à corps de l'amour, même, ne donne pas prise : cette prise que « L'homme sensible » ne veut pas lâcher ; dont il meurt. À ne pas bouger de la maison paternelle, où ils sont deux frères, elle éclate quand l'étrangère y entre. Les deux frères ne peuvent survivre au village éclaté. [...] Trois récits, un seul village et la même pierre, plus dure qu'une vie humaine et plus impalpable qu'un rêve qui serait plus dur qu'une pierre. Trois histoires vraies ; vraies car, si personnages et amours sont fictifs, chacun de leurs pas a été vécu et chaque pierre témoigne de ce pas. » E.L.L.
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Gagner sa mort
Gambaro Griselda
- Éditions des Femmes-Antoinette Fouque
- Fiction
- 25 Juin 1976
- 9782721000620
Griselda Gambaro ne supporte pas : que les forts oppriment les faibles, les hommes les femmes, les adultes les enfants, les riches les pauvres, les préjugés les élans, les tabous les désirs. Cledy entre dans un orphelinat à treize ans. Ses parents ont-ils été tués dans un accident de voiture ou l'ont-ils abandonnée? On ne le saura jamais... Autour d'elle, dans cet univers concentrationnaire, se jouent des séductions, des sévices, des viols. Elle sera vendue à une famille qui cherche à marier son fils... Tout est vu, dit, à partir de ce qu'éprouve Cledy enfant, adolescente, femme de plus en plus réduite, opprimée. La poésie violente, la réalité élargie jusqu'au symbole, nous font encore plus durement sentir combien cette entière sujétion est insupportable, mortelle.
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« Depuis l'enfance, je sais que je suis concernée par la création, « douée » comme on dit, en dessin. La vie m'a un certain temps éloignée de cet acte et de ce plaisir. Progressivement, j'ai senti se délier les empêchements matériels et psychologiques à me réaliser de cette manière. Créer c'est-à-dire avoir l'image de quelque chose à venir, consentir à le réaliser ; et finalement, supporter que l'oeuvre déçoive par rapport à l'anticipation, par manque, chute, apportant toutefois, plus que ce qui était espéré. Une fois assumées la permanence et la répétition de l'envie de créer, j'ai fait une première découverte : celle du lien. Lien entre des oeuvres graphiques, plastiques, qui, séparées dans le temps par plusieurs mois, voire plusieurs années, me sont apparues comme formulation et reprises d'un discours, moitié caché et moitié dit ; propos mystérieux et précieux m'engageant comme aucune parole n'aurait pu le faire. La création prive de l'accès au mensonge qui est le privilège de l'humanité. » D. M.
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La disparition de la mère
Maria isabel Barreno
- Éditions des Femmes-Antoinette Fouque
- 3 Mai 1983
- 9782721002457
C'est une véritable histoire de la civilisation que Maria Isabel Barreno élabore dans son essai. Les idéologues sont tous restés prisonniers des monstres, des mythes et des stéréotypes culturels qui ont effacé les femmes de l'histoire. Mais s'il est difficile de déterminer les causes de la mort de la grande mère - défigurée sous les traits d'une créature informe, repoussante et obscure -, il est au contraire possible de retracer la place des femmes dans l'histoire des techniques, du progrès, des sciences, des idées et des découvertes. C'est ainsi que Maria Isabel Barreno tente de restituer aux femmes l'espace de leur parole et de leurs actes tout en mettant en évidence leur mise sous le boisseau par les hommes.